nous sommes en 2025 et cela fait cinq ans que j’ai réalisé ce qui aurait pu être un chef d’œuvre, malheureusement il est vrai qu’on laisse faire pas mal de choses à des gens qui sont plus proches d’êtres des inconnus et des gens qui font semblant d’êtres des amis pour être dans les meilleurs filons. il est vrai cependant qu’il y a cinq ans, au moment du tournage de ce film, je me suis réveillée brutalement d’un cauchemar qui était en fait, ma réalité. cependant, après cette pénible introduction je dois boire un peu d’eau et passer au fond de ma pensée qui s’annonce absolument problématique.
j’ai longtemps envisagé ma carrière cinématographique différemment, je crois que depuis que je sais que je veux faire des films, j’ai eu trente carrières différentes. l’une d’elle était d’ailleurs sacrifiée sur l’autel du remake avec un projet de remake de Psycho. l’une de ces carrières m’imposaient dix films, un faquin a trouvé l’idée géniale et la reprise (et maintenant il doit se trouver bien con). je crois qu’actuellement je suis arrivée à la carrière qui fait le plus de sens ; celle de l’impact.
parce qu’il est vrai que cette potentielle nouvelle carrière, basée sur l’impact, vient progressivement d’un ras le bol et d’une volonté quasi viscérale de changement - aussi bien dans ma vie, d’une certaine façon, que dans mon envie de cinéma, que dans le monde du cinéma en générale. lorsque j’ai lancé le projet La Medusa, c’était aussi pour voir si d’autres personnes étaient alignées avec cette volonté de bousculer ce beau monde et apparemment c’est le cas… cependant je pense qu’une personne assez borderline doit se sacrifier et je crois que je n’ai aucun autre choix.
je me rappelle du confinement, de mon master et de mon empressement pour faire des images mobiles avec des jolies lumières et des stroboscopes qui auraient probablement pu tuer quelques personnes si ces films (ou expérimentations) avaient été diffusés dans une salle de cinéma. je me suis retrouvée dans une crise identitaire et existentielle assez violente et j’ai décidé de faire quelque chose de profondément inutile : “reprendre ma vie en main”. ma vie n’avait pas à être reprise en main, car contrairement à la légende, tout va bien pour moi, si ce n’est que je suis profondément traumatisée par différentes expériences traumatisantes, mais à part aller voir un psy, je ne sais pas ce qu’il y a reprendre en main. beaucoup de mots pour dire que j’ai découvert l’ouvrage “Discover Your Dharma: A Vedic Guide to Finding Your Purpose” écrit par Sahara Rose. scam ou pas, ce livre m’a profondément aidé à un moment de ma vie où j’étais fragile et où je songeais abandonner ce qui est censé être ma raison de vivre (le cinéma). bref, j’vous la fait courte, j’suis censée slaaaaaaayyyy alors qu’est ce que je fous de ma vie actuellement? ça fait cinq ans que j’essaye de mettre en place des projets et à chaque fois, les projets tombent à l’eau parce qu’à la moindre poussière de conneries, j’abandonne ou j’me fais abandonner le projet. en toute honnêteté, pas grave. pas de problème. ces projets étaient sûrement foireux et accidentellement j’ai toujours eu des gens qui se sont révélés giga problématiques impliqués dans ses projets… après j’ai le sentiment qu’en 2025 faut vraiment se battre pour pas impliquer des abrutis dans ses projets, d’où le fait que je galèèèère comme jamaaaaiiis (faut chanter).
est-ce qu’on pourrait revenir, s’il te plaît, au fond du fond de ta pensée, parce que tu digresses, digresses, encore et encore…
je disais, le sacrifice. je ne vois pas le concept de sacrifice comme fondamentalement négatif, je l’envisage plus comme un acte à faire, car personne d’autres ne le fera. c’est un peu ça. là, vous pouvez vous poser des questions sur mon égo. alors déjà, réponse courte, simple : signe lunaire et solaire : verseau. ascendant : vierge. le chaos. juste ça. je ne suis pas comme les autres et c’est ok et peut-être qu’au moment où j’écris ça, j’ai fait ma première nuit complète depuis une semaine et je suis en pleine psychose, va savoir. cependant, il est quand même nécessaire que le monde dans lequel nous évoluons actuellement devrait tous nous envoyé en thérapie pour de nombreuses années si on ne succombe pas à la douce mélodie du suicide.
