PODCAST DE LA SECURITE PRIVEE

PODCAST DE LA SECURITE PRIVEE

By Mingeau MickaëlBusinessEducation
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PODCAST DE LA SECURITE PRIVEE episodes

  • Newsletter - SĂ©curitĂ© privĂ©e : Règles d'emploi, risques juridiques et recrutements sensibles
    Bonjour Ă  tous,
    Aujourd'hui, nous abordons des thématiques importantes pour les acteurs du secteur. Des discussions autour de l'assouplissement des règles pour l'emploi en outre-mer, un piège juridique lié à la sous-traitance, et les risques liés au recrutement d'anciens salariés du CNAPS. Voici les points essentiels à retenir.
    Faut-il assouplir les règles pour l'emploi en sécurité privée outre-mer ?
    Le secteur de la sécurité privée dans les territoires d'outre-mer est confronté à des difficultés particulières.
    Un défaut de vigilance coûte cher : évitez ce piège juridique de la sous-traitance !
    Une entreprise de sécurité a payé le prix fort pour un défaut de contrôle de son sous-traitant. Cet article analyse les obligations légales des donneurs d'ordre et les bonnes pratiques pour sécuriser vos contrats de sous-traitance.
    Recruter un ancien salarié du CNAPS : un risque à évaluer avec prudence
    Les entreprises de sécurité doivent faire preuve de vigilance lorsqu'elles recrutent d'anciens salariés du CNAPS. Cet article détaille les risques potentiels, notamment en matière de conflit d'intérêts, et les précautions à prendre pour éviter les sanctions.
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    Mickaël MINGEAU
    83-629.fr

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    2 min
  • Faut-il assouplir les règles pour l'emploi en sĂ©curitĂ© privĂ©e outre-mer ?
    Lors d'une audition au Sénat, le Général Claude Peloux a exposé les nombreux obstacles freinant l'accès des jeunes ultramarins aux métiers de la sécurité privée. Entre contraintes administratives, casiers judiciaires et marché du travail saturé, leur insertion reste un parcours semé d'embûches.
    Lors d'une audition tenue le 8 février 2024 devant la délégation sénatoriale aux outre-mer, le Général Claude Peloux, commandant du Service Militaire Adapté (SMA), a présenté les initiatives et obstacles liés à l'insertion professionnelle des jeunes ultramarins. Cette prise de parole s'inscrit dans le cadre du rapport d'information n° 264, enregistré au Sénat le 23 janvier 2025, intitulé " Pour un choc régalien " et rédigé par les sénateurs Philippe Bas et Victorin Lurel.
    L'échange avec le Général aborde de manière directe les difficultés rencontrées par les jeunes qui aspirent à intégrer les métiers de la sécurité privée, tout en soulignant les réformes nécessaires pour renforcer l'efficacité du SMA.
    La sécurité privée au cœur du dispositif d'insertion du SMA
    Dans cet échange du 8 février 2024, le Général Claude Peloux, commandant du Service Militaire Adapté (SMA), met en lumière les défis rencontrés par les jeunes issus des territoires d'outre-mer. L'entretien souligne un problème récurrent : le parcours d'insertion des jeunes vers les métiers de la sécurité privée.
    Les obstacles juridiques : le casier judiciaire
    Le Général évoque un frein important à l'intégration professionnelle dans le secteur : la nécessité d'un casier judiciaire vierge pour obtenir la carte professionnelle d'agent de sécurité. Beaucoup de jeunes ayant été sous-main de justice voient leur dossier effacé à leur majorité, mais certaines condamnations restent inscrites, ce qui les exclut automatiquement de la formation et de l'emploi en sécurité privée.
    C'est un enjeu de taille. L'article L612-20 du Code de la Sécurité Intérieure (CSI) impose cette obligation, sans possibilité de dérogation. Pourtant, pour de nombreux jeunes ultramarins, souvent confrontés à des environnements sociaux difficiles, cette mesure se traduit par un véritable verrou d'accès à des emplois stables.
    Un marché du travail saturé et précaire
    Selon le Général Peloux, même lorsqu'ils obtiennent leur carte professionnelle, les jeunes diplômés font face à un marché du travail saturé et marqué par un fort turn-over. Les agents de sécurité changent fréquemment de métier, souvent après trois ans, en raison de conditions de travail difficiles et d'une rémunération peu attractive.
