Psychiatrie Internationale

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By Dr Michaël SikoravScienceMedicineHealth & Fitness
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Psychiatrie Internationale episodes

  • Les effets indésirables de la psychothérapie

    La psychothérapie peut aider. Mais ça ne veut pas dire qu’elle est toujours nécessaire, ni qu’elle est sans risque. Dans cette vidéo, je discute ses effets indésirables possibles et la place qu’on lui donne aujourd’hui.

    Psychothérapie, validation et changement de comportement

    Est-ce qu’une thérapie vous aide à changer, ou est-ce qu’elle ne fait que vous donner raison ? Je parle de validation, de responsabilité et de névrosisme, à partir de situations cliniques et de mon expérience. Ce sont des observations à discuter, pas une démonstration que toutes les thérapies se valent ou font du mal. Mais c’est une position qu’on n’entend pas ailleurs, et j’ai du mal à savoir pourquoi.

    Quand la thérapie prétend améliorer tout le monde sans aucun effet secondaire, alors elle rejoint le rang des produits miracles vendus par les charlatans.

    Autodiagnostic, dépistage et limites des soins

    Je reviens aussi sur les diagnostics diffusés sur les réseaux sociaux, le dépistage des idées suicidaires et ses enjeux, et l’effort qui est fait pour supprimer le concept de symptômes fonctionnels. Avec une question qui traverse toute la vidéo : quand est-ce qu’intervenir aide, et quand est-ce qu’on risque d’entretenir le problème – ou d’en déclencher de nouveaux ?

    À lire aussi – psychothérapie et pratique clinique

    * Psychothérapie : soutenir sans intervenir à tout prix

    * Psychothérapie : ce que j’ai appris en thérapie

    Point de vigilance scientifique

    Les effets indésirables des psychothérapies existent, mais ils sont encore mal recueillis. Un événement observé pendant une thérapie n’est pas forcément causé par elle. Dans la dépression, les essais renseignant l’aggravation montrent plutôt une réduction de ce risque par rapport aux groupes témoins.

    Les données ne montrent pas que la psychothérapie augmente généralement le névrosisme. Elles montrent en moyenne une amélioration de la stabilité émotionnelle. Certaines interventions structurées ont aussi un intérêt préventif dans le trouble bipolaire, et des bénéfices dans le trouble borderline. Le problème, c’est que ces thérapies sont très différentes du gloubi-boulga qu’on voit en pratique.

    Consulter un psychologue ne prouve pas l’existence d’une maladie mentale. Les associations entre troubles mentaux et divorce ne permettent pas de prédire la durée d’un couple à partir du fait qu’une personne suit une thérapie – mais diffèrent d’un trouble à l’autre. Les études ont beaucoup de mal à capturer toutes les nuances de ces situations.

    Repérer davantage d’idées suicidaires ne démontre pas que le dépistage les provoque. Leur prédiction individuelle reste limitée, mais des interventions de prévention évaluées existent. ED-SAFE 2 teste un programme comprenant un plan de sécurité, pas le dépistage seul. L’étude sur le screening citée dans la vidéo est ici.

    La fibromyalgie et les symptômes fonctionnels sont réels. Ils ne doivent pas être assimilés à une maladie inventée ou à de la simulation. Les opioïdes forts ne sont pas recommandés dans la fibromyalgie, mais on en voit souvent en pratique. Les études sur les tics fonctionnels liés aux réseaux ne prouvent (évidemment) pas que tous les symptômes de ce type sont provoqués par Internet. Mais ils nous rappellent que la prudence est de mise et qu’on ne peut pas ignorer les phénomènes de contagion sociale.

    Le masking fait l’objet de recherches et de critiques méthodologiques. Les définitions et la validité des outils restent discutées. Certains diront que de le présenter comme un concept sans aucun sens scientifique va plus loin que ce que permettent les données. Je répondrai qu’une montagne de données fragiles ne suffit pas à valider un concept.

    Deux formulations de la vidéo doivent être précisées : la protection recherchée avec le méthylphénidate dans le trouble bipolaire concerne un thymorégulateur, pas un antidépresseur. Les hommes meurent davantage par suicide, mais les tentatives déclarées et hospitalisations pour gestes auto-infligés concernent plus souvent les femmes. Le choix d’un antidépresseur reste individualisé, y compris quand on souhaite éviter la paroxétine en première intention – mais il n’y a pas de situation où la paroxétine est une bonne idée dans ce contexte.

