les histoires que j'ai racontées à ma fille

les histoires que j'ai racontées à ma fille

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les histoires que j'ai racontées à ma fille episodes

  • Mabi et Tom

    C’était une froide journée d’hiver. Les arbres se dressaient nus, la neige s’était accumulée en épais amas, et les branches craquaient sous son poids. La vieille cabane, située dans les jardins du palais, était à peine visible, et l’on aurait dit que personne ne l’avait visitée depuis de longues années.

    10 min
  • Le cheval

    Il y a bien des années, vivait un cheval qui avait oublié qu’il était un cheval. Personne ne savait comment cela était arrivé — pas même le cheval lui-même.


    Un jour, une vache passa par là.


    — Meuuuuuh-meuuuuuh, meugla-t-elle avant de lui faire un compliment. Quelle magnifique crinière tu as ! C’est la plus belle crinière que j’aie jamais vue chez un cheval.


    Le cheval renâcla avec colère.


    — Je ne suis pas un cheval !


    La vache se sentit offensée et s’en alla.


    Puis arriva une lapine.


    — Tac-tac-tac-tac ! bavarda-t-elle. Quelles jambes puissantes tu as ! Je n’ai jamais vu de si belles jambes chez un cheval.


    Le cheval renâcla de nouveau.


    — Je ne suis pas un cheval !


    La lapine se sentit vexée et s’éloigna en bondissant.


    Ensuite arriva un lion, rugissant si fort que sa voix résonna à travers toute la plaine.


    — Rooooaaaarrrr !


    Il regarda le cheval avec admiration.


    — Quelle longue et magnifique queue tu as, cheval !


    Le cheval eut d’abord très peur. Puis il répondit avec hésitation :


    — Laisse-moi tranquille. Je ne suis pas un cheval !


    Le lion se sentit blessé et poursuivit son chemin en grondant doucement :


    — Grrrrrr…


    Les jours passèrent. Les animaux discutèrent de cette affaire entre eux, mais aucun ne parvenait à expliquer pourquoi il insistait si étrangement sur le fait qu’il n’était pas un cheval.


    Finalement, une abeille arriva en bourdonnant dans les airs :


    — Bzzzzzzzz-bzzzzzzzz…


    Elle vola près de lui. Elle avait entendu les rumeurs.


    — Quel merveilleux pelage brillant tu as, cheval ! dit-elle avec admiration.


    Le cheval regarda autour de lui pour voir qui parlait. Lorsqu’il comprit qu’il s’agissait d’une abeille, il fut soudain saisi de peur, car il se souvint tout à coup qu’une piqûre d’abeille pouvait être dangereuse pour un cheval.


    Alors il partit au galop aussi vite qu’il le pouvait, hennissant en courant :


    — Je suis un cheval ! Je suis un cheval !


    Et à partir de ce jour-là, le cheval n’oublia plus jamais qu’il était un cheval.

    4 min
  • Abigail

    Il était une fois une toute petite plante — juste une petite plante, jaune, verte et un peu blanche. La plante était assise toute seule dans une très grande maison, dans l’un des coins les plus éloignés.


    Parfois, la plante se demandait :

    « Suis-je la seule plante au monde ? »


    Mais personne ne répondait. Chaque semaine, quelqu’un venait s’occuper d’elle, lui apportant de l’eau et de la nourriture, mais rien d’autre. L’obscurité était tout ce que la plante pouvait voir.


    Un jour, un chien surgit en courant dans la maison, bondissant d’un coin à l’autre. Finalement, le chien heurta la plante et la fit tomber sur le sol.


    Le soir arriva. La plante gisait par terre, ses racines étalées sur le sol.


    « Oh non, qu’est-ce que je vais faire ? » pleura la plante. Mais personne ne pouvait l’entendre.


    Puis, un matin, la porte s’ouvrit et une silhouette entra. La silhouette regarda la plante couchée sur le sol et dit :

    « Intéressant. »


    Doucement et avec précaution, la silhouette porta la petite plante dehors, vers la lumière.


    Dehors, dans la lumière, la plante reçut de la terre fraîche et de l’eau, puis fut placée parmi beaucoup d’autres plantes. Le soleil brillait, et le monde était rempli de bruit.


    La plante se dit :

    « Je ne suis pas seule au monde. »


    Toutes les plantes se penchèrent pour la saluer. Les abeilles bourdonnèrent : « Bonjour. » Et tout le monde posa la même question :


    « Comment t’appelles-tu ? »


    Mais la petite plante ne le savait pas. Elle n’avait jamais eu de nom.


    « Quel est mon nom ? » demanda-t-elle au jardin, aux abeilles et au vaste ciel bleu.


    Or, dans le jardin, vivait une petite fée nommée Leila, si petite et si délicate. Lorsqu’elle entendit la question de la plante, elle en fut profondément touchée.


    Alors elle s’envola, plus haut, toujours plus haut, jusqu’au plus vieil arbre du ciel — l’arbre qui donne un nom à chaque fleur et à chaque plante.


    L’arbre envoyait de fins fils blancs et joyeux à travers tout l’univers. Un fil de lumière s’enroula autour de Leila et murmura un nom :


    « Abigail. »


    La plante fut remplie de joie.


    « Je m’appelle Abigail ! » annonça-t-elle au monde entier.