    Une réflexion politique nécessaire
    Victorin Lurel, rapporteur du Sénat, soulève un point important: le rôle du SMA dans l'insertion des jeunes. Certains courants politiques et syndicaux locaux contestent l'approche militaire de la formation, appelant à des dispositifs civils alternatifs. Toutefois, le taux d'insertion du SMA, oscillant entre 75 et 80 %, semble témoigner de son efficacité.
    La question reste ouverte : faut-il adapter les règles du CSI pour permettre une insertion plus large des jeunes dans le secteur de la sécurité privée ? Le modèle actuel, qui mise sur une formation civique et militaire, pourrait être complété par des partenariats renforcés entre l'État et les sociétés privées de sécurité.

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    4 min
  • Un dĂ©faut de vigilance d'une entreprise de sĂ©curitĂ© qui coĂ»te cher : Ă©vitez ce piège juridique de la sous-traitance !
    353 622 euros. C'est le montant que pourrait vous coûter une simple négligence dans la gestion de vos sous-traitants. Vous pensez que cela n'arrive qu'aux autres ? Détrompez-vous.
    La législation impose aux entreprises une vigilance stricte pour s'assurer que leurs partenaires respectent leurs obligations fiscales et sociales. Faillir à ce devoir peut entraîner des sanctions lourdes, comme l'obligation de payer les dettes d'un sous-traitant défaillant. Découvrez comment éviter ce scénario coûteux et protéger votre entreprise de risques similaires.
    L'amère leçon d'un contrôle défaillant de sous-traitance
    Le 30 janvier 2025, la Cour administrative d'appel de Versailles a rendu son verdict : Altair Sécurité doit payer 353 622 euros en tant que codébiteur solidaire pour les impôts et pénalités dus par son sous-traitant, World Sécurité Privée (WSP). Cette décision repose sur un constat implacable : Altair n'a pas respecté ses obligations de vigilance.
    Cet arrêt met en lumière un enjeu crucial dans notre secteur. Que vous soyez dirigeant d'une société de sécurité ou sous-traitant, l'histoire d'Altair devrait vous interpeller : un défaut de contrôle peut coûter très cher.
    Ce qui a conduit à la condamnation d'Altair Sécurité
    Entre 2011 et 2013, WSP a enfreint les règles du Code du travail en recourant au travail dissimulé. L'administration fiscale n'a pas tardé à frapper : un redressement a été engagé contre WSP pour des impôts et pénalités à hauteur de près de 530 000 euros.
    Mais voilà, lorsque WSP s'est retrouvée en liquidation judiciaire, le fisc s'est tourné vers le donneur d'ordre : Altair Sécurité. En vertu de l'article 1724 quater du Code général des impôts, l'entreprise devait être en mesure de prouver qu'elle avait effectué les contrôles nécessaires sur son sous-traitant.
    Altair a présenté des factures, des plannings et des déclarations sur l'honneur... mais aucune attestation fiscale ou sociale conforme. La Cour a donc estimé qu'elle avait manqué à son devoir, la condamnant à payer 353 622 euros, soit 55 % des dettes fiscales de WSP.
    Ce que dit la loi sur la vigilance des sous-traitants
    Les articles L.8222-1 et L.8222-2 du Code du travail sont clairs : toute entreprise doit vérifier régulièrement que ses sous-traitants sont en règle sur le plan fiscal et social. Cela implique la collecte périodique d'attestations de déclaration de cotisations sociales et fiscales, ainsi que d'extraits d'immatriculation. Ne pas le faire, c'est s'exposer à une solidarité de paiement avec le sous-traitant fautif.
    La Cour a insisté sur le fait que ce mécanisme n'est pas une sanction punitive, mais une mesure visant à protéger les créances publiques. Une entreprise prise dans cette situation peut toutefois contester le montant et les procédures d'imposition. Encore faut-il pouvoir fournir les documents requis, ce qu'Altair n'a pas réussi à faire.
    Les leçons pratiques pour éviter la même situation
    Cette affaire est un avertissement pour toutes les entreprises de sécurité privée. Voici les mesures indispensables à mettre en place :
    Exiger les bons documents dès la signature d'un contrat de sous-traitance : attestation URSSAF, extrait Kbis, déclaration fiscale.
    Réaliser des vérifications périodiques tous les six mois : cela évite toute mauvaise surprise en cas de contrôle fiscal ou social.
