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Du 23 au 26 juillet, Radio Grenouille s'installe en public, sur la terrasse du Théâtre des Bernardines, à l’occasion de la 31e édition du FID, le Festival International du Cinéma de Marseille.
Chaque soir, de 19h à 20h, nous discuterons de trois films, dont les réalisateurs seront présents autour de notre plateau.
Au programme du jeudi 23 juillet :
- Kyé Simon Luang, réalisateur de Goodbye Mister Wong, présenté en compétition internationale.
Au bord du lac Nam Ngum, au nord du Laos, les destins croisés de France, une jeune femme convoitée par deux hommes venant de deux mondes très différents, et de Hugo un français à la recherche de la femme qui l’a quitté un an plus tôt.
- Regis Sauder, réalisateur de J’ai aimé vivre là, en compétition française.
Dans la Ville Nouvelle beaucoup arrivent d’ailleurs, se mélangent, trouvent une place. Leurs histoires se croisent et s’incarnent ici à Cergy, où Annie Ernaux a écrit l’essentiel de son œuvre nourrie de l’observation des autres et de son histoire intime.
- Maéva Ranaïvojaona & Georg Tiller, réalisateurs de Zaho Zaï, en compétition internationale.
Zaho Zaï peut se définir comme un conte documentaire, décomposé en deux récits. Celui d’un assassin mystique, en fuite, qui traverse l’île et la richesse lunaire, solaire et végétal de ses paysages. Le second récit est davantage documentaire, il regarde des prisonniers entassés dans un centre pénitentier surpeuplé.
Grand entretien avec Jean-Pierre Rehm, directeur du FID, le Festival International du Film de Marseille, dont la 31e édition du festival se tient, du 22 au 26 juillet prochain.
Un festival qui s’est imposé sur la carte des plus grands festivals internationaux, avec une programmation exigeante, rare. Une sélection riche de plus d’une centaine de premières mondiales, scindée en différents couloirs compétitifs.
L'Heure Exquise, le magazine dédié au cinéma.
Voici une heure en musique à travers la flimographie de Michel Piccoli, qui nous a quitté ce printemps à l'âge de 94 ans.
Double à l'écran de Claude Sautet, il a joué pour Melville, Bunuel, Ferreri, Carax, Rivette ou Moretti, qui lui a offert son dernier grand rôle, celui d'un pape en fuite il y a près de 10 ans.
Avec un peu plus de 200 films, il a su tout jouer, en gardant une même ligne dans le regard. Peu de films ont été conçus, pensés pour Piccoli. Il s'est associé pour que son verbe puisse briller. Associé à Noiret, Montand, Trintignant, Belmondo, Reggiani, Mastroianni. Il a joué aux côtés de Romy Schneider, Brigitte Bardot, Simone Signoret, Catherine Deneuve ou encore Jeanne Moreau.
En ces temps de confinement, L'Heure Exquise se métamorphose en mix's tout aussi exquis. Des mix's entre musique et cinéma, pour écouter les images.
En ces temps de confinement, L'Heure Exquise se métamorphose en mix's tout aussi exquis. Des mix's entre musique et cinéma, pour écouter les images.
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En ces temps de confinement, L'Heure Exquise se métamorphose en mix's tout aussi exquis. Des mix's entre musique et cinéma, pour écouter les images.
Rencontre ce mois-ci avec le cinéaste kurde iranien, Diako Yazdani, autour de son documentaire, Toutes les vies de Kojin.
Kojin est un jeune kurde irakien, homosexuel, âgé de 23 ans. Tout au long du film - Diako Yazdani derrière et Kojin devant la caméra - partent à la rencontre de la société kurde irakienne. Une société où l’homosexualité est totalement exclue, voire impensable, inconcevable.
Le film se construit en une série de rencontres, avec des hommes rencontrés sur des terrasses de café ou réunis pour aborder ce sujet absolument tabou ; avec la famille de Diako Yazdani ; ou encore avec un célèbre imam - guérisseur, prônant un islamisme radical. Malgré la haine, la violence et l’absurdité des propos, Diako Yazdani et Kojin ne sont jamais dans la dénonciation, ils sont simplement les miroirs d’une société enfermée dans ses irrationalités et ses contradictions.
Ce mois-ci nous recevons Jean-Pierre Thorn, réalisateur de l’âcre parfum des immortelles. Un collage poétique et politique, où s’entremêlent le récit d’une passion amoureuse et les souvenirs de luttes ouvrières, populaires et syndicales, qui ont rythmé la filmographie militante de Jean-Pierre Thorn.
L’âcre parfum des immortelles mélange en effet des extraits de films aux retrouvailles avec ces figures rebelles qui ont marqué son cinéma. Jean-Pierre Thorn remonte ainsi le fil de ses films et de sa vie, en passant par les luttes ouvrières vécues dans les années 70, puis le mouvement hip-hop, et aujourd’hui celui des gilets jaunes. Le tout en redonnant vie à Joëlle, son amour de jeunesse, disparu trop tôt.
Ce mois-ci, nous écoutons l’Heure Exquise, celle du cinéaste marseillais René Allio, réalisé en 1981. Un moyen métrage de 60 minutes, tourné en 16mm, dans le labyrinthe de Marseille. La voix off de l’auteur est présente tout au long de cette Heure Exquise. Il nous accompagne pour conter sa ville, dont les traverses et les sinuosités trament ses propres narrations familiales.
Après guerre, René Allio quitte sa région d’origine pour s’engager dans une carrière théâtrale qui lui permet d’atteindre la notoriété en tant que décorateur, costumier, puis scénographe. Son retour à Marseille s’amorce dans les années soixante et connaît deux temps, étroitement liés à son cinéma. En 64, il choisi Marseille pour planter le décor de son premier film, La Vieille dame indigne, qui lui vaut un véritable succès populaire. 5 films et 13 ans plus tard, il signe son 7e long-métrage, Retour à Marseille. L’Heure Exquise en fut le versant documenté et autobiographique ; une réconciliation avec son histoire familiale, ancrée dans son territoire natal. En 1980, sur le tournage de L’Heure Exquise, René Allio disait ceci : « Dire que, comme Marseille qui, aussi vieille que Rome, n’a pas gardé de monuments comme si elle n’avait pas d’histoire, ce film ne parlera ni de grandes choses, ni de grands événements, ni de grands hommes. »
L’Heure Exquise est un hommage à un air célèbre de l’opérette autrichienne La Veuve Joyeuse de Franz Lehar. « Je me souviens comme j’allais en voiture jusqu’au Parc Borely pour y marcher, courir, d’avoir entendu sur France Musique un morceau de la Veuve Joyeuse : nommée L’Heure Exquise ; et dans tout ce contexte sentimental de retour à Marseille, et du remuement du passé, de l’émotion qui m’a étreint en entendant le morceau parce qu’il me faisait à la fois penser à mon père et ma mère jeunes, et aux sentiments que j’éprouvais adolescent quand je pensais à l’amour. »
Débarrassé de tout dogme esthétique, ce film propose une « exploration sentimentale », un parcours à travers le Marseille des grands-parents de René Allio, immigrés italiens installés entre Bon Secours et Saint-Gabriel, jouxtant la Belle de Mai. Dans ce film mémorial, on descend en ville et on remonte dans le passé de l’auteur. On saisit des habitudes et les histoires familiales qui bercèrent son enfance, gagnant le statut de mythes au fil des récits. Gestes, images, sons, lieux sont autant de souvenirs que René Allio réagence de film en film pour dresser le portrait d’une ville qui prolonge et compile ces héros qui ne laissent pas de traces.
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