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Fluide intime et singulier, objet politique et médical, le lait humain porte en lui l’histoire d’une relation intime entre le corps, la technique et le droit depuis la fin du 19e siècle. Plusieurs questions se posent alors : comment réglementer une ressource vivante, produite par des personnes et destinée à d’autres êtres humains ? Comment concilier exigences de sécurité, respect du corps et équité d’accès au lait humain ?
Aujourd’hui dans le sens des mots, nous recevons Mathilde Cohen, enseignante-chercheuse en droit, pour nous parler de son ouvrage La fabrique du lait humain. Un livre dans lequel elle mène une enquête historique et juridique inédite sur la manière dont la France a élaboré, sur plus d’un siècle, un véritable droit du lait humain.
En s’appuyant sur un corpus riche et original (d’archives, de sources juridiques, d’observations de terrain et d’entretiens), elle retrace l’histoire des lactariums français et met en lumière une transformation majeure : le passage d’un travail rémunéré, exercé par les nourrices, à une pratique aujourd’hui présentée comme exclusivement altruiste, et strictement encadrée par le droit de la santé et la bioéthique.
Mathilde Cohen a choisi de nous en parler en 3 termes : lactarium, lait humain et donneuse.
Vous entendez au début de cet épisode un enregistrement de tire-lait, et un extrait de l'INA, 40 ans lactarium Marmande, JT Aquitaine du 23.10.1995. Vous entendez également dans cet épisode la voix de Mathilde Cohen, venue nous parler de son ouvrage La fabrique du lait humain. Droit et histoire des lactariums en France. À la croisée de l’histoire sociale, du droit et des études de genre, cette recherche renouvelle les approches du travail reproductif, de la maternité et de l’allaitement, envisagé ici comme une forme de care collectif, dans un contexte mondial où les lactariums deviennent des acteurs centraux de la prise en charge des nouveau-nés hospitalisés. Ce livre est disponible en librairie, et prochainement sur la plateforme OpenEdition Books.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
À l'heure où l'on parle sans cesse d’immersions, qu'il s'agisse d'expositions, de théâtre ou de jeux vidéo, l’étude du potentiel immersif du son semble pourtant être un angle mort des sciences humaines.
Comment le son nous plonge-t-il dans une fiction, au point de nous faire oublier le monde qui nous entoure ? C'est la question au cœur de l'ouvrage d'Anaïs Martin, qui explore le pouvoir immersif des paysages sonores dans deux grands classiques de la littérature victorienne, Jane Eyre et Dracula, et dans leurs adaptations radiophoniques produites par France Culture.
Elle interroge la façon de mettre le son en mots (dans les romans) et comment transposer le texte sur les ondes (dans les adaptations radiophoniques). Elle montre comment le son nourrit notre imagination et transforme notre manière de lire… ou d'écouter… une œuvre. Elle propose dans son ouvrage une approche originale, à la croisée de la littérature, des études sonores et de la radiophonie. Un travail inédit, nourri par des recherches de terrain auprès de plusieurs adaptateurs et réalisateurs de Radio France, à travers des entretiens, des échanges de documents et des observations d’enregistrement, qui nous invite à redécouvrir ces grands classiques de la littérature anglaise avec les oreilles grand ouvertes.
Elle a choisi de nous en parler en 3 mots : secret, atmosphère et immersion.
Vous entendez au début de cet épisode des extraits des adaptations radiophoniques étudiées dans l'ouvrage. Ces adaptations radiophoniques ont été produites par France Culture. L’adaptation de Jane Eyre a été réalisée par Juliette Heymann et Pauline Thimonnier et diffusée en 2015 sous la forme d’un feuilleton en dix épisodes de 24 minutes, dans la rubrique Fictions /Le Feuilleton sur France Culture. L’adaptation de Dracula a été réalisée par Cédric Aussir et Stéphane Michaka et diffusée en 2014 sous la forme d’un concert-fiction de 62 minutes, dans Fictions / Samedi noir.
