Les tubes ont perdu la face

Les tubes ont perdu la face

By Nostalgie BelgiqueMusic
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Les tubes ont perdu la face episodes

  • U2 : Sweetest Thing (1987)
    C’est une des intros les plus connues de la musique pop, un des tubes les plus identifiables de U2 et quelle vidéo, poétique et humoristique, enregistrée dans un beau quartier de Dublin où même nous, la bande à Nosta, nous avons eu l’occasion d’y rendre hommage. Et pourtant, au départ, qui a prêté attention à cette chanson perdue sur la face b d’un 45 Tours dont le format commence à disparaître, en 1987? Car oui, nous sommes à ce moment où le prix du lecteur CD commence enfin, après six ans d’existence, à se démocratiser. Et où la question de la survie du single se joue. Il faut bien dire ce qui est, les firmes de disques ont réalisé le plus grand holdup de l’histoire de la musique avec le CD. Présenté au début de la décennie comme le format qui apporte la pureté du son de l’enregistrement, débarrassé du souffle, des crachements et des griffes, son prix de vente passe du simple au double. Les plus anciens se souviendront du passage des 400 FB pour un vinyle à 800, voire plus, en CD. Quant au single, il passe de +/- 115 à 299. L’horreur. Alors on tente le single avec un seul titre, ou deux, en tout petit format avec un adaptateur, et à moindre prix. Ou au single direct en version maxi avec deux, trois, quatre titres.

    Et donc, fini la Face B. Fini le titre parfois génial qui occupe toute la seconde place du disque, quelle concurrence peut-il faire face à un album qui peut comprendre jusqu’à 80 minutes de musique. Par conséquent, quel que soit le succès phénoménal du single Where the streets have no name, on va vendre beaucoup plus d’albums, énormément : il se nomme The Joshua Tree. D’ailleurs U2 n’a jamais vendu autant d’albums. Mais bon, ceux qui pour deux ans encore, résistent toujours à l’envahisseur digital, ils peuvent retourner le 45 Tours et entendre ceci …

    Dommage, Bono aimait bien cette petite chanson qu’il a écrite pour se faire pardonner de sa femme dont il a oublié l’anniversaire tellement il a la tête prise dans le guidon du nouvel album. Alors voilà pourquoi quand onze ans plus tard, en 1998, U2 sort enfin une compilation de ses années 80, ils réenregistrent la chanson pour la sortir en Face A. Quant à la face B ? Ah ben oui, car il y a toujours des cassettes singles pour l’Amérique et l’Australie, et bien un autre titre inédit, qui lui, n’est jamais sorti en face A. Alors, on l’écoute cette face b dans sa version reworked qui a fait un tube dans beaucoup de pays mais pas chez nous, ni en flandre ni en wallonie, allez savoir pourquoi, sans doute parce que tout le monde a acheté la compile. Bono a eu raison d’insister car sa femme méritait bien ça, oublier un anniversaire, ça ne se fait pas.

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    3 min
  • Gene Vincent : Be Bop A Lula (1956)
    Vous le savez, le rock et le cuir, blouson et pantalon, sont associés dans la légende de cette musique de mauvais garçon qui fascine encore tellement aujourd’hui. Et beaucoup de chroniqueurs d’insister sur le fait que le modèle de ces rockers en cuir, c’est Marlon Brando dans l’équipée sauvage, où il est à la tête d’un gang de motards. Mais voilà, quand vous avez regardé le film à la télé, vous n’avez pas compris, vous avez même été déçu par la musique car rien à voir ! Ben forcément, il est sorti en 1953. A l’époque pas encore d’Elvis Presley ni de Bill Haley dans les juke-box, le rock n’existe pas mais le film et surtout Brando impressionne tous ces gars qui de John Lennon à Johnny Hallyday vont se faire connaître une fois adulte et dont ils vont adopter l’attitude.

