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Lectures Anthropocènes episodes

  • "Métabolisme(s). Matière en circulation, matière en transformation" de Pierre Desvaux, Clément Dillenseger et Laëtitia Mongeard, par Bérénice Gagne (1/2)

    🎙️ Lectures A° - "Métabolisme(s). Matière en circulation, matière en transformation" - Pierre Desvaux, Clément Dillenseger et Laëtitia Mongeard 


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    Métabolisme(s). Matière en circulation, matière en transformation - Pierre Desvaux, Clément Dillenseger et Laëtitia Mongeard (Cité anthropocène / Éditions deux-cent-cinq, coll. À partir de l’Anthropocène, 2024).


    La notion de métabolisme place la matérialité de nos modes de vie au cœur des débats scientifiques et médiatiques. En suivant les matières à travers leur « vie sociale » (extraction, transformation, consommation et rejet sous forme de déchets), le métabolisme lie les enjeux sociaux et écologiques de la consommation humaine. De plus en plus mobilisée par les universitaires spécialistes des questions environnementales, la notion est également réappropriée par d’autres milieux professionnels (urbanistes, architectes). Cet ouvrage, issu des réflexions du Studio Métabolisme de l’École urbaine de Lyon, vise à offrir un aperçu des réflexions en cours tout en ouvrant le débat vers le grand public.


    Si le terme connaît actuellement un usage important en sciences humaines — et particulièrement en géographie —, les débats concernant sa définition et ses méthodologies restent vifs. Le livre met en avant les enjeux sociaux, politiques, économiques et culturels de la matérialité des transformations des cycles bio-géochimiques en insistant sur les dimensions politiques et socialement construites des circulations et des transformations de la matière, de la ressource au déchet. Il s’agit de prendre en considération les impacts des prélèvements ou des rejets de nos sociétés et de comprendre comment ces matières s’insèrent dans des dispositifs socio-politiques dédiés (infrastructures, pratiques, normes, etc.).


    Extraits lus par Bérénice Gagne.

    9 min
  • "Des empires sous la terre. Histoire écologique et raciale de la sécularisation" de Mohamad Amer Meziane, par Bérénice Gagne (2/2)

    🎙️ Lectures A° - "Des empires sous la terre. Histoire écologique et raciale de la sécularisation" - Mohamad Amer Meziane


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    "Des empires sous la terre. Histoire écologique et raciale de la sécularisation" - Mohamad Amer Meziane (éditions La Découverte, 2021)

     

    On appelle généralement "sécularisation" le phénomène qui aurait vu les sociétés occidentales sortir du règne de l'hétéronomie et entrer dans l'ère de l'histoire et de l'autonomie. Dès lors, les humains, guidés par la Raison, auraient construit un monde libéré des croyances et des superstitions.


    C'est une tout autre histoire que raconte ce livre, une histoire dans laquelle la proclamation d'un monde sans Dieu est le fruit d'une "impérialité" hantant l'Europe et ses colonies depuis l'échec de la réunification de l'Empire chrétien par Charles Quint – un monde impérial qui s'annonce, dès la fin du XVIIIe siècle, comme le seul ayant dépassé les religions et ainsi capable de les réconcilier. Mais cette affirmation n'est possible qu'au prix de la racialisation de l'islam et de sa réduction à un universalisme concurrent, insécularisable et irrémédiablement "fanatique", ouvrant ainsi la voie à l'expansion européenne vers l'Afrique et l'Asie.


    Outre la dimension raciale de la sécularisation, ce livre en met au jour une seconde, écologique celle-là. En l'absence d'un Royaume de l'au-delà, la Terre devient le seul monde "sacré", et l'exploitation de ses sols et sous-sols la source unique de la légitimité de l'Empire. Aiguisée par les rivalités interimpériales (entre la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne), la ruée sur les biens terrestres s'est peu à peu muée en destruction de l'écosystème global. Ainsi pouvons-nous faire remonter la crise climatique à ce surgissement impérial-séculier et qualifier l'ère qu'il a ouverte de "Sécularocène". C'est la critique du Ciel qui a bouleversé la Terre.


    🗣️ “Les empires sous la terre sont ceux qui, voulant faire s’échouer le ciel ici-bas, bouleversent la Terre même en décimant les vies qui s’opposent à leur règne. La sécularisation n’est pas le déclin de la religion mais la naissance d’un nouvel ordre climatique, d’une nouvelle époque géologique. La «sécularisation» est l’avènement du Sécularocène.”

    Extrait lu par Bérénice Gagne.

    8 min
  • "Des empires sous la terre. Histoire écologique et raciale de la sécularisation" de Mohamad Amer Meziane, par Bérénice Gagne (1/2)

    🎙️ Lectures A° - "Des empires sous la terre. Histoire écologique et raciale de la sécularisation" - Mohamad Amer Meziane


    📻 📚 🎧 Je vous fais la #lecture?


