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« Y a-t-il d’autres affaires Lyhanna en France ? ». C'est la question qu'a posée le ministre de la Justice Gérald Darmanin ce matin, lors d'une conférence de presse à la chancellerie. Au lendemain de la marche blanche qui a rassemblé 6 000 personnes à Fleurance, le garde des sceaux a sonné la « mobilisation générale ». Ce week-end, Gérald Darmanin avait déjà demandé aux procureurs généraux la revue, d'ici le 14 juillet, de 70 000 plaintes touchant un mineur. Et pour cause, Jérôme Barella, mis en examen pour le meurtre de Lyhanna, était visé par plusieurs plaintes pénales, ce qui pose la question d'éventuels dysfonctionnements dans la chaîne pénale. « Quand on met neuf mois à ne pas placer quelqu’un en garde à vue, je me dis légitimement que le ministère de la Justice a dysfonctionné », a lâché ce matin Gérald Darmanin. Quelques heures plus tôt, le procureur de la République de Chartres et président de la conférence nationale des procureurs de la République, avait regretté sur RMC que les magistrats du parquet soient « jetés en pâture ». Gérald Darmanin n'est pas épargné par les règlements de compte puisque plusieurs responsables politiques ont appelé à sa démission.
L'affaire Lyhanna intervient alors que la campagne des élections municipales a été marquée par des violences sexuelles à répétition dans le périscolaire. Mi-mai, le parquet de Paris avait déclaré enquêter sur 84 écoles maternelles, une vingtaine d'élémentaires et une dizaine de crèches, tandis que trois informations judiciaires sont déjà ouvertes. Face à l’ampleur du scandale qu'il considère comme « une priorité absolue », le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire a engagé un plan d'action de 20 millions d'euros qui prévoit notamment une simplification de la chaîne de signalement et une professionnalisation de la filière des animateurs scolaires. Mais plusieurs collectifs comme #MeTooEcole exigent des réformes au niveau national : « Si Paris cristallise aujourd’hui l’urgence, notre combat dépasse largement la capitale. Ce que nous dénonçons est un problème systémique et national », détaille-t-il dans une pétition qui a recueilli près de 23 000 signatures.
L'année 2025 avait aussi été marquée par l'affaire Bétharram, du nom des sévices infligés aux élèves de l’établissement Notre-Dame-de-Bétharram, près de Pau. La semaine dernière, la proposition de loi portée par les députés Violette Spillebout (Ensemble) et Paul Vannier (LFI) et visant à mieux protéger les enfants contre les violences à l’école et dans le périscolaire, a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Le texte prévoit de renforcer le contrôle des intervenants susceptibles d’être au contact des enfants, mais ne lève pas le secret de la confession pour les ministres du culte. Il crée aussi une « liste noire », où seront inscrites les personnes en raison d’un comportement dangereux empêchant leur réemploi dans un autre établissement.
Quelle est la part de responsabilité du ministre de la Justice dans l'affaire Lyhanna ? Où en sont les procédures sur le scandale du périscolaire à Paris ? Et que peut changer la loi adoptée la semaine dernière par les députés pour mieux protéger les enfants contre les violences à l’école ?
Nos experts :
- Maurice SZAFRAN - Éditorialiste politique - Challenges
- Mathieu DELAHOUSSE - Grand reporter - Le Nouvel Obs
- Damien DELSENY - Rédacteur en chef adjoint en charge du service police-justice - Le Parisien
- Soazig QUEMENER - Rédactrice en chef - La Tribune Dimanche
- (En duplex) Solène PODEVIN FAVRE - Présidente de l’association Face à l’inceste, ex-membre du collège directeur de la Ciivise
By France Télévisions4.7
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« Y a-t-il d’autres affaires Lyhanna en France ? ». C'est la question qu'a posée le ministre de la Justice Gérald Darmanin ce matin, lors d'une conférence de presse à la chancellerie. Au lendemain de la marche blanche qui a rassemblé 6 000 personnes à Fleurance, le garde des sceaux a sonné la « mobilisation générale ». Ce week-end, Gérald Darmanin avait déjà demandé aux procureurs généraux la revue, d'ici le 14 juillet, de 70 000 plaintes touchant un mineur. Et pour cause, Jérôme Barella, mis en examen pour le meurtre de Lyhanna, était visé par plusieurs plaintes pénales, ce qui pose la question d'éventuels dysfonctionnements dans la chaîne pénale. « Quand on met neuf mois à ne pas placer quelqu’un en garde à vue, je me dis légitimement que le ministère de la Justice a dysfonctionné », a lâché ce matin Gérald Darmanin. Quelques heures plus tôt, le procureur de la République de Chartres et président de la conférence nationale des procureurs de la République, avait regretté sur RMC que les magistrats du parquet soient « jetés en pâture ». Gérald Darmanin n'est pas épargné par les règlements de compte puisque plusieurs responsables politiques ont appelé à sa démission.
L'affaire Lyhanna intervient alors que la campagne des élections municipales a été marquée par des violences sexuelles à répétition dans le périscolaire. Mi-mai, le parquet de Paris avait déclaré enquêter sur 84 écoles maternelles, une vingtaine d'élémentaires et une dizaine de crèches, tandis que trois informations judiciaires sont déjà ouvertes. Face à l’ampleur du scandale qu'il considère comme « une priorité absolue », le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire a engagé un plan d'action de 20 millions d'euros qui prévoit notamment une simplification de la chaîne de signalement et une professionnalisation de la filière des animateurs scolaires. Mais plusieurs collectifs comme #MeTooEcole exigent des réformes au niveau national : « Si Paris cristallise aujourd’hui l’urgence, notre combat dépasse largement la capitale. Ce que nous dénonçons est un problème systémique et national », détaille-t-il dans une pétition qui a recueilli près de 23 000 signatures.
L'année 2025 avait aussi été marquée par l'affaire Bétharram, du nom des sévices infligés aux élèves de l’établissement Notre-Dame-de-Bétharram, près de Pau. La semaine dernière, la proposition de loi portée par les députés Violette Spillebout (Ensemble) et Paul Vannier (LFI) et visant à mieux protéger les enfants contre les violences à l’école et dans le périscolaire, a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Le texte prévoit de renforcer le contrôle des intervenants susceptibles d’être au contact des enfants, mais ne lève pas le secret de la confession pour les ministres du culte. Il crée aussi une « liste noire », où seront inscrites les personnes en raison d’un comportement dangereux empêchant leur réemploi dans un autre établissement.
Quelle est la part de responsabilité du ministre de la Justice dans l'affaire Lyhanna ? Où en sont les procédures sur le scandale du périscolaire à Paris ? Et que peut changer la loi adoptée la semaine dernière par les députés pour mieux protéger les enfants contre les violences à l’école ?
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- Maurice SZAFRAN - Éditorialiste politique - Challenges
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- Damien DELSENY - Rédacteur en chef adjoint en charge du service police-justice - Le Parisien
- Soazig QUEMENER - Rédactrice en chef - La Tribune Dimanche
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