    Et s’il y a un rocker de la première heure, habillé comme Brando, qui va incarner l’association du cuir et du rock, c’est bien Gene Vincent. C’est un des pionniers aux côtés d’Elvis et de tous les Jerry Lee Lewis qui va donner une série de classiques du rock. Mais étrangement, son nom va moins survivre et surtout son visage. En effet, si je dis Gene Vincent, vous le voyez son visage ? Et ses poses sur scène, avec ses gants de cuir ? Alors demandez à vos parents ou grands-parents s’ils l’ont vu car si on dit Gene Vincent dans nos contrées c’est que l’homme s’est beaucoup produit chez nous dans les années 60 où, comme Bill Halley, déjà devenu has been, chassé par Elvis puis les Beatles qui occupent seul tout l’espace médiatique, il est venu chercher des dollars de l’autre côté de l’Atlantique.

    Au printemps 1956, en effet, le monde du disque est en émoi, un jeune gars du nom d’Elvis Presley affole toutes les filles et vend un million de son premier 45 Tours en sortie nationale. Et logiquement, chaque firme de disques veut son Elvis. Et il faut le trouver si possible du même coin que lui, un trou perdu du sud. C’est là qu’un certain Sheriff Tex, animateur d’une radio country de Caroline du Nord, se dit qu’il tient son homme, un chanteur qu’il a sous son aile, Gene Vincent et son groupe les Blue Caps. Il fait envoyer chez Capitol à New York un acétate avec trois titres sur lequel figure Be-Bop-A-Lula, une chanson que Gene a écrite et, ô joie, il est pris ! Les voilà partis pour New York, comme Elvis, quelques mois plus tôt. Mais voilà, quand le disque sort début juin, les passages radio sont inexistants. C’est pas possible ! Si. Il faut dire qu’ils ont placé Be-Bop-A-Lula, ce titre qu’ils trouvent étrange, en face B. Quel animateur a la bonne idée de le retourner et de le passer ? On l’ignore mais, succès immédiat, il s’en vend 200.000 exemplaires aux Etats-Unis en quelques semaines, deux millions en deux ans, il est vrai qu’entre-temps, Gene Vincent aura chanté en entier sa chanson dans l’excellente comédie La blonde et moi, The girl can’t help it, le film qui a lancé le rock'n'roll à travers le monde.

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    4 min
  • Paul McCartney & Wings : Give Ireland back to the Irish (1972)
    Le nouveau podcast captivant de Nostalgie, présenté par Brice Depasse, explore un aspect méconnu mais passionnant de l’histoire de la musique : les Face B.

    Je vais à présent vous parler d’une face B particulière. Vous avez déjà vu ces fameux 45 Tours avec en face A la chanson et en face B la version instrumentale. C’est une évidence tellement il y en a eu. La plupart d’entre nous, on trouvait ça scandaleux car, franchement, on n’en avait pas l’utilité. Ah c’est sûr que pour le même prix, on aurait préféré une deuxième chanson. Et bien, figurez-vous que cette face B instrumentale qui va faire le bonheur plus tard des fans de karaoké, on en doit l’invention à un certain Paul McCartney.

    Nous sommes en 1971, la fin des Beatles, c’était hier et, après un album en solo, Paul n’a pas l’intention de faire sa carrière seul. Depuis ses quinze ans, il n’a jamais joué que dans un groupe, donc, il s’est mis en tête d’en remonter un autre. Mais pas un groupe bidon comme le Plastic Ono Band de John, non, un groupe fixe, avec Denny Lane, ex-Moody Blues, sa femme Linda, bien sûr, aaah John ne va pas être le seul. Mais bon, il ne va pas la poser sur scène comme l’autre, non, elle va apprendre à jouer d’un instrument, et puis un certain Henry McCullogh, qui vient d’Ulster. Or ce 30 janvier, Paul est horrifié par ce qu’il voit à la télé, des troupes britanniques ont tué des manifestants par balles en Irlande du Nord, en Ulster, c’est ce qu’on va appeler le bloody sunday. A la différence de John, Paul n’a jamais écrit de chanson politique mais là, en quelques jours, il en compose une avec Linda et l’enregistre. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’y va pas avec le dos de la cuiller. Lui, le gentil Paul qui, à part tirer sur un joint, n’a jamais fait de vagues, chante Rendez l’Irlande aux Irlandais.

