Et si nous étions ce que nous gardons ?
De la petite babiole aux souvenirs de notre enfance, d’une plume ou d’un coquillage recueillis sur les plages à des bulletins scolaires d’une époque bien révolue.
On collecte, on classe, on conserve.
On entasse avec amour des lettres qu’on a parfois jamais relues mais qu’on a jamais osé jeter non plus. On amasse dans une malle au grenier les déguisements de notre enfance, avec dans un trop petit coin, un trop grand tas de “au cas où”.
De la plus grande à la plus petite des histoires que l’on tient à ne jamais oublier.
De deux mots grecs, archi (le début) et archaia (les choses anciennes), qu’est-ce que nous archivons ?
L’Histoire avec un grand H est faite d’archives mais la nôtre aussi, et c’est de ces archives que nous parlerons aujourd’hui, celles de l’intime, du privée, du sensible.
Archivons-nous pour lutter contre l’oubli ? Serons-nous ce que nous laissons ? Est-ce que les histoires privées peuvent forger l’histoire publique ?
L’épisode 04 est une discussion avec Apolline Labrosse, artiste et cofondatrice, avec sa soeur Clémentine, de la revue Censored, qui documente l’art, la culture et les luttes contemporaines par un prisme féministe et queer.
Un instant d’échange autour du concept d’archives et de la notion de l’intime.
Apolline nous y évoque ses premiers rapports au féminisme, aux injustices, à son corps… Elle se dévoile et nous livre des histoires intimes, familiales. C’est un aperçu de ses collections, de ses pierres et de son petit hôtel au bord de la fenêtre qu’Apolline nous affre. Elle nous partage aussi son rapport aux secrets et à la collectivité. L’intime doit-il être confidentiel ? Que permet la mise en commun ? Est-ce une nécessité d’archiver ?
Une discussion riche où sa colère devenue parfois tristesse, la montée du fascisme, l’importance du collectif et le rôle des médias sont évoqués.
Montage : Coline Caussade