Littéramours
Download on the App Store

Littéramours episodes

  • Folge 25: Felwine Sarr über „Die Orte, an denen meine Träume wohnen“
    Der senegalesische Wirtschaftswissenschaftler, Theater- und Prosaautor, Musiker und Verleger Felwine Sarr ist eine schillernde Persönlichkeit. Zusammen mit dem kamerunischen Historiker und Politologen Achille Mbembe hat er 2016 in Dakar die "Ateliers de la pensée" (Denkwerkstätten) ins Leben gerufen, um junge Afrikaner und Afrikanerinnen zu ermutigen, neue Perspektiven für den Kontinent zu entwickeln. Sarrs im selben Jahr erschienener Essai Afrotopia beschreibt alternative ökonomische Modelle und Formen gemeinschaftlichen Lebens. Dieses schmale Buch wie der gemeinsam mit der Kunsthistorikerin Benedicte Savoy verfasste Bericht zum Bestand von Kunst aus ehemaligen afrikanischen Kolonien in frz. Museen machte Sarr international bekannt. Präsident Emmanuel Macron hatte Savoy und Sarr auch gebeten, einen Plan für die Rückgabe der kolonialen Raubgüter auszuarbeiten. Die Schrift - 2019 unter dem Titel Zurückgeben auf Deutsch veröffentlicht - gab der internationalen Diskussion um die Aufarbeitung kolonialen Erbes immensen Auftrieb, denn schließlich befinden sich 90 Prozent des materiellen Kulturerbes außerhalb des afrikanischen Kontinents.
    Seit 2020 lehrt Felwine Sarr Afrikanische Philosophie an der Duke University of North Carolina. Das zivilisatorische Erbe und Potential des afrikanischen Kontinents gründet für ihn auch in einer Art von Sprechen, das Menschen ermöglicht, zu allen und allem in Beziehung zu treten.
    Im Mai 2023 erschien zum ersten Mal ein literarischer Text von Sarr auf Deutsch. Sein in Europa und im Senegal spielender Roman „Die Orte, an denen meine Träume wohnen“ handelt von der Grundspannung zwischen Sesshaftigkeit und einem urbanem, internationalen Nomadentum. Er erzählt von der Seelenverwandtschaft zweier Brüder, von einem tragischen Unglück und einer unmöglichen Liebesgeschichte.  Der Roman gleicht einem lebensphilosophisch inspirierten Wachtraum, in dem der ganze Reichtum parallel existierender Geisteswelten aufscheint: Ein intellektueller Mönch und ein Initiierter aus dem senegalesischen Volk der Serer - beides zentrale Figuren des Romans - verstünden sich, wenn sie einander träfen, denn für sie geht es im Leben im Grunde um nichts anderes, als mit dem „All-Lebendigen in Austausch zu treten“.
    Das Institut Français und die Stadtbibliothek Stuttgart haben Felwine Sarr am 5. Juni 2023 eingeladen, seinen jüngsten Roman vorzustellen. Diese Podcastfolge ist ein gekürzter Mitschnitt des von mir moderierten und übersetzten Gesprächs mit dem Autor.
    Bücher von Felwine Sarr (deutsche Übersetzungen)
    Die Orte, an denen meine Träume wohnen. Roman. Übersetzt von Doris Heinemann. S. Fischer Verlag, Frankfurt a. M. 2023
    mit Bénédicte Savoy: Zurückgeben. Über die Restitution afrikanischer Kulturgüter. Matthes & Seitz, Berlin 2019
    Afrotopia. Übersetzt von Max Henninger, Matthes & Seitz, Berlin 2019
    33 min
  • Épisode 25: Felwine Sarr sur „Les lieux qu’habitent mes rêves“
    Économiste, auteur de théâtre et de prose, musicien et éditeur, le Sénégalais Felwine Sarr est un personnage éblouissant. Avec l'historien et politologue camerounais Achille Mbembe, il a lancé en 2016 à Dakar les "Ateliers de la pensée", afin d'encourager les jeunes Africains et Africaines à développer de nouvelles perspectives pour le continent. L'essai Afrotopia de Sarr, paru la même année, décrit des modèles économiques alternatifs et des formes de vie communautaire. Ce petit livre, ainsi que le rapport rédigé en collaboration avec l'historienne de l'art Bénédicte Savoy sur les collections d'art des anciennes colonies africaines dans les musées français, ont fait connaître Sarr au niveau international. Le président Emmanuel Macron avait également demandé à Savoy et Sarr d'élaborer un plan pour la restitution des biens coloniaux spoliés. L'ouvrage a donné une impulsion immense au débat international sur le traitement de l'héritage colonial, car après tout, 90% du patrimoine culturel matériel se trouve en dehors du continent africain.