    On est clairement sur un sujet sensible. Lever de bouclier de la BBC qui le censure, ce qui n’empêche pas le single de monter dans les charts british, de monter haut aux Etats-unis et bien sûr, d’atteindre la première place en Irlande. Et en Espagne aussi. Un mystère. Enfin McCartney a une théorie : ce sont les séparatistes basques qui l’ont acheté en masse. Comme premier single de son nouveau groupe, les Wings, il aurait pu trouver moins controversé. Le patron de EMI lui a dit d’ailleurs : il sera banni des ondes ! Ne te fais pas d’illusion. Mais évidemment qu’il le sait, McCartney, que le disque ne va pas être joué par la BBC. Alors, il a enregistré une version sans texte, instrumentale, pour la face B avec une ligne de guitare pour remplacer la mélodie du couplet et des sifflements sur le refrain. L’animateur ne sera pas obligé de donner le titre du morceau et annoncera simplement que c’est le premier single du nouveau groupe de McCartney, ça fait comme ça ... Un vœu pieu, clairement, la face b ne tournera pas plus que la face A mais faites confiance aux Irlandais, ils l’ont chantée en chœur, au pub, le vendredi soir. Alors cette chanson protestataire, on se la fait ? Elle est un peu oubliée. Il est vrai que parue uniquement en 45 Tours, il a fallu attendre 1993 pour que McCartney la place sur une compile …

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    4 min
  • Joe Dassin : Les Champs Elysées (1969)
    Le nouveau podcast captivant de Nostalgie, présenté par Brice Depasse, explore un aspect méconnu mais passionnant de l’histoire de la musique : les Face B.

    L’autre jour, je remontais les Champs Elysées avec en tête la chanson que vous aussi, vous savez. Pas moyen de ne pas penser à Joe Dassin, hein ? Incroyable comme cette chanson qui n’avait d’autre vocation que d’être consommée dans l’instant puis de tomber dans l’oubli sous des centaines d’autres 45 Tours est encore aujourd’hui connue de tous. Y compris de ceux qui n’ont pas vécu cette époque où on les remontait, ces Champs, pour aller au cinéma, on n’y comptait pas les salles, ou pour y boire un verre au Pub Renault ou Citroën. C’était sympa et très original comme lieux. Non, si quand on y passe en voiture aujourd’hui, ça ne saute pas aux yeux, les Champs de l’époque de Joe Dassin, c’était autre chose. Déjà, comme la Grand Place de Bruxelles, les touristes ou gens de passage étaient perdus au milieu des citadins qui aujourd’hui, ont déserté ces lieux beaucoup trop fréquentés et parce que plus aucun commerce ne les concerne. Mais la chanson est restée, comme si on n’accordait plus aux paroles la place qu’elles méritent. Car les Champs Elysées, ça parle surtout d’une certaine idée de la jeunesse de l’époque, libérée, insouciante, malgré les pavés de Mai 68 qui sont tombés pas loin, il y a quelques mois à peine.

    Vous vous en doutez, vu le thème de ce rendez-vous, la chanson figure en face B du nouveau 45 Tours de Joe Dassin qui sort au printemps 1969, au dos d’un titre qui se nomme Le chemin de papa. Si certains d’entre vous l’ont encore en tête, ce n’est pas la chanson qui a valu à Joe Dassin cette notoriété phénoménale. Car oui, en l’espace de quelques semaines, c’est la Face B qui tourne en radio, qu’on demande à la télé, et surtout qui grimpe dans le classement des ventes néerlandais, allemands, et surtout en Union Soviétique. Le carton ! Il paraît même que les Chinois en ont sorti leur version. Oui, les Champs Elysées font rêver le monde entier, et c’est sur la chanson de Joe Dassin, une ambassade l’utilise d’ailleurs pour faire la promotion de Paris. Enfin de Joe Dassin … c’est en réalité l’adaptation par Pierre Delanoë d’un hit anglais de l’année précédente que personne n’a entendu en France, évidemment. Ils n’a quasiment rien changé car en effet, les gars de Jason Crest racontaient déjà qu’on pouvait tout trouver à toute heure le vendredi et le samedi sur Waterloo Road … C’est juste une transposition, sans doute la raison pour laquelle le titre a été placé en seconde face d’un 45 Tours..

