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Territoire du chat : l’univers secret révélé par Catherine
Au micro de Radio Entre-Deux-Mers, la voix de Catherine possède l’inflexion complice de ceux qui savent regarder au-delà des évidences. Communicante animalière et présidente de l’association Du Chariot Ailé, elle ouvre sa chronique par une malice qui bouscule nos vanités de propriétaires : votre maison vous appartient-elle vraiment, ou votre chat tolère-t-il simplement votre présence sur son domaine ?
En quelques phrases feutrées, le salon se dépouille de son agencement humain pour révéler sa véritable géographie. Pour l’animal, l’espace n’est ni décoratif ni géométrique ; il est sensoriel, intime, balisé d’odeurs et de vigies secrètes. Lorsqu’un félin effleure un meuble ou frôle une cheville, rappelle Catherine d’un ton rassurant, il n’émarge pas à la tendresse : il dépose un alphabet de phéromones, une cartographie rassurante dont le moindre grand nettoyage efface les repères vitaux.
L’éthologie, sous sa plume orale, devient une politesse de l’attention. Comprendre l’importance d’une litière à l’écart, d’un carton providentiel ou du temps incompressible d’acclimatation avant d’ouvrir le jardin : chaque conseil traduit une exigence de stabilité. Pour un chat, la routine n’est pas une contrainte, mais l’armature même de son sentiment de sécurité.
Puis, dans un rire franc qui dissipe un bref bafouillage sur le nom des ondes, l’éducatrice cède le pas à la militante de terrain. L’appel à la collecte de Mazères, le besoin pressant de croquettes et de familles d’accueil ramènent l’élégance du propos à l’urgence du refuge.
Catherine n’enseigne pas de haut ; elle prête sa voix à ceux qui n’en ont pas. En nous quittant jusqu’au mardi suivant, elle ne laisse pas seulement une leçon de comportement, mais une invitation silencieuse à observer autrement l’animal qui s’étire sur nos tapis : le véritable maître des lieux, indulgent et souverain.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Podcasts · Le 5 à 7 du vendredi — émission n° 2, diffusée le vendredi 11 septembre 2026
Deux heures en direct du Café des Sports, sous les arcades de Monségur, pour préparer un week-end où il y a trop à faire. Quatre rendez-vous, sept invités, une chronique musicale.
La photographe Josy Moderne et la plasticienne Georgette Bastien ouvrent l’émission. Toutes les deux participent à Dropt’Art, qui réunit 57 artistes dans 22 ateliers et lieux d’exposition de la vallée du Dropt jusqu’au 20 septembre.
Josy Moderne travaille le paysage et la macrophotographie, et transfère ses images sur la pierre, le métal, l’or. Georgette Bastien assemble des créatures mi-humaines mi-animales, les Panimours et les Gastéropithèques, à partir de bois et de matériaux récupérés. Son exposition couvre trois périodes : des gravures des années 1980, des photographies, puis ces créatures.
Sur le public qui pousse la porte des ateliers, elles disent la même chose. « C’est fondamental, le public. C’est la nourriture. »
Raphaël Poutchi consacre sa chronique à Maggy Bolle. Chanteuse française sur la route depuis 2016, des cafés associatifs aux grandes salles, adoptée par la scène punk et alternative. Chanson française sur le papier, esprit punk dans la pratique.
Cap sur La Réole. Anthony Ronzani préside le collectif artistique et culturel Anima Regula. Armand Sanches est humoriste bordelais et co-organisateur du gala. Ensemble, ils installent le premier Régula Comedy Show au château des 4 Sos, un monument rarement ouvert au public.
Six humoristes à l’affiche, cinq Bordelais et un Rochelais, choisis dans un vivier d’une centaine d’artistes. La Réole vit du stand-up depuis quatre ou cinq ans, et la demande du public a décidé du projet.
Direction Neuffons. Marine Sciana, clarinettiste, et Mickaël « Mike » Amouroux, multi-instrumentiste et professeur de musique, ont installé dans une grange un lieu consacré aux musiques traditionnelles et aux musiques du monde. Concerts, résidences, chorales, ateliers dans les écoles, après-midis jeux de société.
L’association est portée par un collectif d’habitantes, sans présidence. Le plus jeune adhérent a trois ans et danse en bal dans le dos de sa mère. La doyenne, Yvette, en avait quatre-vingt-dix.
