La sous-représentation des femmes dans les carrières scientifiques et les obstacles qu'elles rencontrent ont été au cœur d'une table ronde organisée dans le cadre du festival REC.
Animée par Margot Brunet, journaliste à *Cerveau et Psycho*, cette discussion a réuni Karine Lacombe, infectiologue, Julie Batut, directrice de recherche au CNRS et spécialiste du développement embryonnaire, et Magali Lavielle Guida, orthophoniste et psychologue cognitive. La conférence a également rendu hommage à Séverine Erhel, dont la contribution à la psychologie et à la science a été saluée.
Les intervenantes ont d'abord éclairé l'« effet Matilda », concept théorisé par l'historienne Margaret Rossiter. Cet effet décrit la minimisation ou le déni des travaux de femmes scientifiques au profit de leurs homologues masculins, un phénomène illustré par le cas de Rosalind Franklin et la découverte de l'ADN. Malgré une majorité de femmes en début de cursus médical, un "plafond de verre" persiste, se traduisant par seulement 34% de femmes parmi le personnel de recherche et 30% chez les chercheurs.
Karine Lacombe a souligné que, si des efforts sont entrepris, le système élitiste et les compromis exigés avec la vie personnelle découragent de nombreuses femmes. Elle a également évoqué le rôle de l'autocensure et du syndrome de l'imposteur. Magali Lavielle Guida a partagé son expérience personnelle, où les choix de vie familiale ont influencé sa carrière, et a dénoncé l'attribution de ses travaux à des collègues masculins, parfois même par des femmes.
Le message principal de cette table ronde est clair : la science est un travail collectif. Il est crucial de reconnaître la contribution de tous les auteurs, et pas seulement la figure de proue, souvent masculine, afin de lutter contre l'invisibilisation des femmes et de valoriser leur juste place dans la recherche.
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=_ZU3tghO0v4