    Archiver chaque preuve de vérification. Ce sont ces documents qui pourront vous protéger juridiquement en cas de litige.
    Choisir ses sous-traitants avec soin : un partenaire négligent peut mettre en péril votre propre entreprise.
    Pour Altair Sécurité, cette négligence a donc coûté 353 622 euros. Un prix lourd à payer pour des contrôles insuffisants, mais une leçon dont le secteur devrait tirer profit. Ne laissez pas vos sous-traitants vous entraîner dans une spirale de dettes et de sanctions.<...
    4 min
  • Recruter un ancien salariĂ© du CNAPS : un risque Ă  Ă©valuer avec prudence pour les entreprises de sĂ©curitĂ©
    Recruter un ancien agent du CNAPS peut sembler une opportunité stratégique pour une entreprise de sécurité, mais cela n'est pas sans risques. Conflits d'intérêts, sanctions potentielles, retrait d'agrément… Les conséquences peuvent être lourdes. Pourquoi ce recrutement exige-t-il tant de précautions ?
    Le 13 septembre 2024, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé le licenciement pour cause réelle et sérieuse d'une ancienne salariée du CNAPS, embauchée par la société Main Sécurité. Cette décision nous indique bien les risques juridiques et déontologiques auxquels s'exposent les entreprises de sécurité privée lorsqu'elles recrutent d'anciens agents ayant exercé des fonctions de régulation ou de contrôle sur leur activité.
    Le CNAPS, régulateur incontournable du secteur de la sécurité privée
    Le CNAPS, autorité chargée de réguler les activités privées de sécurité, détient le pouvoir de délivrer, suspendre ou retirer les agréments nécessaires aux entreprises du secteur. Il veille également au respect de strictes règles déontologiques pour éviter tout conflit d'intérêts.
    Lorsqu'un ancien agent public quitte le CNAPS pour rejoindre le secteur privé, la commission de déontologie peut émettre un avis d'incompatibilité si elle estime que le poste proposé est trop proche des fonctions antérieures de régulation exercées par cette personne.
    Dans l'affaire jugée, cette femme avait été recrutée en 2015 par Main Sécurité en tant que responsable d'exploitation. Quelques mois plus tard, la commission de déontologie du CNAPS a estimé que ce poste représentait un conflit d'intérêts. La raison invoquée : cette personne avait eu à superviser ou réguler cette entreprise dans ses fonctions passées, ce qui pouvait nuire à l'indépendance de l'organisme de contrôle.
    Un avis contraignant pour l'entreprise
    Le 28 décembre 2016, Main Sécurité a reçu notification de cet avis d'incompatibilité, contraignant l'entreprise à prendre des mesures immédiates. Craignant des sanctions administratives telles que la suspension de son agrément, l'entreprise a décidé de licencier la salariée concernée. La lettre de licenciement mettait en avant deux justifications principales :
    L'obligation légale de se conformer à l'avis du CNAPS.
    Le risque de poursuites administratives ou pénales, pouvant compromettre la pérennité de l'entreprise.
    La Cour d'appel a validé ce motif de licenciement, reconnaissant que l'avis de la commission de déontologie avait force obligatoire et que le maintien de la salariée aurait pu exposer Main Sécurité à de graves conséquences juridiques.
    Les questions Ă  se poser avant de recruter un ancien agent du CNAPS
    Cette affaire appuie la nécessité pour les entreprises de sécurité de prendre des précautions particulières lorsqu'elles envisagent de recruter un ancien agent du CNAPS. Il est impératif d'évaluer les risques déontologiques et administratifs liés à ce type de recrutement en se posant les questions suivantes :
    L'ancien agent a-t-il déjà exercé une mission de contrôle ou de régulation sur l'entreprise ou ses filiales ?
    Si oui, cela peut être considéré comme un conflit d'intérêts.
    La commission de déontologie a-t-elle été consultée ou rendue destinataire des informations nécessaires ?
    Un manque de transparence peut déclencher des contrôles approfondis du CNAPS.
    La période d'incompatibilité est-elle expirée ?
    Les règles déontologiques peuvent imposer une période temporaire d'interdiction d'emploi, pouvant aller jusqu'à plusieurs années.
    Dans ce cas précis, l'entreprise n'avait pas anticipé ces risques en amont, ce qui l'a contrainte à procéder au licenciement pour éviter des sanctions potentielles.