    Depuis 2020, Felwine Sarr enseigne la philosophie africaine à la Duke University of North Carolina. Pour lui, l'héritage et le potentiel civilisationnels du continent africain se fondent aussi sur une manière de parler qui permet aux gens d'entrer en relation avec tout et tous.
    Après tout Felwine Sarr écrit de la littérature. Il a publié des poèmes et en 2022 son deuxième roman, Les lieux qu’habitent mes rêves. L’action se déroule en Europe et au Sénégal. Sarr parle de la tension fondamentale entre la sédentarité et un nomadisme urbain et international. Il raconte l'affinité entre deux frères, un malheur tragique et une histoire d'amour impossible.  Le roman ressemble à un rêve éveillé inspiré par la philosophie bergsonienne. Toute la richesse de mondes spirituels parallèles s’y révèle : un moine intellectuel et un initié du peuple sénégalais des Sérères - tous deux sont des personnages centraux du roman - se comprendraient bien si jamais ils avaient l’occasion de se rencontrer, car pour eux, la vie n'a d'autre but que d'entrer en contact avec le "Tout-Vivant".
    L'Institut Français et la bibliothèque municipale de Stuttgart ont invité Felwine Sarr à présenter son roman le 5 juin 2023. Cet épisode du podcast est un enregistrement abrégé de l'entretien avec l'auteur que j'ai animé et traduit.
    Livres de Felwine Sarr (un choix):
    Les lieux qu'habitent mes rêves. Roman. L'Arpenteur/Éditions Gallimard, Paris 2022
    Habiter le monde. Mémoire d'encrier, Montréal 2017
    Afrotopia. Philippe Rey, Paris 2016
    Médiations Africaines. Mémoire d'encrier, Montréal 2012
    Dahij. Gallimard, Paris 2009
    28 min
  • Folge 24: „Was dich spaltet“ – der Debütroman von Bernadette Conrad
    Bernadette Conrad ist ständig in Bewegung. Heute hier, morgen dort. Viele Jahre war Konstanz ein Fixpunkt im Leben der Publizistin und Literaturkritikerin, heute ist Berlin ihr Zuhause. Sie streift offen durch die Welt, sie recherchiert, folgt ihrer Intuition, beobachtet Menschen und Orte, sie sammelt, filtert und publiziert ihre literarisch und zeitgeschichtlich motivierten Suchbewegungen in Form von Zeitungsreportagen und Büchern.
    Eine Auswahl ihrer für die ZEIT geschriebenen Reisereportagen und Porträts sind unter dem Titel „Nomaden im Herzen“ als Buch erschienen. 2011 legte Bernadette Conrad das erste biografische Buch über die von Jonathan Frantzen wiederentdeckte US-amerikanische Schriftstellerin Paula Fox (1923-2017) vor. Nachdenklichkeit und die Gabe, behutsam zwischen den Zeilen lesen zu können, so die Erzählerin Judith Herrmann, zeichne Bernadette Conrads Zugang zu Personen aus - hier für die vom Leben hart geprüfte Paula Fox, die fest daran glaubte, dass „Rettung immer unterwegs“ sei.
    In Was dich spaltet beschreibt Bernadette Conrad mit feinem Gespür, wann Eltern aufhören, Eltern zu sein und welchen Anteil sie an der Entfremdung und Entzweiung ihrer Kinder haben. Und damit öffnet sie zugleich den Raum für grundsätzliche Fragen: Gibt es ungeachtet von Verletzungen und Zerwürfnissen eine unstillbare Sehnsucht nach familiärem Zusammenhalt? Welchen Preis zahlt man für familiäre Versöhnung? Ist es klüger, das Weite zu suchen? Kann man unversöhnt ein gutes Leben führen? Auf beeindruckende Weise zeigt Bernadette Conrad in ihrem Debütroman, wie ernüchternd und befreiend die Versuche sind, Verästelungen und Weichenstellungen in einer jeden Biographie offenzulegen.
