Évangile du mardi 15 septembre 2026 – mardi, 24ème Semaine du Temps Ordinaire
« Qu’elle avait mal, qu’elle souffrait, la tendre Mère, en contemplant son divin Fils tourmenté ! » (Stabat Mater. Jn 19, 25-27)
Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple :
« Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.
En ce Stabat Mater, deux méditations vous sont proposées aujourd'hui. Bonne lecture !
Le 15 septembre 1998, dans une célébration privée au Carmel de Montréal, j’ai prononcé un acte de consécration que j’avais composé en débutant ainsi :
« Aujourd’hui, je veux complètement et sans possibilité de revenir sur ma décision, je veux me donner totalement au Seigneur et m’en remettre à tout jamais à sa volonté, comme si je venais de mourir. »
À travers un flot de souffrances, le cri du cœur retentissait plus haut et fort que tout le reste. Je m’élançais dans l’inconnu de l’immensité de Dieu, mais soutenue par l’étendue de ma petite foi. Comme tous les humains, il fallait traverser mers et vents, cadencé par des brises du Souffle Saint qui murmure : « Ne crains pas car je suis avec toi! ». La mémoire de cet événement est intimement liée à la fête de Notre Dame des douleurs dont l’une des représentations est la Pieta, où Marie reçoit dans ses bras le corps de son fils après la crucifixion. Scène d’intime douleur!
Je regarde cette scène et elle me parle aujourd’hui dans une autre dimension : celle de l’humanité menacée et portée par Marie. À la lumière de l’éclairante encyclique récente du pape Léon XIV, sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, MAGNIFICA HUMANITAS, « L’enfant-humanité » n’est pas mort dans les bras de sa mère, mais sa vie est menacée sous différents aspects : sa dignité d’enfant du Père, la création donnée par Dieu comme « terre-mère », le défi de la vérité à l’heure de la prolifération du mensonge délibérément fabriqué et présenté comme « pure vérité », les droits de l’homme qui sont attaqués, incluant celui de gagner son pain quotidien, les superpuissances et portefeuilles qui voient l’autre comme une ressource à exploiter ou dévorer.
Et pourtant : Pensons à la parabole de Lazare et du riche… à aucun moment, Jésus ne mentionne que Lazare a pris la parole. Lazare est sans voix. Puis, tous deux meurent et il est dit qu’il y a un abîme entre, d’un côté, Abraham et Lazare et de l’autre, le riche. Pourtant, malgré cette immensité, c’est la voix du riche qui traverse au-delà de l’abîme, et se fait entendre à père Abraham. Le riche qui avait reçu un tel don d’une voix qui porte si haut et si fort, aurait pu dans sa vie terrestre, faire beaucoup de bien pour donner la parole et l’expression aux sans voix autour de lui.
L’encyclique du pape rappelle que : « Aucun système de calcul, aussi sophistiqué soit-il, ne génère un cœur qui se donne, ni une conscience qui discerne le bien. » (…) « Le centre de l’histoire reste un visage humain qui demande à être regardé. Ce visage humain est la plénitude vers laquelle l’histoire avance. » (233)
Nous pouvons vibrer au Pèlerin, d’être déjà engagés dans cette mission, d’avoir été à l’écoute de cet appel qui nous place aujourd’hui dans la posture de la mère du Christ, notre mère, de porter au sein de nous-même cette humanité encore fragilisée. Et tel que nommé par le pape : « Nous devons nous former à considérer le monde numérique comme un nouveau continent à évangéliser, qui a besoin de missionnaires généreux et mûrs dans la foi. » (238)
Que notre intimité avec le Christ se déploie à travers nos talents, notre cœur, nos capacités à chacun, chacune, pour favoriser le dessein de Dieu en utilisant les ressources de l’IA, au service de l’Esprit, dans la promotion de la dignité humaine!