Dans cet épisode des Portes qui claquent, je reçois Théo, coach thérapeutique et coach business, formateur auprès de coachs et de thérapeutes. Ensemble, nous explorons l’adolescence comme une période charnière de construction identitaire, de bouleversements émotionnels et de profondes transformations intérieures.
Théo commence par se présenter à travers son parcours personnel et professionnel. Ancien sportif de haut niveau en sports de combat, il raconte comment l’adolescence a été pour lui l’une des périodes les plus intenses de sa vie, à la fois marquée par de grandes joies, des accomplissements, mais aussi par une profonde souffrance intérieure. Il partage avec beaucoup de sincérité l’impact de l’absence puis du retour de son père, vécu comme un traumatisme silencieux, diffus, mais durable, qui a fortement influencé sa quête de repères, de force et de reconnaissance.
Nous abordons ensemble sa construction d’adolescent dans un contexte familial fragile, auprès d’une mère solo et de sœurs, avec un fort sentiment de responsabilité et le désir de “devenir fort” pour protéger et aider sa famille. Le sport devient alors pour lui un moteur, une identité, mais aussi une source de pression intense. Derrière l’image du jeune homme fort et performant, Théo raconte l’apparition de l’anxiété, des crises d’angoisse, du stress chronique et d’un mal-être qu’il gardait totalement invisible aux yeux de son entourage.
L’épisode met en lumière la difficulté, pour de nombreux adolescents — et en particulier les jeunes hommes — d’exprimer leur vulnérabilité, notamment dans des environnements où la performance, la réussite et la force sont valorisées. Théo explique comment il a commencé à consulter des psychologues, thérapeutes, hypnothérapeutes et sophrologues, d’abord pour mieux performer, puis progressivement pour aller mieux, comprendre son fonctionnement et se reconnecter à lui-même.
Nous faisons un parallèle fort entre la petite enfance et l’adolescence autour des notions de séparation, d’individuation et d’affirmation de soi. Théo partage sa vision de l’adolescence comme un moment où l’individu cherche à exister pleinement, à poser ses valeurs, ses positions, parfois au prix de conflits familiaux intenses. Il développe une métaphore puissante : l’adolescent comme un “décongélateur émotionnel” qui vient réveiller, questionner et parfois bousculer les parts figées des adultes qui l’entourent.
Enfin, nous abordons les conflits parents-adolescents, les portes qui claquent, la question de l’autorité, du dialogue et de la posture parentale. Théo propose une clé essentielle : passer d’une posture d’enseignement et de contrôle à une posture de rencontre et de curiosité sincère pour la carte du monde de l’adolescent. Il conclut sur une phrase qui traverse tout l’épisode : « Je t’aime, je veux que tu sois », comme fondement d’une relation plus apaisée et respectueuse.