    Anticiper les risques liés au recrutement d'anciens du CNAPS !
    Les entreprises de sécurité privée doivent faire preuve de la plus grande prudence lorsqu'elles recruten...
    4 min
  • Palpations de sĂ©curitĂ© en concert ou match de foot : l'OPJ doit-il vraiment ĂŞtre sur place ?
    Si vous travaillez dans la sécurité privée ou que vous organisez régulièrement des événements, vous vous êtes probablement déjà demandé si l'officier de police judiciaire (OPJ) devait impérativement se trouver sur les lieux pour superviser les palpations de sécurité.
    L'article L613-3 du Code de la sécurité intérieure (CSI) impose en effet d'effectuer ces palpations " sous le contrôle d'un officier de police judiciaire ", mais il ne précise pas la forme concrète que doit prendre ce fameux " contrôle ". Faut-il forcément qu'un OPJ fasse le déplacement ? Est-ce qu'une simple liaison radio ou téléphonique est suffisante ?
    Attention, je ne parle que de la palpation dans le cadre "classique" d'un évènement sportif, récréatif ou culturel de plus de 300 personnes.
    Dans cet article, je vous propose de faire le point sur ce que prévoient la loi, la jurisprudence et les textes officiels.
    Palpations de sécurité
    Lorsqu'il s'agit de palpations de sécurité dans le cadre de manifestation sportive, récréative ou encore culturelle, une question récurrente se pose : un OPJ (officier de police judiciaire) doit-il être physiquement présent pour superviser l'opération ? Si l'article L613-3 du Code de la sécurité intérieure (CSI) impose un contrôle par un OPJ, les textes juridiques, notamment ceux du Code de procédure pénale (CPP), ainsi que la jurisprudence, éclairent la notion de " contrôle ".
    Ce que dit le Code de la sécurité intérieure
    Article L613-3 du CSI
    Cet article autorise les agents de sécurité à procéder à des palpations dans le cadre de manifestations (sportives, culturelles, récréatives) rassemblant plus de 300 spectateurs.
    La condition ? Que ces palpations soient faites " sous le contrôle d'un OPJ " et avec le consentement exprès de la personne.
    Le CSI ne détaille toutefois pas la façon dont doit s'exercer ce " contrôle " : est-ce un accompagnement sur site ou à distance ? Pour le savoir, il faut aller chercher du côté du Code de procédure pénale (CPP).
    Le " contrôle d'un OPJ " selon le Code de Procédure Pénale
    Dans le CPP, on trouve souvent l'expression " sous le contrôle d'un officier de police judiciaire ", notamment pour des procédures de vérification d'identité (articles 78-3 et 78-3-1). Les textes indiquent clairement que l'OPJ peut déléguer certaines tâches à un agent de police judiciaire (APJ) tout en gardant la supervision globale. Il n'est pas nécessaire qu'il soit constamment aux côtés de l'APJ.
    L'article 78-3 du CPP par exemple, est particulièrement pertinent. Il dispose que lors d'une vérification d'identité, certaines obligations peuvent être effectuées par un agent de police judiciaire (APJ), mais " sous le contrôle de l'officier de police judiciaire ".
    L'APJ peut informer la personne concernée de son droit de faire prévenir un proche ou le procureur, et en cas de nécessité, " l'officier de police judiciaire ou, sous le contrôle de celui-ci, l'agent de police judiciaire prévient lui-même la famille ou la personne choisie ".
    Dans un autre cadre, celui des contrôles liés aux activités terroristes, l'article 78-3-1 prévoit également que les opérations peuvent être menées " sous le contrôle d'un officier de police judiciaire ", sans exiger sa présence immédiate. Cette disposition confirme une interprétation large et souple du contrôle exercé par l'OPJ.
    Cette disposition montre donc bien que le " contrôle " n'exige pas une présence physique de l'OPJ. Il peut déléguer certaines actions à un APJ tout en gardant la supervision globale de la procédure, souvent par communication ou par un suivi différé.
    Même si ces règles du Code de procédure pénale concernent les relations entre OPJ et APJ, elles sont transposables au cadre des agents de sécurité privée. En effet, tant que ces agents suivent les directives de l'OPJ, ce dernier peut exercer un contrôle indirect,...
