On parle vin

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On parle vin episodes

  • Évasion en Sardaigne : entre Vermentino et Cannonau
    Ce matin, nous avons le plaisir de retrouver Olivier Delorme, notre sommelier conseil, pour une nouvelle parenthèse gourmande autour des trésors du vignoble. Et aujourd’hui, cap au sud de l’Europe, entre maquis et embruns salés : direction la Sardaigne.

    Peu de gens le savent, mais cette île italienne est l’un des plus anciens territoires viticoles de Méditerranée. La vigne y est cultivée depuis près de trois mille ans, introduite par les Phéniciens bien avant l’époque romaine. Il faut dire que la Sardaigne a tout pour plaire aux ceps : un ensoleillement généreux, des vents réguliers qui protègent la vigne des maladies, une diversité de sols impressionnante – granite, ardoise, sable – et un relief qui permet aux raisins de mûrir à leur rythme, entre mer et montagne.

    Aujourd’hui, environ 35 000 hectares sont consacrés à la vigne, et la Sardaigne a fait le choix de la qualité, plutôt que de la quantité. Au nord, on cultive surtout des cépages blancs. Au sud, ce sont les rouges puissants qui dominent.

    Parmi les grands cépages emblématiques, il y a d’abord le Vermentino, un vin blanc typiquement sarde. Il offre des arômes subtils de citron, pomme verte, papaye parfois même une note minérale, lorsqu’il est cultivé sur des sols granitiques. Léger, vif, presque pétillant en bouche, le Vermentino est un vin idéal pour l’apéritif ou pour accompagner des poissons grillés, des fruits de mer, ou une salade estivale. Mention spéciale pour le Vermentino di Gallura DOCG, un vin à la fois délicat et racé, qui figure parmi les plus belles expressions du cépage en Italie.

    Côté rouge, place au Cannonau, connu ailleurs sous le nom de Grenache. C’est un cépage robuste, parfaitement adapté au climat chaud et sec de l’île. Il donne des vins charnus, puissants, aux notes de fruits rouges mûrs, avec une petite touche épicée et parfois légèrement sucrée. Le Cannonau se déguste après quelques années de vieillissement, et accompagne merveilleusement bien des plats en sauce, des viandes grillées, ou même un ragoût de gibier.

    La Sardaigne, ce n’est pas seulement une île aux plages de rêve et à la gastronomie généreuse : c’est aussi une terre de vin sincère, parfois méconnue, mais toujours empreinte d’authenticité. Une région à découvrir absolument pour les amateurs de belles bouteilles… et de beaux voyages sensoriels.
    5 min
  • Le vin blanc, mal-aimé devenu star
    Le vin, dans sa forme la plus ancienne, a d’abord été produit à partir de raisins rouges à jus blanc, et ce n’est que grâce à l’invention de la macération — ce fameux contact prolongé entre peaux et jus — que le vin est devenu rouge ou rosé.

    Le rouge a donc longtemps dominé le monde viticole, mais le blanc n’a jamais baissé les armes. Et dans certaines régions comme la Bourgogne, l’Alsace, ou même dans le vignoble belge, ce sont les vins blancs qui tiennent le haut du pavé.

    Mais il a fallu lutter contre pas mal de préjugés…

    💬 « Le vin blanc donne mal à la tête » ? Faux !On l’entend encore : « le blanc, ça donne mal au crâne ». Eh bien non. Si un vin donne mal à la tête, au ventre ou aux jambes… c’est souvent parce que :

    • c’est une piquette,
    • ou que vous en avez bu plus que votre corps ne pouvait en supporter. 😉
    Il est vrai qu’en moyenne, le vin blanc contient 25 à 30 % de sulfites en plus que le vin rouge. Ces sulfites servent à protéger le vin des bactéries et de l’oxydation. Et ils sont utiles pour affiner l’acidité des raisins blancs. Mais les techniques modernes de vinification ont permis de réduire les doses, tout en améliorant la qualité.

    🍽️ Et les accords mets-vins alors ? Le blanc limité ? Absolument pas !C’est même une idée reçue très tenace. Le vin blanc, bien choisi, est d’une richesse incroyable.

