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Un échange avec l'autrice et professeure de littérature Raphaëlle Guidée autour de son ouvrage La ville d’après. Detroit, une enquête narrative, paru aux éditions Flammarion dans la nouvelle collection Terra Incognita en 2024, animé par Gwilherm Perthuis, libraire de L'Œil Cacodylate à Lyon, à l'occasion de la 7ème édition du festival À l'école de l'Anthropocène le 28 mars 2025.
"Detroit devient dans l'imaginaire mondial un point focal d'investissement pour les récits des mondes d'après, des villes d'après, de la catastrophe mais aussi des alternatives au capitalisme. [...] Après sa faillite, Detroit devient considérée comme une page blanche où écrire l'avenir, une table rase. En réalité, le capitalisme n'a jamais quitté Detroit. J'ai cherché à montrer dans ce livre qu'on est jamais à Detroit hors du capitalisme."
"Terra Incognita, c'est une collection qui essaye de métaboliser le savoir écologique au service d'une nouvelle exploration. Les livres de la collection ont tous à faire avec l'écologie, comme une manière de voir le monde plus qu'un thème ou un sujet."
Un‧e invité‧e, sa sélection musicale, et une discussion autour d’un café pour aller à la rencontre d’artistes singuliers. Ce dimanche 30 mars 2025, Camille Viguié reçoit Sabrina Da Silva Medeiros, artiste interdisciplinaire brésilienne qui explore les marges et les mémoires à travers des rituels, la culture urbaine et des installations hybrides, Yana Dombrowsky M’Baye, chercheuse et éducatrice pluridisciplinaire, qui explore à travers l’image en mouvement, l’installation et la fabrication de talismans, les notions d’appartenance, de mémoire et d’interculturalité postcoloniale et Naomi Lulendo, artiste interdisciplinaire dont le travail explore les liens entre architecture, design, corps et mystique.
Un‧e invité‧e, sa sélection musicale, et une discussion autour d’un café, pour aller à la rencontre d’artistes singuliers.
Ce samedi 29 mars 2025, Camille Viguié reçoit Cavale. C’est une pop hybride à la frontière de l’électro, de l’indietronica et du hip-hop anglo-saxon, portée par des textes féministes, ironiques et profonds. Entre chant, production et DJ sets, Cavale explore un univers artistique puissant et libre, influencé par des artistes comme Peaches ou Santigold. Désormais en live solo, elle présente une formule hybride où machines et voix se mêlent pour une expérience intense et captivante. Fondatrice de son propre label et de l’agence Des Gens Cool, Cavale incarne une artiste indépendante et multi-casquette, prête à faire vibrer les scènes avec sa singularité et son énergie bouillonnante. Militante, elle a également fondé Trajectoires, un collectif d’entraide pour femmes et minorités de genre artistes et entrepreneur·euses, qui s’engage pour un environnement de travail plus inclusif et solidaire.
Un‧e invité‧e, sa sélection musicale, et une discussion autour d’un café, pour aller à la rencontre d’artistes singuliers.
Ce vendredi 28 mars 2025, Camille Viguié reçoit Edie Blanchard, réalisatrice, directrice artistique, auteure de Bimbo. Repenser les normes de la féminité (JC Lattès, 2024) et journaliste.
Entretien A° avec Yann Brunet, doctorant en histoire contemporaine à l'Université Lyon 2 Lumière, sur la question d'approvisionnement en eau de Lyon à travers l'histoire, et son influence sur la gestion des flux et des déchets, dans une approche métabolique de l'entité urbaine.
Cette émission, 2ème édition d'un partenariat entre le département ASTRE et Radio Anthropocène, a été réalisée dans le cadre des Journées du Master Gestion des Territoires et Développement Local de l'Université Jean Moulin Lyon 3 le 24 janvier 2025 à la MILC.
Entretien anthropocène - Michel Lussault, professeur à l’ENS Lyon
Face au constat de l’altération de notre planète, dont l’un des facteurs majeurs est la généralisation de son urbanisation par l’Homme, le géographe Michel Lussault nous partage dans cet entretien une partie du propos de son dernier livre, comme un appel à de nouvelles formes de cohabitations sur Terre. En passant par la philosophie du care, il plaide pour un travail de considération et de soin aux liens entre les vivants humains et non-humains et la matérialité de leurs habitats : un géo-care.
Contre les valeurs de la compétition et l’indépendance en permanence mises en avant dans les sociétés capitalistes modernes, il fait le constat de conditions d’existence humaine profondément vulnérables et dépendantes.
“Nous n’échappons pas à notre humanité. Nous faisons partie de ce groupe humain qui partage cette terre altérée, dans une position délicate d’acteur et d’agent, qui perpètre et subit ces altérations. Il n’y a pas de vie humaine qui ne soit pas cohabitante. Cohabiter, c’est organiser ses espaces et ses temps de vie, c’est prendre place dans des lieux, des lieux qu’on va partager avec d’autres entités, qu’on le veuille ou non.”
Cohabitons ! Pour une nouvelle urbanité terrestre, de Michel Lussault, paru aux éditions du Seuil en 2024.
Entretien A° avec Aziza Gril-Mariotte - directrice générale du Musée des Tissus de Lyon par Jindra Kratochvil, suivi du questionnaire anthropocène de Lou Herrmann.
"A l'époque de François 1er, deux marchands du Piémont obtiennent un privilège et vont introduire l'industrie de la soie à Lyon. Et dès la fin du du 16e siècle, il y a près de 200 tisserands à Lyon."
"Il va y avoir toute une modification du paysage géographique avec la plantation des mûriers. Ça ne touche pas que la ville de Lyon. Au départ, les fabricants sont plutôt sur la presqu'île. Ensuite ils vont s'installer dans les quartiers Saint Georges, Saint Jean, Saint Paul, le long de la Saône. On est loin encore de la Croix Rousse. La Croix Rousse au début du 19e siècle, c'est une colline avec des vergers."
