Cette conférence présente les premiers pas d'une étude menée en partenariat avec l'Université de Bordeaux et l'ISPED sur la santé mentale des créateurs de contenus, vulgarisateurs, sceptiques et « debunkers » francophones sur Internet. Portée par le docteur Marine Mercadier et le biostatisticien Mathieu Mulot, cette recherche cherche à évaluer la prévalence réelle des troubles psychiques au sein de cette communauté spécifique.
En guise de mise en contexte, l'intervenante rappelle que la santé mentale touche une part considérable de la population générale française. Qu'il s'agisse de la dépression, des troubles anxieux ou de la prise de psychotropes, les chiffres démontrent une problématique sociétale majeure et en augmentation, notamment depuis la période de la crise du Covid-19. Pourtant, malgré l'omniprésence des questions de santé mentale sur les réseaux sociaux, la littérature scientifique manquant cruellement de données sur le lien exact entre l'activité d'influence ou de vulgarisation et le bien-être psychologique.
L'étude en cours adopte une méthodologie rigoureuse en ciblant les créateurs majeurs, francophones, actifs au cours des douze derniers mois sur des plateformes comme YouTube, X, Instagram ou Bluesky, et cumulant au moins un millier d'abonnés. Le questionnaire détaille à la fois les diagnostics médicaux avérés et les troubles suspectés, en distinguant ce qui relève d'avant ou d'après le début de l'activité numérique.
L'intervenante insiste toutefois sur le caractère éminemment préliminaire de ces données, issues d'un échantillon encore restreint au moment de la présentation. En l'absence de conclusions définitives, cette démarche pionnière ouvre la voie à de futures analyses pour comprendre si l'exposition en ligne altère la santé mentale des créateurs ou si elle attire en premier lieu des profils plus vulnérables.
Intervenants : Marine Mercadié
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ozcuA81f4gs