    Mais preuve que les mots vont au-delà des images, Waterloo Road et les Champs Elysées, ce n’est pas la même chose, n’est-ce pas, ce n’est pas le plus beau coin de Londres, c’est pas aussi romantique, loin s’en faut. Alors de Pékin à New York, de Bruxelles à Berlin, on a tous marché, et même si les Champs, c’est plus la même chose qu’avant, ça marche toujours. Ca parle d’une époque, Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg parlent au coin du kiosque à journaux, un inconnu nommé Claude François joue de la batterie et chante dans une boîte, les Beatles se font photographier au milieu de la foule et la trompette de Miles Davis résonne au bout de la nuit, alors que Birkin et Gainsbourg descendent d’un taxi devant la façade éclairée d’un bar encore ouvert. Ça raconte tout ça, les Champs Elysées.

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  • The Rolling Stones : You can't always get what you want (1969)
    Le nouveau podcast captivant de Nostalgie, présenté par Brice Depasse, explore un aspect méconnu mais passionnant de l’histoire de la musique : les Face B.

    L’histoire que je vais vous raconter est celle d’un 45 Tours très particulier. Je devrais dire historique puisque ce 4 juillet 1969 sort le nouveau 45 Tours des Rolling Stones, soit le lendemain de la mort de leur fondateur Brian Jones. Bien sûr, vous le devinez, c’est une terrible coïncidence, mais imaginez le bazar ! Surtout pour ce qui est désormais la bande à Jagger et Richards qui avait tout planifié, après avoir demandé à Brian de quitter le groupe.

    Clairement, cette éviction n’a rien d’un coup d’état, l’homme est devenu ingérable, les derniers enregistrements se sont fait sans lui, et quand il est présent en studio, c’est juste physiquement. Déchiré la drogue et l’alcool, le multi instrumentiste de génie qu’il était, a disparu derrière l’ombre de lui-même. Il faut donc relancer la machine avec une nouvelle recrue grâce à un nouveau single et un concert à Hyde Park devant des centaines de milliers de personnes mais logiquement, lors de la conférence de presse servant à pousser l’image de Mick Taylor, prodige de la guitare, on ne parle que de Brian Jones.

    N’empêche, Honky Tonk Women, le nouveau single des Stones est une réussite extraordinaire qui leur vaut des N°1 un peu partout dont en Grande Bretagne et aux USA. Et un beau cadeau aussi car si on retourne ce 45 Tours, on trouve en face B une chanson étonnante. On sait que les Stones ont cédé ces dernières années à la tentation de voguer dans le sillage musical des Beatles. Mais les arrangements de toutes ces chansons incroyables ont été le fait, justement, de Brian Jones. Et à son aptitude à jouer de tous les instruments. Alors pour ce long titre qui quelque part fait écho à Satisfaction mais de manière beaucoup plus grave et scabreuse, on ne peut pas avoir tout ce qu’on veut, les Stones vont faire appel à beaucoup d’autres musiciens. Bon, les choeurs, ça c’est une évidence, mais surtout, ils ne sont que trois Stones en studio : Jagger, Richards et Bill Wyman, le bassiste. Non, Charlie Watts n’en est pas car il n’arrive pas à trouver ce rythme très particulier. C’est Jimmy Miller, le producteur, qui est derrière la batterie.

    Etrangement, on ne va pas trop entendre parler de cette Face B. Pourtant, les Stones sont convaincus d’avoir produit quelque chose de fort, ils ont d’ailleurs placé ce titre à la fin de leur nouvel album, le génial Let it bleed, sorti quelques mois plus tard dans une version beaucoup plus longue. Pourquoi cette chanson ressort-elle en face A, quatre ans plus tard, en 1973, en plein triomphe de leur Angie ? On l’ignore mais en Belgique, plus que partout ailleurs, on lui fait la fête puisqu’il monte en tête du classement avant de devenir au fil des années puis des décennies un des plus grands classiques des Stones. Et oui, la vie des faces B est imprévisible et étonnante, comme cette chanson.