    Sources scientifiques – pour aller plus loin

    * Patient experience of negative effects of psychological treatment: results of a national survey – Expérience des effets négatifs des traitements psychologiques rapportée par les patients : résultats d’une enquête nationaleThe British Journal of Psychiatry, 2016. Sur 14 587 répondants, 5,2 % rapportent des effets négatifs durables. Enquête déclarative avec une forte non-réponse : ce chiffre ne mesure pas un risque causal universel.

    * Negative Effects of Psychological Treatments: An Exploratory Factor Analysis of the Negative Effects Questionnaire for Monitoring and Reporting Adverse and Unwanted Events – Effets négatifs des traitements psychologiques : analyse factorielle exploratoire du questionnaire de suivi des événements indésirables et non souhaitésPLOS ONE, 2016. Développement d’un questionnaire auprès de 653 participants qui explore les symptômes, la dépendance et la perte d’espoir avec les psychothérapies.

    * Assessment of suicidality in trials of psychological interventions for depression: a meta-analysis – Évaluation de la suicidalité dans les essais d’interventions psychologiques contre la dépression : méta-analyseThe Lancet Psychiatry, 2024. Seuls 45 des 469 essais examinés évaluent un indicateur suicidaire. Un petit bénéfice est observé après le traitement, sans résultat concluant au suivi.

    * Suicidal Ideation and Suicide Attempts After Direct or Indirect Psychotherapy: A Systematic Review and Meta-Analysis – Idées suicidaires et tentatives de suicide après une psychothérapie directe ou indirecte : revue systématique et méta-analyseJAMA Psychiatry, 2025 (en ligne en 2024). Cette synthèse de 147 essais trouve des bénéfices sur les idées suicidaires et les tentatives de suicide. Certains résultats perdent leur significativité après correction du biais de publication. Ce papier n’évalue pas le dépistage seul ni une baisse des décès par suicide.



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    43 min
  • Médicaments, psychothérapie et diagnostics

    On part d’une question simple : pourquoi parle-t-on si facilement des médicaments, et si peu de ce qui se passe dans la relation et en psychothérapie ? Dans ce live, on prend les questions comme elles viennent, sans faire semblant qu’une seule réponse marche pour tout le monde.

    Les médicaments ne règlent pas tout

    On parle de communication avec les proches, du choix d’un psychologue, et de ce qu’on attend concrètement d’une thérapie. On parle aussi des limites d’une approche centrée uniquement sur les molécules.

    Prescrire et diagnostiquer dans la vraie vie

    On passe ensuite aux psychotropes, à leurs effets indésirables, à la prise de poids sous quétiapine, puis au diagnostic du TDAH. Ce sont des questions cliniques, avec des décisions qui dépendent du contexte et de la personne.

    À lire aussi

    * Ce que j’ai appris en thérapie – Sur le travail relationnel que les médicaments ne remplacent pas.

    * Metformine et antipsychotiques : les études clés – Les essais et recommandations évoqués quand on parle de prise de poids.

    Point de vigilance scientifique

    Une psychothérapie peut s’accompagner d’effets indésirables, mais cela ne signifie pas qu’elle augmente globalement le risque d’aggravation : dans les essais sur la dépression, le risque de détérioration était plus faible que dans les groupes contrôles. La prise de poids sous quétiapine peut survenir à faible dose ; dire qu’elle est totalement indépendante de la dose va au-delà des données disponibles. La metformine a un effet moyen sur la prise de poids liée aux antipsychotiques, sans justifier une prescription systématique à partir de cette seule discussion.

    Sources scientifiques – psychothérapie et prise de poids sous antipsychotiques

    * Adverse events in psychotherapy randomized controlled trials: A systematic review – Événements indésirables dans les essais randomisés de psychothérapie : revue systématique.Les événements indésirables sont insuffisamment et inégalement mesurés. Leur lien causal avec la psychothérapie reste souvent incertain.

    * Negative effects of psychotherapies for adult depression: A meta-analysis of deterioration rates – Effets négatifs des psychothérapies de la dépression adulte : méta-analyse des taux de détérioration.La détérioration était moins fréquente sous psychothérapie que dans les groupes contrôles, même si peu d’essais la rapportaient.

