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Faire le bien et garder sa place : les paradoxes de la philanthropie familiale
Entretien avec Anne Bory, sociologue au Clersé au sein de l’Université de Lille, et spécialiste de la sociologie du travail, des classes populaires et des élites économiques, de la sociologie des mondes associatifs et des mobilisations collectives.
Dans son travail de recherche, elle s’intéresse en particulier à la philanthropie et au mécénat. Sa dernière enquête est au cœur de son mémoire original d’HDR (habilitation à diriger des recherches) intitulé « Investir dans le ‘Bien’ : Le travail philanthropique au service de la reproduction sociale » et soutenu le 10 mars 2025 à l’Université de Lille.
Après avoir étudié, au sein du Collectif Rosa Bonheur, le travail de subsistance des classes populaires (co-coordination du projet ANR PORQUE 2013-2026), ses travaux de recherche analysent les pratiques philanthropiques des classes supérieures. Ces deux univers en apparence opposés sont liés par des rapports sociaux, économiques et symboliques et leur étude conjointe permet de saisir les mécanismes de reproduction du capitalisme.
Dans ce nouvel épisode du podcast FRESQUES du Clersé, Anne Bory aborde en sociologue la philanthropie familiale, ses finalités, son fonctionnement et ses acteurs.
Dans un premier temps, Anne Bory définit ce qu’est la philanthropie et après un petit détour historique revient sur la différence entre philanthropie et mécénat. Elle revient sur l’intérêt pour la sociologie d’étudier la philanthropie, qui apparaît alors comme un baromètre des inégalités sociales et des rapports de domination. La philanthropie s’exprime souvent au sein de fondations qui s’engagent dans des domaines d’intérêt général. Dans ses enquêtes récentes, Anne Bory s’est plus particulièrement focalisée sur la philanthropie familiale œuvrant au bénéfice des plus démunis et des populations vulnérables.
Anne Bory aborde sa façon d’enquêter comme sociologue auprès de philanthropes. Ses enquêtes sont menées en partie dans les « grandes familles » du Nord de France. Elle montre que la philanthropie peut être analysée comme un travail qui mobilise une variété d’acteurs. C’est un travail de reproduction de classe, avec ses codes, un travail hiérarchisé avec des tâches bien définies, du philanthrope à une série de professionnel.les, allant jusqu’aux associations qui reçoivent les dons et qui peuvent mobiliser des bénévoles.
La philanthropie familiale, pour quoi faire ? servir la transmission d’héritage, avoir des avantages fiscaux, mais pas que, c’est aussi une volonté d’œuvrer pour le bien avec la clairvoyance d’être privilégié, une sorte de devoir moral envers la société mais aussi une façon d’y garder sa position sociale et dominante. Nait-on philanthrope ou le devient-on ? La philanthropie transforme-t-elle la société ou reflète-elle avant tout les rapports sociaux qui la structurent ? Que nous apprend la philanthropie sur les inégalités sociales ?
Avant de conclure Anne Bory nous livre dans cet épisode les principaux résultats de ses recherches sociologiques sur la philanthropie familiale. Elle présente aussi le programme thématique Philanthropie et sciences sociales (PSSP) et ses finalités, programme qu’elle coordonne depuis janvier 2025, soutenu par la Fondation de France et l’Institut sciences humaines et sociales du CNRS.
Pour finir, la sociologue dévoile ce qui la passionne dans ses recherches en sociologie.
Avec cet épisode on comprend que la philanthropie révèle la manière dont une société organise la solidarité, transmet ses valeurs et perpétue ses rapports de pouvoir. Au-delà du don, c’est une organisation, un travail collectif, un vecteur de transmission familiale, et aussi un révélateur des rapports sociaux, des inégalités et des mécanismes de reproduction des élites.