    Mais quelques jours plus tard, la silhouette revint. Abigail fut soulevée, ramenée à l’intérieur et reposée dans son coin lointain.


    Retour dans l’obscurité. Retour au silence.


    Seule à nouveau dans le noir, Abigail ne supportait plus le silence. Ses feuilles commencèrent à pâlir. La lumière l’avait quittée.


    Puis la porte grinça et la silhouette apparut.


    « Oy », murmura-t-elle.


    D’un geste doux, elle souleva Abigail, et peu à peu l’obscurité disparut. Abigail se retrouva de nouveau parmi ses amies, dans la chaleur dorée de la lumière.


    « Leila », appela Abigail, « peux-tu m’emmener jusqu’au plus vieil arbre ? »


    Alors elles s’envolèrent — toujours plus haut — jusqu’à ce qu’Abigail touche un fil blanc de lumière. Quand elle redescendit, elle savait, elle sentait le bonheur en elle.


    Peu de temps après, la silhouette revint, comme les silhouettes le font toujours, et ramena Abigail dans la maison, dans le coin le plus éloigné de tous.


    Mais cette fois, dans l’obscurité, un fil blanc apparut. Il se faufila à travers toute la maison, portant les voix de toutes les plantes jusque dans les coins les plus reculés.


    « Je m’appelle Harry », dit joyeusement une plante.


    « Moi, c’est Mia », dit une autre.


    Une à une, des voix surgirent du noir. La maison n’était plus silencieuse ; elle était remplie de bruit, de nouveaux noms et de bonheur.


    Abigail sourit.


    Et le fil blanc de lumière continua son voyage, se glissant dans chaque maison solitaire et dans chaque coin oublié du monde.

    4 min
  • Vive la reine Lucy.

    Malchishua et l’Épine


    Dans une ancienne forêt, où les arbres savaient parler, vivait un lion nommé Malchishua.

    Ce n’était pas un bon lion.


    Sa crinière était immense, ses dents étaient terrifiantes, et jamais de sa vie il n’avait dit s’il vous plaît ni merci. Les autres animaux se tenaient loin de lui, ce qui convenait parfaitement à Malchishua, car il ne se souciait guère des autres — sauf lorsqu’ils se trouvaient dans son assiette.


    Un lundi — car c’est toujours un lundi que ces choses-là arrivent — une épine se coinça dans la bouche de Malchishua.

    6 min
  • Danny



    Il était une fois, dans une petite maison douillette au numéro 8 de la rue de la Curiosité, une gentille petite souris nommée Danny. Sa maison offrait une vue magnifique sur la montagne de la Table.


    Danny n’aimait pas beaucoup manger. Certains jours, son petit ventre lui faisait mal, et parfois sa tête lui semblait lourde. Sa maman posait amoureusement son assiette devant lui, mais Danny détournait le regard et observait les oiseaux hadeda qui cherchaient des vers dans le jardin. Son grand frère Elli se penchait au-dessus de la table et disait doucement : « Danny, juste une bouchée. Essaie, s’il te plaît. » Mais Danny haussait seulement ses petites épaules et regardait ailleurs.


    Sa maman venait alors le prendre dans ses bras chauds et réconfortants, comme elle le faisait toujours quand les mots ne suffisaient plus. Pourtant, même son câlin plein d’amour ne parvenait pas à le faire manger.


    Puis, un jour, sans que personne dans la rue de la Curiosité ne comprenne vraiment pourquoi, tout changea.


    Danny mangea tout ce qu’il y avait dans son assiette, jusqu’à la dernière miette. Quand il eut terminé, il poussa sa petite assiette en fer-blanc et dit gentiment : « Encore, s’il te plaît, maman. »


    Sa maman le regarda, surprise et ravie. Elle ne posa aucune question — elle sourit simplement de joie et lui servit une autre portion.


    Ce soir-là, Danny fit le plus grand bâillement du monde et se blottit dans son petit lit en boîte d’allumettes. Ses yeux se fermaient déjà quand il entendit un doux bruit de pas feutrés, un peu spongieux, qui traversaient lentement le plancher. Un peu nerveux, Danny remonta sa couverture jusqu’à son menton.


    La porte s’ouvrit en grinçant, et là se tenait un petit nain rond et rigolo, pas plus grand que Danny lui-même. Son sourire doux et bienveillant réchauffa immédiatement le cœur de Danny.


    « Aujourd’hui, j’ai tout mangé », déclara fièrement Danny en se redressant bien droit. « Jusqu’à la dernière miette ! »


    Les yeux du nain se plissèrent avec gentillesse. « Alors tu mérites un cadeau spécial », dit-il tendrement. Avant que Danny puisse répondre, le nain sourit une dernière fois et disparut silencieusement.


    Danny ferma les yeux et essaya de dormir, mais son petit cœur battait d’excitation.


    Le lendemain matin, une belle lumière dorée et chaude entra par la fenêtre, apportant la douce odeur du thé rooibos de maman. Danny glissa sa petite patte sous son oreiller… et y trouva quelque chose de frais, de rond et de lisse.


    Un beau bracelet.


    Il le passa à son poignet et partit à l’école en trottinant, sa queue se balançant joyeusement derrière lui.

    7 min

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