    * Antipsychotic-Induced Weight Gain: Dose-Response Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials – Prise de poids induite par les antipsychotiques : méta-analyse dose-réponse des essais randomisés.Pour la quétiapine, la courbe estimée varie avec la dose entre 75 et 1 200 mg/j ; ces essais ne permettent pas de conclure spécifiquement pour 25 mg/j.

    * The Optimal Dosage and Duration of Metformin for Prevention and Treatment of Antipsychotic-Induced Weight Gain: An Updated Systematic Review and Meta-Analysis – Dose et durée optimales de la metformine pour prévenir et traiter la prise de poids induite par les antipsychotiques : revue systématique et méta-analyse actualisée.La différence moyenne avec le placebo était d’environ 3,3 kg dans 20 essais ; les participants étudiés avaient une schizophrénie et un suivi limité.



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    1 hr 2 min
  • Pourquoi la bipolarité de l’enfant passe pour un TDAH

    Des difficultés attentionnelles, une irritabilité, une hyperactivité motrice ou une dépression ne veulent pas forcément dire qu’on a affaire à un TDAH – ni à un trouble bipolaire. C’est vrai chez les mineurs comme chez les adultes.

    La vidéo s’attaque à un problème que les cliniciens voient tous les jours en pratique :Comment faire la part des choses entre trouble de l’humeur et TDAH sans transformer le doute en certitude, que ce soit d’un côté ou de l’autre ?

    L’importance de la trajectoire

    Les symptômes ne suffisent pas pour faire le diagnostic. Il on a plusieurs validateurs externes :

    la chronologie

    le caractère épisodique ou permanent des symptômes

    l’évolution longitudinale du sommeil et de l’énergie

    les antécédents familiaux

    le fonctionnement entre les épisodes

    Il y en a d’autres, mais cette dimension temporelle supplémentaire explique pourquoi deux tableaux proches à un instant donné peuvent terminer sur des décisions pratiques qui n’ont rien à voir.

    Traiter sans fabriquer une fausse certitude

    La question se complique quand on arrive à l’étape de la prescription. Fluoxétine, méthylphénidate, lithium, lamotrigine, quétiapine ou aripiprazole ne sont pas efficaces sur les épisodes de la même façon et ne reposent pas sur le même niveau de preuve – chez l’adulte non plus, d’ailleurs.

    La vidéo montre mon raisonnement, ses limites, ses dangers (car il y en a), et l’importance des parents quand le suivi compte autant que le choix initial.

    Le temps fait le diagnostic.

    À lire aussi – diagnostic différentiel et traitements

    TDAH ou bipolaire ? Comment faire le diagnostic

    TDAH et trouble bipolaire : traitement



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    50 min
  • Une journée au cabinet

    Une journée au cabinet de psychiatrie, en vrac. Je raconte mes consultations de la journée, des choix de traitements et les questions du direct – de la grossesse et du tabac aux TOC, au TDAH, à la rTMS en passant par le post-partum. J’ai modifié les détails qui pourraient permettre d’identifier les patients. Si vous vous reconnaissez, ça n’est pas vous.Enfin, le rappel habituel : ce sont des situations cliniques discutées avec le grand public. Je ne prétends pas donner des règles générales ni des conseils individuels.

    Ce qui se joue en consultation

    Grossesse, tabac, alcool, TOC, TDAH, douleurs polymorphes : les comorbidités sont la règle, et les situations ne rentrent jamais dans une seule case. Je parle des patients que j’ai vus et des questions que ça me pose.

    Traitements et effets indésirables

    Je parle comme toujours des psychotropes – je reste avant tout un prescripteur. Ici, on discute de la varénicline, de la rispéridone, du lithium et de la venlafaxine. On parle aussi de surveillance, d’effets indésirables et de la difficulté de choisir quand on n’a pas d’études pour nous aider.

    Les questions du direct

    On termine avec la rTMS, l’allaitement, le post-partum et la NAC. Certaines réponses sont spontanées. Je garde les nuances et les vérifications scientifiques à part, ci-dessous, sans réécrire ce qui a été dit dans la vidéo.

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    N’oubliez pas la formation de thérapie comportementale dialectique le 19 novembre !

