À l’approche des municipales 2026, Jordan Puissant, tête de liste Unis pour Castanet, affine son projet pour Castanet-Tolosan. Après avoir détaillé ses positions sur la sécurité et la fiscalité, il développe une ligne directrice qu’il résume en un mot : anticipation. Écoles, lycée, urbanisme, seniors, mobilités, démocratie locale… Le candidat entend « préparer la commune aux dix ou quinze prochaines années ».
L’entretien débute par une réaction à l’actualité nationale, marquée par la mort de Quentin, un militant présenté comme proche de la mouvance ultra-droite, agressé lors d’une manifestation politique. L’affaire a suscité une vive émotion. Plusieurs membres de la « Jeune Garde », milice se revendiquant antifasciste ont été placés en garde à vue, parmi lesquels un collaborateur parlementaire du député Raphaël Arnault, fiché S et élu de La France insoumise.
Sans entrer dans le détail judiciaire, Jordan Puissant condamne fermement les violences. « C’est peinant de voir que des militants qui expriment leurs idées puissent se retrouver à mourir pour ces idées. C’est un mauvais signal envoyé à la démocratie en France. » Il estime que cet événement doit interpeller l’ensemble des responsables politiques : « On devrait tous lutter contre la violence en politique, sans ambiguïté. »
Le candidat élargit ensuite la réflexion aux alliances locales à gauche, dans un contexte où La France insoumise fait régulièrement l’objet de controverses nationales, notamment sur des accusations d’antisémitisme ou de complaisance idéologique avec certaines mouvances islamistes. « En lisant la presse, j’ai vu que l’ancien adjoint, Monsieur Pascal Chicot, évoquait le fait que certains membres insoumis porteraient des idées radicales sur la commune. Lesquelles précisément ? Je le laisse libre de le préciser. »
Pour le candidat, ces éléments alimentent un climat qui appelle à la prudence : « En tout cas, je pense qu’il faut être très vigilant sur ce genre de choses et faire en sorte que le débat politique, le débat démocratique, puisse se faire dans de bonnes conditions. »
Moderniser les écoles, impulser un lycée
Sur le fond, l’éducation constitue l’un des piliers du programme de la liste Unis pour Castanet. La commune compte quatre groupes scolaires, dont certains bâtiments, selon lui, nécessitent davantage qu’un simple rafraîchissement.
Il reconnaît les rénovations énergétiques engagées ces dernières années, mais considère qu’« il faut aller plus loin qu’une amélioration ponctuelle ». Son projet prévoit la rénovation intégrale de deux groupes scolaires dès le premier mandat, en priorité Dolto et Danton.
À Dolto, il évoque « des performances énergétiques encore perfectibles ». À Danton, il pointe des bâtiments préfabriqués anciens « qui ne correspondent plus aux usages modernes ». L’objectif est d’améliorer les conditions d’apprentissage tout en intégrant pleinement les enjeux environnementaux. « On doit offrir aux enfants des équipements dignes et adaptés, tout en maîtrisant nos consommations d’énergie. »
Autre ambition : la création d’un lycée. Le candidat rappelle que la décision appartient à la Région, mais estime que la municipalité doit jouer un rôle moteur. « Le maire ne décide pas, mais il peut impulser. » Selon lui, la croissance du bassin de vie justifie ce projet et les déplacements vers les lycées environnants restent contraignants pour de nombreuses familles.
Pour rendre l’initiative crédible, il se dit prêt à engager la commune dans la réalisation des équipements sportifs nécessaires. « Si la Région veut créer un lycée, elle a besoin d’une commune partenaire. Nous sommes prêts à assumer cette part d’investissement. »
Interrogé sur le risque d’attirer de nouveaux habitants, il tempère : « Les réserves foncières sont limitées. Nous ne prévoyons pas de grandes zones résidentielles supplémentaires. Les terrains disponibles doivent d’abord servir à des équipements publics. »
Anticiper le vieillissement de la population
Autre enjeu identifié : le vieillissement démographique. « La population vieillit partout, Castanet n’y échappera pas », souligne-t-il. Il regrette l’absence d’établissement d’accueil pour personnes âgées dépendantes sur la commune et évoque des places « rares et difficiles à obtenir » dans les villes voisines.
Il plaide donc pour l’implantation d’un EHPAD à Castanet, ainsi que pour le développement d’une maison de santé pluriprofessionnelle. « Nous avons des médecins, mais certaines spécialités affichent des délais d’attente importants. Il faut élargir l’offre. »
Urbanisme : rechercher un nouvel équilibre
Sur la question du logement, Jordan Puissant souhaite rouvrir le débat autour de la règle imposant jusqu’à 85 % de logements sociaux dans certains projets. Il insiste sur le respect de la loi SRU et ne remet pas en cause la nécessité de produire du logement social. « Il faut du social, c’est une obligation légale et une exigence de solidarité. »
Mais il estime que les proportions actuelles peuvent créer des déséquilibres. « Notre responsabilité, c’est d’assurer une vraie mixité dans chaque quartier. » Il évoque également les coûts d’accompagnement pour la collectivité et appelle à définir des « proportions plus adaptées », sans avancer de chiffre précis à ce stade.
Mobilités : préparer l’arrivée du métro
La question des transports constitue un autre axe structurant. L’arrivée du métro à Labège-La Cadène, selon lui, va modifier en profondeur les flux de circulation. « L’arrivée du métro va déporter du trafic vers ce terminus. Or la route est déjà saturée. »
Il défend la mise en place de voies en site propre pour les bus, le développement des mobilités cyclables et la déviation de la RD 813 afin de soulager l’hypercentre. « L’objectif est simple : simplifier la circulation et anticiper, plutôt que subir. »
Il évoque également une réflexion à mener, avec l’État et l’intercommunalité, sur une connexion autoroutière cohérente avec le pôle multimodal. « On ne peut pas laisser la situation se dégrader davantage aux heures de pointe. »
Écologie transversale et nouvelle méthode participative
Face aux critiques sur la place de l’écologie dans son programme, le candidat répond sans détour : « L’écologie n’est pas un slogan chez nous, c’est un principe transversal. » Performance énergétique des bâtiments, urbanisme maîtrisé, mobilités repensées, création d’un nouveau parc public : il défend une approche intégrée.
Sur la démocratie participative, il estime que le dispositif actuel « manque de lisibilité et de visibilité ». Il propose la création d’une instance unique structurée autour du tissu associatif. « Il faut aller vers les habitants, pas attendre qu’ils viennent. » L’idée est de passer d’une participation passive à une démarche proactive.
Fiscalité : une baisse progressive
Enfin, sur la fiscalité, Jordan Puissant confirme son engagement à réduire progressivement la taxe foncière. « Nos investissements sont budgétés et réalisables », assure-t-il, en précisant qu’ils ont été calculés sans dépendre d’hypothétiques subventions.
La baisse se ferait de manière progressive afin de ne pas fragiliser le budget communal. « L’idée n’est pas de déstabiliser le fonctionnement, mais de maîtriser les dépenses pour permettre une diminution corrélative de l’imposition. »
À mesure que la campagne s’intensifie, Jordan Puissant cherche ainsi à installer son image : celle d’un candidat qui veut « anticiper » plutôt que subir, en rééquilibrant développement urbain, équipements publics et gestion financière. Reste désormais à confronter ces orientations aux propositions de ses adversaires dans les semaines à venir.