    Bücher von Bernadette Conrad:
    Was dich spaltet. Roman. Transit Verlag, Berlin 2023
    Groß und stark werden. Kinder unterwegs ins Leben. Gespräche mit Cornelia Funke. Btb, München 2019
    Die kleinste Familie der Welt. Vom spannenden Leben allein mit Kind. Btb, München 2016
    Die vielen Leben der Paula Fox. C.H. Beck Verlag, München 2011
    Nomaden im Herzen. Literarische Reportagen. Libelle Verlag, Lengwil 2006
    31 min
  • Épisode 24: „Ce qui te divise“ – le premier roman de Bernadette Conrad
    Bernadette Conrad est toujours en mouvement. Aujourd'hui ici, demain là-bas. Pendant de nombreuses années, la ville de Constance a été un point fixe dans la vie de la publiciste et critique littéraire. Aujourd’hui son chez-soi, c’est Berlin.
    Quand elle entame un nouveau projet - souvent motivé par la littérature et l’histoire contemporaine - Bernadette Conrad s’investit profondément dans la recherche mais elle sait aussi suivre son intuition et faire confiance à sa capacité de bien observer les hommes et les lieux.
    Une sélection de ses reportages de voyage écrits pour l’hebdomadaire DIE ZEIT a été publiée sous forme de livre sous le titre Nomaden im Herzen (Nomades au cœur). En 2011 Bernadette Conrad a été la première à publier un livre biographique sur l'écrivaine américaine Paula Fox (1923-2017), redécouverte par Jonathan Frantzen. Fox, qui depuis son tout bas âge avait une vie difficile, lui enseignait qu’il fallait croire que « le salut est toujours en chemin », voire qu’on peut être sauvé à tout moment.
    Was dich spaltet (Ce qui te divise) est le premier roman de Bernadette Conrad. Elle décrit, de manière précise, comment des parents cessent d'être des parents et quelle part de responsabilité ils ont dans l'aliénation et la désunion de leurs enfants. Ce faisant, elle ouvre également la voie à des questions fondamentales : existe-t-il, malgré les blessures et les déchirements, un désir insatiable de cohésion familiale ? Quel est le prix à payer pour une réconciliation familiale ? Vaut-il mieux prendre ses distances ? Peut-on bien vivre sans se réconcilier ? Dans "Ce qui te divise", Bernadette Conrad montre de manière impressionnante à quel point les tentatives de mettre à jour les ramifications et les aiguillages de chaque biographie sont à la fois désenchantées et libératrices.
    Je tiens à remercier mon amie Ruth Kinet d’avoir lu la traduction française des propos de Bernadette Conrad.
    Livres de Bernadette Conrad :
    Was dich spaltet. Roman. Transit Verlag, Berlin 2023
    Groß und stark werden. Kinder unterwegs ins Leben. Gespräche mit Cornelia Funke. Btb, München 2019
    Die kleinste Familie der Welt. Vom spannenden Leben allein mit Kind. Btb, München 2016
    Die vielen Leben der Paula Fox. C.H. Beck Verlag, München 2011
    Nomaden im Herzen. Literarische Reportagen. Libelle Verlag, Lengwil 2006
    30 min
  • Folge 23: Ein paar Wahrheiten über den Indochina-Krieg: „Ein ehrenhafter Abgang“ von Éric Vuillard
    Die Lektüre der Bücher von Éric Vuillard verändert den Blick auf revolutionäre Bewegungen, auf Kriege und Propaganda, auf die so genannte gute Gesellschaft und den politischen Eifer großbürgerlicher Finanzdynastien. Er erzählt von der aufständischen Kraft, die am 14. Juli 1789 zum Sturm auf die Bastille führte; in „Die Tagesordnung“ (Prix Goncourt, 2017) schildert er ein Geheimtreffen Hitlers mit 24 Industriellen, und in „Traurigkeit der Erde“ verfolgt er den Lebensweg Buffalo Bills, der mit seinen Wild West-Shows den Gründungsmythos eines freien Landes feierte und die unterworfenen amerikanischen Ureinwohner perverserweise zu Statisten in diesem Massenspektakel machte. Éric Vuillard besitzt ein untrügliches, feines Gespür für historische Momente. Er seziert sie ironisch, erstaunt, mitfühlend und immer mit Haltung. Denn er nimmt sich klar das Recht, Begebenheiten nicht nur zu hinterfragen, sondern auch subjektiv zu beurteilen.