    À lire aussi – lithium et rTMS

    * Lithium les erreurs d’une fiche destinée aux patients

    * Veille scientifique : rTMS, suicide et pharmacogénomique

    Point de vigilance scientifique

    Ma réserve sur la rTMS ne signifie pas qu’aucun essai ne trouve de bénéfice : une méta-analyse d’essais contrôlés contre stimulation simulée rapporte un effet dans certaines dépressions résistantes. Les protocoles et les patients étudiés varient énormément d’une étude à l’autre.L’analyse d’EAGLES ne montre pas d’augmentation significative des événements neuropsychiatriques avec la varénicline chez les participants atteints de troubles psychiatriques ; elle porte surtout sur des patients cliniquement stables et n’aborde pas la question chez ceux qui ont un trouble actuel lié à l’usage de substances.À l’inverse, l’essai randomisé sur la NAC n’a pas montré de réduction globale de la consommation de cocaïne chez les personnes qui en consommaient encore et le signal chez les sujets déjà abstinents était exploratoire.Sur la dépression du post-partum, il faut distinguer le dépistage universel par questionnaire à seuil – que déconseille la recommandation canadienne – des ressources françaises qui présentent l’EPDS comme une aide au diagnostic ou à l’évaluation de la sévérité. Enfin, j’ai un biais personnel contre le dépistage de la dépression du post-partum si c’est pour ne rien faire derrière. J’en ai parlé dans mon bouquin.

    Littérature scientifique – varénicline, rTMS et N-acétylcystéine

    * Neuropsychiatric Safety and Efficacy of Varenicline, Bupropion, and Nicotine Patch in Smokers With Psychotic, Anxiety, and Mood Disorders in the EAGLES Trial – Sécurité neuropsychiatrique et efficacité de la varénicline, du bupropion et des patchs nicotiniques chez des fumeurs présentant des troubles psychotiques, anxieux ou de l’humeur dans l’essai EAGLES.Une analyse secondaire qui ne trouve pas d’augmentation significative des événements neuropsychiatriques sous varénicline ou bupropion dans la cohorte psychiatrique. En pratique, c’est plus nuancé à mon avis – on en a déjà parlé.

    * Efficacy of repetitive transcranial magnetic stimulation (rTMS) adjunctive therapy for major depressive disorder (MDD) after two antidepressant treatment failures: meta-analysis of randomized sham-controlled trials – Efficacité de la rTMS en traitement d’appoint de la dépression majeure après l’échec de deux antidépresseurs : méta-analyse d’essais randomisés contrôlés contre stimulation simulée.Plus de réponses et de rémissions avec la stimulation active. Ce résultat concerne les protocoles et les populations inclus ; ça ne dit rien sur l’ensemble des indications et les autres modalités de la rTMS.

    * A double-blind placebo-controlled trial of N-acetylcysteine in the treatment of cocaine dependence – Essai en double aveugle contrôlé contre placebo de la N-acétylcystéine dans la dépendance à la cocaïne.Le résultat principal est négatif chez les participants qui consommaient encore de la cocaïne. Le signal de prévention de la rechute chez les personnes déjà abstinentes provient d’un sous-groupe exploratoire ; autrement dit, ça pèse pas lourd.

    À lire aussi – abonnés payants : Effet placebo, sertraline et grossesse



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    30 min
  • Dépression : généraliste contre psychiatre

    Un confrère généraliste est venu au cabinet. La question de départ est simple : comment présenter la dépression aux patients sans les noyer sous les informations ? Et comment choisir un traitement sans données pour se guider ?

    D’une explication simple à une vraie prescription

    On compare notre vision des antidépresseurs et des anxiolytiques. La discussion passe aussi par la sertraline, l’agomélatine, la paroxétine, le lithium et les benzodiazépines. Le désaccord porte surtout sur les effets indésirables, la façon d’expliquer les risques et le suivi.

    Savoir prescrire et orienter

    La seconde partie parle des limites concrètes. Quand adresser au psychiatre ? Que faire des recommandations qui ne parlent pas des patients devant nous ? Et que reste-t-il de l’expérience clinique quand les patients et les médecins interrogent l’IA avant la consultation ?

    Mes conseils aux généralistes

    On termine avec ce que je pense essentiel pour la prise en charge de la dépression en médecine générale. J’espère que ça sera bien pris.