Le duo qu’ils forment s’appelle Aïla. Il est né d’une recherche sur la transmission du son sans électricité, à travers des tuyaux et des pavillons.
Dernier invité, Xavier Bartab. Auteur, compositeur et chanteur, il a racheté à la SNCF la gare de La Mothe-Landerron, fermée depuis des années. Désamiantage, électricité, réaménagement complet du hall des pas perdus.
Le bâtiment abrite aujourd’hui un café associatif, une salle de diffusion et des résidences d’artistes. Le quai, lui, reste actif : les TER s’y arrêtent tous les jours. Les voyageurs voient de la lumière, entendent de la musique, et entrent.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Jocelyn Brown, Somebody Else’s Guy · Diane Dufresne, Ne tuons pas la beauté du monde · Triangle Sun, Beautiful · Charles Aznavour, Je m’voyais déjà · Maggy Bolle, Beau pain dans ta gueule · Steve Miller Band, The Joker · GiedRé, Jacky le nain · The Turtles, Happy Together · Aïla, Barjak · Buika, Loca · KT Tunstall, Black Horse and the Cherry Tree · Bartab.
Cet épisode contient des chansons et des propos réservés à un public averti.
Animation : Jean-Christophe Cabut et Laura Foucaud. Réalisation : Damien Grouhel. Chronique Bon plan musique : Raphaël Poutchi. Émission enregistrée au Café des Sports à Monségur, avec les remerciements de REM à Frédo et à son équipe.
Le 5 à 7 du vendredi, tous les vendredis de 17 heures à 19 heures sur REM, 98.4 FM, et en podcast sur remradio.fr.
Dix ans de la recyclerie du Bazadais : trois jours pour fêter la seconde vie des objets
La recyclerie du Bazadais fête ses 10 ans. Rendez-vous les 10, 11 et 12 septembre à Bazas, avec une conférence, des visites guidées et une grande fête gratuite. Anne, coordinatrice de l’association depuis quatre ans, était l’invitée de la Matinale ce mardi. Son interview est à réécouter en podcast, dans notre nouvelle rubrique L’interview locale.
Anne a grandi en région parisienne, dans une famille originaire du Sud-Ouest. Après un passage en Normandie, elle reprend ses études à Caen pour se former à l’environnement.
Pendant douze ans, elle coordonne des projets d’éducation à l’environnement pour le GRAINE Nouvelle-Aquitaine. Ce réseau forme les animateurs nature de toute la région.
En 2022, elle rejoint la recyclerie du Bazadais comme coordinatrice. Elle gère l’équipe, les finances et les projets de l’association. Un poste plus local, dit-elle, mais dans la continuité de son engagement.
Un objet dure souvent moins longtemps qu’il y a vingt ans. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée : des produits pensés pour être remplacés vite, plutôt que réparés. La loi impose désormais aux fabricants de fournir des pièces détachées pendant plusieurs années. Un progrès, selon Anne, mais qui ne suffit pas face à la pression constante à l’achat.
La recyclerie propose une autre voie. Réparer, détourner, relooker un meuble ou un vêtement pour lui donner une deuxième vie, parfois une troisième. Anne cite l’exemple d’un canapé des années 80 : poncer les accoudoirs, changer les housses, et il repart pour vingt ans.
Sur le textile, elle avance un chiffre frappant. Si toutes les usines de vêtements du monde s’arrêtaient aujourd’hui, le stock existant suffirait, selon elle, à habiller la planète pendant cinquante ans. De quoi interroger nos armoires.
La recyclerie du Bazadais fait le choix de l’emploi durable. L’activité de vente finance aujourd’hui cinq postes à temps plein et un temps partiel, soit six personnes employées sur le territoire. Une réussite portée presque entièrement par les ventes en boutique, avec quelques subventions en complément.
Pour Anne, une recyclerie ne se limite pas à réduire les déchets. Elle crée de l’emploi local et coopère avec les collectivités, les entreprises et les autres associations. C’est tout le sens de l’économie sociale et solidaire, un modèle économique qui met l’humain avant le seul profit.
Reportée cet été en raison de la canicule, la pièce « Sur le marché ! » arrive à Sauveterre-de-Guyenne. La Compagnie Volancia joue cette comédie le vendredi 18 septembre à 20 h 30 à la salle Saint-Romain. Écrit par Sébastien Cauhapé et interprété en duo avec Patricia Anglada, le texte aborde la quête amoureuse sous un angle burlesque. Une femme fait irruption dans le cabinet de son ami médecin pour bousculer son quotidien. Entre speed dating improvisé et confidences directes, l’intrigue mise sur le rire et la proximité. Cette date soutient la vitalité du spectacle vivant en Entre-Deux-Mers.