    6 min
  • SĂ©curitĂ© privĂ©e : un ancien policier municipal recalĂ© pour une sollicitation d'attestation fictive
    Jusqu'où peut-on pousser l'exigence de probité dans la sécurité privée ? Faut-il écarter un candidat non pas pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il a tenté d'obtenir ? Dans un secteur où la moralité est scrutée à la loupe, une simple sollicitation d'attestation fictive peut suffire à mettre un terme à une reconversion professionnelle, même en l'absence de fraude avérée.
    Aucune sanction pénale, aucun casier judiciaire, mais une suspicion jugée incompatible avec les responsabilités d'un agent de sécurité. À travers cet exemple, c'est toute la question de la frontière entre contrôle strict et excès de zèle qui se pose. Un impératif de confiance ou une rigidité excessive ? L'affaire mérite qu'on s'y attarde.
    Dans la sécurité privée, la probité n'est pas une option, mais une obligation stricte. Pourtant, jusqu'où peut-on aller dans l'évaluation d'un comportement passé ? C'est la question que soulève le cas d'un ancien policier municipal, recalé par le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité) pour obtenir une carte professionnelle.
    Une décision confirmée par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne le 24 décembre 2024, qui interroge sur la proportionnalité des sanctions et leurs répercussions.
    Une carrière brisée par deux fautes
    L'histoire de cet ancien policier est marquée par deux erreurs de parcours qui ont bouleversé sa trajectoire professionnelle. Alors qu'il était en poste à Villejuif, il a été accusé de solliciter des attestations de formation fictives dans le but de travailler en sécurité à l'étranger. Une tentative qui n'a jamais abouti, mais qui a suffi à semer le doute sur son intégrité.
    À cela s'ajoute un accès illégal aux fichiers de police, dont certains contenus auraient été partagés à des tiers. Bien que ces faits n'aient pas donné lieu à des poursuites judiciaires, ils ont entraîné des sanctions administratives lourdes : retrait de son agrément par le préfet et radiation des cadres par sa commune. Une fin brutale pour une carrière dans la fonction publique.
    Une reconversion stoppée net
    Tentant de rebondir après ces épreuves, cet ancien policier s'est lancé dans une reconversion dans la sécurité privée, en obtenant un diplôme SSIAP en 2021. Mais sa demande de carte professionnelle, indispensable pour exercer, a été rejetée par le CNAPS. L'organisme a estimé que son passé, bien que non sanctionné pénalement, reflétait un manque de probité incompatible avec les responsabilités d'un agent de sécurité.
    Le tribunal administratif, saisi par l'intéressé, a confirmé cette décision, en s'appuyant sur l'article L612-20 du Code de la sécurité intérieure. Ce texte permet de refuser une carte professionnelle dès lors que des faits, même non condamnés par la justice, mettent en doute l'honneur ou l'intégrité du candidat.
    Faut-il être parfait pour protéger les autres ?
    Ce cas soulève une question fondamentale : peut-on définitivement priver une personne d'un métier sur la base de comportements passés, isolés et non sanctionnés pénalement ? La sollicitation d'attestations fictives, bien qu'irresponsable, n'a pas eu de conséquences concrètes. L'accès illégal aux fichiers, quant à lui, n'a pas été jugé suffisant pour un procès. Pourtant, ces deux faits combinés ont suffi à barrer la route de la reconversion à cet homme.
    Certes, la sécurité privée est un secteur où l'intégrité des agents doit être irréprochable. Mais la rigueur nécessaire pour garantir la confiance du public ne devrait-elle pas être pondérée par une forme de proportionnalité ? D'autant que cet ancien policier disposait d'un casier judiciaire vierge et d'un nouveau diplôme pour tourner la page.
    Une leçon pour tout un secteur
    Cette affaire illustre la ligne dure adoptée par le CNAPS pour préserver la réputation de la sécurité privée. Si cette rigueur est essentielle pour maintenir des s...
    5 min
  • SĂ©curitĂ© privĂ©e et responsabilitĂ© des entreprises : affaire Airbus - Securitas
    Lors d'une ronde de nuit sur un site industriel d'Airbus, deux agents de sécurité sont victimes d'un malaise inexpliqué. Une substance toxique, jamais formellement identifiée, serait en cause.
    Qui doit en répondre ? Entre le propriétaire des lieux et l'entreprise de sécurité, la bataille judiciaire s'annonce intense.