Anaïs Martin est enseignante, docteure en études anglophones et spécialiste des sound studies, rattachée au Laboratoire d’Études et de Recherche sur le Monde Anglophone (LERMA), Aix Marseille Université. Son ouvrage, Immer-son. Écouter aux pages des romans (Jane Eyre et Dracula), propose autant de lire des passages des paysages sonores romanesques que d’entendre leurs adaptations radiophoniques produites par Radio France (en 2014 et 2015), grâce à des extraits sonores qui sont proposés à l’écoute à partir de QR codes. S’appuyant sur un appareil critique aussi bien français qu’anglo-saxon, ce travail propose une méthode d’analyse innovante et inédite pour étudier l’écriture du son, à la fois en littérature et en radiophonie. Ce livre est à retrouver en librairie, et sur la plateforme OpenEdition Books.
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« Engagé », « éclairé », « informé », « républicain »… quel type de citoyen l’école française contemporaine veut-elle former ? Gouvernement après gouvernement, cette question demeure en arrière-plan des réformes ou projets de réforme de l’éducation qui proposent régulièrement de refonder ou moderniser la formation scolaire du citoyen, bien souvent en réponse à une crise sociale ou politique.
À quelles conditions l’éducation à la citoyenneté peut-elle contribuer à la formation du citoyen ? La formation civique suppose-t-elle un enseignement spécifique ou bien est-elle dépendante d’apprentissages transversaux ?
Aujourd’hui, dans ce nouvel épisode du sens des mots, nous recevons Camille Amilhat (enseignante-chercheuse en sciences de l’éducation) et Anne-Claire Husser (maîtresse de conférences en philosophie) pour nous parler de l’ouvrage qu’elles ont co-dirigé : En quête d’un citoyen moderne.
Dans ce volume, elles nous invitent à réfléchir sur les enjeux contemporains de la formation du citoyen et les tensions qui traversent les politiques scolaires d’éducation à la citoyenneté. Elles interrogent le paradoxe dans lequel est souvent pris l’enseignement moral et civique : un enseignement qui est sans cesse rénové, mais qui reste toujours précaire.
Elles ont choisi de nous en parler en 3 notions : éducation à la citoyenneté, précarité et transversalité.
Vous entendez au début de cet épisode des extraits issus de :
Sons d'Ambiance, Cour d’École, DRUMSTATION
Education civique, l'obsession républicaine depuis 40 ans, Retour vers l'info, INA, 16.01.2024
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Copenhague ! Entre art, design, gastronomie et durabilité environnementale, la capitale danoise se vit autant qu’elle se pense. On la traverse comme un voyageur. On l’explore à pied, à vélo. On l’étudie aussi comme un modèle urbain. Une ville où la planification dialogue avec la nature. Où la mobilité façonne les usages. Où les choix politiques, passés comme présents, s’inscrivent dans le quotidien. Mais que révèle vraiment la ville quand on la parcourt ? Que disent ses rues, ses friches, ses pistes cyclables et ses espaces verts de la manière dont elle est gouvernée ?
Depuis 1947, le “Finger Plan” organise la ville comme une main ouverte sur le territoire. Chaque doigt, un axe de développement. Chaque interstice un espace préservé pour la nature et les habitants. Cette vision urbaine n’est pas seulement cartographique : elle traduit une culture politique, un compromis entre tous, un engagement pour une ville durable et vivable.
Et pourtant, derrière la rigueur de sa cartographie, apparaissent des contradictions. La ville verdit mais s’étend. Elle accueille et contrôle. Elle séduit et exclut. Les tensions sociales, la gentrification, la cohabitation de lieux alternatifs et d’espaces touristiques révèlent une Copenhague à la fois stratégique et humaine, pensée pour durer mais traversée par des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
Dans ce nouvel épisode du sens des mots, nous recevons le géographe Camille Girault, qui a contribué à l’ouvrage collectif Arctique. Et nous explorons avec lui la capitale danoise à travers trois mots : mûre, gant et dissonance.
L’ouvrage dont il est question dans cet épisode, Arctique, sous la direction de Nicolas Escach, Camille Escudé et Benoît Goffin, est paru dans la collection « Odyssée, villes-portraits » ; une collection entre géographie subjective et littérature de voyage, qui propose des parcours originaux et sensibles en dix villes reliées par le fil continu du mouvement.
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Romance, littérature sentimentale, plaisir coupable, culture populaire, domination, émancipation… Que désigne-t-on, au juste, quand on parle de romance ?
