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Pour des personnes non initiées comme je le suis au monde de la science-fiction, plus communément appelé (SF), penser à la place prépondérante du religieux dans ce genre littéraire et artistique n’a rien d’évident. Je ne sais pas vous mais Lorsque j’entends science-fiction, j’imagine tout de suite des univers futuristes, où les humains cohabitent avec des vies extraterrestres, des robots, sur des planètes d’autres galaxies. Pourtant, en préparant cette émission, je me suis vite rendu compte que les religions et les spiritualités sont souvent des pierres angulaires des récits de SF. Le cas le plus éloquent est peut-être celui de Dune, roman de Frank Herbert, paru en 1965. Ce nom vous dit peut-être quelque chose, il est récemment revenu au centre de l’actualité, avec la très attendue adaptation cinématographique de Denis Villeneuve, faisant suite à une première adaptation au cinéma de David Lynch en 1984. Le cycle romanesque Dune use de façon explicite le vocabulaire religieux dans les titres de certains des romans qui le compose : Le messie de Dune ; L’Empereur Dieu de Dune ou encore Les Hérétiques de Dune. Frank Herbert n’est évidemment pas le seul à laisser une place importante aux thématiques généralement associée au religieux. D’autres auteurs et autrices ont développé des récits faisant référence de façon plus ou moins explicite à des mythes religieux, je pense ici à Esther Rochon, James S.A Corey, Phillip K. Dick, Dan Simmons, Ursula Le Guin ou encore Clifford D. Simak. La liste est évidemment très loin d’être exhaustive, et souligne à quel point la SF, depuis ses origines, semble avoir intégré des questionnements spirituels tels que ceux inhérent à la mort, la transcendance, le sens de la vie, la condition humaine.
Mais alors, comment la science-fiction aborde-t-elle la question religieuse ? Qu’est-ce que la SF a à dire sur le religieux ? Quelles sont les spécificités de l’œuvre science-fictionnelle qui font de ce genre littéraire un outil propice à des questionnements d’ordre religieux et spirituels ?
Pour aborder ces questions, Sara Teinturier sera l’invitée de cette émission. Chargée de cours à l’Université de Sherbrooke, chercheure associée au SODRUS, elle vient récemment de publier un chapitre co-écrit avec David Koussens intitulé « Les religions dans Dune : émanciper l’ordre politique et la paix galactique » dans l’ouvrage collectif dirigé par Isabelle Lacroix, Les enseignements de Dune, publié aux Presses Universitaires du Québec en 2020.
Si les expériences de conversion religieuse sont des objets d’études privilégiés des en sciences des religions, celles des déconversions le sont beaucoup moins. Les situations de déconversions représentent pourtant des moments charnières pour les individus qui les vivent. Ces personnes peuvent vivre de la détresse intense, émotionnelle ou cognitive. Elles peuvent être appelées à redéfinir leurs liens d’appartenance, à changer d’emploi, de partenaire de vie. Le parcours de certaine personne peut aussi être parfois plus dramatique, les menant jusqu’au suicide.
Ces parcours divers s’ancrent dans un contexte bien spécifique de pluralité religieuse, de société sécularisée, impliquant perte de sens, recherche de soi, mise à distance personnelles des croyances, pouvant conduire à remettre en question une appartenance religieuse, C’est ici que prend tout le sens de la liberté de religion, liberté de croire ou de ne pas croire, de quitter une appartenance religieuse.
Dans cet épisode, nous allons donc nous demander quels sont les enjeux sociologiques psychologiques, et juridiques de la déconversion. Qu’est-ce que cela implique de changer son rapport personnel aux croyances ? Dans quel contexte social s’ancrent les expériences de déconversion ?
Tout cela, nous allons l’aborder avec mes deux invités, Raphaël Mathieu Legault-Laberge et Mélanie Gagné. Raphaël Mathieu Legault-Laberge est titulaire d’un doctorat en Études du religieux contemporain de l’Université de Sherbrooke. Spécialiste des sciences humaines des religions, posant un regard multidisciplinaire sur le religieux, ses recherches portent avant tout sur les groupes anabaptistes du Canada. Chercheur partenaire et coordonnateur du Centre de recherche Société, Droit et Religions de l’Université de Sherbrooke. Mélanie Gagné est détentrice d’une maîtrise en étude des pratiques psychosociales de l’Université du Québec à Rimouski. Après avoir vécu une expérience de déconversion, elle en a fait son sujet de spécialisation. Aujourd’hui, elle travaille en accompagnement humain, elle enseigne, écrit et présente des conférences. Ils viennent nous parler tous les deux également d’un ouvrage collectif à paraitre incluant des récits de déconversions.