    🎧 A écouter sur radio-anthropocene.fr et sur toutes les plateformes de streaming audio «Lectures anthropocènes» :


    "Des empires sous la terre. Histoire écologique et raciale de la sécularisation" - Mohamad Amer Meziane (éditions La Découverte, 2021)

     

    On appelle généralement "sécularisation" le phénomène qui aurait vu les sociétés occidentales sortir du règne de l'hétéronomie et entrer dans l'ère de l'histoire et de l'autonomie. Dès lors, les humains, guidés par la Raison, auraient construit un monde libéré des croyances et des superstitions.


    C'est une tout autre histoire que raconte ce livre, une histoire dans laquelle la proclamation d'un monde sans Dieu est le fruit d'une "impérialité" hantant l'Europe et ses colonies depuis l'échec de la réunification de l'Empire chrétien par Charles Quint – un monde impérial qui s'annonce, dès la fin du XVIIIe siècle, comme le seul ayant dépassé les religions et ainsi capable de les réconcilier. Mais cette affirmation n'est possible qu'au prix de la racialisation de l'islam et de sa réduction à un universalisme concurrent, insécularisable et irrémédiablement "fanatique", ouvrant ainsi la voie à l'expansion européenne vers l'Afrique et l'Asie.


    Outre la dimension raciale de la sécularisation, ce livre en met au jour une seconde, écologique celle-là. En l'absence d'un Royaume de l'au-delà, la Terre devient le seul monde "sacré", et l'exploitation de ses sols et sous-sols la source unique de la légitimité de l'Empire. Aiguisée par les rivalités interimpériales (entre la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne), la ruée sur les biens terrestres s'est peu à peu muée en destruction de l'écosystème global. Ainsi pouvons-nous faire remonter la crise climatique à ce surgissement impérial-séculier et qualifier l'ère qu'il a ouverte de "Sécularocène". C'est la critique du Ciel qui a bouleversé la Terre.


    🗣️ “Les empires sous la terre sont ceux qui, voulant faire s’échouer le ciel ici-bas, bouleversent la Terre même en décimant les vies qui s’opposent à leur règne. La sécularisation n’est pas le déclin de la religion mais la naissance d’un nouvel ordre climatique, d’une nouvelle époque géologique. La «sécularisation» est l’avènement du Sécularocène.”

    Extrait lu par Bérénice Gagne.

    9 min
  • « Symbiose. Essai sur nos vies ensemble » de Etienne Miqueu, par Bérénice Gagne (2/2)

    🎙️ Lectures A° - Étienne Miqueu, « Symbiose. Essai sur nos vies ensemble » (Flammarion, coll. Terra incognita, 2025)


    Comment des êtres différents se regroupent et s’assemblent, se contiennent les uns les autres, ne pouvant vivre qu’ensemble ? C’est à cette question que répond le révolutionnaire concept de symbiose. Des lichens auscultés par les botanistes du XIXᵉ siècle aux hybrides des théories contemporaines, du microcosme bactérien à la planète symbiotique, cet essai parcourt les univers étranges de la symbiose. Étienne Miqueu propose d’y voir des mondes possibles où nos vies associées échappent aux fantasmes de compétition et de pureté, et où faire place à plus que soi devient la garantie que l’on puisse dire : nous vivons ensemble.


    Extraits lus par Bérénice Gagne.

    10 min
  • « Symbiose. Essai sur nos vies ensemble » de Etienne Miqueu, par Bérénice Gagne (1/2)

    🎙️ Lectures A° - Étienne Miqueu, « Symbiose. Essai sur nos vies ensemble » (Flammarion, coll. Terra incognita, 2025)


    Comment des êtres différents se regroupent et s’assemblent, se contiennent les uns les autres, ne pouvant vivre qu’ensemble ? C’est à cette question que répond le révolutionnaire concept de symbiose. Des lichens auscultés par les botanistes du XIXᵉ siècle aux hybrides des théories contemporaines, du microcosme bactérien à la planète symbiotique, cet essai parcourt les univers étranges de la symbiose. Étienne Miqueu propose d’y voir des mondes possibles où nos vies associées échappent aux fantasmes de compétition et de pureté, et où faire place à plus que soi devient la garantie que l’on puisse dire : nous vivons ensemble.


    Extraits lus par Bérénice Gagne.

    8 min
  • "Zones. Terre, sexes et science-fiction", de Jeanne Etelain, par Bérénice Gagne (2/2)

    🎙️ Lectures A° - "Zones. Terre, sexes et science-fiction", Jeanne Etelain (Flammarion, coll. Terra incognita, 2025)


    Zone : ce terme omniprésent reste pourtant insaisissable. Dans une enquête conceptuelle étonnante à la croisée de la géographie, de la psychanalyse et de la science-fiction, Jeanne Etelain explore la façon dont la « zone » est devenue centrale pour comprendre l’espace, dans le contexte contemporain de crise des conditions d’habitabilité de la planète. 