Lue par des millions de lectrices à travers le monde, parfois en secret ou à l’abri des regards, la romance est l’un des genres littéraires les plus consommés, et pourtant l’un des plus disqualifiés. Accusée de perpétuer des normes patriarcales, des stéréotypes amoureux et des illusions sentimentales, elle continue de susciter mépris ou soupçon, y compris dans les sphères intellectuelles. Mais que font réellement les lectrices de la romance lorsqu’elles lisent ? Et que dit cette pratique de leurs vies, de leurs désirs et de leurs conditions d’existence ?
Il y a plus de quarante ans, la sociologue américaine Janice Radway s’emparait de ces questions dans une enquête devenue fondatrice : Reading the Romance. En allant à la rencontre de lectrices de romans sentimentaux, elle proposait un déplacement décisif : ne plus seulement analyser les textes, mais écouter celles qui les lisent. Ses conclusions sont alors dérangeantes : la lecture de romance peut fonctionner à la fois comme un instrument de reproduction des normes et comme une forme de protestation qu’on pourrait qualifier de douce, un temps soustrait au quotidien.
Aujourd’hui, cette enquête majeure est traduite pour la première fois en français, sous le titre Lire la romance. Une traduction accompagnée d’un important travail de contextualisation, qui revient sur la réception contrastée du livre, ses débats, ses critiques, et l’héritage qu’il a laissé dans les études féministes.
Dans ce nouvel épisode du sens des mots nous accueillons Delphine Chedaleux, qui a copiloté cette traduction aux côtés de Marine Lambolez. Elle a choisi de nous en parler en trois mots : protestation, hétérosexualité et violence.
L’ouvrage Lire la romance de Janice Radway a été publié dans le cadre d’une coédition avec le ministère de la Culture, avec le Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (DEPS). Ce partenariat a pour objet la traduction de grands textes de sciences humaines et sociales s’intéressant à des objets culturels qu’ENS Éditions accueille au sein de ses collections.
Delphine Chedaleux est maîtresse de conférences à l’Université de Technologie de Compiègne. Elle est spécialiste des cultures populaires et médiatiques, des études de genre et des cultural studies.
Vous entendez au début de cet épisode des extraits issus :
- du podcast L'Économie du livre, 11 février 2025, L’engouement sans fin pour la romance
- de la chaîne YouTube About Estelle, 9 février 2025, Mes romances préférées de tous les temps
- du podcast Le Mag de la vie culturelle, 22 octobre 2025, New Romance : les nouvelles recettes des romans d’amour
- de la série Les Oiseaux se cachent pour mourir, 1983
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Burn-out, utilité sociale, quête de reconnaissance, charge mentale, vocation, pouvoir d’agir, flexibilité, bullshit jobs… Que désigne-t-on, au juste, lorsqu’on parle de « travail » ?
Entre passion et engagement pour les uns, ennui et lassitude pour les autres, le travail façonne nos journées, nos identités. Il nous porte, nous structure ou, au contraire, nous pèse et nous épuise. Dans un sondage Opinion Way qui avait été commandé alors par l’Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) publié en juin 2022, 4 actifs sur 10 envisageaient alors de changer d’emploi pour un travail qui aurait plus de sens. Mais comment parvenir à redonner du sens à son travail ?
Il y a près de 50 ans, le sociologue Philippe Bernoux s’interrogeait déjà sur cette question dans une enquête fondatrice menée aux usines Berliet et devenue depuis un classique de la sociologie du travail française. Ses conclusions étaient les suivantes : si le travail n’est qu’un gagne-pain, dépourvu de sens, il glisse alors du côté de l’aliénation. Mais lorsque l’on peut s’approprier son travail, y inscrire quelque chose de soi, y investir une part de sens, c’est là qu’il devient véritablement « un travail à soi ».
Dans cette enquête, initialement publiée en 1981, dont nous proposons aujourd’hui la réédition dans la collection Bibliothèque idéale des sciences sociales, le sociologue Philippe Bernoux adopte une méthode originale : l’observation participante en atelier industriel auprès d’ouvriers non qualifiés. Une enquête qui soulève de nombreuses questions.
Comment s’approprier pleinement son travail, en retrouver le contrôle, et donc le sens ? De quelles marges de manœuvres dispose-t-on réellement dans une organisation, ou dans tout collectif, pour trouver du sens, quand notre quotidien est dicté par des règles, des processus et des routines ?