    Seine jüngste Publikation „Ein ehrenhafter Abgang“ handelt von der Kolonisierung Indochinas und einem Krieg, der nicht zu gewinnen war. Vuillard erinnert an Generäle und Politiker, die das französische Volk jahrelang über die Höhe menschlicher Verluste wie die exorbitanten Gewinne der kriegstreibenden Indochina-Bank täuschten - und er beschreibt die Kapitulation der französischen Truppen am 7. Mai 1954 in der Dschungelfestung Dien Bien Phû. Der Vietnamkrieg war einer der längsten des 20. Jahrhunderts.
    Das Schlussbild des Buches ist auf den 29. April 1975 datiert.
    „Die Ventilatoren bleiben stehen. Die Kühlschränke bleiben stehen. Die Autos gehen kaputt. Es gibt riesige Friedhöfe voller Kühlschränke, große Nekropolen voller Klimageräte und Pyramiden aus Spülmaschinen. Alles ist tot. Also stürzt man sich auf die letzten Schiffe, die letzten Hubschrauber, die letzten amerikanischen Flugzeuge. Die Piloten selektieren die Passagiere mit der Pistole in der Hand. Ein riesiges Gedränge. (…) Tausende von Menschen, die in Schlauchbooten aufgebrochen waren, ertrinken. Furchtbar, diese überfüllten Boote, die Menschentrauben, die auf den Wellen treiben, die Anhäufungen von Körpern, Paketen, Fahrrädern, Geschrei und Entsetzen. All die Strohhüte! Wie traurig ein Volk doch ist. Man teilt es, man schneidet es von sich selbst ab, die Zeit vergeht, und es kann nur Angst davor haben, sich wiederzufinden, erstickt in der unbarmherzigen Reuse anderer Interessen, die ihm aufgenötigt worden sind.  Oh, du, der angeblich so clevere Kissinger, der Talleyrand des Kalten Krieges, wie lächerlich bist du doch mit deinem entspannten Lächeln, deiner allwissenden Miene, deiner berühmten Brille, durch die du auch nichts gesehen hast. Aber machen Sie sich keine Sorgen, die amerikanische Kolonie und die letzen Franzosen sind evakuiert worden (…) Ach, man muss sie gesehen haben, diese letzten Westler, die während des Falls von Saigon mit dem Hubschrauber auf dem schnellsten Weg vom Dach der US-Botschaft evakuiert wurden. Man muss unbedingt sehen, wie die Diplomaten so gut sie können an der Strickleiter hochklettern. Die Krawatten werden vom Wind erhascht. Die Körper klammern sich an die Sprossen, der Schal fliegt weg. Was für eine Endzeitstimmung, was für ein Debakel! In der lächerlichen Hoffnung auf einen ehrenvollen Abgang hatte es dreißig Jahre und Millionen von Toten gebraucht, und dann endet das Ganze so! Dreißig Jahre für einen solchen Abgang. Vielleicht wäre die Schande besser gewesen.“
    Bücher von Éric Vuillard (Auswahl).
    Ballade vom Abendland. Übers. Nicola Denis, Matthes & Seitz Berlin, Berlin 2014 
    Kongo, übersetzt von Nicola Denis, Matthes & Seitz Berlin, Berlin
    Traurigkeit der Erde. Eine Geschichte von Buffalo Bill Cody. Erzählung, übersetzt von Nicola Denis, Matthes & Seitz Berlin, Berlin 2017 
    14. Juli.Erzählung. Aus dem Französischen von Nicola Denis. Matthes & Seitz Berlin, Berlin 2019
    Die Tagesordnung.Übers. Nicola Denis, Matthes & Seitz
    33 min
  • Épisode 23: Quelques vérités sur la guerre d’Indochine: „Une sortie honorable“ d’Éric Vuillard
    La lecture des livres d'Éric Vuillard change le regard que l'on porte sur les mouvements révolutionnaires, sur les guerres et la propagande, sur la soi-disant bonne société et sur le zèle politique des dynasties financières de la grande bourgeoisie. Il raconte la force insurrectionnelle qui a conduit à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 ; dans L'ordre du jour (Prix Goncourt, 2017), il décrit une réunion secrète d'Hitler avec 24 industriels, et dans Tristesse de la terre, il suit le parcours de Buffalo Bill qui, avec ses spectacles Wild West a célébré le mythe fondateur d'un pays libre tout en traitant les Amérindiens comme des figurants sauvages. Éric Vuillard dépiste des moments historiques. Il les dissèque avec ironie, compassion et avec fermeté. Car il s’arroge clairement le droit de remettre en question la description des événements et des activités politiques, mais aussi de les juger, de manière subjective.
