« Notre mission, c’est d’être un pont entre les anciennes générations et les outils d’aujourd’hui. »
Jonathan Valentin, alias John V, est pianiste, compositeur et directeur musical, fils du pasteur Valentin. D’origine haïtienne, il grandit littéralement dans l’église, où il touche ses premières notes dès l’âge de 4 ou 5 ans. À l’époque, il n’y a même pas de musiciens : tout se fait a cappella. Un jour, sa mère l’entend jouer une petite mélodie au piano et décide qu’il jouera le dimanche suivant à l’église. C’est le début d’une vocation.
Il commence sur l’orgue avant le piano, avec pédalier. Très tôt, son père décèle son potentiel et l’inscrit au solfège. Même si la théorie semble d’abord éloignée de la pratique de l’église, elle lui donnera plus tard un énorme avantage : comprendre le langage musical, communiquer avec d’autres musiciens, structurer son jeu et ses arrangements.
Son évolution passe aussi par les rencontres. Grâce à son frère et à des musiciens comme Clark, il découvre les fat chords, les transitions, les couleurs harmoniques et développe une vraie oreille gospel. Ensuite, il élargit son univers avec le compas, le zouk, le R&B et la production musicale en studio. Avec ses cousins du groupe Original H, il apprend la MAO, le clic, la quantisation et la rigueur du studio, très différente du live.
À l’église, John V n’est pas seulement pianiste : il devient directeur musical. Il prépare les morceaux, les séquences Ableton, les structures, les intros, les transitions, les cues. Comme il joue souvent seul, la technologie devient pour lui un moyen de créer une “band” virtuelle avec basses, guitares et pads.
Il distingue clairement deux choses : bosser ses chants pour le dimanche et bosser son instrument. Le premier consiste surtout à écouter, relever et structurer. Le second, c’est se confronter à des morceaux difficiles, décortiquer chaque accord, chaque mouvement, jusqu’à “se faire mal à la tête” pour progresser.
Sur le plan humain et spirituel, John V parle sans filtre. À une période de sa vie, après une faute personnelle, on lui interdit de jouer à l’église. Pour lui, c’est violent : on lui enlève ce qui le faisait venir. Il s’éloigne alors de l’assemblée. Mais ailleurs, il découvre une autre approche : accompagner sans écraser, restaurer sans priver de service. Cette étape lui fait comprendre que venir à l’église uniquement pour jouer ne suffit pas, mais que la musique peut être un pont vers quelque chose de plus profond.
Aujourd’hui, avec sa femme Alisson, il voit leur ministère comme un pont entre générations, entre traditions et technologies. Leur but : servir, élever le niveau musical, garder l’âme gospel tout en utilisant les outils modernes pour toucher l’assemblée.
Pour John V, un musicien d’église, c’est avant tout quelqu’un de passionné, travailleur, qui veut progresser et servir. La musique n’est pas juste une performance, c’est un moyen de connecter, d’inspirer et d’emmener l’église plus loin.
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