La canicule de l’été a contraint les organisateurs à reporter la date initiale. Les températures rendaient la salle impraticable pour les comédiens comme pour les spectateurs. L’équipe municipale de Sauveterre-de-Guyenne et la troupe ont validé le créneau du 18 septembre. « La canicule est venue refroidir nos ardeurs », souligne Patricia Anglada. Les acteurs montent sur les planches à 20 h 30 dans la salle Saint-Romain.
Le jeu théâtral guide le parcours de Patricia Anglada depuis trente ans. Ancienne infirmière, elle a conçu des ateliers d’expression en milieu hospitalier pour soutenir les patients. Son apprentissage s’est développé au sein des troupes de Langon, Toulenne et Coimères. La comédienne a ensuite fondé la Compagnie Volancia à Porte-de-Benauge, où la municipalité met une salle à sa disposition. Après une tournée en solo avec Le Démon de midi, encouragée à Bordeaux par Michèle Bernier, elle retrouve le travail à deux.
Le spectacle traite de la solitude par le ressort comique. Sébastien Cauhapé a rédigé les dialogues en intégrant des confidences réelles confiées par sa partenaire. L’histoire s’enclenche lorsqu’une femme surgit en consultation chez son médecin traitant pour lui réclamer de l’aide. L’intrigue enchaîne les situations absurdes jusqu’à une séance de speed dating déroutante. Le texte esquive les clichés du genre avec un dénouement inattendu.
L’accès en salle est proposé à tarif modéré. L’entrée s’élève à 10 € pour les adultes et à 5 € pour les enfants de moins de 12 ans. L’ouverture des portes a lieu à 20 h 00 au 4 quater, rue Saint-Romain. Les réservations s’effectuent par téléphone au 06 84 19 21 49.
Retrouvez plus d’informations dans nos journaux sur 98.4 FM et sur notre site re2m.org. Contactez la rédaction pour partager vos initiatives : [email protected].
Culture · Entretien — 16 juillet 2026
Une quinzaine de musiciens, des narratrices, trois places de village. Avec Le Grand Kabarov, Franck Assemat a porté Les Misérables à Sauveterre-de-Guyenne, La Réole et Saint-Macaire. Retour sur trois ans de composition et une vie entière de bifurcations, dans l’interview matinale de Radio Entre-Deux-Mers.
Tout commence par un malentendu. Vers huit ans, sa mère demande conseil au grand-père, forgeron et bugliste dans l’harmonie municipale de Saint-Seurin-sur-l’Isle. La réponse tient en une phrase : « il a qu’à faire de la clarinette ». Conservatoire de Bordeaux, puis l’adolescence et le rangement de l’étui. Reste la guitare, les Beatles, Neil Young, l’envie de chanter. Et surtout ce que Franck Assemat appelle sa « bulle musicale » : une abstraction du monde qui l’accompagne dès qu’il prend un instrument.
En parallèle, la montagne. Frison-Roche, les cartes du massif du Mont-Blanc apprises par cœur, puis l’escalade — pour l’esthétique, la chorégraphie, l’engagement physique. Jusqu’à 35 ans, c’est son moteur premier. Un brevet d’État manqué referme la parenthèse. Éducateur en CAT, il retrouve du temps, puis un poste de professeur de clarinette à l’école de musique de Figeac. L’instrument-prison devient véhicule.
Une rencontre amoureuse l’emmène à Paris. Il y fonde l’OVNI’TendeR, orchestre amateur — l’éducation populaire le suit depuis ses années d’animateur en centre social. Et pour connaître une ville qu’il ne connaît pas, il ouvre Les Misérables. Cinq ou six jours de lecture quasi ininterrompue, des réveils à trois heures du matin pour reprendre le livre, un freinage à la fin pour ne pas le terminer. Ce qui l’attrape : la façon dont Hugo plonge dans la profondeur de l’âme, met le doute de Jean Valjean en relief. Une montagne, dit-il.
L’idée de la création n’arrive que trois ans avant la première. Installé à Saint-Macaire depuis une dizaine d’années, il y a fait naître Le Grand Kabarov — nom né des initiales de trois fanfares réunies pour une rencontre : Karaboudjan, Barbey, OVNI’TendeR. Le collectif se stabilise, il propose Les Misérables, ils adhèrent, et acceptent trois années d’errances et de bifurcations.