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    4 min
  • Richie Valens : La Bamba (1959)
    Le nouveau podcast captivant de Nostalgie, présenté par Brice Depasse, explore un aspect méconnu mais passionnant de l’histoire de la musique : les Face B.

    C’est l’histoire d’une fatalité. Jamais les choses n’auraient dû tourner de la sorte et pourtant, le 3 février 1959, trois chanteurs de rock immensément célèbres aux Etats-Unis mouraient ensemble dans le crash d’un petit avion. Buddy Holly, le plus redoutable concurrent d’Elvis Presley, The Big Bopper, animateur et chanteur country, et le tout jeune Ritchie Valens dont le premier 45 Tours, ou presque, était depuis quelques semaines en tête des ventes.

    Oui, ce soir du 2 février, il fait très froid dans le nord des Etats-Unis où ces artistes sont en train de participer à une tournée d’hiver. Et comme le bus dans lequel ils se déplacent d’état en état a une panne de chauffage, il est hors de question pour Buddy de se ruiner la santé le lendemain, gelé durant des centaines de kilomètres dans une guimbarde à roulettes. Alors il loue les services d’un pilote d’avion car il y a dans la ville où ils jouent un petit aérodrome. The Big Bopper étant déjà malade, il réserve un siège, les deux restants étant pour Buddy et son bassiste. Mais voilà, Ritchie Valens, 17 ans, vient de Los Angeles, et même de plus loin au sud, et ce froid qu’il affronte pour la première fois, c’est pas possible. Alors, il propose à Jennings, le musicien de Buddy Holly de jouer son siège à pile ou face, et il gagne. La suite, vous la connaissez.

    Vous imaginez le choc le lendemain quand la presse titre sur l’accident surtout publie les photos du crash, dans les terres gelées de l’Iowa. Les disques des artistes décédés en pleine gloire sont évidemment pris d’assaut dans les magasins mais voilà Ritchie Valens n’a sorti qu’un 45 Tours au solide potentiel et la demande est énorme, surtout en Europe, où la nouvelle a particulièrement choqué. Alors beaucoup de firmes de disques de chez nous vont se tourner vers la face B du premier tube américain de Valens. Il s’agit d’une version rock’n’roll d’une chanson traditionnelle et populaire mexicaine, un truc assez inattendu mais bon, ça devient à la mode de mettre à la sauce rock des vieux morceaux. Et puis cette version a de l’allure, et le gars à un style, du punch. On n’en regrette que plus la rapidité avec laquelle il nous a quittés. Qui sait, la musique des années soixante aurait peut-être été différente, avec Ritchie Valens, la première star du rock latino, et le New Yorkais Buddy Holly au sommet des ventes. Les Beatles n’auraient peut-être pas fait la musique, quoique, à leurs débuts, ils ont chanté Buddy Holly et Ritchie Valens. Comme tout le monde, car ça, c’est de la face B !

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    3 min
  • France Gall : Résiste (1981)
    Le nouveau podcast captivant de Nostalgie, présenté par Brice Depasse, explore un aspect méconnu mais passionnant de l’histoire de la musique : les Face B.

    S’il y a une chanson qui faisait se lever tout le public nombreux, lors des concerts de France Gall, c’était bien Résiste. Rappelez-vous. Elle a quand même détenu le record de la plus longue série à Forest National. Ah elle avait de l’énergie et elle en coûtait à son interprète, le soir sur scène, mais France Gall adorait autant la chanter que le public la reprendre. C’est bien simple, je suis sûr que vous avez déjà au moins une fois chanté ces deux syllabes et en rythme, où que vous soyez, en l’entendant à la radio ou sur CD. Je me trompe ? Et pourtant, il s’en est fallu de peu que vous ne l’entendiez jamais. Je vous raconte.