Traiter de l’histoire des femmes et des féminismes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, c’est se confronter à beaucoup de présupposés. Les pays où le référent musulman est majoritaire sont en effet souvent perçus comme un seul bloc monolithique, au sein desquels la pluralité d’identités n’existerait pas. Selon cette logique, est considéré musulman toute personne née dans un pays musulman. L’islam est aussi souvent présenté par ses détracteurs-trices comme étant une religion n’assurant pas l’égalité des sexes et ne favorisant pas une pleine émancipation des femmes. Plus globalement, un certain nombre de féministes considèrent la religion et tout particulièrement l’islam, comme incompatible avec ces idéaux. La lutte pour l’égalité des sexes passerait donc nécessairement par une mise à distance du religieux. De l’autre côté, un certain nombre de musulman-e-s considèrent qu’il s’agit d’une occidentalisation de l’islam et appréhendent la pensée musulmane comme un cadre défini, qui serait hostile à toute dynamique de renouvellement et de relecture. Les féminismes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient semblent donc se heurter à un même essentialisme, celui qui conçoit l’islam comme une réalité statique, fondamentalement dogmatique, sexiste dans son essence et le féminisme comme modèle unique, symbole d’une modernité occidentale normative. Cette logique nie aussi les féminismes qui ne s’inscrivent pas dans un cadre religieux, mais dans une approche laïque, tirant sa légitimité de l’universalité des droits de la personne.
Pourtant, des revendications à caractère féministe, c’est-à -dire de contestation de la domination masculine, existent depuis bien longtemps dans les pays musulmans. C’est ce que les travaux de mon invitée Osire Glacier Hadouche démontrent. Professeure d’histoire et de sciences politiques à l’Université Bishop’s, chercheure associée au SODRUS, ses travaux de recherche portent sur l’histoire des femmes au Maroc en particulier, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en général. Elle met en exergue comment les construits de la sexualité et des corps féminins et masculins produisent la dépréciation des femmes et de leur contribution à leur société. Ses deux derniers ouvrages, « Femmes, Islam et Occident » et « Le sexe nié. Féminité, Masculinité et Sexualité au Maroc et à Hollywood » parus aux éditions Pleine Lune en 2018 et 2019 vont venir nourrir les réflexions développées dans cette émission.
Comment se pensent, s’articulent et se développent les réflexions autour de la question de l’égalité des sexes dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ? Comment se définissent les féminismes dans les pays musulmans ? Qui les portent, les produits ? Quelles perspectives quant à la manière de poser le lien entre femmes, féminismes et islam ? Peut-on réellement concilier féminisme et religion ? Tout cela, nous allons l’aborder dans cette émission avec Osire Glacier Hadouche.
« Je suis l’élu ». C’est en ces termes que se présentait Donald Trump lors d’une conférence de presse le 21 août 2019 pour défendre sa guerre commerciale contre la Chine. Le désormais ex-président américain, bien qu’à l’heure où nous enregistrons ce podcast, il n’a toujours pas reconnu sa défaite, n’avait pourtant rien d’un saint sur le papier. Cela n’a cependant pas empêché une large majorité de chrétiens blancs de confession évangélique de soutenir ardemment le businessman, en participant amplement à sa victoire de 2016, où 80% d’entre eux avaient voté pour lui. Quatre ans de présidence Trump plus tard, ces soutiens de poids ont certes échoué à faire réélire leur candidat favori, mais ils pourraient continuer à influer sur la vie politique américaine à l’avenir.
Alors qui sont ces personnes que l’on nomme dans la catégorie fourre-tout chrétiens évangéliques ? Quelles sont les différentes composantes de ce groupe qui représente quelques 110 millions d’américains ? Comment elles et ils ont progressivement pris l’ascendant politique, médiatique et religieux au sein de la droite conservatrice américaine ? Quel est le poids religieux de ces groupes dans le reste du monde ?
Pour répondre à ces questions, je reçois André Gagné, professeur titulaire au département d’études théologiques de l’Université Concordia à Montréal. Il vient de publier cet automne 2020 un ouvrage intitulé « Ces évangéliques derrière Trump » chez Labor et Fides. Il s’intéresse tout particulièrement aux néo charismatiques pentecôtiste, un groupe évangélique qui a compté parmi les plus fervents et fidèles soutient à Trump. C’est la mouvance religieuse qui a la plus forte croissance au sein du christianisme aujourd’hui. En 2050, elles et ils seront plus d’un milliard sur Terre. Alors autant mieux les connaitre dès à présent.
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