    La zone apparaît dès lors comme une modalité spatiale défiant les catégories habituelles, nous confrontant à la puissance d’agir de l’espace, qu’il s’agisse de la nature, de la Terre ou du corps.


    Jeanne Etelain, titulaire d’un doctorat de la New York University et de l’université Paris-Nanterre, enseigne la philosophie et la théorie contemporaine à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier.


    Bérénice Gagne lit deux extraits de “Zones. Terre, sexes et science-fiction”, de Jeanne Etelain.

    8 min
  • "Zones. Terre, sexes et science-fiction", de Jeanne Etelain, par Bérénice Gagne (1/2)

    🎙️ Lectures A° - "Zones. Terre, sexes et science-fiction", Jeanne Etelain (Flammarion, coll. Terra incognita, 2025)


    Zone : ce terme omniprésent reste pourtant insaisissable. Dans une enquête conceptuelle étonnante à la croisée de la géographie, de la psychanalyse et de la science-fiction, Jeanne Etelain explore la façon dont la « zone » est devenue centrale pour comprendre l’espace, dans le contexte contemporain de crise des conditions d’habitabilité de la planète. 


    La zone apparaît dès lors comme une modalité spatiale défiant les catégories habituelles, nous confrontant à la puissance d’agir de l’espace, qu’il s’agisse de la nature, de la Terre ou du corps.


    Jeanne Etelain, titulaire d’un doctorat de la New York University et de l’université Paris-Nanterre, enseigne la philosophie et la théorie contemporaine à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier.


    Bérénice Gagne lit deux extraits de “Zones. Terre, sexes et science-fiction”, de Jeanne Etelain.

    8 min
  • "Drama doll. Roman sans histoire" de Rose Vidal, par Bérénice Gagne (2/2)

    🎙️ Lectures A° - "Drama doll. Roman sans histoire", Rose Vidal (Gallimard, 2025)


    Au départ, il y a ce secret que tu me confies, ton histoire de douleur. Puis l’enquête que je mène, à la rencontre d’un neurologue à la Pitié-Salpêtrière, d’un enfant qui hurle dans un bus et de jumeaux qui naissent en Californie.


    Et puis c’est le vertige : celui de nos troubles et de nos addictions contemporaines, comme celui de l’attention portée à nos remèdes et à nos façons nouvelles d’aimer.


    “Imagine : la plus grosse machine que les humains ont fabriquée sur cette terre, en dur, qui bouge, qui consomme, qui a une durée de vie, et dont on pourrait dire alors : qui naît, qui vit et qui meurt. Mais elle ne souffre pas.”


    Bérénice Gagne lit deux extraits de “Drama doll. Roman sans histoire”, de Rose Vidal.

    6 min
  • "Drama doll. Roman sans histoire" de Rose Vidal, par Bérénice Gagne (1/2)

    🎙️ Lectures A° - "Drama doll. Roman sans histoire", Rose Vidal (Gallimard, 2025)


    Au départ, il y a ce secret que tu me confies, ton histoire de douleur. Puis l’enquête que je mène, à la rencontre d’un neurologue à la Pitié-Salpêtrière, d’un enfant qui hurle dans un bus et de jumeaux qui naissent en Californie.


    Et puis c’est le vertige : celui de nos troubles et de nos addictions contemporaines, comme celui de l’attention portée à nos remèdes et à nos façons nouvelles d’aimer.


    “Imagine : la plus grosse machine que les humains ont fabriquée sur cette terre, en dur, qui bouge, qui consomme, qui a une durée de vie, et dont on pourrait dire alors : qui naît, qui vit et qui meurt. Mais elle ne souffre pas.”


    Bérénice Gagne lit deux extraits de “Drama doll. Roman sans histoire”, de Rose Vidal.

    9 min
  • "Tambora", Hélène Laurain, par Bérénice Gagne (2/2)

    🎙️ Lectures A° - "Tambora", Hélène Laurain (Verdier, 2025)


    Une mère nous parle de ses deux filles, qu’elle voit amples comme des villes en expansion. La première est déjà là quand le récit commence, la seconde naîtra bientôt, après la perte d’un autre enfant lors d’une fausse couche. Ici, la temporalité de la maternité domine : celle de grossesses compliquées, d’hôpitaux et de services des urgences, la temporalité d’un corps qui produit, parfois sans qu’on le veuille, la temporalité de la naissance, celle des soins, ou des désirs trop souvent empêchés.


    Mais d’autres réalités existent aussi, se faufilent et tentent de prendre leur place : un manuscrit qui intéresse un éditeur, des confinements, qui ne changent pas grand-chose lorsqu’on doit rester alitée, la catastrophe environnementale qui se déploie, gigantesque, et fait songer à la fin du monde que l’humanité a cru vivre en 1815 quand l’éruption du volcan Tambora plongea une partie de la Terre dans le froid et l’obscurité.


    Bérénice Gagne lit deux extraits de “Tambora”, de Hélène Laurain.

    6 min

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