    En 1980, le succès de l’album Paris France dépasse tout ce que France Gall a connu jusqu’alors. Depuis la reprise de sa carrière artistique à la dérive, en 1974, par Michel Berger, elle accumule les succès, en single mais aussi en album. Personne ne l’a vue venir, elle était là depuis si longtemps déjà, jeune adolescente dans l’ombre de son père, d’un Gainsbourg, Cloclo et autre Julien Clerc. Et pourtant … Et voilà que la nouvelle décennie s’ouvre sur le prodigieux succès de son 33 Tours avec ce musicien qui jouait du piano debout. Et si ce n’était que ça. Tous ceux qui l’ont acheté ou écouté en streaming le savent : il n’y a aucun titre à jeter sur cet album. Et oui, Berger veut que tout soit parfait, il ne tolère pas faire du remplissage. Alors, pour ce nouvel en 1981, pas question de faire en-dessous, pas question de se reprocher d’avoir bâclé.

    Et donc, les enregistrements terminés, il écoute tous les titres en studio, une fois mixés … et il se dit qu’il manque quelque chose. De plus fort. Et donc, retour à la maison, et huit jours plus tard, ils enregistrent ceci … Oui, c’est sûr, Berger a trouvé le single qui va donner toutes ses chances au nouvel album de tenir la comparaison avec le précédent. La preuve : il va lui donner son titre. Ah oui, il y a une deuxième chanson, mais bon, on va la placer en Face B.

    Sorti fin 1981, Tout pour la musique est bien le tube que Berger soupçonnait, un demi-million d’exemplaires seront vendus. Le suivant, par contre, déçoit. Il y croyait pourtant. Alors à la rentrée, on prévoit de lancer un troisième single. Et comme il a eu beaucoup de retours positifs de la face B de Tout pour la musique, et si on la sortait en Face A ? Ainsi va la vie des chansons …

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    4 min
  • Daniel Balavoine : Le chanteur (1978)
    Le nouveau podcast captivant de Nostalgie, présenté par Brice Depasse, explore un aspect méconnu mais passionnant de l’histoire de la musique : les Face B.

    On a tous des images, des scènes de nos années de secondaires qui restent présentes. Allez savoir pourquoi elles ne partent pas alors qu’elles sont d’une banalité grave. Ce matin d’automne 1978, avant-dernière année de secondaire, nous faisons désormais partie des “Grands” car on a cours au Pavillon, un château au milieu d’un parc situé deux cents mètres plus bas que les grands bâtiments du collège de Binche. Plus de surveillants, on entre et on sort librement par la grille, et aussi, on peut fumer à l’intercours. Et l’idiot que je suis sans le savoir, de donner du feu à mon pote Thierry qui arrive en chantant “Je me présente, je m’appelle Henri … “ Je pouffe de rire, et après qu’il ait tiré sa première bouffée, il me dit “Tu ne la connais pas ?”.

    Outre le fait qu’à cette époque, c’est la honte de ne pas connaître une nouvelle chanson, c’est ma tête quand je l’entends pour la première fois à la radio. En effet, ça semblait être le début d’une chanson comique, si pas souriante. Mais rien à voir. C’est pas le genre du gars qu’on va tous découvrir car Le chanteur, c’est un des tubes de l’année, un des trucs avec lesquels, nous les jeunes, on casse les pieds à nos parents. C’est vrai qu’il a pas le profil des autres chanteurs de variétés et pourtant, ce tube est instantané, on est cueilli, raide, dès les premières secondes. Alors qu’est-ce que ce titre fout en face B du single d’un type qu’aucun de nous ne connaît ? C’est qui ce Balavoine ? Il a un nom marrant en plus pour un gars qui tire tout le temps la gueule comme Michel Sardou ?

    Et ben c’est un artiste qui est là depuis le début de la décennie. On l’a déjà vu à la télé mais on ne l’a pas imprimé. C’était pas son heure, comme aujourd’hui. Je vais vous dire, il est tellement pas célèbre que le fameux Eddie Barclay, son éditeur, a décidé de le virer si son prochain album ne marche pas. D’ailleurs il ne marchera pas, lui dit-il, sans agressivité mais en des termes plus familiers.