Aujourd’hui, dans ce nouvel épisode du Sens des mots, les sociologues Michèle Dupré et Michel Lallement qui ont piloté cette réédition reviennent sur cette enquête fondatrice. Michèle Dupré prend la parole autour de trois mots : usine, ouvriers et appropriation.
L’ouvrage dont il est question aujourd’hui, la réédition tant attendue d’Un travail à soi de Philippe Bernoux, est complétée de textes inédits qui interrogent et éclairent toute l’actualité de cette enquête.
Vous entendez au début de cet épisode des extraits issus de :
Peut-on se passer du concept d’aliénation ?, Avec philosophie, 2023
Serge Gainsbourg "Le poinçonneur des Lilas", INA, 1962
« Berliet Digest » : film de présentation des usines de Berliet Vénissieux en 1956
Classe de maître du CRIMT, Philippe Bernoux, 2007
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Beyrouth, une ville qui ne dort jamais. Ses bars et ses clubs se concentrent dans des îlots, de bruit et de lumière, donnant à la capitale des allures d’archipel. Dans cette ville encore marquée par la guerre, la scène de la nuit vit entre ombre et éclat.
Dans son ouvrage Nuits de Beyrouth, qui a reçu cette année le Prix du livre de géographie des lycéens et étudiants, Marie Bonte, géographe, explore la ville autrement : la nuit devient alors son terrain d’enquête. À travers les lieux de fête, les rythmes, les corps et les sons, elle nous raconte comment les Beyrouthins réinventent la ville, malgré les crises et les cicatrices. Elle montre aussi comment les pratiques liées à l’alcool, la drague, la danse, constituent des manières de produire et de se réapproprier l’espace urbain.
En quoi la vie nocturne permet-elle de comprendre autrement la ville de Beyrouth, ses espaces et ses mutations ? Faire de la nuit son terrain de recherche, est-ce que c’est une manière de déplacer les frontières entre espace public et intime ? Les espaces de fête sont-ils des formes de résistance à la crise, ou au contraire des bulles d’illusion ? Comment les pratiques festives traduisent-elles des formes d’émancipation ou de contestation ?
Aujourd’hui, dans ce nouvel épisode du sens des mots, Marie Bonte explore cette géographie de la fête au cœur d’une ville post-conflit. Un espace fragile, vibrant, politique, pour comprendre ce que Beyrouth nous dit d’elle-même, quand le jour fait place à la nuit. Elle a choisi de nous en parler en trois mots : doudou, Johnny et scène.
Vous entendez au début de cet épisode des extraits issus de :
"Hezbollah, au cœur de la poudrière libanaise", Enquête Exclusive
Inter actualités de 19H15 du 11 janvier 1963, INA
L’écrivain et politologue Camille Ammoun réfute le mythe de la résilience libanaise, France Culture
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Depuis plus d’un demi-siècle, l’agriculture française a vécu de profondes mutations, alors même que les machines et la mécanisation n’ont eu de cesse de gagner du terrain. Tracteurs toujours plus puissants, outils de récolte perfectionnés, dispositifs numériques connectés : à chaque étape de la production, les engins sont devenus incontournables. Mais cette mécanisation, longtemps présentée comme synonyme de progrès, soulève aujourd’hui des interrogations majeures.
Quels effets la mécanisation a-t-elle produit sur la terre, sur le travail des agriculteurs et sur l’économie agricole ? Quelles logiques industrielles sous-tendent cet usage de plus en plus massif des machines dans les fermes ? Le monde agricole est-il aujourd’hui en capacité de relever les défis écologiques face à l’urgence qui s’impose ?
Ces questions sont au cœur de l’ouvrage collectif Comment les machines ont pris la terre. Un ouvrage codirigé par une équipe de sociologues et d’historiens : Sara Angeli Aguiton, Sylvain Brunier, Baptiste Kotras, Céline Pessis et Samuel Pinaud.
À rebours d’une lecture strictement technique, ce livre replace la question de la mécanisation dans un cadre politique, économique mais aussi social. C’est pourquoi nous y parlons aussi des choix publics, des stratégies industrielles, des luttes professionnelles et des résistances paysannes.