    Sa dernière publication Une sortie honorable traite de la colonisation de l'Indochine et d'une guerre qui ne pouvait pas être gagnée. Vuillard évoque les généraux et les politiques qui ont trompé le peuple français pendant des années sur l'ampleur des pertes humaines comme sur les bénéfices exorbitants de la banque belligérante d'Indochine - et il décrit la reddition des troupes françaises le 7 mai 1954 dans la forteresse de la jungle de Dien Bien Phû. La guerre du Vietnam a été l'une des plus longues du 20e siècle.
    L’image finale du livre est datée du 29 avril 1975.
    « Les ventilateurs s’arrêtent. Les voitures tombent en panne. Il y a des grands cimetières de frigidaires, de grandes nécropoles de climatiseurs de des pyramides de lave-vaisselles. Tout est mort. Alors, on se rue vers les derniers bateaux, les derniers hélicoptères, les derniers avions américains. Les pilotes trient les passagers, pistolet au poing. (…)
    Des milliers de gens partis sur des embarcations de fortune périront noyés. C’est terrible ces bateaux surchargés d’hommes, ces grappes humaines qui flottent au gré des vagues, ces amoncellements de corps, de paquets, de vélos, de cris, de stupeurs. Tous ces chapeaux de paille ! C’est si triste un peuple. On le divise, on le coupe de lui-même, le temps passe, et il ne peut que craindre de se retrouver, étranglé dans la nasse impitoyable d’autres intérêts qu’on lui a fait prendre. Ô Kissinger, si futé à ce qu’on raconte, le Talleyrand de la guerre froide, te voici bien ridicule avec ton sourire décontracté, ton air de tout savoir, tes lunettes si célèbres qui ne t’ont rien permis de voir. Mais ne vous inquiétez pas, on a évacué la colonie américaine et les derniers Français (…)
    Il faut à tout prix voir ça, ls diplomates montant comme ils peuvent à l’échelle de corde. Les cravates happées par le vent. Les corps s’agrippant aux barreaux tandis que l’échelle s’envole. Quelle atmosphère de fin du monde, quelle débâcle ! Dans l’éspérance dérisoire d’une sortie honorable, il aura fallu trente ans, et des milliers de morts, et voici comment tout cela se termine ! Trente ans pour une telle sortie de scène. Le déshonneur eut peut-être mieux valu. »
    Livres d'Éric Vuillard (un choix) :
    Conquistadors, Éditions Léo Scheer, Paris 2009
    La Bataille d'Occident, Éditions Actes Sud, Arles 2012
    Congo. Actes Sud, Arles 2012 – Prix Valérxy Larbaud
    Tristesse de la terre, Une histoire de Buffalo Bill Cody. Actes Sud, Arles 2014
    14 juillet, Actes Sud, Arles 2016
    L’ordre du jour, Actes Sud, Arles 2017 – Prix Goncourt
    La guerre des pauvres, Actes Sud, Arles 2019 – shortlist “International Booker Prize”
    Une sortie honorable, Actes Sud, Arles 2022.
    29 min
  • Folge 22: Debütromane: „Über die See“ von Mariette Navarro und „Dieux les Pères“ von Jean-Paul Dumas-Grillet
    2012 überquerte die Theaterautorin und Lyrikerin Mariette Navarro gemeinsam mit anderen Autoren und Autorinnen auf einem Containerschiff den Atlantik. Plötzlich keinen Vogelschrei mehr zu hören, das Zeitgefühl zu verlieren und sich nurmehr am Licht, an Helligkeit und Dunkel zu orientieren, beschreibt sie als eine tiefe Erfahrung. Mariette Navarro kam mit Notizen zurück, aber erst als die Figur einer Kapitänin Gestalt in ihrem Kopf annahm, bekam sie Lust, eine Geschichte zu erfinden.
