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Or


Musiques :
Souvenir d'enfance - Maxime Verdoni
Keep the streets empty for me - Fever Ray
Tomorrow's Ghost - Buzz Kull
Arabesque No.1 - Andantino con moto, Debussy
It's a fine day - Jane
Fine Night - Goreshit
Quelques heures plus tard, j’étais attablé dans la salle à manger d’un couple de paysans âgés. Ils n'avaient pas hésité une seconde à m’offrir le gîte et le couvert.
En repartant, le vieux paysan me fit faire une petite promenade autour du hameau. Ils cultivaient quelques parcelles, toutes soigneusement encadrées par un ruisseau qui coulait avec entrain.
“ C'est grâce aux larmes de la fée, elle pleure pis nous ça nous arrose nos récoltes ! ct’une une vraie bénédiction ! ”
Il devait blaguer ou inventer sans doute. Si je croyais peu en son histoire étrange, elle avait quand même piqué ma curiosité. Un quart d’heure plus tard, je traversai les champs en remontant le fil du cours d’eau. Il serpentait dans la plaine depuis l’orée des bois. Je marchais depuis une demi-heure quand j’ai entendu des pleurs au loin. A chacun de mes pas sur les pierres moussues, les sanglots se rapprochaient.
Musiques :
Souvenir d'enfance - Maxime Verdoni
Fourth of July - Sufjan Stevens
One of the girls - Otha
En arrivant à l’orée des bois, le paysage baignait dans la lumière de la pleine lune. J’étais arrivé en haut d’une corniche qui dominait une large plage de sable d'un blanc laiteux. Il me semblait qu’on y donnait une fête. Une musique venue d’une autre époque montait jusque sur les hauteurs. Des silhouettes tournoyaient en duo au rythme de la mélodie. Accroupie derrière un buisson, se tenait une femme vêtue d’une élégante robe de bal rouge.
Voix : Pierre Giraudeau, Madeleine De Blic, Ange Fabre.
Musique :
Souvenir d'enfance, Maxime Verdoni
Today and it's gone, Carlos Cipa
Valse No 2, Dimitri Chostakovitch
Transgender, Crystal Castles
Waltz of the Knells, Joshua Kyan Aalampour
Le doux grésillement des roues de vélo sur une piste de terre. J’adore ce bruit. Le vent frais sur mes joues. Ça aussi, ça me plaît. Les clairières s'inclinaient au vent, traversées des zébrures blanches et galopantes de la lumière du jour. Je me sentais vraiment bien. Heureux et insignifiant devant la majesté des choses simples. Mais déjà, des nuages noirs enjambaient la ligne d’horizon.
Voix : Ange Fabre, Malika Cheklal, Malo Janin.
Musiques :
Souvenir d'enfance, Maxime Verdoni.
Danse macabre (Totentanz), Franz Liszt.
Santa Maria in c minor, Sokratis.
Arabian Knights, Souxsie And The Banshees.
Au bout de quelques jours, peut-être quelques semaines, je ne sais plus exactement, je me suis décidé à partir. Partir, c’est tout et c’est rien. J’aurai très bien pu partir pour faire sensiblement la même chose que ce que je faisais déjà. Je pouvais continuer mes balades de somnambule à la tombée du jour. J’avais fait mon sac et m'étais assis dans un train pour voir du pays. Encore aujourd'hui je saurai pas te dire si je me suis trompé de quai en gare ou si j'ai trop dormi et raté mon arrêt. Je suis seulement sûr que la destination où je suis effectivement arrivé n’était pas celle que j’avais prévue.
Premier épisode du Podcast Les Rivages Perdus.
Voix : Pierre Giraudeau, Ange Fabre, Arthur Carn.
Musiques : Souvenir d'enfance, Maxime Verdoni.
Fade to Grey, Visage.
Arabesque No.1 - Andantino con moto, Debussy
Rêverie, Debussy.