Derrière les chiffres de productivité ou la puissance des tracteurs, c’est donc une autre histoire qui se dessine : celle d’une agriculture transformée en profondeur, dont les sols portent les stigmates du tassement et de l’érosion, dont les fermes ploient sous le poids du capital investi, et dont les travailleurs voient leur quotidien remodelé, entre nouvelles pénibilités et perte de savoir-faire.
Pour en discuter, nous recevons aujourd’hui dans le sens des mots Samuel Pinaud, qui porte la voix du collectif. Il a choisi de nous en parler en 3 mots : Terre, Capital et Travail.
Vous entendez au début de cet épisode des extraits issus de :
Présentation approfondie des tracteurs John Deere 9RX : PUISSANCE, PRÉCISION et PERFORMANCES
La culture mécanisée
L'agriculture 2.0 la traite des vaches par des robots, c'est possible !
Les micro-fermes, un modèle agricole d’avenir ?
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Aujourd’hui dans ce nouvel épisode du Sens des mots nous recevons l’historienne d’origine américaine Rebecca Rogers, spécialiste de l’éducation des filles au XIXe siècle. Nous l’invitons à l’occasion de la sortie du dernier numéro de la revue Histoire de l’éducation dirigé par l’historien et écrivain Ivan Jablonka. Un numéro qu’il a souhaité consacrer à la « garçonnité », c’est-à-dire à l’apprentissage du masculin au cours de l’enfance.
Dans son article Chercher l’homme, découvrir la masculinité la grande historienne Rebecca Rogers que l’on connaît comme spécialiste de l’histoire des femmes et de l’éducation des filles fait un pas de côté en s’intéressant, une fois n’est pas coutume, à ce que l’on nomme les boyhood et les manhood studies en écho aux girlhood studies, champs d’études dont elle est beaucoup plus familière.
Ainsi, c’est à une véritable enquête que l’historienne se livre. Une enquête méticuleuse qui prend pour objet quelques revues majeures en histoire de l’éducation mais aussi des revues spécialisées en histoire du genre. Une enquête enfin qui s’intéresse aux boyhood et aux manhood studies c’est-à-dire aux revues portant sur la masculinité.
La découverte des masculinités peut-elle permettre de mieux cerner les féminités ? Quelle est la place accordée aux approches historiques dans les revues portant sur la masculinité ? Est-il possible de s’inspirer des travaux en histoire des femmes et du genre pour comprendre l’histoire des hommes ?
Pour répondre à ces questions et à beaucoup d’autres, Rebecca Rogers a choisi trois mots : masculinité, revues et boyhood studies.
Vous entendez au début de cet épisode des extraits issus de :
Eddy de Pretto – Kid
Anne-Marie Sohn (librairie Mollat)
1976 : Quelles différences entre filles et garçons ? | Archive INA
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Faut-il prendre les objets au sérieux ? Une multitude de recherches engagées dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler le « tournant matériel » des sciences sociales soulignent toute l’importance des objets dans nos sociétés. On en vient alors à s’interroger sur un éventuel pouvoir reconnu aux objets. Du lit, objet apparemment banal, dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile en Roumanie, au téléphone portable en prison, en passant par les objets rituels en Inde ou la vychyvanka, la fameuse chemise brodée ukrainienne, il est intéressant d’explorer la façon dont ces objets interviennent dans la fabrique sans cesse renouvelée des rapports sociaux de pouvoir. Comment les objets interviennent-ils dans l’exercice du pouvoir ? En quoi peuvent-ils être des instruments de domination ou, à l’inverse, de résistance, voire d’émancipation ? Pour répondre à ces questions, nous recevons dans ce nouvel épisode du sens des mots Pierre-Yves Trouillet, géographe et chercheur au CNRS, qui vient nous parler de l’ouvrage collectif Le pouvoir des objets. La construction matérielle de la domination. Un ouvrage qu’il a codirigé avec Lucie Bony, Sylvain Guyot et Bénédicte Michalon. Ils ont ensemble choisi de nous en parler en trois mots : pouvoir, résistance et espace.
Vous entendez au début de cet épisode des extraits issus de :
Boris Vian, la complainte du Progrès
SUR L'OBJET, JEAN BAUDRILLARD, dans le documentaire de Leslie F. Grunberg
Daniel Spoerri et la cuisine des objets, Arte Journal
La Vyshyvanka ukrainienne, l’autre gagnante de l’Eurovision, dans l'émission Quotidien
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