    Il existe deux grands profils :

    • Le blanc coquin, frais, salivant, plein de charme et de vivacité. Idéal à l’apéritif, avec des crustacés ou des poissons simples. Exemples : les blancs à base de Sauvignon.
    • Le blanc costaud, avec du gras, de la mâche, de la rondeur. Il se marie à merveille avec des plats en sauce, des viandes blanches, des risottos, et surtout... des fromages ! Exemples : les Chardonnays de Bourgogne.
    ❓ Peut-on passer du blanc au rouge ? Ou du rouge au blanc ?Oui. Et même : il faut commencer par le blanc.

    Pourquoi ? Parce que l’acidité fait saliver. Et c’est cette fraîcheur qui ouvre le palais. Une fois l’acidité bien installée, vous pouvez passer du blanc au rouge — ou l’inverse — sans souci.

    🕰️ Et la garde, alors ? Les blancs vieillissent-ils bien ?Autre idée reçue : les blancs ne se gardent pas.

    C’est faux, une fois encore.

    Ce qui fait vieillir un vin, c’est un bon équilibre entre sucre, acidité et alcool. Les grands blancs secs de terroir (Alsace, Bourgogne…) ou les blancs liquoreux (Sauternes, moelleux de Loire…) vieillissent admirablement bien.

    Mais comme les blancs sont souvent délicieux dès leur jeunesse, nous avons juste moins l’habitude de les attendre.
    4 min
  • Le vignoble belge : une renaissance entre passion et défis
    Lorsqu’on évoque la Belgique et ses plaisirs de bouche, ce sont d’abord la bière et le chocolat qui viennent en mémoire. Pourtant, le vin belge connaît depuis quelques décennies une véritable renaissance, fruit de la passion de vignerons déterminés et des évolutions climatiques qui ouvrent de nouvelles perspectives.

    Si les premières traces de viticulture en Belgique remontent à l’époque romaine, c’est au Moyen Âge qu’elle connut son véritable essor, portée par les moines cisterciens qui cultivaient la vigne pour le vin de messe. Mais le climat capricieux et l’essor de la bière mirent un frein durable à cette tradition. Il fallut attendre les années 1970 pour voir la vigne réapparaître, timidement d’abord, puis avec plus d’audace à partir des années 2000.

    Aujourd’hui, la Belgique recense 8 appellations et 2 IGP. Chardonnay, pinot noir, pinot meunier côtoient des cépages autochtones comme le plan de Oiseul ou le Richelieu, et des variétés hybrides résistantes comme le Johanniter, le muscaris ou le souvenir gris. Nombre de jeunes vignerons privilégient le bio et explorent la voie des vins nature, offrant une palette originale, ancrée dans l’air du temps.

    Cependant, ce vignoble renaissant fait face à plusieurs obstacles. En 2023, on comptait environ 290 domaines, dont la moitié de moins d’un hectare : de véritables jardins de passionnés, mais difficilement viables économiquement. Le manque d’infrastructures coopératives ou de maisons de négoce freine encore la structuration de la filière, tout comme la rareté des points de vente et l’absence d’exportation significative.

    À cela s’ajoute le prix du foncier, particulièrement élevé : entre 50 000 et 100 000 euros l’hectare. Ce coût limite l’accès à la vigne, réservant souvent les nouvelles plantations à des investisseurs aisés visant des vins haut de gamme, inspirés des modèles bourguignons. Ainsi, une bouteille de vin belge se négocie entre 20 et 60 euros, reflet d’une production rare et exigeante.

    Le vignoble belge est donc à un tournant : entre passion artisanale et ambition internationale, il porte en lui une promesse de qualité et d’originalité. Une aventure viticole encore jeune, mais déjà riche de promesses… à déguster, bien sûr, avec modération.
    4 min
  • Les Coteaux du Lyonnais : un vignoble discret, authentique et plein de charme
    Le vignoble des Coteaux du Lyonnais se trouve au sud du Beaujolais, sur 49 communes du Rhône, entre les monts du Lyonnais, la vallée de la Saône, et les contreforts du Massif central. Pourtant, il ne fait officiellement partie ni du Beaujolais, ni de la Vallée du Rhône, ce qui explique sans doute sa relative invisibilité. Mais son histoire est ancienne : la culture de la vigne y remonte à 45 av. J.-C., et dès 1789, les Coteaux du Lyonnais représentaient la principale région viticole du département.

    Ce n’est qu’en 1984, après 12 années de démarches et grâce à la création d’une confrérie, que l’appellation obtient l’AOC Coteaux du Lyonnais, retrouvant enfin un second souffle après les ravages du phylloxéra et la pression urbaine de la métropole lyonnaise.