    À lire aussi – antidépresseurs et décision clinique

    * Antidépresseurs : les risques à connaître avant de commencer

    * Antidépresseurs et sevrage ce que l’on sait vraiment

    Point de vigilance scientifique

    Plusieurs phrases de la conversation sont volontairement tranchées. Elles ne doivent pas être lues comme des conclusions générales. Les antidépresseurs ont un bénéfice moyen supérieur au placebo chez l’adulte – un bénéfice modeste et hétérogène, mais qui est bien présent. Chez l’adolescent, les données sont plus fragiles, sans justifier la formule « aucun antidépresseur ne marche ». La paroxétine cumule des problèmes de tolérance et de sevrage, mais elle n’est pas la moins efficace.

    Littérature scientifique – antidépresseurs, sevrage et soins primaires

    * Comparative efficacy and acceptability of 21 antidepressant drugs for the acute treatment of adults with major depressive disorder: a systematic review and network meta-analysis – Efficacité et acceptabilité comparées de 21 antidépresseurs dans le traitement aigu du trouble dépressif majeur chez l’adulte : revue systématique et méta-analyse en réseau.Cette synthèse de 522 essais conclut que les 21 antidépresseurs étudiés font mieux que le placebo à court terme. Les différences moyennes entre molécules restent plus petites et la certitude va de modérée à très faible. Une méta-analyse qui a fait le tour du monde en étant très mal interprétée.

    * Maintenance or Discontinuation of Antidepressants in Primary Care – Maintien ou arrêt des antidépresseurs en soins primaires.Dans ANTLER, la rechute à un an concernait 39 % du groupe maintien et 56 % du groupe arrêt. Les symptômes de sevrage compliquent l’interprétation des aggravations précoces. Une autre étude sur le sujet vient de sortir, c’est dans les articles en préparation.

    * Incidence of antidepressant discontinuation symptoms: a systematic review and meta-analysis – Incidence des symptômes d’arrêt des antidépresseurs : revue systématique et méta-analyse.En prenant en compte la part du placebo, les symptômes de sevrage attribuables à l’antidépresseur sont autour de 15 %, avec une hétérogénéité marquée et des formes sévères plus rares.

    * Restoring Study 329: efficacy and harms of paroxetine and imipramine in treatment of major depression in adolescence – Restauration de l’étude 329 : efficacité et risques de la paroxétine et de l’imipramine dans la dépression majeure de l’adolescent.La réanalyse des données ne retrouve pas d’avantage de la paroxétine ou de l’imipramine sur le placebo pour les critères préspécifiés et met en évidence des dommages sous-déclarés dans la publication initiale. Un papier classique.

    * A systematic review of agomelatine-induced liver injury – Revue systématique des atteintes hépatiques induites par l’agomélatine.L’agomélatine est associée à un signal hépatique supérieur au placebo et à plusieurs comparateurs. Son usage impose le calendrier de surveillance hépatique prévu dans le résumé des caractéristiques du produit.

    * Meta-Analysis of Placebo Response in Adult Antidepressant Trials – Méta-analyse de la réponse placebo dans les essais d’antidépresseurs chez l’adulte.Une grande partie de l’amélioration observée dans les bras actifs existe aussi dans les groupes placebo.



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    1 hr 36 min
  • Antidépresseurs : les risques à connaître avant de commencer

    Il y a pas mal de choses à aborder avant de prendre un antidépresseur. Libido, poids, sommeil, émotions… Je reprends les principaux points à discuter avant de commencer le traitement, pendant, et après.

    Les changements qu’on ne voit pas tout de suite

    Dans la vidéo, je parle aussi des changements discrets. Moins d’élan. Moins de désir. Quelques kilos qui s’installent. Je donne des exemples de ce qu’il faut surveiller en consultation et les erreurs qu’il m’arrive encore de faire.

    Pour approfondir la question du poids, j’en parle dans cette vidéo : Pourquoi les médicaments psy font grossir.

    Et si on arrête le traitement ?