La composition réelle tient en deux mois, de septembre à fin octobre, pour une première le 11 novembre. La méthode : extraire les zones qui bouleversent, lire à voix haute, chercher à la guitare ce qui peut venir étreindre le texte. Car la langue de Hugo a un rythme musical indéniable — c’est déjà une musique. Vents (flûte, hautbois, clarinette, saxophone, trombone), rythmique basse-batterie, chorégraphies de Thierno Ndiaye. Pas une comédie musicale : un écrin. « Ce que je cherche absolument, c’est faire entendre la langue de Hugo. »
Trois places publiques, trois soirées gratuites, aucun billet. Le Grand Kabarov a fait le choix de l’espace ouvert à tous, devant les mairies et en bas des remparts. C’est là que se joue quelque chose pour l’Entre-Deux-Mers et le Sud-Gironde : une œuvre exigeante, composée sur place par des musiciens dont ce n’est pas le métier, offerte sans conditions à qui passe. La culture n’a pas besoin de venir de loin pour être haute.
Dans le concert des identités contemporaines, deux voix se répondent comme un écho entre la pierre volcanique de l’Auvergne et le calcaire haussmannien. Vivien et Yves ne partagent pas le même quotidien, mais ils habitent la même langue, ce territoire invisible qu’est l’Occitanie.
Installé à Paris depuis vingt-et-un ans, Vivien est l’homme des interstices. Il cultive une « occitanité » urbaine, curieuse et voyageuse. Entre une pièce de Victor Hugo et un match de rugby à cinq, il tisse des liens numériques pour sa communauté. Son regard se porte loin — des bouches de Kotor aux sommets de l’Atlas — mais son socle reste intact. Pour lui, la culture n’est pas un héritage que l’on garde sous verre, c’est une énergie que l’on transporte dans le métro, une manière d’être au monde, fluide et connectée.
À Aurillac-sur-Drop, Yves incarne une tout autre dignité : celle de la permanence. Dans ce village de cent-quatre-vingts âmes, il est la mémoire vive. Sa voix porte le souvenir des commerces disparus et la gravité d’un deuil communal. Pourtant, Yves n’est pas l’homme du passé. À travers les Amis de l’Abbaye ou la crèche vivante, il maintient le feu sacré de la transmission. Il est l’aubier, cette partie vivante de l’arbre qui permet à la sève de monter, saison après saison.
Le point de jonction entre ces deux destins se trouve dans la précision des mots. Que Joan Rigouste explore l’étymologie de leurs noms — révélant des pays de sources et de martyrs — ou que les fifres de Nathalie résonnent à Laguépie, le constat est le même.
L’un court pour ne pas oublier, l’autre reste pour témoigner. Ensemble, Vivien et Yves dessinent le visage d’une culture qui, loin d’être un folklore, est une boussole. L’un est l’horizon, l’autre est le foyer ; et dans ce dialogue, l’Occitanie respire, plus vaste que jamais.
Un grand bol d’air frais, de belles rencontres et surtout beaucoup d’humain. C’est le cocktail qu’on vous propose de revivre dans ce nouveau podcast enregistré en plein cœur des portes ouvertes de l’Adgessa, à Saint-Brice. Mathieu, Océane et toute l’équipe de REM ont posé leurs micros au milieu de cette véritable micro-société locale pour une après-midi mémorable.
Derrière les murs de cette structure qui rassemble plus de 200 personnes, c’est tout un tas de savoir-faire qui s’exprime au quotidien. Monsieur Lussin, directeur de l’ADGESSA, nous a raconté la genèse de ces journées d’échange initiées en 2019. Du menuisier au cuisinier en passant par les soignants, chacun y trouve sa place pour s’épanouir. Et en bonus sonore ? Les notes joyeuses de l’école de musique de Sauveterre-de-Guyenne qui flottaient dans l’air tout au long du direct.
Pendant l’émission, on a aussi fait un détour par le stand de la « Maison de Berneuilh ». Amandine Noriega y propose un concept unique qui nous a charmés : elle est à la fois vigneronne, éleveuse et apicultrice ! Elle nous a partagé sa passion pour les abeilles — un rêve de gosse devenu réalité avec aujourd’hui 70 ruches à son actif — et nous invite tous à lui rendre visite dans sa boutique à la Porte de Benauge.