"Aujourd'hui dans la région Lyonnaise se sont souvent des entreprises qui se sont transformées en adaptant leur métier après la 2nde Guerre mondiale. Ils ne tissent plus de la soie, ils tissent du métal, ils tissent des fibres optiques. Mais l'origine de leur entreprise ça reste la soie."
"Jusque dans les années 1980, les fabricants étaient plus importants que les couturiers. Quand on regarde les publicités, par exemple dans les magazines de mode, on a le nom du fabricant et dessous le nom de la marque. Si on prend, des grandes maisons comme Bianchini-Férier, les soiries brochées, etc. Ce sont eux qui finançaient les créateurs de mode et les couturiers."
Entretien A° avec Pierre Desvaux, chercheur en géographie et co-auteur de "Métabolisme(s). Matière en circulation, matière en transformation", paru le 7 octobre 2024 dans la collection “À partir de l’Anthropocène” aux Éditions 205 par Jindra Kratochvil.
« Réapproprié par la géographie ou l’écologie, le concept de métabolisme désigne la manière dont les sociétés consomment des ressources, les transforment en marchandises et puis les rejettent sous la forme de déchets »
« Le plastique nous emmène très loin puisqu'il est largement diffusé à l'échelle planétaire »
« Dans l'économie circulaire, quelque part le déchet n'existe plus ; (…) avec l’idée de métabolisme, le déchet devient un état transitoire de la matière. »
« Les chiffonniers du Caire c'est une communauté majoritairement chrétienne qui vit en Égypte et qui depuis 60, 80 ans, s'est appropriée le travail du déchet au sens large, c'est à dire le ramassage et la valorisation de certains déchets : (…) historiquement les déchets organiques qui étaient donnés aux cochons, mais aussi les tissus, les os. Leur métier c’était le recyclage ».
« Le métabolisme, ce n’est pas seulement des matières qui circulent, c'est aussi des groupes sociaux, et derrière des négociations, des transactions (…) »
« L'introduction des fibres en polyester dans les textiles pose des problèmes parce que ce sont des plastiques de très mauvaise qualité (…) qui ne vont pas supporter le processus de recyclage »
Entretien avec Emmanuelle Durand - anthropologue et autrice de "L’envers des fripes", paru en 2024 chez Premier Parallèle, une enquête ethnographique sur l’industrie mondialisée du vêtement usagé par Lou Herrmann.
"On a longtemps rapiécé, rafistolé, et donc porté des vêtements usagés. L'opposition binaire neuf/usagé est une construction sociale et historique. (...) Aujourd'hui on a un renversement de ces gestes, qui deviennent des outils de la transition écologique. On les institutionnalise et on leur redonne une forme de valeur sociale."
"Les associations se retrouvent face au défi de gérer non seulement une quantité grandissante de vêtements, mais aussi des vêtements de moins en moins bonne qualité. On est passé du don au débarras. C'est aussi le symptôme de la baisse de qualité considérable de la production textile qui se fait à 90% avec des matières synthétiques qui ne durent pas. On se retrouve avec ces filières de fripe qui déguisent en fait des formes de déchets."
"Fétichiser la marchandise, c'est-à-dire dissimuler les rapports de pouvoir, les relations hiérarchiques qui se jouent au sein de cette filière et y apposer un vernis tout vert, et un peu uniforme."
"On est sur une économie reproductive certes, mais dans reproductif il y a avant tout productif. Et moi ce qui m'intéressait c'était de montrer qui sont ces personnes qui produisent la fripe."
"Les marchés de la seconde main accueillent ces vêtements défectueux surnuméraires, ce qui ouvre la possibilité à l'industrie textile de ne pas s'occuper de ses déchets."
Entretien avec Christophe Bellet, directeur technique de l’Entente interdépartementale de démoustication (EID), par Lou Herrmann dans le cadre de la fête de la science au Musée des confluences en partenariat avec le projet de Recherche Serious, CNRS.
"En 2010, on a eu les premiers, les premiers foyers, il y avait eu un cas de dengue autochtone en France métropolitaine et un cas de chikungunya. Et puis ça augmente progressivement. Depuis 3 ans, on observe une augmentation du nombre des cas autochtones et ça c'est en lien avec le nombre de territoires métropolitains qui sont de plus en plus impactés par la présence de moustiques Tigres. La probabilité d'être d'être piqué par un moustique tigre qui se serait infecté sur une personne malade augmente tous les ans. En 2000 avez eu 9 foyers en France métropolitaine pour 66 cas de dengue. En 2023 vous avez eu 9 foyers de dengue, 45 cas. En 2024, dont l'année de surveillance n'est pas encore terminée, elle va se terminer au 30 novembre, on est à 11 foyers, 10 de dengue, 76 cas et un chikungunya avec un seul cas. Voilà maintenant c'est parti, ça va augmenter tous les ans."
"Ces actions de lutte anti vectorielle ont plusieurs formes. La première, ça va être la neutralisation des gîtes larvaires qui ont été identifiés dans ce cercle de rayon de 150m. Donc on va déjà d'essayer de réduire à la source la production de moustiques tigres. Et la 2e action, ça va être la mise en place de traitements adulticides, des traitements qui vont viser à tuer les moustiques tigres adultes potentiellement infectés de façon à enrayer cette cette probabilité de transmission et l'objectif de ces traitements, c'est de faire chuter brutalement de la densité vectorielle. Ce n'est pas l'éradication parce que c'est pas possible, c'est pas un objectif qui est atteignable, mais c'est de faire chuter brutalement de la densité vectorielle."
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