    Quand on va moins bien après un arrêt, comment comprendre ce qui se passe ? C’est là qu’on retrouve la question du sevrage, de la rechute et de l’intérêt de poursuivre le traitement. Je reviens sur ce dilemme et sur la discussion qu’il mérite avec le prescripteur. On est très loin des discours simplistes et caricaturaux qu’on voit sur les réseaux. La psychiatrie n’est pas parfaite, mais elle mérite quand même mieux que ça – ou plutôt, les patients le méritent.

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    À lire aussi – Sevrage et risque de virage maniaque

    * Antidépresseurs et sevrage : ce qu’on sait vraiment

    * Antidépresseurs et bipolarité : quel risque de virage maniaque ?

    * Vous pouvez vous abonner aux vidéos de formation sur ce lien.

    Littérature scientifique – poids et arrêt des antidépresseurs

    * Medication-Induced Weight Change Across Common Antidepressant Treatments: A Target Trial Emulation Study – Variation de poids induite par les médicaments selon les traitements antidépresseurs courants : une étude émulant un essai cible Petimar et collègues, Annals of Internal Medicine, 2024 : cette étude compare les évolutions pondérales associées à huit antidépresseurs et montre l’intérêt de distinguer les molécules.

    * Maintenance or Discontinuation of Antidepressants in Primary Care – Maintien ou arrêt des antidépresseurs en soins primairesLewis et collègues, New England Journal of Medicine, 2021 : cet essai compare maintien et arrêt du traitement et documente à la fois les rechutes et les symptômes de sevrage.



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    42 min
  • Ma femme me connaît mieux que moi

    Le Big Five est probablement le modèle de personnalité le plus solide scientifiquement. Si ce modèle n’est pas correct, on peut supprimer tout un pan de la psychologie : le reste n’est pas bon non plus. Dans cette vidéo, je compare mon propre profil à l’évaluation qu’en fait Clara – et réciproquement.

    Que mesure le Big Five ?

    Le Big Five décrit la personnalité sur 5grandes dimensions : le neuroticisme, l’extraversion, l’ouverture à l’expérience, l’agréabilité et la conscienciosité. Il y a aussi des sous-domaines, je vous en reparlerai. Ici, on utilise le test NEO-FFI, qui n’adresse que les 5 domaines. On a rempli le même questionnaire chacun de notre côté, puis en essayant de répondre à la place de l’autre.

    Votre conjoint vous connaît-il mieux que vous-même ?

    Le plus intéressant n’est pas le résultat du test (même si on a parfois des surprises), mais les écarts entre l’auto-évaluation et celle du conjoint. Il y a des dimensions sur lesquelles on est presque parfaitement d’accord. Sur d’autres, beaucoup moins. Attention, il y a un piège. Ce n’est pas parce que les deux parties sont d’accord que c’est vrai pour autant. À l’inverse, ce n’est pas parce qu’il y a un désaccord que l’un ou l’autre a raison.

    Les limites d’un test de personnalité

    Les réponses à un questionnaire de personnalité ne font pas office de diagnostic psychiatrique, et ne prétendent pas non plus être une description exhaustive d’une personne. Il mesure des traits de personnalité relativement larges et permet surtout de structurer la réflexion sur la connaissance de soi. De la même façon, regarder quelqu’un sur YouTube ou lire ses publications peut donner certaines informations sur sa personnalité, mais certainement pas assez pour s’imaginer connaître cette personne – et encore moins lui porter un diagnostic.

    Comment faire le test

    Le document consulté est disponible ici: https://chrisaikenmd.com/wp-content/uploads/2025/01/neo.pdf

    La façon correcte de faire le score est celle-ci:

    Chaque question est notée de 0 à 4:

    * 0 = très faux

    * 1 = un peu faux

    * 2 = moyen

    * 3 = un peu vrai

    * 4 = très vrai

    Il faut ensuite additionner les scores aux questions pour chacun des 5 domaines :

    Les questions marquées marquées d’un astérisque doivent être additionnées à l’opposé (si j’ai 4 à la question, j’additionne en réalité 0, si j’ai 2, j’additionne 2, si j’ai 3 j’additionne 1, et si j’ai 1 j’additionne 3).

    Vous avez ensuite les scores pour chaque domaine.

    Vous avez ici les scores moyens, les valeurs extrêmes et les écarts-types pour chaque domaine:

    Par exemple : 68% des gens ont un score de névrosisme compris entre 25 et 45 (moyenne +/1 un écart-type).