ce qui suit vient d’une longue réflexion que j’ai eu récemment alors que j’avais environ 10g d’alcool dans chaque bras : le vrai problème que nous avons, vous et moi (si tu veux faire des films), c’est qu’il n’y a qu’un seul chemin pour faire des films qui seront vu, qui iront en salles, qui auront une distribution potentielle… un seul chemin et ce foutu chemin est bouché en plus d’être pourri. tu veux faire un film ? bon courage ma belle, je sais pas comment tu vas faire, mais bon courage ma belle, soutien profond. peut-être qu'à force de dire “olalala c’est compliqué de faire des films” tous les connards qui m’ont dit ça, on collectivement manifesté la fin de nos carrières avant leur commencement ? je dois dire que j’en ai pas mal marre du cinéma traditionnel, de ces obligations pour percer, être vu, écouté, pour ne serait-ce que pitcher son projet de scénario qui sera massacré par un random connard lors d’une commission ? si déjà on arrive jusque là. je crois que j’ai un égo trop surdimensionné pour accepter qu’un mec en cdd que je ne connais ni d’eve ni d’adam, payé au smic, me dise que mon film va pas se faire, va te faire foutre jean connard, t’auras pas mes larmes, tu peux pas me blesser, tu m’atteins pas, c’est pas parce que tu travailles au cnc ou je sais pas où que t’es mieux que moi. OH. on se calme. je bois un peu d’eau , hydratez vous, tous, sauf toi jean connard, tu peux mourir déshydrater je m’en fous.
un seul chemin. je ne devrais pas partir dans des métaphores de guerre, mais mon daron est un ancien militaire et j’ai passé toutes mes vacances sur les plages du débarquement en normandie, donc, est-ce que ça me donne une excuse ? oui. tactiquement, quand on a qu’un seul chemin pour allez sauver des pauvres gens ou défoncer des méchants, on a pas trop le choix que de réfléchir à comment on va survivre potentiellement à ce qui nous attend sur ce seul chemin. des fois, faut juste y aller, tant pis si on prend une balle, si marcel, ton pote de guerre survit pas, tant pis si malheureusement il est pas le seul, tant pis si tu seras traumatisé à vie, t’as pas le choix de foncer. OU alors tu fais tout péter. pourquoi, s’emmerder, quand on pourrait tout simplement tout bombarder, tant pis si tes potes de guerre meurent, des ennemis meurent, des pauvres gens meurent, il y aura toujours des survivants, et peut-être que même toi tu survivras pas, mais l’important c’est pas comment on y arrive, c’est le résultat.
lorsque j’ai écrit le manifeste de La Medusa, j’hurlais que ce que je voulais, c’était faire des films différents, différemment. j’ai pas vraiment réfléchi, la pensée vient avant les actions. maintenant je me demande comment. des films différents, tous le monde en fait, mais personne ne les voit. alors je me suis dit qu’il fallait les montrer. alors on a organisé des projections. bien évidemment, les films qui prenaient pas mal de risques étaient mis sur le bas côté car il fallait une cohérence… ce qui m’a pas mal emmerdée, surtout cette année. alors je me suis dit qu’une soirée de projection, ce n’était pas assez, il fallait faire plus. c’est pour ça que je veux faire un festival ou quelque chose qui s’apparente à un festival. ça peut paraître fou, perso je m’en fous. c’est pas plus compliqué qu’organiser une soirée de projection et je pense que j’ai fait bien plus compliqué dans mon existence. faire des films différents, différemment, c’est bien, mais il faut les montrer et qu’on les regarde.
montrer des films différents, différemment, c’est bien. et moi, où j’me sacrifie? déjà en faisant passer la carrière des autres avant la mienne ? en abandonnant chaque projet dès que quelque chose cloche ? en mettant des siècles à refaire un film, du coup. encore dans le creux de la vague à l’heure actuelle, un peu peur de la gueule de la vague cependant, peut-être que ça sera une petite vague ou une giga grosse vague, genre comme celles à Hawaii là… dans ce cas, ouh ouh chemin détruit, noyé aussi, par la même occasion, fuyez. en tout cas, étonnement je crois en moi, comme jamais. je crois que j’ai enfin trouvé ce que je fous là et je pense que j’ai enfin trouvé ma carrière cinématographique. je ferais des films quand je pourrais, quand l’idée ne me quittera pas, quand mes règles et conditions seront respectées, quand jean connard sera mort déshydraté et que l’impact sera possible.
d’ailleurs, je ne sais pas pourquoi je vais en parler ici, mais je vais le faire quand même. j’ai fait ce rêve, je ne sais combien de fois, ce qui est terrifiant. j’ai rêvé que je faisais un film en live. une salle de cinéma blindée, un film tourné en plan-séquence et en live. c’est quoi ce bordel. c’était du génie. je pense que c‘est un signe. personne est assez MALADE pour risquer de foirer un truc pareil. moi je m’en fous. je m’en sors toujours. je gagne toujours.
xoxo
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