L’autre moment fort de ce direct, c’est notre rencontre avec l’association « Regards Étoilés ». Portée par des bénévoles et des soignants formidables comme Véronique, elle finance des moments d’évasion (sorties ciné, Bassin des Lumières) pour des enfants polyhandicapés. Leurs armes pour récolter des fonds ? De superbes créations faites main, du sac à tarte tendance aux doudous en crochet. Une initiative locale exemplaire à soutenir sans modération.
Pour finir, place au voyage et aux souvenirs avec Rayan et Aurélie, tout juste rentrés de leur séjour Erasmus à Tàrrega, en Espagne. Entre le travail le matin (au ménage et à la lingerie) et la douceur de vivre espagnole l’après-midi, ils en ont pris plein les yeux. Un plateau qui s’est terminé dans l’inévitable bonne humeur de l’équipe, avec un petit tacle amical à Guillaume sur ses années de jeunesse passées dans une biscuiterie… On ne vous en dit pas plus, tout est dans l’audio !
Installez-vous confortablement, montez le son et découvrez l’esprit de solidarité qui fait battre le cœur de notre région.
Caumont : Le village de 140 âmes qui défie la distance
À Caumont, 140 âmes habitent un paysage que l’on pourrait croire figé dans le temps. Pourtant, sous l’impulsion de son maire, Benjamin Malambic, le village vibre d’une modernité silencieuse et radicale. Ici, on ne subit pas la ruralité, on la sculpte.
D’un côté de la rue, la Maison des Projets. Ce n’est pas qu’un bâtiment de pierres rénovées, c’est une interface. Benjamin Malambic évoque avec un sourire audible cette « anomalie » délicieuse : un développeur web codant pour Seattle au milieu des collines gersoises. En dotant le village d’un tiers-lieu high-tech — où la visioconférence n’a rien à envier aux tours de la Défense — le maire a opéré ce qu’il appelle le « pas de côté ». Sa voix, posée, trahit une satisfaction profonde : celle d’avoir transformé l’isolement en privilège. Travailler à Caumont, c’est choisir la pulsation du monde sans renoncer à la lisière des champs.
Face au numérique, le retour à la terre. L’épicerie participative des Épiculteurs incarne l’autre versant de sa vision. Ici, l’économie est remise à l’endroit : pas d’intermédiaire, un prix souverain pour le producteur et une application, Mon Épi, pour orchestrer la solidarité. Benjamin Malambic ne parle pas en gestionnaire froid, mais en facilitateur d’utopies concrètes. Pour lui, Caumont est un « territoire test », un laboratoire de résilience où l’on réapprend à consommer au rythme des saisons et de l’engagement bénévole.
Le 21 juin, lors d’une double inauguration symbolique, le ruban coupé ne célébrera pas seulement des murs, mais une victoire psychologique. En un mandat, Benjamin Malambic a prouvé que la petitesse géographique n’est jamais une limite à l’ambition politique.
Son récit est celui d’une ruralité qui cesse de s’excuser d’exister pour devenir un modèle. À Caumont, l’avenir ne s’attend pas, il s’inaugure en musique, entre un écran 4K et un panier de légumes locaux, avec la certitude tranquille que le progrès a enfin trouvé son port d’attache.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Guy-Arnaud Penet : Le Gardien de votre Sécurité Intérieure
Dans ses chroniques qu’il nous adresse avec une régularité apaisante, Guy-Arnaud Penet déploie une voix au magnétisme rare. Plus qu’un exposé, son récit est une immersion sensorielle dans les méandres du Triple Réchauffeur, ce « chef d’orchestre invisible » de la médecine chinoise.
Sans existence charnelle, ce méridien gouverne pourtant l’essentiel : notre chaleur et notre sentiment de sécurité. Guy-Arnaud nous le dessine en trois foyers : la Brume thoracique qui diffuse l’élan, le Chaudron digestif qui transforme, et le Drain abdominal où réside notre force vitale.
Pour lui, le stress moderne n’est rien d’autre qu’un Triple Réchauffeur bloqué en « mode survie ». Avec une précision de poète, il nous offre les clés du retour au calme : un point de pression sur l’avant-bras, une main posée sous le nombril, une respiration retrouvée.
Guy-Arnaud Penet ne fait pas que soigner ; il désarme l’alerte intérieure pour nous rendre à nous-mêmes. Une écoute nécessaire pour quiconque cherche à transformer l’anxiété en sérénité.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
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