    La responsabilité des entreprises de sécurité privée face aux risques industriels
    La Cour de cassation a rendu un arrêt qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la responsabilité des entreprises de sécurité privée face aux risques industriels. Dans un arrêt du 5 septembre 2024, la haute juridiction a confirmé la responsabilité de Airbus Opérations dans l'accident survenu en 2010, tout en invalidant une clause contractuelle qui aurait transféré la charge des indemnisations sur Securitas France.
    Les faits : un accident en zone industrielle
    Dans la nuit du 30 au 31 mars 2010, deux agents de sécurité employés par Securitas France ont été victimes d'un malaise alors qu'ils effectuaient une ronde sur un site appartenant à Airbus Opérations. Ces symptômes, nécessitant une hospitalisation immédiate, auraient été provoqués par l'inhalation d'une substance toxique dans les locaux de l'industriel.
    L'accident, reconnu comme relevant de la législation sur les accidents du travail, a donné lieu à une bataille juridique opposant :
    Les agents victimes, demandant réparation de leurs préjudices ;
    Securitas France, employeur des agents ;
    Airbus Opérations, propriétaire du site ;
    Les caisses primaires d'assurance maladie, intervenant dans le cadre de la prise en charge des soins.
    Une responsabilité retenue malgré l'absence d'identification de la substance
    Airbus Opérations contestait sa responsabilité en avançant qu'aucune identification précise de la substance toxique en cause n'avait pu être établie, ce qui rendait impossible l'imputation d'une faute directe.
    Cependant, la Cour de cassation a validé l'analyse de la Cour d'appel de Toulouse, qui avait retenu que :
    1. Les symptômes sont apparus immédiatement après l'exposition sur le site ;
    2. Un nuage blanc suspect avait été observé sur place ;
    3. L'hypothèse d'une contamination par une entreprise sous-traitante avait été exclue.
    Ainsi, bien que la substance exacte n'ait pu être identifiée, la présence avérée d'un agent toxique dans l'usine et la concomitance des faits suffisaient à établir la responsabilité de Airbus Opérations. La Cour de cassation a confirmé que la société était gardienne des substances émanant de son site et devait donc assumer les conséquences des dommages causés.
    Une tentative de transfert de responsabilité retoquée
    Airbus Opérations avait tenté de se décharger financièrement en invoquant une clause contractuelle prévoyant que Securitas France devait garantir Airbus de toute condamnation liée à des dommages survenus dans l'exercice de sa mission.
    Or, la Cour de cassation a cassé cette disposition, rappelant que :
    Un employeur ne peut être tenu de garantir un tiers responsable d'un accident du travail subi par ses salariés, sauf en cas de faute intentionnelle, ce qui n'était pas le cas ici.
    La clause du contrat signé en 2008 entre Airbus et Securitas, imposant à l'entreprise de sécurité d'assumer les conséquences d'un accident, était contraire aux principes du droit de la sécurité sociale et donc nulle de plein droit.
    La haute juridiction a donc déchargé Securitas France de toute obligation d'indemnisation vis-à-vis d'Airbus Opérations.
    Un arrêt qui clarifie la répartition des responsabilités
    Ce jugement apporte un éclairage important pour les entreprises de sécurité privée opérant dans des sites industriels à risque. Il confirme que :
    Les exploitants de sites restent responsables des substances dangereuses émanant de leurs installations, même en...
    5 min
  • Newsletter - SĂ©curitĂ© privĂ©e : Droits, obligations et nouvelles opportunitĂ©s de formation
    Bonjour Ă  tous,
    Aujourd'hui, nous abordons trois sujets essentiels : la justice qui tranche sur la mobilité forcée et les week-ends imposés, les conditions pour les palpations de sécurité, et les nouvelles règles sur la formation à distance pour les agents de sécurité. Voici ce qu'il faut retenir pour rester en conformité et optimiser vos compétences.
    Sécurité privée : week-ends sacrifiés et mobilité forcée, la justice rappelle les règles
    Un agent de sécurité peut-il être contraint de travailler tous les week-ends ou d'accepter une mutation forcée ? La justice vient de trancher et cet article détaille ce que les employeurs peuvent (et ne peuvent pas) imposer à leurs salariés
    Palpations et agent de sécurité : Un OPJ obligatoire ? Pas toujours
    Les agents de sécurité doivent-ils forcément être accompagnés d'un OPJ pour réaliser des palpations de sécurité ? La réponse dépend du cadre légal et de plusieurs exceptions. Décryptage des règles en vigueur et des situations où l'OPJ n'est pas nécessaire.