    Eine 20-köpfige männliche Crew bittet die Kapitänin, auf hoher See baden zu dürfen. Zu ihrer eigenen Überraschung willigt sie ein und von dem Augenblick an, verändert sich das Leben aller. Fraglich ist, ob die Schwimmenden sich jemals von dem existenziellen Taumel, der sie in tiefem Wasser ergriff, erholen werden? „Selbst wenn man das Meer seit Jahrhunderten besegelt“, so Mariette Navarro, „bleibt es etwas Unbekanntes. Es löst Träume aus, Fantasien und Ängste.“ Und Wünsche. Glaubwürdigkeit ist kein erzählerisches Gebot in diesem wunderbaren, poetisch hochverdichteten Roman.
    Jean-Paul Dumas-Grillet ist Fotograf. Galerien und Museen stellen seine Bilder aus, die französische Nationalbibliothek hat Werke für ihre Sammlung angekauft. Immer wieder war er auch bei Filmdreharbeiten beschäftigt. In seinem Debütroman Dieux les Pères erinnert Dumas-Grillet auf spielerische Weise an Kinoszenen, an reale Schauspieler und Regisseure. Die Hauptfigur ist auf der Theaterbühne und am Filmset gescheitert. Übermäßiges Lampenfieber zerstört seine vielversprechende Schauspielerkarriere und die Ehe. Bob Declerq lebt mit seiner kleinen Tochter in einem Pariser Vorort. Der Vollzeitvater hat kaum Geld, der Alltag ist schwierig, bis beide bei einem guten Freund, der ebenfalls mit seiner Tochter lebt, einziehen. Die Rollen sind klar verteilt: Einer schafft das Geld heran, der andere kümmert sich um den Haushalt. Sie gründen „eine Familie der neuen Art, ohne besondere Erwartungen, ohne Eifersucht, ohne sexuelle Ansprüche“. Könnte das Modell scheitern, wenn sich die Und Väter eines Tages wieder in Frauen verlieben? Jean-Paul Dumas-Grillet ist auf der Seite der pragmatischen und lebensklugen Jugend: Die Mädchen sind bereit, mit zwei Vätern, zwei Müttern und zwei biologischen Mütter zusammen zu leben. Dieux les Pères : ein optimistisches, bildstarkes, sehr zeitgemäßes Romandebüt.
    Mariette Navarro: Über die See. Aus dem Französischen von Sophie Beese. Antje Kunstmann Verlag, München 2022
    Jean-Paul Dumas-Grillet: Dieux les Pères, librinova, 2022
    Coup de cœur:
    Christophe Boltanski : Die Leben des Jacob, Aus dem Französischen von Tobias Scheffel, 208 Seiten, Carl Hanser Verlag, München (20.03.2023)
    Von einem Flohmarktgänger erwirbt eine Pariser Filmproduzentin ein schweres kunstledernes Album. Hineingeklebt sind 369 Passbilder, die ein junger Mann zwischen 1970 und 1974 in einer Fotokabine von sich aufgenommen hatte. Glattes Gesicht, perfekte Zahnreihen, das breite Lächeln wirkt ein bißchen zu gewollt. Schnell wird die Lust des Unbekannten am Rollenspiel augenfällig. Mal mimt er einen Ganoven, mal einen Liebhaber, Elvis mit Tolle so gut wie den melancholischen Buster Keaton oder einen Agenten mit dunkler Brille und Anzug. Eine spannende Geschichte witternd, vertraut die Produzentin dem Journalisten und Schriftsteller Christophe Boltanski das Album an und beauftragt ihn, etwas über den Fremden herauszufinden und ein Filmexposé zu schreiben. Ungeduldig entzieht sie ihm nach einem Jahr den Auftrag. Der Weg zum Buch ist frei.
    Die autobiographischen Romane „Das Versteck“ und „Le guetteur“ bezeugen, wie findig, beharrlich und einfühlsam Christophe Boltanski Spurensuche betreibt. Sein Versuch, „von einem Oberkörper ausgehend, ein ganzes Leben rekonstruieren“, beginnt in einem „zwischen Fahrkartenschalter und Rolltreppen“ platzierten Fotoautomaten. Er inspiziert ihn und tritt in einen inneren Dialog mit dem Unbekannten, der seinen Namen, Jacob B’chiri, auf der Rückseite der Foto
    36 min
  • Épisode 22: Premiers romans: „Ultramarins“ de Mariette Navarro et „Dieux les Pères“ de Jean-Paul Dumas-Grillet
    En 2012, Mariette Navarro, autrice de théâtre et poète, a traversé l'Atlantique sur un cargo. Au bout d’un certain temps, il n’y avait plus d'oiseaux, plus de terre, plus de repères, juste les lumières qui changent. Elle est revenue avec un tas de notes, mais ce n'est que lorsque le personnage d'une capitaine a pris forme dans son esprit qu'elle a eu envie d'inventer une histoire. En 2021 parût son premier roman Ultramarins.