    À vous de jouer !

    Pour ceux qui veulent un récit plus personnel sur la psychiatrie, le trouble bipolaire, l’hôpital et les traitements : mon livre Blouse blanche, idées noires est disponible ici.

    À lire ensuite – personnalité et regard des autres

    * Quels troubles de la personnalité ne devraient plus être dans le DSM ? – Pourquoi les catégories diagnostiques de personnalité ne doivent pas être confondues avec de simples traits de personnalité.

    * La “notoriété” – Sur l’écart entre l’image publique d’une personne et sa réalité quotidienne.

    Sources scientifiques à lire

    * Self- and Observer Reports of Personality – Auto-évaluations et évaluations de la personnalité par des observateurs – Revue de 2025 montrant une concordance élevée entre auto-évaluations et évaluations par des proches, avec des différences selon les traits.

    * Who knows what about a person? The self-other knowledge asymmetry (SOKA) model – Qui sait quoi sur une personne ? Le modèle d’asymétrie des connaissances entre soi et autrui – Un papier qui montre que le meilleur évaluateur dépend du trait : le sujet lui-même peut mieux juger certains traits difficilement observables.

    * Assessing personality using zero-shot generative AI scoring of brief open-ended text – Évaluer la personnalité par cotation zero-shot de courts textes libres à l’aide d’une IA générative – Étude de 2026 montrant qu’un signal Big Five peut être extrait de récits et journaux vidéo, ce qui nuance l’idée qu’aucune information sur la personnalité ne peut être obtenue à partir de contenu public.

    * Why the Big Five personality traits are composites, not common causes: Implications for measurement, prediction, and causal inference – Pourquoi les traits du Big Five sont des composites et non des causes communes : implications pour la mesure, la prédiction et l’inférence causale – Article théorique de 2026 rappelant qu’un score Big Five décrit un ensemble de caractéristiques et ne peut pas être réifié comme une cause unique du comportement.



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    39 min
  • Trouble borderline : pourquoi les relations deviennent si intenses

    Le trouble borderline ne se résume pas aux sautes d’humeur ou aux scarifications. Le Dr Deborah Ducasse (psychiatre spécialisée travaillant au CHU de Montptellier) nous explique pourquoi. On essaie aussi de voir ce qui se passe derrière l’instabilité relationnelle, le sentiment de vide, la peur de l’abandon et la dysrégulation émotionnelle.

    Pourquoi les relations deviennent si intenses

    Une grande partie de la discussion porte sur la manière dont les symptômes se manifestent dans la relation : la peur de perdre l’autre, ce besoin intoxicant de connexions interpersonnelles, les réactions impulsives, la colère, la honte et les comportements qui sont parfois vus comme une simple volonté de manipuler. On préfère regarder leur fonction au lieu de s’arrêter à l’étiquette.

    Ce que la TCD cherche réellement à changer

    On revient ensuite sur la logique de la thérapie comportementale dialectique : apprendre des compétences, sortir du tout ou rien, travailler la pleine conscience et la décentration, mais aussi valider l’expérience d’une personne tout en l’aidant à changer ses comportements. On termine sur les données récentes qui regardent quelles parties de la TCD sont indispensables – c’est important, parce que le dispositif est lourd à mettre en place. Groupes de compétences, coach téléphonique, thérapeute personnel, supervision… ça n’est pas donné à tout le monde.

    Vous trouverez d’autres articles et vidéos sur le sujet en consultant l’index du blog sur les thérapies – TCC, pleine conscience, etc.

    La TCD a changé ma vie et ma pratique. Je l’ai mise en place seul (du moins, je m’en suis inspiré) et c’est pour ça que je fais une formation dessus.

    Le 19 novembre, de 9 h à 18 h, je vous montre comment l’intégrer dans votre quotidien – que vous soyez patient, soignant ou proche.

    On abordera la régulation émotionnelle, la tolérance à la détresse, l’efficacité interpersonnelle et les outils pratiques de la TCD – des compétences indispensables bien au-delà du trouble borderline.

    La formation est réservée aux membres fondateurs. Ils auront accès au replay, qui s’ajoutera aux 20 heures de formations déjà disponibles.

    À bientôt !