Quand je repense au passé, il me le fait voir à travers ses yeux. Sans lui, la page resterait blanche et je n’aurai rien pu vous raconter. Il m’a appris à voir des paysages qui s’agitent sous le vent dans les reflets des lampadaires sur le bitume mouillé.
Il m’a montré comment se forger une carapace, une bulle et s’y sentir protégé. Comment déserter et laisser le monde tourner tout autour.
Parfois je ne peux pas fuir, le monde resserre son étau. Il vient moins souvent ces temps-ci. La fenêtre reste entrouverte, ne rentrent que les courants d’air. Et la nuit referme son enveloppe de silence. Je reste amarré au quai, à scruter les lumières sous les lampadaires, désespérément statiques.
Illustration : Edward Hopper, Night Windows, 1928.
Voix du psychologue : Pierre Giraudeau.
J’ai vu mon Don Quichotte s’éloigner de notre monde, s'enfoncer dans le sien, dans les souvenirs perdus de sa jeunesse, les mythes de sa vie… Lui qui devait conquérir les vastes plaines ouvertes sur son cheval, je l’ai vu se replier peu à peu dans l’ombre des quatre murs étroits de sa maison, forteresse abandonnée.
Musique : Für Elise, Ludwig van Beethoven.
Illustration : Eugène Leroy, Autoportrait, vers 1958.
Elle a ce regard de ceux qui connaissent déjà la fin de l’histoire, qui pourraient dire « je te l’avais bien dit », mais qui se contenteront de sourire , pour sauver ce qui peut encore l’être. Elle ne m’en veut pas et c’est presque plus dur ainsi. En refermant la porte de son appartement, ce goût amer, ce sentiment que je pourrais faire mieux, tout arranger, trouver une formule magique quelque part. La guérir. Au lieu de ça, je pars en me disant que ça finira par aller mieux, qu’il y aura toujours des prochaines fois. Jusqu'à la dernière.
Musiques : Seventeen Seconds, The Cure, 1980.
You said, Fontaines D.C., 2020
Hey moon, John Maus, 2011.
Illustration : Markus Raetz, Tag oder Nacht, 1998.
Une taille haute, un regard plein de malice, une nonchalance feinte. Je l’ai vu passer la porte du salon et plonger au cœur de la soirée. C’est sur cet univers qu'il régnait en maître. Une heure plus tard, après avoir sympathisé avec tous mes amis, Narcisse était avec moi sur ce balcon. On riait bien, alors que le bouchon de la bouteille que j’essayais d’ouvrir venait de se désintégrer. Lui l’aurait ouverte sans fioritures. Évidemment.
Illustration : Pierre-Yves Bohm, visage bohémien, 2014, Musée des Beaux-Arts de Tourcoing.
Musiques : On s'aime pas (remix d'Alain Souchon), Max Gallo, 2018.
Green bird, Gabriela Robin, Cowboy bebop OST, 1998.
L'as-tu vu, toi aussi, cette lueur au fond de ses yeux ?
C’est la seule fois où tu m’en as reparlé. De cet individu qui était arrivé les poches vides et était reparti avec ton cœur.
Je me souviens du jour où nous l’avons rencontré.
Il dansait au fond de tes pupilles, comme la bougie d’une lanterne. Il était venu avec le cirque, avec l’été, enflammer nos vies. Il est parti et depuis, dans ton regard, la morne saison a pris ses quartiers.
Quelle est cette tristesse qui déborde de tes lèvres lorsque tu souris ?
Quels sont ces vœux que tu envoies au ciel, la nuit, lorsque je remonte la rue et que je t’aperçois, seule à ton balcon ?
Musiques :
Max Richter, Vladimir's Blues, 2004.
Anthony Romaniuk Bells, Romanian Folk Dances, Sz. 56: III. Pê-loc. Andante, 2013.
Maurice Ravel, Gaspard de la nuit, M. 55 - II. Le gibet
Invadable Harmony, Dark piano - Lament, 2020
Illustration : Marc Chagall, La danse, 1967.
Avec les voix de Valentine Bernard et Malo Janin.
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