    Aujourd’hui, le vignoble couvre 210 hectares, avec une production de 14 000 hectolitres par an. Il est porté par 19 caves particulières et une coopérative forte de 19 adhérents. Fait intéressant : 90 % des ventes se font en local, ce qui participe à sa faible notoriété… mais aussi à son authenticité.

    Cépages et répartition des couleurs

    La production est dominée par :

    • 80 % de vin rouge,
    • 15 % de blanc,
    • 5 % de rosé.
    Côté cépages :

    • Pour les rouges et rosés : le Gamay noir à jus blanc, mais aussi des variantes comme le Gamay de Bouze et le Gamay de Chaudenay.
    • Pour les blancs : principalement du Chardonnay et de l’Aligoté, avec en cépage complémentaire un peu de Pinot blanc.
    Climat et sols : une diversité bienvenue

    Le climat des Coteaux du Lyonnais est complexe et passionnant, à la croisée de trois influences : océanique, continentale et méditerranéenne. Les étés sont souvent très chauds et secs, tandis que les hivers peuvent être rigoureux. Cette dualité climatique entraîne des écarts de température marqués, conférant aux vins leur vivacité et leur fraîcheur.

    Le meilleur ensoleillement se trouve sur les coteaux orientés à l’est, tandis que l’altitude maximale de la vigne est limitée à 550 mètres, les expositions nord étant peu favorables à la culture.

    Le sous-sol est principalement composé de granit et de roches métamorphiques, mais la diversité est grande :

    • Au nord (zone de Saint-Bel), les sols granitiques donnent des vins fins et élégants.
    • Au sud (vallée de la Turdine), les sols sableux offrent des vins plus légers.
    • Sur les flancs des Monts d’Or, les sols argilo-calcaires et argilo-siliceux permettent d’élaborer les cuvées les plus qualitatives.
    Des vins de convivialité et de partage

    Les vins des Coteaux du Lyonnais sont avant tout des vins simples, frais, accessibles, à déguster entre amis, sur le pouce, sans prétention mais avec beaucoup de plaisir. Parfaits pour les beaux jours, ils incarnent à merveille l’esprit convivial et gourmand de la région lyonnaise.

    5 min
  • Le Beaujolais : richesse, diversité et gourmandise d’un vignoble unique
    Situé autour du 46e parallèle nord, le vignoble du Beaujolais s’étire sur environ 50 km de long et 15 km de large, couvrant 147 communes, principalement dans le Rhône et en Saône-et-Loire. Avec ses 18 400 hectares de vignes, il représente environ 0,5 % de la surface viticole mondiale, répartis sur plus de 61 000 parcelles. Une mosaïque de terroirs, de sols et de microclimats qui donne naissance à une richesse de styles.

    Le Beaujolais est une région viticole dynamique, avec près de 2 000 exploitations, 19 coopératives et une production annuelle d’environ 190 millions de bouteilles. C’est la deuxième région exportatrice française en AOC, avec 85 millions de bouteilles exportées chaque année.

    Beaujolais Nouveau… mais pas que !

    Le célèbre Beaujolais Nouveau, lancé chaque année en novembre, représente 50 % des ventes de la région. Mais le vignoble recèle bien d'autres trésors, avec deux appellations régionales : Beaujolais et Beaujolais Villages, et dix crus prestigieux :

    • Juliénas
    • Saint-Amour
    • Chénas
    • Moulin-à-Vent
    • Fleurie
    • Chiroubles
    • Morgon
    • Régnié
    • Côte de Brouilly
    • Brouilly
    S’y ajoutent deux IGP : Collines Rhodaniennes et Saône-et-Loire. À noter : le Beaujolais est la seule région française d’appellation à ne produire aucun vin de table. Et surprise : on peut également y produire des appellations de Bourgogne, comme le Crémant de Bourgogne, Bourgogne mousseux, Passe-Tout-Grains et Coteaux Bourguignons.

    Climat, sols et cépages

    Le climat du Beaujolais est semi-continental tempéré : hivers rigoureux, printemps humides, étés chauds et secs, et automnes souvent ensoleillés, favorables à la maturité des raisins.

    Le nord du vignoble (autour des crus) repose sur des sols granitiques et schisteux, apportant fraîcheur et finesse aux vins. Le sud, autour des appellations Beaujolais et Beaujolais Villages, est dominé par des sols argilo-calcaires riches en concrétions minérales, synonymes de bon drainage.

