Dieudonné Wamu Oyatambwe, politologue et écrivain, était l'invité de Martin Buxant dans la Matinale LN24.
Le politologue a évidemment réagi à la lettre du roi Philippe adressée à Félix Tshisekedi. Il n'est pas surpris et se réjouit "d'un pas dans la bonne direction" même s'il s'attendait plutôt à des "excuses prononcées".
"On a une lettre adressée au chef de l'Etat congolais dans laquelle le roi exprime ses regrets. C'est un bon pas dans la bonne direction. Ce n'est pas suffisant, mais c'est déjà ça."
Cette lettre arrive 60 ans après l'indépendance. Un long délai que Dieudonné Wamu Oyatambwe explique par une forme de déni en Belgique.
"Je pense que la Belgique n'a jamais voulu regarder son passé colonial en face. J'ai toujours été frappé de constater l'écart entre l'histoire politique enseignée au Congo et l'histoire politique enseignée en Belgique. Au Congo, la Belgique fait partie de l'histoire politique du pays. Alors qu'en Belgique, le Congo est complètement éludé."
Dieudonné Wamu Oyatambwe est aussi revenu sur le débat autour de la "décolonisation de l'espace publique". Il concède que c'est une question délicate car "on est encore sous le coup de l'émotion." Le politologue plaide plutôt pour une contextualisation de ces vestiges afin que cette partie de l'histoire ne soit plus éludée.
Il a également abordé la situation actuelle en République démocratique du Congo. "Il ne faudrait pas que les dénonciations du passé colonial servent à occulter les échecs des élites congolaises."