Anne Rouet : Itinéraire d’une voix de FIP.
De toutes les stations de radios, FIP est une des plus mythiques. Les mots prononcés par ces voix enchanteresses en ont fait fantasmé plus d’un.e. FIP nous apprenait aussi de nouvelles sonorités, élargissant notre horizon musical. En décembre 2020, les antennes FIP en région cessaient d’émettre sur la vois des ondes. Radio-Châteaubriant recevait Anne Rouet qui fut à l’origine, une des voix de FIP Nantes.
Bonjour, nous allons passer l’après-midi avec Anne Rouet, qui vient nous parler de radio. Alors Anne, dans ta vie professionnelle. Dans ta vie radiophonique, tu as mené combien d’interviews ?
Houla, j’ai pas compté, je n’ai pas compté ! Je suis pas restée très longtemps à Radio-France pour interviewer les gens. J’ai dû rester un an et demi, deux ans. Mais j’ai interviewé des gens tous les jours, tous les jours, du lundi au samedi et plusieurs heures dans la même matinée. Mais voilà, j’ai pas compté. Il y a des personnes qui m’ont marqué plus que d’autres. Que ce soit des chanteurs, des historiens, des écrivains, des sportifs, principalement des gens de la voile, du milieu de la voile.
Fin 2020, FIP Nantes s’arrêtait. Ça te dit quelque chose ?
Un peu…Moi , c’était pas FIP, c’était FILA, France-Inter, Loire Atlantique…
France Inter, Loire Atlantique. Mais qui est-ce qui s’en souvient ?
Je ne sais pas,… Moi, c’est sûr. Et quelques très anciens auditeurs, je ne dis pas vieux. J’ai dit anciens.
Ça a débuté quand alors ?
En 74,… en avril 74. Donc, FIP… FILA est né. Et c’était sur l’île Beaulieu, à Nantes,
Depuis 1970 Roland Dhordain avait mis en place FIP Paris ?
France-Inter Paris, qui était principalement destiné à encourager les personnes qui étaient dans les bouchons sur le périph en leur disant leur susurrant des jolies petites phrases sympas.
On en a un bel exemple dans ” Elle court, Elle court la banlieue” avec Jacques Higelin…
Oui,…Absolument. Oui, c’est un beau film
Qui est à l’origine de FIP Nantes ?
Jean Garreto et Pierre Codou, qui étaient des gros créateurs sur France-Inter, de l’Oreille en coin, entre autres, de FIP qui étaient des garçons vraiment très créatifs et qui sortaient un peu de l’ordinaire. Parce qu’à l’époque, il n’y avait pas beaucoup de radios. Il y avait France-Inter, Bien sûr. Et puis France-Culture, France-Musique. Et puis les radios périphériques, c’est à dire RTL qui s’appelait pas encore RTL et Europe numéro 1.
Il y avait Codou et Garetto, et également une collaboratrice dont on ne parle jamais ?
Lucette Aléo… parce qu’on n’en parle jamais…C’est vraiment une personne que j’ai beaucoup appréciée et qui a su vraiment nous lancer, nous, ..les filles, les speakerines de FILA.
Tu débarques en 1974, dans le contexte 1974…
Oui, on n’était pas loin encore de 68. On était. C’était chouette. C’était une belle vie, même. Je ne suis pas…Je ne vais pas dire c’était mieux avant. Non, non, pas du tout. Mais on était libres. On était joyeux, surtout.
On peut dire joyeuses. Parce que c’était essentiellement des femmes.
Oui, mais les messieurs étaient joyeux aussi. On était que des que des filles. Mais on arrivait dans un monde d’hommes parce que la maison à Beaulieu, à Nantes, il y avait la télé. Il y avait Radio Pays de Loire et c’était ça doit être 99% d’hommes. A par les secrétaires, il n’y avait pas grand de femmes.
Qui est ce qui t’appelle pour parler dans le poste ?
J’avais postulé à l’époque, on postulait, on avait tout de suite un emploi, ou presque. Et puis là, j’ai eu la chance parce que c’était l’ORTF Nantes. J’ai eu la chance que FILA se crée à ce moment là. Donc, j’ai été convoquée à une audition. Et puis voilà.
L’audition se passait comment ?
On avait des textes avec des petits pièges.