    Le Gamay, roi du Beaujolais

    Le cépage emblématique est le Gamay noir à jus blanc. Rejeté de Bourgogne par Philippe le Hardi en 1395 pour faire place au Pinot Noir, le Gamay a trouvé refuge et noblesse en Beaujolais. Sur les 36 000 hectares de Gamay plantés dans le monde, la moitié se trouve dans le Beaujolais.

    En blanc, c’est le Chardonnay qui domine, bien que discret (2 % du vignoble). Il s’exprime magnifiquement dans le nord du vignoble, à la limite du Mâconnais, ou encore dans un triangle d’or autour de Liergues, le bois d’Oingt et Bully. Ces vins blancs de Beaujolais, encore méconnus, séduisent de plus en plus les amateurs de fraîcheur et de finesse.

    Une région à (re)découvrir

    Coloré, expressif, accessible mais aussi capable de grande garde, le Beaujolais est bien plus que son vin primeur. Il offre une palette unique de styles et de terroirs, entre tradition, convivialité et renouveau.
    5 min
  • Les vins de Graves : l’élégance d’un terroir historique au cœur du Bordelais
    Les vins de Graves tirent leur nom non pas d’un village, mais du sol même sur lequel la vigne pousse : un mélange de galets, de graviers, de sables et d’argiles, appelé localement las gravas de Bordéu – littéralement "les graves de Bordeaux". C’est l’une des rares appellations françaises à porter le nom de son sol. L’histoire viticole des Graves remonte à l’époque des Gaulois, qui ont adapté la vigne méditerranéenne au climat océanique du sud-ouest. Mais c’est surtout au Moyen Âge que le vignoble prend son essor, avec des plantations autour de Bordeaux. Du XVIe au XVIIIe siècle, les vins de Graves dominent les exportations vers l’Angleterre et le nord de l’Europe, devenant le vin de Bordeaux par excellence.

    Aujourd’hui, le vignoble des Graves s’étend sur 5300 hectares et produit majoritairement du vin rouge (82 %), mais aussi des vins blancs secs et doux. Il est composé de deux appellations régionales : Graves et Graves Supérieures, une appellation communale prestigieuse : Pessac-Léognan, et une IGP Atlantique.

    Un terroir unique, entre Garonne et forêt des Landes

    La région bénéficie d’un climat océanique doux, avec des étés tempérés par la Garonne et des protections naturelles offertes par la forêt des Landes. Le sol très drainant, composé de cailloux, de graviers et de sable, donne aux vins toute leur structure et leur finesse.

    Les cépages emblématiques des Graves

    Pour les rouges :

    • Cabernet Sauvignon : cépage roi de Bordeaux, il apporte structure, longévité et complexité aromatique.
    • Merlot : plus souple, plus fruité, il offre une belle rondeur en bouche et s’épanouit plus rapidement.
    • Cabernet Franc : en moindre proportion, il donne de l’élégance, de la souplesse, avec de belles notes aromatiques.
    • Petit Verdot : cépage à maturité tardive, il intensifie la couleur et enrichit la puissance aromatique des vins, avec des arômes de violette.
    Pour les blancs :

    • Sauvignon blanc : vif, aromatique, il apporte fraîcheur et tension.
    • Sémillon : plus rond, plus gras, il équilibre le Sauvignon et donne des vins aptes au vieillissement.
    Les Graves, ce sont donc des vins aux multiples visages : rouges de garde, blancs élégants, moelleux subtils… tous issus d’un terroir vivant et vibrant, à découvrir sans modération (ou presque !).
    4 min
  • Rosé d’exception : pressurage ou saignée, le secret est dans le jus !
    Il y a vingt ans encore, le vin rosé était souvent relégué au rang des vins d’été sans prétention, consommé glacé pour en masquer les défauts. Aujourd’hui, il a su s’imposer comme un véritable vin d’exception. En France comme à l’étranger, sa popularité a explosé. Tandis que les ventes de vin rouge chutent, celles du rosé progressent chaque année. Le rosé est devenu un incontournable… et cela ne doit rien au hasard.

    Mais comment fait-on, au juste, un bon rosé ? Une chose est sûre : il ne s’agit pas d’un mélange de rouge et de blanc ! Le rosé naît de raisins noirs à jus clair, dont les peaux pigmentées apportent la couleur… mais avec subtilité. Dès la récolte, une course contre la montre commence : pour éviter l’oxydation, chaque geste compte. Le raisin est égrappé, foulé, puis mis à macérer quelques heures à température contrôlée. C’est là que les arômes et la couleur prennent vie.