    Un équipage de 20 matelots et officiers de marine demande à la capitaine de leur permettre une baignade en mer profonde. À son grand étonnement, elle dit oui. Sa décision va changer la vie de tous et on ne sait pas si les nageurs vont un jour se remettre du vertige existentiel que la plongée a causée ?
    "Même si l'on navigue sur la mer depuis des siècles", explique-t-elle, "il reste toujours quelque chose d'inconnu. Elle suscite des rêves, des fantasmes et des peurs". Et des désirs. La crédibilité n'est pas un impératif narratif dans ce roman magnifique et d'une grande densité poétique.
    Jean-Paul Dumas-Grillet est photographe. Des galeries et des musées exposent ses photos, la Bibliothèque nationale de France lui a acheté des œuvres pour sa collection. Il a également été employé à plusieurs reprises sur des tournages de films. Dans son premier roman Dieux les Pères, Dumas-Grillet évoque de manière ludique des scènes de cinéma, des acteurs et des metteurs en scène réels.
    Le personnage principal a échoué au théâtre et sur les plateaux de tournage. Un trac excessif détruit sa carrière prometteuse d'acteur et son mariage. Bob Declerq vit avec sa petite fille en banlieue parisienne. Ce père à temps plein n'a guère d'argent, le quotidien est difficile, jusqu'à ce que tous deux emménagent chez un bon ami qui vit également avec sa fille. Les rôles sont clairement réparti: L'un apporte l'argent, l'autre s'occupe du ménage. Ils fondent "une famille d'un nouveau genre, sans attentes particulières, sans jalousie, sans exigences sexuelles". Mais le modèle risque-t-il d’échouer quand un jour les pères retombent amoureux de femmes ? Jean-Paul Dumas-Grillet est du côté de la jeunesse pragmatique: Les filles calculent tranquillement qu'elles auraient alors deux pères, deux mères et deux mères biologiques. Convaincant. Dieux les pères : un début ludique, fort en images, très contemporain.
    Mariette Navarro: Ultramarins, Quidam éditeur, Paris 2021
    Jean-Paul Dumas-Grillet: Dieux les Pères, librinova, 2022
    34 min
  • Folge 21: In welcher Sprache werde ich meine eigenen Worte singen? Zu Besuch bei Miléna Kartowski-Aïach in Ein Kerem, Jerusalem.
    Miléna Kartowski-Aïach hat Theaterregiekurse in Polen und Dänemark besucht, Religionsphilosophie und Anthropologie studiert. Sie spielt Klavier, sie komponiert und arrangiert, sie singt, sie schreibt. In New York traf sie Frauen, die ihr Zugang verschafften zu den Quellen jiddischer Lieder, die von strenggläubigen, chassidischen Jüdinnen gesungen werden. Zurück in Paris gründete sie die Theatercompagnie Les Haïm und ihr eigenes Ensemble, das Hassidish Project. Mit ihm trat sie 2012 als erste Jiddisch singende Künstlerin im Olympia auf, der ältesten noch existierenden Pariser Music Hall.
    Im Sommer 2021 hat Miléna Kartowski-Aïach schließlich eine lebensverändernde Weiche gestellt: Sie hat Frankreich verlassen und ist in Israel eingewandert. Die Gründe dafür sind vielfältig. Der latente und offene Antisemitismus in ihrem Geburtsland ist einer, ihr Verlangen nach einem spirituellen Leben ein anderer.
    In Israel stehen ihr Tonarchive offen, in denen sie einem anderorts verleugneten oder bereits ausgelöschtem, auf jeden Fall aber verschlossen gehaltenen kulturellen Erbe nachspürt. Ihre Versuche, in Algerien – dem Geburtsland ihres Vaters - Notate von Liedern in der judäo-berberischen Tradition zu finden, scheiterten bisher. Die Suche führte sie auch nach Marokko, wo gegenwärtig noch etwa 2000 Menschen die Berbersprache Tamazigh sprechen. Mit einigen jungen Leuten hat Miléna vor Jahren Musik aufgenommen.