    Formation à distance pour les agents de sécurité : le point sur l'Arrêté du 27 janvier 2025
    L'arrêté du 27 janvier 2025 prolonge les mesures de souplesse introduites en 2023. Modules asynchrones, questionnaires actualisés, assistance renforcée, et contrôle du CNAPS : cet article vous explique comment tirer parti de cette flexibilité tout en respectant les règles.
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    2 min
  • SĂ©curitĂ© privĂ©e : week-ends sacrifiĂ©s et mobilitĂ© forcĂ©e, la justice rappelle les règles
    Dans la sécurité privée, les plannings sont souvent une arme à double tranchant. Entre week-ends sacrifiés et mutations imposées, de nombreux agents se retrouvent piégés par des décisions unilatérales qui bouleversent leur équilibre de vie.
    Derrière l'argument de la flexibilité, certaines entreprises n'hésitent pas à exploiter la clause de mobilité de manière abusive, l'utilisant comme un levier pour pousser un salarié vers la sortie sans assumer un licenciement.
    Quand un agent se voit contraint d'accepter un poste à des dizaines de kilomètres de chez lui, sans alternative viable, est-ce encore une organisation du travail légitime ou une sanction déguisée ? Ce cas illustre parfaitement ces dérives et rappelle que les droits des salariés ne sont pas une variable d'ajustement.
    Week-ends supprimés et mutations forcées : quand la flexibilité devient un piège
    Dans le monde de la sécurité privée, les plannings infernaux sont souvent la norme, et les week-ends sont les premières victimes. Nombreux sont les agents qui, sous couvert de "nécessité opérationnelle", voient leurs repos dominicaux balayés par des employeurs qui exploitent la flexibilité du métier à outrance.
    Autre abus bien connu du secteur : l'utilisation de la clause de mobilité comme une sanction déguisée, un moyen de pousser un salarié vers la sortie sans passer par un licenciement économique. C'est exactement ce que vient de sanctionner la Cour d'appel de Rennes, qui a confirmé le licenciement abusif d'une chef d'équipe de sécurité incendie, condamnant son employeur à payer des dommages-intérêts conséquents.
    Des week-ends supprimés au mépris des règles
    Mme T. occupait depuis 16 ans un poste de chef d'équipe incendie à la Cité des Congrès de Nantes. Pourtant, en 2019, son employeur, la société Challancin Prévention et Sécurité, décide unilatéralement de l'affecter temporairement à la gare SNCF de Nantes. Ce transfert n'avait rien d'anodin : les horaires changeaient drastiquement, avec une prise de poste dès 4h15 du matin, et surtout, aucun moyen de transport adapté pour s'y rendre.
    Face à l'impossibilité de rejoindre son lieu de travail, elle alerte sa direction. Réponse ? L'application mécanique de la clause de mobilité, sans discussion ni aménagement. Une pratique courante dans le secteur, où cette clause sert parfois à sanctionner un salarié de manière déguisée ou à éviter un licenciement économique après la perte d'un marché. Plutôt que d'assumer un plan social, certains employeurs imposent une mutation lointaine, espérant que l'agent démissionne de lui-même.
    Cette pratique toxique a des conséquences lourdes sur la santé des salariés. Dans le cas de Mme T., le stress et la pression ont entraîné une détérioration rapide de son état de santé, jusqu'à une inaptitude définitive constatée par le médecin du travail en juin 2019.
    Le non-respect des week-ends de repos : un grand classique du secteur
    Autre point clé soulevé par la justice : le non-respect des week-ends de repos. La convention collective de la sécurité privée est pourtant explicite : chaque agent à temps plein doit bénéficier d'au moins deux dimanches de repos par mois, accolés à un samedi ou un lundi. Pourtant, les plannings fournis en justice montrent que Mme T. a travaillé bien plus de week-ends que prévu, sans aucune compensation.
    L'employeur, comme d'habitude dans ce type de litige, a tenté de minimiser le problème en arguant que la salariée ne prouvait pas son préjudice. Mais la Cour d'appel a rejeté cet argument en rappelant que priver un salarié de week-ends impacte directement sa vie privée et familiale. Résultat : 600 euros de dommages-intérêts pour ces repos bafoués.