    Il existe deux grandes méthodes de vinification du rosé.

    La première, la plus répandue aujourd’hui, s’appelle le pressurage direct. On presse les grappes et on récupère un jus très clair que l’on fait fermenter à basse température. Ce procédé donne des rosés délicats, floraux, parfaits à boire jeunes et bien frais.

    La seconde méthode, plus ancienne, est celle de la saignée. On remplit une cuve de raisins et on laisse « saigner » le premier jus, gorgé de saveur et de couleur. Ce type de rosé est plus charpenté, avec un potentiel de garde plus long. On y retrouve des arômes puissants, de fruits mûrs, voire épicés.

    Alors, selon votre humeur, votre plat ou vos souvenirs, vous pouvez choisir le rosé qui vous ressemble. Léger ou charnu, discret ou expressif, le rosé est aujourd’hui un vin à part entière, digne de toutes les tables et de toutes les émotions.

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    4 min
  • Tout savoir sur le vin gris : le rosé tout en élégance
    L’été est là, et avec lui, un rituel bien ancré pour nombre d’entre nous : partager un verre de vin frais, au jardin, en terrasse ou autour d’un bon repas simple. Et parmi les vedettes estivales, un invité discret mais irrésistible revient en force… le vin gris. Ce rosé très pâle, parfois presque transparent, séduit par sa légèreté et sa finesse.

    À première vue, sa robe évoque celle d’un vin blanc. Mais il s’agit bel et bien d’un vin rosé, élaboré à partir de raisins noirs à jus blanc. Contrairement aux rosés plus soutenus, le vin gris ne connaît qu’une macération très courte : les peaux des raisins colorent à peine le jus, ce qui lui donne cette teinte si délicate. Les premiers jus, les plus purs, sont récoltés directement au pressoir, ce qui en fait un vin rare… et souvent plus qualitatif.

    Pourquoi cet engouement pour le vin gris ? Parce qu’il incarne à merveille la simplicité joyeuse et élégante des beaux jours. Il se boit jeune, bien frais (entre 8 et 10°C), et accompagne à merveille salades, quiches, crustacés ou même une pizza partagée entre amis. C’est un vin de l’instant, sans prétention mais avec beaucoup de grâce. Moins alcoolisé que d’autres (autour de 12°), il offre au nez des notes de fleurs, de fruits blancs ou d’agrumes, loin des arômes sucrés de bonbon que l’on reproche parfois aux rosés classiques.

    Côté terroir, on le retrouve dans les régions ensoleillées : Provence, Languedoc, Camargue (avec son appellation Sable de Camargue), mais aussi en Lorraine, avec le célèbre gris de Toul. Et même au Maroc, qui développe de belles cuvées de vin gris.

    Alors, cet été, pourquoi ne pas troquer votre rosé habituel pour un gris plus raffiné ? Un vin à la robe claire, au cœur lumineux… à déguster les yeux fermés, au son de vos souvenirs.

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    4 min
  • Le Pinotage : cépage emblématique et fierté du vignoble sud-africain
    Le Pinotage est un cépage typiquement sud-africain, né du croisement entre le Pinot Noir, noble cépage bourguignon, et le Cinsault, cépage méditerranéen autrefois appelé Hermitage. De cette union est né le nom Pinotage, contraction du Pinot et de l'Hermitage.

    Créé en 1925 par Abraham Izak Perold, chercheur à l’Université de Stellenbosch, le Pinotage avait pour but d'adapter les qualités du Pinot Noir aux conditions climatiques sud-africaines. Cependant, son développement est fortement influencé par l’histoire politique du pays. En 1948, avec l’instauration de l'apartheid, l’Afrique du Sud est isolée diplomatiquement et économiquement. Privés d’accès aux innovations internationales, les vignerons sud-africains développent alors une identité viticole propre, favorisant l’émergence de cépages nationaux comme le Pinotage. La première mise en bouteille de Pinotage date de 1953, mais sa vinification délicate ralentit son succès initial, limitant sa réputation à des vins légers et peu qualitatifs.