Mots clefs : philanthropie - sociologie - élites - travail - reproduction sociale - populations vulnérables
Référence principale :
Autres références :
Liens :
Concept et réalisation du podcast "FRESQUES - Les RDV socio-éco du Clersé" : Marie-Pierre Coquard, chargée de la valorisation des activités de recherche au Clersé UMR 8019 (Entretien réalisé le 21 mai 2026)
Sources du montage audio : bruitages (issus de La Sonothèque de Joseph Sardin, Titres : Battements de cœur #4; musique (Titre : The Success - Auteur: Keys of Moon - Source: https://soundcloud.com/keysofmoon; Licence (CC-BY) : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr - Téléchargement: https://www.auboutdufil.com/index.php?id=523)
Que sont les indicateurs physiologiques ?
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La journée d'étude des masters 2 Droit du numérique de l'Université de Lille s'est tenue le 29 mai 2026, sur la thématique de la sécurité informatique comme arme stratégique. Elle a été cofinancée et coorganisée par les étudiants et le Projet REV (Recherche et exploitation de vulnérabilité informatique) du PEPR Cybersécurité France 2030.
La journée s'est découpée en deux parties, et a vu bon nombre d'intervenantes et intervenants sur le sujet. Elle a réuni entre autres :
Marcel Moritz, Maitre de conférences HDR et directeur du Master Droit du numérique pour les mots d'accueil et de conclusion ;
Noémie Véron, Maitre de conférence en droit public au CERAPS et responsable des aspects juridiques du projet REV pour une présentation générale du projet REV ;
Hervé Fortin, RSSI de la ville de Lille en KeyNote introductif ;
Marianne Vandier, Experte en conseil dans le numérique sur l'évolution du rôle du DPO face à la guerre hybride et son binôme avec le RSSI ;
Les étudiants du master sur l'analyse comparative de la sécurité informatique dans les évènements de grande ampleur et dans les JO 2024, ainsi que sur les établissements de santé et la fragilisation de l'accès aux soins ;
Wiem Jaouadi, doctorante en droit public à la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis sur la sécurité des services publics numériques : une condition de l'égalité devant le service public ;
Marine Placca, doctorante en droit public du numérique en cotutelle internationale entre l'Université de Lorraine et l'Université de Laval sur les vulnérabilités des services essentiels de l'Etat face aux cyberattaques vectrices d'ingérences étrangères : quelles réponses juridiques et institutionnelles ;
Lila de Lattre, doctorante en droit public du numérique à la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Lille sur les enjeux et les stratégies géopolitiques de la sécurité des systèmes d'information nationaux ainsi que sur le Livrable 1 du Projet REV "le cadre juridique de la recherche et de l'exploitation des vulnérabilités informatiques".
Brevets, algorithmes open source, valorisation des actifs de recherche, participation à des activités en entreprise privée… La propriété intellectuelle est souvent un angle mort dans la formation des chercheurs. Cette capsule donne la parole à plusieurs participants du cycle de formation PUI Lille qui témoignent, avant et après la journée dédiée à ce sujet : de zéro connaissance à une première compréhension opérationnelle, indispensable pour tout chercheur souhaitant protéger et valoriser ses travaux.
Avec les interventions de :
Ayoub Ajarra, doctorant au laboratoire CRIStAL
Pour en savoir plus sur le cycle de formation PUI Lille :
https://pui-lille.univ-lille.fr/actions-pui/cycle-de-formation-pui-lille
Prendre contact par mail : [email protected]
Comment financer un projet d'innovation qui nécessite une R&D intensive ?
Comment pitcher, structurer une entreprise, lever des fonds quand on vient du monde académique ? C'est à ces questions que répond Luc Deduytschaever, co-porteur du projet Trading Box, une solution d'automatisation d'investissements crypto. Il témoigne de l'apport concret du cycle de formation PUI Lille, notamment sur les volets finances d'entreprise et pitch, dans un accompagnement qu'il décrit comme bienveillant et positif.
Pour en savoir plus sur le cycle de formation PUI Lille :
https://pui-lille.univ-lille.fr/actions-pui/cycle-de-formation-pui-lille
Prendre contact par mail : [email protected]
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