    Alors que s’est-il passé ? Et bien un miracle. Car en effet, quelques mois avant la scène que je viens de vous raconter, le nouveau single de Balavoine que la firme Barclay présente aux radios n’a pas le potentiel d’un hit. C’est une jolie chanson mais c’est pas un tube ! Et la Face B ?, se dit la programmatrice d’une grande radio périphérique. Et là, la foudre lui tombe dessus : la musique, les paroles, l’interprète, ça, c’est pas banal. Elle tient donc tête à beaucoup d’animateurs vedettes qui trouvent que la voix singulière de Balavoine est un problème mais elle tient bon et la face B du disque passe tous les jours. La suite, vous la connaissez. Ce qu’on sait moins, c’est que Daniel a écrit cette chanson comme ça, en une heure, en pensant à Barclay, justement. Car Daniel a entendu que Barclay ne croyait pas en lui parce qu’il n’était pas beau et qu’il avait une voix de pédé. Alors il a tiré en une fois ce texte sur ce monde du showbusiness qui curieusement jubilera d’avoir perdu la face. Il est vrai que le son du tiroir-caisse aide à faire passer les moments de honte encore plus rapidement.

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  • Donna Summer : I Feel Love (1977)
    Le nouveau podcast captivant de Nostalgie, présenté par Brice Depasse, explore un aspect méconnu mais passionnant de l’histoire de la musique : les Face B.

    Dans l’incroyable et énorme répertoire de ces chansons qu’on adore et qui ont la grande chance de ne pas prendre de rides, nombreuses sont nées la même année. Oui, il y a des moments où les génies semblent s’être donné rendez-vous. Des endroits aussi. Ainsi un jour de 1977, alors que David Bowie est, et je vous prie de croire que c’est pas banal à l’époque, en Allemagne où il enregistre les chansons les plus expérimentales qu’il ait jamais produites, son partenaire et ami Brian Eno, avec qui il travaille, revient en studio enthousiasmé. Il vient, dit-il, d’entendre le truc qui va révolutionner la piste de danse pour les 15 prochaines années.

    Waouw ! C’est pas rien comme nouvelle pour l’artiste qui se veut être à l’avant-garde de tout ce qui se fait. Et c’est quoi ?

    Plutôt qui. Donna Summer.

    Donna Summer, la nana qui fait du disco ?

    Ah c’est vrai que Donna Summer, en 1977, impossible d’être passé à côté d’elle depuis son fameux Love to love you, le truc le plus osé depuis le Je t’aime moi non plus de Gainsbourg et Birkin. Et David Bowie de confirmer ce que Brian Eno vient de lui dire. Le plus dingue c’est que tout est arrivé par hasard, ou presque. Pour ce qui est déjà le cinquième album de Donna Summer, son producteur et auteur Giorgio Moroder, établi à Munich, c’est là qu’il a rencontré la chanteuse américaine venue y jouer la comédie musicale Hair, a projeté un concept. L’album doit s’appeler I remember yesterday, je me souviens d’hier, et doit proposer des styles musicaux depuis les années 40 jusqu’à aujourd’hui. C’est très à la mode. Mais pour le dernier titre, ce serait bien que ça sonne futuriste. Et qu’est-ce qui est futuriste ? Ben les synthés. Alors il fait venir en studio cette fameuse machine remplie de câbles et qui se désaccorde toutes les 30 secondes. Mais avec beaucoup de patience, ce sont des Allemands, loin de l’image du showbiz, drogue et alcool, il y arrivent, c’est que du synthé mis à part la batterie car oui, à l’époque on n’a pas encore réussi à créer électroniquement le son puissant d’une grosse caisse.