    La véritable renaissance du Pinotage intervient à la fin de l'apartheid, dans les années 1990. Avec l’élection de Nelson Mandela en 1994 et l'ouverture au marché mondial, le vignoble sud-africain connaît un renouveau. Tandis que les cépages internationaux comme le Cabernet Sauvignon ou la Syrah sont plébiscités, le Pinotage retrouve ses lettres de noblesse. Il devient aussi un acteur clé des Cape Blend, assemblages prestigieux associant le Pinotage au Merlot, à la Syrah ou aux cépages de la famille des Cabernets. Aujourd’hui, le Pinotage est vinifié en rouges, en rosés, ainsi qu’en vins effervescents, et il incarne la fierté de la viticulture sud-africaine, aux côtés des vins blancs issus du cépage Chenin, localement appelé Steen.

    L’Afrique du Sud est aujourd’hui le 8ᵉ producteur mondial de vin et le 6ᵉ exportateur en volume, succès auquel le Pinotage contribue largement. Pour célébrer ce cépage unique, l'International Pinotage Day a été créé et se tient chaque année en octobre.

    Quelques chiffres clés sur le Pinotage : il représente 7,3 % de la surface totale du vignoble sud-africain, soit 6 791 hectares sur 100 200 hectares. Les principales régions de production sont Stellenbosch, Paarl et Swartland, zones au climat océanique tempéré propice à l’épanouissement du Pinotage.

    Symbole de résilience, d’innovation et d'identité nationale, le Pinotage s’impose aujourd'hui comme l'un des trésors viticoles de l'Afrique du Sud.
    4 min
  • Vins volcaniques : quand les sols de feu offrent des vins d'exception
    La vigne et le sol entretiennent depuis toujours une relation étroite et fascinante. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas la vigne qui influence le sol, mais bien le sol qui façonne la vigne. La vigne est capable de s’adapter à tous types de sols, du moment qu’elle peut étendre ses racines en profondeur : marne argilo-calcaire, granit, schistes ou encore galets roulés. Mais parmi ces terres viticoles, il existe un sol particulièrement surprenant : les sols volcaniques.

    Les volcans offrent bien plus qu’un paysage spectaculaire. Ils créent un terrain exceptionnel dont la vigne tire toute sa richesse. Les sols volcaniques sont constitués de pierres ponces, de cendres, de sable noir et de roches issues des éruptions successives à travers les millénaires. Cette diversité minérale influe fortement sur les vins, leur apportant des notes organoleptiques uniques : arômes fumés, poivrés, parfois même cacaotés. En comparaison à un sol argilo-calcaire, les sols volcaniques permettent aux vins rouges de gagner en souplesse avec des tanins plus fins.

    Autre avantage majeur : les sols volcaniques retiennent l’eau de manière exceptionnelle, ce qui les rend très résistants aux fortes chaleurs. Ils redistribuent l’eau de manière homogène dans la plante, assurant une maturité optimale des raisins. Leur richesse en potassium apporte aux vins des notes salines et une fraîcheur précieuse. De plus, ces sols permettent la culture de la vigne en altitude (jusqu’à 1200 mètres), profitant ainsi de la fraîcheur nocturne et des vents favorables.

    Où trouver des vins volcaniques dans le monde ? En France, dans la région de la Loire volcanique autour des volcans d'Auvergne, où le cépage Gamay excelle. En Italie, sur les flancs de l'Etna, avec le Nerello Mascalese, cépage sicilien d’altitude. En Grèce, sur l’île de Santorin, près d’Oia, où le cépage blanc Assyrtiko s’épanouit sur la caldeira volcanique. En Espagne, sur l'île de Lanzarote aux Canaries, où la Malvoisie Volcanique donne des vins blancs salins et minéraux. Au Portugal, dans l'archipel des Açores, des vins rouges sont produits à partir de cépages anciens comme l'Isabela et le Viduëno. On retrouve aussi des cultures viticoles sur sols volcaniques en Hongrie, au Chili, dans la Napa Valley en Californie, ainsi que dans l'Oregon.

    Un label mondial baptisé Volcanic Origin a récemment vu le jour pour valoriser ces terroirs uniques. Pour obtenir cette certification, les vins doivent être issus de vignes plantées sur des terres formées par les projections, coulées et érosions volcaniques. Bien que les vins volcaniques ne représentent actuellement que 2 % de la production mondiale, la capacité de ces sols à résister aux fortes chaleurs tout en conservant une réserve hydrique importante pourrait en faire les terroirs privilégiés du futur.

    Alors, à vos verres, et laissez-vous surprendre par l'intensité et la singularité des vins volcaniques !
    4 min

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On parle vin avec Olivier Delorme