    À lire aussi – Traitement du trouble borderline

    * Trouble borderline : ce qui compte vraiment pour le diagnostic

    * Thérapie du trouble borderline : une introduction pratique à la prise en charge du trouble borderline.

    * La DBT : comprendre et réguler ses émotions

    Littérature scientifique – TCD et trouble borderline

    * Stand-alone dialectical behavior therapy skills training for borderline personality disorder: A systematic review and meta-analysis – Entraînement autonome aux compétences de thérapie comportementale dialectique pour le trouble de la personnalité borderline : revue systématique et méta-analyse. 7 études dont 5 méta-analysées, qui montrent des améliorations pré–post importantes mais hétérogènes.

    * Dialectical Behavior Therapy vs Schema Therapy for Patients With Borderline Personality Disorder: The BOOTS Multicenter Randomized Clinical Trial – Thérapie comportementale dialectique versus thérapie des schémas chez des patients présentant un trouble de la personnalité borderline : essai clinique randomisé multicentrique BOOTS. Chez 204 patients suivis trois ans, aucune supériorité n’est retrouvée entre TCD et thérapie des schémas et les deux groupes s’améliorent fortement. Un papier qui a été largement cité.



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  • Paroxétine (Deroxat) : effets secondaires, prise de poids et sevrage

    La paroxétine est un antidépresseur de la famille des ISRS. Mais tous les antidépresseurs ne se ressemblent pas, notamment en matière d’effets indésirables. Retrouvez plus d'information sur le blog : michaelsikorav.com



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  • La HAS n’a pas lu les études du brexpiprazole

    Pourquoi la HAS a refusé le remboursement du brexpiprazole

    En 2025, la Haute Autorité de santé a estimé que le service médical rendu (SMR) du brexpiprazole était insuffisant dans la schizophrénie. Encore un traitement dont on ne verra pas la couleur. Leur argument : le brexpiprazole n’a rien d’une révolution, et le dossier n’a pas montré de supériorité face à un comparateur actif. Le problème, c’est que les études ne sont pas faites contre un comparateur actif, mais contre du placebo.

    En plus de ça, les échanges publics de la Commission interrogent : les données ont-elles été lues et discutées avec la même exigence que celles des anciens antipsychotiques. Le contraste le plus difficile à défendre reste celui du Tercian (cyamémazine), largement utilisée malgré un niveau de preuve inexistant. Le problème est détaillé dans Cyamémazine (Tercian) : quelles études chez les jeunes ? et ailleurs – vous savez à quel point ça m’agace.

    PANSS, symptômes négatifs, et paradoxe du Tercian

    Contrairement à ce qu’ont dit les “experts”, les essais du laboratoire fabricant comportaient bien des résultats sur la sous-échelle négative de la PANSS. Je ne dis pas que le brexpiprazole est plus efficace qu’un autre dans les symptômes négatifs. Mais les experts de la HAS ne peuvent pas dire que nous n’avons pas de données sur cette question.

    J’avais déjà repris le dossier en détail dans Le brexpiprazole et la HAS.

    À lire aussi – les “experts” et les preuves en psychiatrie

    * Experts en psychiatrie : placebo, schizophrénie et preuves (1)

    * Experts en psychiatrie : les sources à l’épreuve (2)

    Littérature scientifique – l’efficacité du brexpiprazole dans la schizophrénie

    * Efficacy and Safety of Brexpiprazole for the Treatment of Acute Schizophrenia: A 6-Week Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial – Efficacité et tolérance du brexpiprazole dans la schizophrénie aiguë : essai randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo pendant six semaines. Cet essai pivot retrouve une amélioration de la PANSS totale face au placebo. On a aussi les données pour la sous-échelle négative, mais c’était une analyse secondaire.

    * Efficacy and Safety of Brexpiprazole as Maintenance Treatment in Adults with Schizophrenia: a Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Study – Efficacité et tolérance du brexpiprazole en traitement d’entretien chez l’adulte atteint de schizophrénie : essai randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo. Après stabilisation sous brexpiprazole, les patients randomisés vers le placebo rechutaient davantage, d’où l’arrêt anticipé de l’essai. Attention, c’est encore une étude de maintenance avec un échantillon enrichi.



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Psychiatrie clinique, psychopharmacologie, neurosciences et lecture critique de la littérature scientifique. Par le Dr Michael Sikorav, psychiatre

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