Les dirigeants les plus puissants que j'ai rencontrés ont tous le même point commun : ils sont extrêmement calmes.
Un spectateur me demande si j'ai remarqué des traits de caractère communs chez les dirigeants avec qui j'ai échangé. J'ai reçu des patrons du CAC 40, un directeur général de banque, des dirigeants du luxe, un vice-président de l'ingénierie chez Airbus, des vice-présidents d'Apple. Et la réponse est nette : les gens qui ont beaucoup fait et beaucoup échoué sont d'un calme exceptionnel.
Ce n'est pas une posture, c'est une conséquence. Ils ont pris des claques, ils ont appris à se concentrer sur une seule chose, à la faire de mieux en mieux, pendant vingt-cinq ou trente ans. Et quand vous êtes en face d'eux, ils vous donnent le sentiment d'avoir tout le temps du monde. En réalité, ce sont leurs équipes qui les chronomètrent, mais eux sont pleinement là.
Un exemple précis, et c'est le moment qui m'a le plus marqué. Un dirigeant entre dans le studio, me dit bonjour, s'arrête et me demande une seconde. Il prend son iPhone, appuie sur les deux boutons, l'éteint complètement. Puis il me regarde et me dit : voilà, là je suis vraiment avec toi, comment tu vas Romain ?
Le contraste avec ce qu'on voit sur les réseaux sociaux est violent. On y montre des gens survoltés, au téléphone toute la journée, qui hurlent, qui envoient des mails, qui répètent qu'il faut faire des milliers de dollars. Et plus j'avance, plus je considère que la surcharge de travail est du mauvais travail.
Quelqu'un me répond dans le chat que c'est facile à dire quand on est multimillionnaire. Il a raison, et je le reconnais. Je n'étais pas comme ça : regardez mes premières vidéos, je courais partout, je collectionnais les cartes de visite, j'allais à toutes les soirées. Et c'est normal de le faire au début. Ce qui n'est pas normal, c'est d'en être fier sur le long terme. Aujourd'hui je rencontre encore beaucoup de gens qui me répondent « c'est la folie, j'arrête pas » en attrapant leur téléphone, alors qu'à côté d'eux il y a leur conjoint, leurs enfants, leur chien, la maison qu'ils ont déjà achetée. À un moment, il faut se calmer et regarder autour de soi.
Je précise une chose, parce qu'elle compte. Je ne parle pas des gens qui galèrent, qui doivent gagner 1 300 euros par mois pour payer un loyer et qui n'ont aucune marge de manœuvre. Ceux-là, je les soutiens à mort et je ne me permettrais jamais de leur faire la leçon. Je parle de ceux qui sont déjà bien positionnés, déjà bien valorisés, et qui veulent plus sans être prêts à renoncer à quoi que ce soit.
Parce que le vrai point commun de ceux qui montent, c'est qu'ils ont investi pour déléguer. Autour de moi, ceux qui progressent font des arbitrages inconfortables : deux restaurants en moins dans le mois pour payer quelqu'un qui s'occupe de la maison, moins de vacances pour supprimer une charge mentale récurrente. Redescendre volontairement son niveau de vie pour acquérir une compétence plus grande plus tard, c'est probablement la chose la plus difficile à faire. Et c'est un problème de riche, il faut le dire.
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