Le bas-monde, tel que le décrit al-Ghazâlî, n’est pas seulement un lieu où l’on vit : c’est une épreuve permanente. Il séduit par son apparence, rassure par ses habitudes, enchaîne par ses promesses. Celui qui s’y attache croit y trouver la sécurité, alors qu’il s’expose à l’inquiétude. Car ce monde ne garantit rien : ni la stabilité, ni la reconnaissance, ni la permanence.
Al-Ghazâlî montre que le danger ne réside pas dans le fait de vivre ici-bas, mais dans le fait d’y installer son coeur. Lorsque l’âme fait du monde sa demeure, elle redoute la perte, craint le manque, s’agite à chaque changement. Le bas-monde devient alors une source constante d’angoisse, car il est, par nature, instable et changeant.