Les Rencontres Cinéma de Gindou, comme son nom l’indique, est un festival qui permet de faire des rencontres autour du cinéma, dont certaines sont inoubliables. C’est le cas avec Meryem-Bahia Arfoui, une ancienne abeille de la Ruche, un dispositif d’accompagnement à l’écriture de films porté par Gindou cinéma. Cet été, elle est venue nous présenter son film, “Camionneuse”, un portrait en mouvement de Zina, une algérienne qui réalise son rêve d’enfant: conduire des camions. Ce documentaire nous plonge dans le quotidien de cette traceuse de routes, dans sa cabine, devenue un huis-clos dans lequel se développe une immense liberté. “Camionneuse” est un film sensible et immense pour tout ce que nous pouvons lire entre les lignes de son écriture. Vous l’aurez compris, j’ai eut un coup de cœur pour ce film.
Et comme Meryem-Bahia est une artiste multiple et en constante création, elle est venue à Gindou non seulement avec un film, mais aussi avec un livre : “Les Coursives”, aux éditions Blast, un recueil de textes poétiques qui tente de consigner une mémoire du quartier d’Empalot, à Toulouse, où elle vit encore.
A la vision de son film, à la lecture de son livre, force est de constater que Meryem-Bahia Arfaoui n’est pas insensible à ce qu’il se passe dans notre actualité, que ce soit sur des sujets comme le féminisme, la migration, etc…Toutefois la réponse artistique de Meryem-Bahia face à cela est multiple, pleine de poésie et de douceur, le tout d’une sincérité sans faille. Au cœur de ses créations, une question nous apparait : “ça veut dire quoi habiter le mouvement? “. Sans chercher de réponse unique cette interrogation, Meryem-Bahia en explore les différentes manières de vivre cette question à travers les histoires qu’elle nous raconte. Et chance pour nous, elle nous en réserve plein d’autres prochainement.
J’ai eut la chance de pouvoir la rencontrer et qu’elle accepte de me confier ses paroles, et c’est avec grand plaisir que les partage avec vous.
crédit photo : Nelly Blaya