    An einem Nachmittag im Januar 2023 habe ich die junge Sängerin, Theaterautorin und Poetin Miléna Kartowski-Aïach in ihrem Zuhause in Ein Kerem besucht. 
    Miléna Kartowski-Aïach:
    Leros. Un exil insulaire chez les damnés. Oratoire. Sicania, 2019
    La forêt pour horizon, dans Chimères 2020/2 (N° 97), pages 271 à 274
    Moshe Sakal:
    Achoti, roman, nommé pour le Prix Sapir, Édition Zmora Bitan, 2016
    The Diamond Setter, roman, Édition Keter, 2014; traduit en anglais par Jessica Cohen, Other Press, New York
    Yolanda, roman, traduit par Valérie Zenatti. Éditions Stock, Paris 2012
    Buchtipp:
    David Vogel:
    Eine Wiener Romanze. Aus dem Hebräischen von Ruth Achlama. Aufbau, Berlin 2013
    33 min
  • Épisode 21: Dans quelle langue chanterai-je mes propres mots? En visite chez Miléna Kartowski-Aïach à Ein Kerem, Jérusalem
    Au printemps 2016, Miléna Kartowski-Aïach avait été invitée à Berlin pour chanter des chansons yiddish lors d'une lecture de l’autrice américaine Deborah Feldman. Le joueur de Oud, Qaïs Saadi, l’accompagnait sur scène. Six mois plus tard, j'ai revue Miléna à Paris, sa ville natale. Elle venait de rentrer de Leros. Avec des femmes et des enfants yézidis réfugiés, elle avait créé une chorale pour apporter un peu de beauté à ces malheureux qui ne savaient pas combien de temps ils seraient encore retenus sur l'île. Plus tard, elle écrivit l'oratoire Leros. Un exil insulaire chez les damnés.
    Miléna a suivi des cours de mise en scène théâtrale en Pologne et au Danemark, elle a étudié la philosophie de la religion et l'anthropologie. Elle joue du piano, elle compose, elle chante, elle écrit. À New York, elle a rencontré des femmes qui lui ont facilité l’accès aux sources de chansons yiddish, chantées par des femmes juives orthodoxes, jamais en public mais en petit groupe, strictement séparé du monde masculin. Ces rencontres et la découverte de chants religieux tenus secrets ont influencé sa carrière de chanteuse. De retour à Paris, Miléna a fondé une compagnie de théatre, Les Haïm, et son propre ensemble, le Hassidish Project. En 2012 elle était la première artiste chantant en yiddish invitée à l'Olympia.
    Et puis, en été 2021, Miléna Kartowski-Aïach a fait un choix de vie: Elle a quitté la France pour aller vivre en Israël. Les raisons de ce choix sont multiples. L'antisémitisme latent et offensif dans son pays natal est une raison, son désir d'une vie spirituelle en est une autre.
    Miléna est musicienne et poète. En Israël, des archives sonores lui sont ouvertes. Elle y traque un héritage culturel nié ou déjà effacé ailleurs, mais en tout cas maintenu fermé. Ses tentatives de trouver des notes de chansons judéo-berbères en Algérie, le pays natal de son père, ont jusqu'à présent échoué – mais elle ne lâche pas prise.
    Lors d’un séjour en Israél janvier 2023, j'ai visité Miléna Kartowski-Aïach chez elle à Ein Kerem.
    À découvrir:
    Miléna Kartowski-Aïach:
    Leros. Un exil insulaire chez les damnés. Oratoire. Sicania, 2019
    La forêt pour horizon, dans Chimères 2020/2 (N° 97), pages 271 à 274
    Moshe Sakal:
    Achoti, roman, nommé pour le Prix Sapir, Édition Zmora Bitan, 2016
    The Diamond Setter, roman, Édition Keter, 2014; traduit en anglais par Jessica Cohen, Other Press, New York
    Yolanda, roman, traduit par Valérie Zenatti. Éditions Stock, Paris 2012
    Coup de cœur:
    David Vogel:
    Romance viennoise. Traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech. Éditions de l’Olivier, Paris 2014
    35 min

About Littéramours

From the publisher's feed

Deutsch-französischer Literatur-Podcast

More shows like Littéramours

eat.READ.sleep. Der Podcast, der das Lesen feiert. by NDR

eat.READ.sleep. Der Podcast, der das Lesen feiert.

26 Listeners