    Et là où vous vous attendez que tout le monde saute au plafond, non : c’est trop différent. On se dit plutôt : mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Même son producteur Moroder et son assistant Pete Belote n’y croient pas en tant que single. Il n’y a que Bowie et Eno pour avoir compris que ce titre risque de devenir la musique de demain. Et donc, à Los Angeles, chez Casablanca Records, la firme qui édite le groupe Kiss mais commence à devenir LE label du disco, on ne songe qu’à la face B d'une autre chanson. Mais voilà, les boîtes de nuit anglaises ne sont pas de cet avis et c’est elles qui vont mettre le feu aux poudres en tournant I feel love, la face B du 45 Tours passe en face A suivie d’un maxi d’une durée de 8 minutes. Le monde est surpris, et conquis, N°1 en Grande Bretagne, puis Hollande, Italie, Belgique, disque d’or aux Etats-Unis. Et oui, le son de la musique qu’on entend aujourd’hui a toujours pour modèle celui de cette face B.

    Rendez-vous chaque samedi sur Nostalgie à 13h30, 15h30 et 17h30 pour un nouvel épisode. Prenez le temps de découvrir ces pépites oubliées et laissez-vous surprendre par les hasards de l’histoire musicale.
    4 min
  • David Bowie : The Man Who Sold The World (1970)
    Le nouveau podcast captivant de Nostalgie, présenté par Brice Depasse, explore un aspect méconnu mais passionnant de l’histoire de la musique : les Face B.

    Ah on connaît tous cette intro de chanson. Evidemment, c’est un des plus grands tubes de David Bowie !

    Ben non, mon vieux.

    Et là, vu le titre de ce nouveau rendez-vous du samedi après-midi, vous vous attendez à ce que je vous dise qu’à l’origine, cette chanson de Bowie est d’abord sortie en face B. Même pas ! Il faut dire qu’en 1970, qui croit dans le potentiel de David Bowie. Ça fait un bon cinq ans qu’il est dans le métier, trois ans que des gars misent des sous sur lui et que rien ne se passe, ou presque. Il a bien fait un N°1 en Grande-Bretagne l’année précédente mais c’est parce que la BBC s’est servie de sa chanson comme générique des reportages sur la mission Apollo XI. Alors quand il s’est ramené chez son producteur-manager avec un album rock froid, une voix étrange et en robe pour hommes, comme il dit, ben personne n’y a cru. D’autant plus que le concert présumé avant-gardiste qu’il a donné à Londres avec son groupe a été un fiasco. Alors l’album intitulé The Man Who Sold the World sort mais sans single et ça se ressent dans les ventes puisqu’il ne se vend même pas en une année, à 1500 exemplaires aux Etats-Unis.

    Mais le triomphe de David Bowie pousse trois ans plus tard sa firme de disques à publier The man who sold the world en Face B de deux anciens titres, réédités, eux aussi, aux Etats-Unis et en Europe. Comme à cette époque, tout ce qui sort estampillé Bowie Ziggy, est disque, d’or, une foule de gens se retrouvent chez eux avec cette chanson méconnue, à laquelle ils accrochent et qu’ils acclament en concert, évidemment. Ainsi débute la longue mais inexorable montée en notoriété de cette chanson en Face B de Is there life on Mars et Space Oddity. Et même s’il faudra attendre vingt ans la reprise par Nirvana lors de leur fameuse émission Unplugged pour que la chanson soit connue de tous à travers le monde, des dizaines d’artistes ne les avaient pas attendus comme tenez, Lulu, vous voyez, la petite Écossaise qui hurlait Shout dans les années 60 … il faut dire que sa version de The Man Who Sold the World était produite en 1974 par David Bowie lui-même et son fabuleux guitariste Mick Ronson.

    Alors on va l’écouter cette fameuse version originale dans laquelle se trouve déjà tout ce qui va faire le succès de Bowie et exercer une fascination incroyable sur la jeunesse du début des années 70. C’est un petit bijou qu’on se demande comment tout le monde a pu passer à côté, même en pleine frénésie Ziggy Stardust, jusqu’à ce qu’un gamin né dans une contrée perdue à l’autre bout du monde, fasse un de ses titres phares.

    Rendez-vous chaque samedi sur Nostalgie à 13h30, 15h30 et 17h30 pour un nouvel épisode. Prenez le temps de découvrir ces pépites oubliées et laissez-vous surprendre par les hasards de l’histoire musicale.

    4 min

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