    Un licenciement jugé abusif pour manquement à l'obligation de sécurité
    Au-delà des week-ends supprimés, la Cour a surtout sanctionné le manquement de l'employeur à son obligation...
    6 min
  • Palpations et agent de sĂ©curitĂ© : Un OPJ obligatoire ? Pas toujours
    Palpations de sécurité sans OPJ : retour sur une mesure exceptionnelle
    Lors du match LOSC-Feyenoord, du 28 au 30 janvier 2025, des palpations de sécurité ont été autorisées dans les gares de Lille-Flandres et Lille-Europe. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ces contrôles n'étaient pas exclusivement réalisés par les forces de l'ordre. Des agents de sécurité privée, sous certaines conditions, ont pu les effectuer sans la présence d'un OPJ.
    Normalement, ce type de contrôle est placé sous la supervision d'un officier de police judiciaire. Pourtant, la loi prévoit des cas où cette exigence ne s'applique pas. Qui pouvait réellement procéder à ces palpations ? Pourquoi la SUGE, pourtant présente en gare, en était-elle exclue ?
    Retour sur une mesure qui illustre le rôle grandissant de la sécurité privée dans l'espace public.
    Palpations de sécurité : ce qu'il faut retenir de la mesure exceptionnelle à Lille
    Du 28 au 30 janvier 2025, des agents de sécurité ont été autorisés à effectuer des palpations de sécurité dans les gares de Lille-Flandres et Lille-Europe, conformément à l'arrêté préfectoral n° 2025-01-28-00002, signé le 28 janvier 2025 par le préfet du Nord. Ce dispositif exceptionnel, mis en place à l'occasion du match de Ligue des Champions opposant le LOSC à Feyenoord Rotterdam, s'inscrivait dans un contexte de risques accrus pour la sécurité publique.
    Mais une particularité mérite d'être soulignée : ces palpations ont été réalisées sans l'obligation d'une présence d'un officier de police judiciaire (OPJ). Seuls des agents de sécurité privée, titulaires d'une carte professionnelle délivrée par le CNAPS, pouvaient y participer. Cette mesure excluait par conséquent les agents de la SUGE (Sûreté ferroviaire), soumis à un autre cadre réglementaire (eux n'on aucune obligation de détention d'une carte professionnelle du CNAPS).
    Un cadre légal strict pour encadrer ces palpations
    Ces palpations de sécurité ont été autorisées sur la base de l'article L.613-2 du Code de la sécurité intérieure (CSI), qui prévoit que des agents de sécurité privée peuvent, dans certains cas, effectuer ce type de contrôle. Voici ce qu'indique cet article :
    " Les agents exerçant l'activité mentionnée au 1° de l'article L.611-1 peuvent, en cas de circonstances particulières liées à l'existence de menaces graves pour la sécurité publique […], procéder, avec le consentement exprès des personnes, à des palpations de sécurité. "
    Deux cadres permettent d'activer cette possibilité :
    1. Un périmètre de protection défini en application de l'article L.226-1 du CSI.
    2. Un arrêté préfectoral, pris pour répondre à une menace grave pour la sécurité publique.
    Dans ce cas précis, c'est la deuxième option qui a été retenue. L'arrêté préfectoral n° 2025-01-28-00002, publié au Recueil des actes administratifs du Nord, mentionne :
    " Les circonstances particulières et exceptionnelles liées à l'existence de menaces graves pour la sécurité publique […] justifient, du mardi 28 janvier 2025 à 12h00 au jeudi 30 janvier 2025 à 4h00, le recours aux mesures de palpation de sécurité prévues à l'article L.613-2 du Code de la sécurité intérieure. "
    Ces palpations étaient donc autorisées dans toutes les dépendances publiques des gares de Lille, mais avec des restrictions précises concernant les qualifications des agents impliqués.
    Seuls les agents de sécurité privée qualifiés pouvaient intervenir
    Contrairement à ce que l'on pourrait penser, tous les agents présents en gare n'étaient pas habilités à réaliser ces palpations. L'arrêté précisait :
    " Les palpations de sécurité mentionnées à l'article 1 ne peuvent être réalisées que par des personnes titulaires d'une carte professionnelle valide délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS). "
    En d'autres termes, seuls des agents de...
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