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À l'issue de l'examen des contentieux des législatives de 2023, la Cour constitutionnelle a dévoilé mardi les résultats définitifs des élections législatives, établissant ainsi la nouvelle composition quasi-définitive de l'Assemblée nationale. Cette annonce vient consolider la domination de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, sur l'hémicycle. Une évolution prévisible et planifiée dès l’inversement des rapports de force au sommet de l’État fin 2020.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Est-ce une défaite anecdotique ? Ou un tournant dans la crise du M23 ? La diplomatie rwandaise a en tout cas enregistré un revers le mardi 5 mars lorsque le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a officiellement soutenu le déploiement de la SAMIDRC, la mission de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) dans l’est du Congo, malgré les virulentes protestations du ministre rwandais des Affaires étrangères deux jours plus tôt. Pourquoi le gouvernement rwandais s’inquiète-t-il autant de cette mission ?
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Le 28 février, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a révélé être informée de cas de corruption impliquant certains prétendants candidats sénateurs, gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces. Ces derniers auraient corrompu ou se seraient vus demander par des députés provinciaux, agissant en tant que grands électeurs, de payer des sommes d’argent considérables en échange de leurs suffrages. Cette annonce vient confirmer les craintes de plusieurs observateurs qui redoutent que ces élections soient, comme en 2019, marquées par la corruption. Peut-on éviter ou empêcher un tel scénario ?
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Le jeudi 22 février, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a confirmé qu’il participerait à une nouvelle médiation entre lui et son homologue rwandais, sous l’égide du président angolais Joao Lourenço, à Luanda, à partir du 27 février.
Cette affirmation fait suite au mini-sommet extraordinaire sur la sécurité dans l’est de la République démocratique du Congo, en marge du 37e sommet des chefs d’État de l’Union africaine tenu les 17 et 18 février à Addis-Abeba, en Ethiopie. Cette réunion, déjà convoquée par le président angolais, médiateur de l’UA dans cette crise, visait à relancer le dialogue entre la RDC et le Rwanda en vue de parvenir à la cessation des hostilités dans l’est de la RDC. Pourquoi a-t-il échoué ?
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Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a rappelé le 15 février, sa mission en tant qu’informateur nommé par le président de la République Félix Tshisekedi. Pourquoi cette étape est nécessaire avant la formation du gouvernement et quels en sont les enjeux ?
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« Ă€ la moindre escarmouche, (...) je vais rĂ©unir les deux chambres en congrès comme me le recommande la Constitution. Je vais demander l'autorisation de dĂ©clarer la guerre au Rwanda. Et je pèse mes mots », dĂ©clarait le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi le 18 dĂ©cembre 2023 Ă la veille du scrutin controversĂ© Ă l'issue duquel il a Ă©tĂ© proclamĂ© vainqueur.Â
Depuis, sur le terrain, la situation s’est encore détériorée, avec des tirs d'artillerie qui ont touché la ville de Goma. Le chiffre record d’un million de personnes déplacées internes fuyant les combats au Nord-Kivu a été atteint.
Face à cette recrudescence, le chef de l’État pourrait-il mettre ses menaces à exécution ? Ou, au contraire, accepter des discussions ?
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Le lundi 29 janvier, l’Assemblée nationale de la RDC a procédé à l’installation du bureau d'âge pour débuter la nouvelle législature à la suite des élections de fin 2023. Comment cette nouvelle législature se dessine-t-elle ?
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« Ce quinquennat aura pour objectif […] d’assurer avec plus d’efficacitĂ© la sĂ©curitĂ© de nos populations, de notre territoire ainsi que la prĂ©servation de nos intĂ©rĂŞts au moyen de la restructuration de notre appareil de sĂ©curitĂ© et de dĂ©fense. Et par la poursuite du renforcement de la diplomatie. » VoilĂ les quelques phrases que le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi a consacrĂ©es au chapitre sĂ©curitaire de son discours d’investiture le 20 janvier 2024.Â
En 2019, il semblait considĂ©rer que le problème sĂ©curitaire Ă©tait essentiellement interne avec les groupes armĂ©s qu’il fallait Ă©radiquer. Aujourd'hui, il insiste sur l’éradication d’une menace extĂ©rieure contre les populations, le territoire congolais et les intĂ©rĂŞts congolais. Â
Comment expliquer cette Ă©volution du discours sĂ©curitaire ?Â
Bonjour et bienvenue dans ce troisième épisode de la saison 4 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Reagan Miviri, chercheur à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 26 janvier 2024.
Le 20 janvier, le prĂ©sident Tshisekedi a prĂŞtĂ© serment pour un second et dernier mandat.  Lors de son discours, son analyse et son approche sur la question sĂ©curitaire ont Ă©voluĂ©. En 2019, Tshisekedi avait prĂ©sentĂ© les huit prioritĂ©s de son mandat avec la sĂ©curitĂ© en tĂŞte. Il s'Ă©tait engagĂ© à « la pacification de tout le territoire national en accĂ©lĂ©rant la lutte contre l’éradication des groupes armĂ©s qui sĂ©vissent et sèment la dĂ©solation auprès de nos populations» ». Cet engagement n’a pas Ă©té tenu. Depuis la rĂ©surgence du mouvement du 23 Mars (M23), les trois dernières annĂ©es du quinquennat ont plutĂ´t étĂ© caractĂ©risĂ©es par la remobilisation des groupes armĂ©s. Certains combattent dĂ©sormais aux cĂ´tĂ©s des Forces armĂ©es de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (FARDC) contre le M23 soutenu par le Rwanda.Â
Pendant la campagne Ă©lectorale dont les questions sĂ©curitaires Ă©taient au centre, le prĂ©sident a justifiĂ© l’implication des certains groupes armĂ©s aux cĂ´tĂ©s des FARDC. Il a prĂ©sentĂ© ces Wazalendo  comme des patriotes qui protègent l'intĂ©gritĂ© nationale contre « l’agression rwandaise ». Ils peuvent dĂ©sormais se prĂ©valoir du statut de rĂ©servistes grâce Ă une loi votĂ©e en 2023.Â
Lorsqu’il est arrivé à la présidence, Tshisekedi pensait pouvoir s'appuyer sur la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) et les voisins pour résoudre la problématique des groupes armés. Il avait même proposé l'idée d'un état major régional en 2019. Il a décidé d'entrer dans la communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), et a même voulu et obtenu son intervention militaire en RDC. Depuis, il a mis fin au mandat de sa force militaire et maintenant, il veut le départ de la Monusco. Il veut s'appuyer sur les groupes armés contre le M23, soutenu par le Rwanda qu'il n'hésite plus à présenter comme l’ennemi qu’il faut mettre en échec.
La rĂ©surgence du M23 a Ă©tĂ© un point de rupture et a beaucoup influencĂ© le changement radical du discours de Kinshasa. Le prĂ©sident aurait sous-estimĂ© les rivalitĂ©s rĂ©gionales et n'aurait pas anticipĂ© le soutien de Kigali au M23. L’autre raison serait le fait que l'EAC (et dans une moindre mesure la Monusco) ont voulu l'inciter Ă nĂ©gocier, une approche très impopulaire en RDC. Le prĂ©sident a choisi de radicaliser son discours : il n'Ă©tait pas question de nĂ©gocier.Â
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Après une année de déploiement, les forces de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) ont quitté le territoire congolais suite au non renouvellement de leur mandat par le gouvernement congolais. Ce dernier reprochait à ces forces de n’être pas assez offensives contre le Mouvement du 23 mars (M23). Le président congolais, Félix Tshisekedi, les a même accusés de cohabiter avec les rebelles du M23.
C’est pour remplacer ces forces que Kinshasa a négocié le déploiement de la force de la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) dont le premier contingent est arrivé à Goma le 27 décembre 2023. Cette force s’ajoute aux  sociétés militaires privées et aux groupes armés locaux communément appelés Wazalendo (traduisez en français patriote) qui sont en appui aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Le remplacement de la force de l’EAC par celle de la SADC va-t-il mettre fin Ă la crise sĂ©curitaire liĂ©e Ă l’activisme du M23 ?Â
Bonjour et bienvenue dans ce deuxième épisode de la saison 4 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Agenonga Chober, chercheur principal pour les Uélé au sein du pilier violence d’Ebuteli. Nous sommes le vendredi 19 janvier 2024.
Début décembre 2023, les contingents de la force régionale de l’EAC se sont retirés. Ils devraient être remplacés par la mission de la SADC en RDC – (SAMIDRC) – qui, à terme, devrait être composée de contingents sud-africain, malawite et tanzanien.
Pour l’instant, seule l’Afrique du Sud a dĂ©ployĂ© un contingent de 200 militaires environ, un dĂ©ploiement qui ne fait pourtant pas consensus dans ce pays. À ce contingent, d’autres pourraient s’ajouter d’ici fin janvier.Â
Ayant un mandat offensif, selon les autoritĂ©s militaires du Nord-Kivu, la force de la SADC est appelĂ©e Ă combattre les rebelles du M23 comme souhaitĂ© par le gouvernement de Kinshasa qui a exclu toute nĂ©gociation avec le M23.Â
La SAMIDRC rĂ©ussira-t-elle Ă dĂ©manteler le M23 et Ă restaurer la paix Ă l’est de la RDC ?Â
En 2013, c’est avec l’appui de la SADC à travers la brigade d’intervention de la Monusco que le M23 fut maîtrisé. Mais la donne a changé .Pour l’instant, la force de la SADC ne bénéficie ni du mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, ni de ses moyens.
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Ce premier épisode de Po Na GEC de 2024 est une bonne occasion de commenter les élections qui viennent de se dérouler. Quelle a été leur crédibilité et quels en ont été les principaux résultats ?
C'est le début de la quatrième saison de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) et d'Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, qui tente chaque semaine d'éclairer un sujet d'actualité en RDC. Je suis Jason Stearns, directeur du GEC. Nous sommes le vendredi 12 janvier 2024.
Il y a eu aussi des aspects positifs de ce processus Ă©lectoral : il n'y a pas eu de coupure d'Internet, comme lors des Ă©lections prĂ©cĂ©dentes, et les candidats de tous bords ont pu se dĂ©placer et tenir des meetings relativement librement pendant la campagne Ă©lectorale proprement dite – mais beaucoup moins pendant la pĂ©riode qui l'a prĂ©cĂ©dĂ©e. La commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni) a publiĂ© les rĂ©sultats des Ă©lections prĂ©sidentielles sur son site web jusqu'au niveau des bureaux de vote, ce qui n'avait pas Ă©tĂ© fait lors des dernières Ă©lections, et elle a retransmis des mises Ă jours rĂ©gulières des dĂ©comptes des voix sur un Ă©cran gĂ©ant pour l'Ă©lection prĂ©sidentielle dans son centre Bosolo Ă Kinshasa. Â
Cependant, ces Ă©lections ont aussi exposĂ© de nombreuses lacunes logistiques. Elles ont en outre Ă©tĂ© entachĂ©es d'irrĂ©gularitĂ©s et des graves allĂ©gations de fraude, de bourrage d’urne en particulier dans certaines parties du pays. La Ceni n'a pas dĂ©ployĂ© Ă temps les matĂ©riels sensibles y compris les machines Ă voter et les PV dans chacun des 75 000 bureaux de vote, ce qui a entraĂ®nĂ© la confusion et le dĂ©sordre dans certains endroits. La plus grande mission d'observation des Ă©lections, envoyĂ©e par l'Église catholique et l'Église du Christ au Congo, a rapportĂ© que dans 551 bureaux de vote (6 % des bureaux observĂ©s), des bagarres ont Ă©clatĂ©, souvent parce que les Ă©lecteurs Ă©taient fatiguĂ©s d'avoir attendu pendant des heures ou parce qu'ils ne trouvaient pas leurs noms sur les listes Ă©lectorales. Dans 3 % des cas, des bourrages d'urnes ou des achats de voix ont Ă©tĂ© observĂ©s, et dans environ un quart des endroits, les dispositifs Ă©lectroniques de vote, anciennes machines Ă voter, sont tombĂ©es en panne. SYMOCEL, une mission d'observation, a rapportĂ© que 58 % des bureaux de vote ont ouvert tardivement et 13% n'ont simplement pas ouvert du tout. En fin de compte, cette confusion a probablement contribuĂ© Ă une faible participation : seuls 43 % des Ă©lecteurs inscrits ont pu voter, le taux le plus bas jamais atteint.Â
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