𝐋𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐮𝐧𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐭𝐡é𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐨𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
Nous avons souvent considéré le travail comme une conséquence de la chute ou comme une simple obligation terrestre, tandis que le véritable service de Dieu commencerait uniquement dans l’Église. Pourtant, la Genèse montre que 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 𝐞𝐱𝐢𝐬𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐩é𝐜𝐡é : Dieu place Adam dans le jardin pour le « cultiver et le garder ». Le travail fait donc partie du projet originel de Dieu.
La chute n’a pas maudit le travail, mais 𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐥 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 𝐬’𝐚𝐜𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐢𝐭 : la peine, la sueur, les épines, la frustration et l’écart entre l’effort fourni et le résultat obtenu.
L’épisode montre également, à travers 𝐂𝐨𝐥𝐨𝐬𝐬𝐢𝐞𝐧𝐬 𝟑:𝟐𝟑-𝟐𝟒, que même le travail accompli dans des conditions difficiles possède une valeur devant Dieu. Paul enseigne que l’ouvrage peut être réalisé « comme pour le Seigneur », et rappelle ainsi que Dieu considère et récompense la fidélité dans le travail.
L’épisode s’appuie ensuite sur la pensée de 𝐌𝐚𝐫𝐭𝐢𝐧 𝐋𝐮𝐭𝐡𝐞𝐫 concernant la vocation. Il remet en question la hiérarchie entre les métiers « spirituels » et les métiers ordinaires. Pour lui, Dieu agit à travers les différents métiers pour répondre aux besoins des hommes. Nos professions peuvent ainsi devenir des « 𝐦𝐚𝐬𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮 », par lesquels Dieu nourrit, soigne, instruit, protège et sert les autres.
Mais cette vision ne doit pas servir à justifier l’exploitation ou le surmenage. La Bible associe également le travail au 𝐫𝐞𝐩𝐨𝐬 𝐞𝐭 𝐚𝐮 𝐬𝐚𝐛𝐛𝐚𝐭, tandis que Paul rappelle aux maîtres et aux employeurs leur responsabilité de traiter leurs serviteurs de manière juste et équitable.
L’exemple du comptable chrétien illustre cette vérité : son métier peut sembler éloigné du ministère, mais son travail contribue concrètement à faire vivre des familles et lui permet d’exercer l’intégrité dans son environnement professionnel. 𝐐𝐮𝐢𝐭𝐭𝐞𝐫 𝐬𝐨𝐧 𝐦é𝐭𝐢𝐞𝐫 𝐩𝐞𝐮𝐭 ê𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧 𝐯é𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐢𝐥 𝐧𝐞 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞 𝐪𝐮𝐢𝐭𝐭𝐞𝐫 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐨𝐧 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 𝐧’𝐚 𝐚𝐮𝐜𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐬𝐩𝐢𝐫𝐢𝐭𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞.