Revue de presse des hebdomadaires français

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Revue de presse des hebdomadaires français episodes

  • À la Une: les mesures d'économies annoncées pour le budget de l'année 2026

    Gel des dépenses de l'État, non remplacement d'un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, une coupe de cinq milliards dans les dépenses de santé. Le Premier ministre François Bayrou a annoncé un plan destiné à économiser près de 44 milliards d'euros pour limiter le déficit public. « Des mesures simples, voire simplistes, fustige Le Point dans son éditorial. En tout cas rapides à mettre en œuvre ». L'hebdomadaire déplore l'absence de réforme annoncée. Un sentiment que partage le Le Journal du Dimanche : « Quand s'attaquera-t-on aux dépenses de l’État ?»  se demande le média qui pointe le risque à terme d'une dégradation de la note de la France sur les marchés financiers, ce qui obligerait le pays à emprunter à des taux plus élevés.

    « Des mesures qui visent les classes moyennes et les plus modestes », écrit Le Nouvel Obs qui recense plusieurs mesures comme le gel des prestations sociales « qui laissent effectivement à penser que les classes populaires seront bien plus mise à contribution que les Français les plus riches ».

    Marianne, de son côté, déplore que le Premier ministre demande « des efforts aux français, aux plus âgés notamment, sans leur expliquer pourquoi le pays s'est enfoncé dans les déficits ? Sans exercer un droit d'inventaire sur les orientations du président de la République ? »

    S’attaquer au déficit public

    L'Express consacre tout un dossier au déficit public et s'interroge : « Pourquoi les autres font mieux que nous ? ». La France est l'un des plus mauvais élèves en la matière en Europe, elle « s'endette désormais à des taux plus élevés que le Portugal, l'Espagne et la Grèce ».

    L'Italie qui a longtemps traîné une mauvaise réputation est parvenue à faire passer son déficit à 3,4% du PIB en 2024 contre 7,2% un an plus tôt. « Un ajustement serré réalisé en un temps record, indique le magazine. Le gouvernement de Georgia Meloni a notamment supprimé différents dispositifs d'aides (...) comme le super bonus pour les travaux de rénovation énergétique (...) des mesures passées quasiment inaperçues », poursuit l'Express.

    L'Espagne, elle, bénéficie d'une croissance forte, mais elle a su faire des réformes, marché du travail et retraites : « elle fait davantage contribuer les plus haut revenus et maintien l'âge de départ à 67 ans », contre 62 ans en France. Et justement, « la dépense publique est de plus en plus consacrée aux retraites », poursuit l'hebdomadaire.

    « Les retraités vrais coupables ou boucs émissaires », s'interroge Marianne. « Depuis trente ans, la France enchaîne les réformes reculant l'âge de la retraite sans toucher aux pensions. Car les sabrer serait remettre en cause un contrat moral passé entre les générations : impensable », affirme le magazine. Et « si le sujet est tabou, c'est aussi parce que les retraités pèsent lourd dans l'électorat (...): 74% des plus de 60 ans ont voté aux dernières élections contre 51% des 25-34 ans ».

    L'accord sur la Nouvelle-Calédonie

    Accord signé après dix jours et dix nuits de négociations, selon Le Point, une table de ping-pong aurait aidé à « parvenir à un accord ». Cela a « aidé à détendre l'ambiance », raconte une des participantes.

    Concrètement, le document « esquisse la création d'un État de la Nouvelle-Calédonie, un ovni juridique imaginé par l'exécutif français, relate l'Express. (...) Le territoire reste inscrit dans la Constitution française. De l'autre, le "Caillou" se dote de presque tous les symboles d'un État à part entière ». Le Congrès calédonien pourra modifier nom, drapeau, hymne et devise et les relations internationales et diplomatiques deviennent aussi une compétence calédonienne.

    Les indépendantistes « ont renoncé à une indépendance sèche », précise l'hebdomadaire. Les non-indépendantistes « ont aussi accepté des concessions sur les compétences régaliennes, ligne rouge déclarée indépassable avant le début des négociations ». C'est un « pari réussi pour Emmanuel Macron », résume l'Express.

    Le Nouvel Obs s'intéresse à la gentillesse

    La force de la gentillesse qui viendrait au secours de nos démocraties menacées. « Dans le contexte actuel d'oppositions et de clashs permanents, réhabiliter cette qualité essentielle, injustement prise de haut, relève d'un devoir démocratique », affirme au magazine la philosophe Laurence Devillairs.

    « Dans nos sociétés laïcisées, on préfère les notions de bienveillance ou d'empathie (...) car la bienveillance est plus chic que la gentillesse », poursuit l'Obs. Bienveillance ou gentillesse, il en faudrait en tout cas plus en entreprise car elle est « la base de toute relation saine ».

    Alors quel gentil êtes-vous ? Le magazine distingue trois catégories : « les gentils stratèges », c'est plutôt la flatterie que vous pratiquez pour parvenir à vos fins. Les « gentils lâches », ceux qui disent oui pour avoir la paix. Et puis, les « gentils tout court ».

    5 min
  • À la Une: portrait du milliardaire français Vincent Bolloré

    C’est le Nouvel Obs qui s’est penché sur la vie et l'empire médiatique du milliardaire, qui possède aussi bien la radio Europe 1, la chaîne de télé CNews que le Journal du Dimanche. Un homme puissant, donc, dont l'hebdomadaire dresse en filigrane le portrait :  « catholique à l’extrême », explique l’un de ses proches, qui le qualifie aussi de « mystique ». « Ses interlocuteurs », nous dit l’hebdomadaire, « ne sursautent plus lorsqu’ils l’entendent parler des anges, du diable, des "FDB", (forces du bien) ou des "FDM" (forces du mal). Dans la dernière catégorie, il englobe la gauche, la presse, la justice, les partisans de l’aide active à mourir. »  

    Il séduit à la fois la droite et l’extrême droite, pour lesquelles, selon le Nouvel Obs « le patron réactionnaire est un fantasme, un parrain dont on souhaite s’attirer les bonnes grâces, ainsi que celles de son empire médiatique. Bruno Retailleau, qui partage sa foi et son conservatisme, ne s’y est pas trompé, en l’invitant à déjeuner au ministère de l’Intérieur, en pleine campagne interne pour la présidence des Républicains » précise l’hebdomadaire.  Vincent Bolloré qui assiste assidûment à la messe, de préférence en latin. « La religion a aussi du bon pour ce séducteur invétéré », glisse perfidement le Nouvel Obs, séducteur « qui il y a une trentaine d’années, a quitté la mère de ses quatre enfants pour vivre avec la sœur de cette dernière ». Vincent Bolloré « reconnaît avoir beaucoup de choses à se faire pardonner ». 

    « En Ukraine, la mort vient du ciel ».

    C'est le titre d'un article du Point. Et si l’on a déjà beaucoup parlé de la bataille de drones qui se joue entre Kiev et Moscou, on connaît moins la tactique russe concernant la ville de Kherson, un temps passée sous occupation russe avant de redevenir ukrainienne. « Dans cette ville », raconte Boris Mabillard, l’envoyé spécial du Point, « une autre partie se joue, dans laquelle les drones russes pourchassent jusqu’à la mort des civils apeurés : un cauchemar quotidien où l’on voit des grands-mères tenter d’échapper clopin-clopant aux bombes volantes qui leur donne impitoyablement la chasse jusqu’à l’intérieur de leurs maisons ».

    « Car contrairement aux autres régions du front », nous explique-t-on, « à Kherson, les drones ne visent pas seulement les militaires et les infrastructures, mais aussi les civils ». Le prêtre orthodoxe Valentin, rencontré par le Point, estime que « l’armée russe a choisi Kherson pour former et entraîner ses pilotes de drones ». « Cela explique », dit-il, « qu’ils choisissent des proies faciles, des personnes âgées et même des animaux de ferme ».  Le prêtre estime que cette « cruauté est planifiée ». «Pour punir les habitants pro-ukrainiens qui ne les ont pas suivis lors de leur débâcle, quand la ville a été libérée ».  

    L'Iran, un mois après l'attaque d'Israël

    Faute de pouvoir s'y rendre, les journalistes interrogent les iraniens à distance. C'est ce qu'a fait l'Express cette semaine. Selon l'hebdomadaire, « dans le ciel iranien, les missiles se sont tus, mais l'angoisse continue d'étreindre la population iranienne. La question de l'avenir est sur toutes les lèvres, dans un pays déjà éprouvé par des années de répression politique et d'instabilité économique ». « On s'attend à de nouvelles attaques »  reconnaît Elaheh, une professionnelle du marketing qui s'interroge « sur la durabilité du cessez-le-feu » 

    « Mais la guerre a aussi suscité des sentiments ambivalents chez les Iraniens » , explique l'Express, « entre la crainte d'une escalade et l'espoir de voir le régime tomber ».  Une autre jeune femme, Zahra, avoue ainsi qu'elle espère que « la guerre n'est pas finie ». « Elle veut assister à la chute de la République islamique », poursuit l'Express et « soutient le fils du Chah, Reza Pahlavi, qui s'est dit disposé à rentrer en Iran.»  Et alors que des milliers d'Iraniens ont quitté le pays ces dernières années,   Zahra, elle « prie pour éviter l'exil » . « J'aime mon pays »  dit-elle. « Si le régime change, je ne quitterai pas l'Iran ».

    Un nouveau jour de gloire

    Du football, enfin, avec la finale du mondial des clubs…Finale qui se jouera ce soir aux Etats-Unis, entre le Paris Saint Germain et Chelsea. Le PSG ayant signé un brillant parcours, il part favori, notamment aux yeux de la presse française. Et particulièrement aux yeux du Parisien Dimanche qui titre déjà : « un nouveau jour de gloire ». « Le monde leur appartient », ajoute le journal, qui concède, tout de même, « enfin pas tout à fait, pas encore, pas au palmarès, mais dans les faits, oui ! »… Mais si le PSG gagne, pas question pour les supporters de célébrer la victoire sur les Champs Elysées. Ils seront fermés, en prévision du défilé du 14 juillet, demain. Une célébration d'un tout autre genre.

    5 min
  • À la Une: l'inquiétude pour Boualem Sansal et Christophe Gleizes

    Tous deux sont emprisonnés en Algérie, l’écrivain franco-algérien, et le journaliste français. Boualem Sansal espérait une grâce présidentielle, vendredi 5 juillet, jour de l’indépendance. Il n’en a rien été. Alors que l’écrivain de 80 ans, qui souffre d’un cancer, vient d’être condamné à cinq ans de prison ferme, « Paris attend maintenant un geste humanitaire pour qu’il soit libéré », annonce La Tribune Dimanche. Mais « depuis quelques mois », remarque le journal, « une seule thèse a droit de cité dans le pays : l’auteur algérien, naturalisé français l’an dernier, est un "traître" qu’il faut maintenir en prison ». Boualem Sansal est accusé d’avoir remis en cause les frontières de l’Algérie. « Il n’a pas bonne presse dans l’opinion publique », ajoute la Tribune Dimanche, pour qui « le maintien en détention de Boualem Sansal n’arrangera pas les relations algéro-françaises, déjà au point mort ».

    Une autre affaire ravive les tensions entre les deux pays…

    Le journaliste sportif français Christophe Gleizes vient d’être condamné à sept ans de détention en Algérie pour « apologie du terrorisme ». « Il paie les mauvaises relations entre la France et l’Algérie, disent ses soutiens, qui veulent mobiliser le monde du football » explique la Tribune Dimanche qui voit en Christophe Gleizes, « une victime collatérale ». Il est poursuivi pour avoir interviewé un dirigeant aujourd’hui en exil de la Jeunesse Sportive de Kabylie, également à la tête d’une organisation considérée comme « terroriste » par les autorités algériennes. Christophe Gleizes était en résidence surveillée depuis 13 mois, mais les autorités françaises avaient demandé à ses proches « de rester discrets ». « Ce silence n’aura en rien été payant », constate la Tribune Dimanche. « Les soutiens du reporter de 36 ans ont donc décidé de passer à un ton plus offensif. » L’ONG Reporters sans frontières, « qui suit l’affaire depuis le début », « veut mobiliser le monde du football, sport roi en Algérie ». » Quelques clubs, comme l’OGC Nice ou le Paris FC, ont déjà apporté leur soutien au journaliste (…) La famille du reporter en appelle aussi à une implication de Zinédine Zidane, qui est d’origine algérienne ». 

    « Un coup de gueule » dans l’Express

    Celui de la journaliste Marion Van Renterghem, spécialiste de l’Europe, une Europe qui, dit-elle, « ne sait plus où elle habite ». « Chez elle, sur son propre continent, elle n’a pas les moyens militaires pour empêcher Vladimir Poutine d’envahir une nation souveraine et d’avoir des visées sur d’autres pays au-delà de l’Ukraine (…) Au Moyen-Orient (…) elle est exclue des négociations qui la concernent par son grand allié transatlantique lui-même, dont le président la méprise. » « Elle peine à trouver sa place dans un monde sans droit », regrette encore Marion Van Renterghem, « l’Europe de plus en plus dépassée par les rapports de force, un monde dans lequel les relations entre états ne dépendent plus de quelques grands prédateurs désinhibés (…) l’Europe se retrouve seule à prêcher dans un monde de brutes. » A-t-elle un moyen de renverser la vapeur ? Elle qui a « eu besoin de Trump et Poutine » pour prendre conscience de sa « paresse militaire » s'indigne encore la journaliste qui voit là « une dialectique diabolique » : « si l’Europe de demain devient enfin la puissance militaire qu’elle doit être pour assurer sa sécurité et le droit international, elle le devra à Trump et à Poutine - les prédateurs en chef - de ce même droit international ». 

    Des cochons qui donnent de l’espoir 

    Ce sont « des animaux médicaments », nous explique le Point, élevés « dans une porcherie ultramoderne de 4 000 mètres carrés, quelque part en Bretagne ». « Deux petites modifications génétiques les ont fait se rapprocher - un peu - de l’espèce humaine. Elles ont permis de transformer la descendance de porcs tout à fait ordinaires, en une lignée produisant dans son sang des anticorps qui soignent les humains ». Et ce n’est pas tout : ces cochons peuvent aussi devenir donneurs d’organes, même si la technique reste à perfectionner. Bref, l’humain a tout intérêt à regarder d’un œil nouveau, ces animaux roses à la queue en tire-bouchon.    

    Première baignades dans la Seine, à Paris

    C'était hier, et selon La Tribune Dimanche, « il régnait en fin de matinée une joyeuse effervescence, au pied de la Tour Eiffel ».  Il a tout de même fallu patienter 40 minutes, « la capacité de l'aire de baignade étant fixée à 150 personnes » explique le journal. Les baigneurs sont ravis, comme cette femme de 54 ans, qui s'exclame : « l'eau est chaude et on voit nos pieds ».  De quoi oublier la canicule de ces derniers jours... 

    5 min
  • À la Une: les enfants volés d'Ukraine

    Eclipsée par la situation au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine a presque disparu des colonnes des journaux et des hebdomadaires français. Toutefois, l’Express publie donc cet article intitulé : « Comment Poutine enlève et russifie les enfants ukrainiens ». « Plusieurs dizaines de milliers de jeunes Ukrainiens ont été volés par la Russie, depuis le début du conflit, en violation complète du droit international », explique l’hebdomadaire. Qui nous raconte l’histoire d’Oleksander, 12 ans… Le jeune garçon habitait Marioupol, avec sa mère, depuis portée disparue. Il a été conduit dans un camp dit « de filtration » à Donetsk, en territoire occupé. Un mois plus tard, raconte l’Express, « sa grand-mère Lioudmila qui cherchait partout sa fille et son petit-fils, reçoit un appel : « Mamie, viens me chercher, implore une petite voix dans le combiné. C’est Oleksander ».  

    Tous deux réussiront à regagner « l'Ukraine libre ». Mais ce cas « reste exceptionnel », prévient l’Express qui précise : « depuis 2022, les autorités russes organisent le transfert forcé de milliers d’enfants ukrainiens des territoires occupés, vers la Russie ». Dans quel but ? « Les Ukrainiens », explique l’Express, « estiment que cette campagne de rééducation et d’adoption sert à créer une réserve d’hommes pour l’armée. De nombreux garçons, n’étaient encore que des enfants lorsque la Russie a occupé la Crimée en 2014. (…) Onze ans plus tard, certains d’entre eux ont rejoint l’armée russe de force, mais aussi volontairement, convaincus par la propagande russe ».

    Soyons nombreux

    Et l’Express publie un appel « à sauver les enfants volés d’Ukraine ». Appel signé du philosophe Bernard-Henri Lévy, de l’écrivain Salman Rushdie, ou encore du chanteur Sting. « Des milliers d’enfants ont été arrachés à leur famille et à leur terre » disent-ils. « Ce ne sont pas des enfants perdus. Ce sont des enfants volés, kidnappés par les forces d’occupation russes, enlevés à leurs parents, à leurs écoles, à leur langue, à leur vie ». Les signataires disent vouloir s’adresser avant tout « aux parents ». « À tous ceux qui imaginent ce que peut signifier le kidnapping d’un enfant qui ne reviendra peut-être jamais. Soyons nombreux, très nombreux (…) à le dire d’une même voix, clairement et sans trembler : les enfants d’Ukraine ne sont pas négociables. Il faut exiger leur retour. Maintenant ». Un appel que l’on peut signer sur le site lexpress.fr

    Qui pour remplacer les mollahs ?

    Le Nouvel Obs de son côté, s’interroge sur la situation en Iran. « Le régime des mollahs peut-il tomber ? » se demande l’hebdomadaire, qui remarque : « Frappée par les Américains, pilonnée et infiltrée par Israël, la République islamique est plus que jamais affaiblie, à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières (…) le 7 octobre a fait plonger les alliés régionaux de l’Iran (Hamas, Hezbollah, Houtis…) le plaçant dans sa position la plus vulnérable depuis des décennies ». Cela augure-t-il de la fin du régime des mollahs ? Pas forcément : pour le Nouvel Obs, « la République islamique est loin d’être à terre ».

    Interrogé, l’historien Philippe Droz-Vincent parle « d’un état structuré, avec une élite issue du clergé et des réseaux sécuritaires relativement cohérents. Pour que le régime tombe, il faut désorganiser tout ça », estime-t-il. Quant à savoir qui pourrait remplacer les mollahs, la question est pour le moment sans réponse, selon le Nouvel Obs, qui estime « qu’aucune opposition, ni à l’intérieur ni à l’extérieur du pays, ne semble en mesure de proposer une alternative viable et crédible ». L’hebdomadaire estime que « seul le mouvement Femme, Vie, Liberté pourrait jouer un rôle ». Mais souligne qu’il a été tellement réprimé qu’il n’a pas pu s’organiser. Le politologue Karim Emile Bitar, redoute, lui, « une situation chaotique, avec un pouvoir diffus et une population fragmentée ». « Le vide, après la destruction », conclut le Nouvel Obs.

    Prisonniers politiques et otages

    Le Point s’intéresse également à l’Iran, et s’interroge sur la prison d’Evin, prison de sinistre réputation où sont incarcérés opposants et otages occidentaux. Une prison visée par l’armée israélienne, le 23 juin, frappe qui a fait 71 morts, annonce ce matin Téhéran. Pourquoi viser cette prison, qui n’a rien à voir avec les capacités nucléaires de l’Iran ? Le Point cite « une source diplomatique israélienne », selon laquelle « Israël a fait comprendre au régime mais aussi aux iraniens qu’il est temps que quelque chose soit fait, pour ouvrir la porte de la prison des détenus politiques iraniens et des otages occidentaux ».

    Des otages occidentaux dont les familles sont inquiètes, c’est le cas de celles des deux Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis plus de trois ans. Certes, les autorités françaises « ont reçu l’assurance de Téhéran que les deux prisonniers, qu’elles considèrent comme des otages d’État, n’ont pas été blessés ». Mais les familles s’inquiètent « de n’avoir aucun signe de vie et aucun moyen d’entrer en contact avec eux ». Le Point a par ailleurs reçu une lettre envoyée depuis l’intérieur de la prison évoquant « l’existence de blessés », « que les autorités pénitentiaires refusent de transférer à l’extérieur, les laissant ainsi sans soin ni assistance ». Une information qui donne une idée de ce qui a pu se passer dans la prison d'Evin.

    6 min
  • À la Une: l’enlisement de la guerre à Gaza

    La guerre à Gaza est notamment subie par les enfants palestiniens, population qui représente la moitié des Gazaouis et à laquelle s'intéresse Politis cette semaine, avec ce titre « l'Enfance assassinée ».

    Il y a d'abord ce témoignage de Bilal, 15 ans. « Le jeune garçon est trop maigre pour son âge. Trop fatigué également. Parce que les adolescents sont considérés comme plus agiles, plus résistants, chaque jour, ils parcourent des kilomètres au milieu des tentes et des ruines pour trouver des aliments, de l’eau ou de quoi faire du feu. »

    La survie a désormais totalement pris le pas sur l'éducation dans ce territoire où le taux d'analphabétisme était déjà parmi les plus faibles au monde avant la guerre : autour de 2 %, selon l'Unicef. Depuis, neuf écoles sur dix ont été rayées de la carte, soupire Politis. « Un éducide », enchérit le chercheur Ziad Majed, pour qui les attaques israéliennes montrent une volonté d’en finir avec le système éducatif. « On m'a volé ma vie », souffle Rihab, 15 ans également, qui rêvait d'université.

    « On m'a volé cette joie » fulmine pour sa part Hala dans le dossier du Point intitulé « Où va Israël ? » et qui revient aussi sur le sort des Gazaouis. À 23 ans, la jeune femme a fini par obtenir une licence de littérature sous les bombes,« et remplit ses journées de lecture, d'écriture et de musique pour ne pas sombrer ».

    La « guerre sans fin » de Benyamin Netanyahou

    Le Point grogne devant cette « fuite en avant personnelle » de Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien s'enfermant dans une réalité parallèle, pensant ainsi qu' « une majorité immense [d'Israéliens] dit, Bibi n'arrêtez pas! », alors que la population rejette grandement la politique de son gouvernement. « Les sondages qui donnent sa coalition perdante au prochain scrutin ? Truqués et fabriqués de toutes pièces. »

    Interrogé par l'hebdo, l'ancien chef des renseignements de l'armée israélienne Tamir Hayman confie que « l'idée d'une victoire totale est illusoire ». « Sur le plan politique, explique-t-il, la raison pour laquelle l'exécutif ne veut pas la fin de la guerre, c'est qu'elle entrainera l'organisation de nouvelles élections qui aboutiront à la chute de la coalition gouvernementale de Benyamin Netanyahou. »

    Emmanuel Macron prend de la distance avec la politique d’Israël à Gaza

    Une « trajectoire sinueuse » tracée par le président français que raconte Le Nouvel Obs avec notamment cette infographie qui tente d'établir une corrélation entre l’évolution du discours d’Emmanuel Macron sur ce conflit et celle du nombre de morts à Gaza.

    « Il sert du "dear Bibi" », (cher Bibi), cher Benyamin Netanyahou donc, « alors que 6 000 personnes ont déjà été tuées à Gaza », puis évoque une coalition anti-Hamas « dont il n'a parlé à personne ». Des ambassadeurs français dénoncent dans une note interne « le virage pro-israélien du président. »

    Puis la sémantique change à l'autonome dernier. Emmanuel Macron prend aussi conscience qu'une reconnaissance de l'État de Palestine lui « permettrait de laisser une trace dans l'Histoire ». Désormais, « il s'est engagé trop loin pour reculer, estime le chercheur Jean-Paul Chagnoleau, si la séquence qu'il a enclenchée n'aboutit pas, sa parole disparaitra. »

    La protection des océans, sujet de préoccupation internationale

    Avec l'ouverture lundi de la conférence des Nations unies sur l'océan à Nice, Emmanuel Macron lance un appel à la « remobilisation sur l'écologie » dans plusieurs titres, dont Le Parisien Dimanche.

    Le dirigeant français « a connu des marées hautes et des marées basses », tente le journal de la capitale, mais estime « ne pas avoir de leçon d'écologie à recevoir. »

    Dans le sud-est de la France, « entouré d'une cinquantaine de chef d'États, il n'y en a jamais eu autant se félicite-t-il », il ratifiera un texte sur l'interdiction de la pêche illégale, et plaidera pour un renforcement des aires marines protégées et un moratoire d'exploitation des grands fonds marins.

    Des abysses convoités

    Le Nouvel Obs part d'un exemple, celui de Gerard Barron, « sulfureux chef d'entreprise australien » à la tête d'un empire minier. Pour le « Elon Musk des abysses » comme il est surnommé, « l'horizon s'est subitement éclairci avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump », le président américain ayant signé en mars un décret autorisant l'extraction de minéraux jusque dans les eaux internationales.

    C’est même « une nouvelle ruée vers l'or », jubile une agence aux mains de l'administration Trump, qui pourrait doper le PIB de 300 milliards de dollars et créer 100 000 emplois en 10 ans. Également intéressée, « la Chine multiplie aussi les campagnes exploratoires dans le Pacifique », souligne l'Express qui dédie aussi ses pages Géopolitique à la « guerre des abysses. »

    « Un terrain qui par son opacité favorise les modes d'actions offensifs » décrypte encore l'Express, notant que l'armée de la France, pays « qui possède l'un des plus grands domaines maritimes avec ses territoires d'outre-mer », se dote d'outils de surveillance de pointe, comme ce drone pouvant plonger à 6 000 mètres de profondeur.

    Inquiétude des défenseurs de l'environnement

    Sauf l’exploitation du cobalt, cuivre et autres manganèses sous-marins, ce n'est « pas sûr que Mère Nature s'en réjouisse » grince Le Nouvel Obs. L'océan joue « un rôle crucial de régulation du climat », avec un quart de nos émissions de CO2 captées chaque année.

    Le chercheur Bruno David craint qu'« une fois remués, les sédiments qui tapissent les fonds des mers ne relarguent dans l'atmosphère le CO2 stocké ». Sans oublier la « vie foisonnante » abritée par les fonds marins et qui risque d'être grandement perturbée.

    6 min
  • A la Une, le Paris Saint-Germain en rêvait, il l'a fait !

    On connaissait le fameux « À jamais les premiers » de l’Olympique de Marseille… Le Parisien Dimanche rétorque ce matin d’un « À jamais les meilleurs » après la victoire sans conteste et sans pitié du Paris Saint-Germain hier en finale de la Ligue des Champions. 5-0 face à l’Inter Milan, véritable « démonstration » de force qui, écrit La Tribune Dimanche, « se hisse parmi les moments majeurs de l’histoire du sport tricolore ». Face à une équipe aussi jeune que talentueuse, les Milanais « faisaient leur âge (30 ans de moyenne sur le terrain) » plutôt que de « faire étalage de leur expérience » écrit l’hebdo un brin cruellement. Un club quasi-invisible pendant tout le match, qui a légitimé une bonne fois pour toutes « le nouveau projet » du PSG, sans Messi, sans Neymar, sans Mbappé, bref « plus jeune » et « plus français ». 

    Un joueur a brillé 

    Un joueur particulièrement Doué, vous me passerez le jeu de mots de piètre qualité… Désiré Doué donc, que Le Parisien Dimanche porte aux nues. Le titre, fasciné par ce « phénomène de 19 ans », auteur hier d’un doublé et d’une passe décisive. « Bien avant le coup de sifflet final, se délecte l’hebdo, il ne faisait de doute pour personne au cœur du peuple parisien que Désiré Doué n’a jamais mieux porté, mieux honoré » son patronyme. « À trois jours de son anniversaire, le vingtième, poursuit Le Parisien Dimanche, l’attaquant s’est offert le cadeau dont rêvent tous les footballeurs de la planète (…) : celui de (…) devenir l’idole de tout un club pour l’éternité ». 

    Un exploit qui relègue le reste au second plan 

    Notamment la présidentielle. Il faut dire que pour les votants, c’est encore dans deux ans… alors que pour les politiques, ce n’est que dans deux ans ! Candidats assumés ou présidentiables imaginés, une partie des revues s’y penche cette semaine… 

    Parmi eux, Le Point, dont la une est consacrée à l’ancien Premier ministre Edouard Philippe. À l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Le Prix de nos mensonges, celui qui fourbit ses armes depuis 2020 développe ses idées. À commencer par ce « déni français » dont souffrirait la population dans son ensemble. « Notre exceptionnelle aptitude à nous raconter des histoires m’agace » maugrée-t-il dans les colonnes du Point, jugeant que « si nous voulons avancer, nous devons arrêter de nous mentir ». 

    Autre thème sur lequel il rejette toute discussion : « le culte de la transparence » à bannir selon lui, et « la verticalité » qu’il appelle de ses vœux car « dans une démocratie, on a besoin de gens qui sont élus, et on a besoin de chefs qui prennent des décisions ». 

    Sur le reste, l'art de la nuance 

    Il faut dire, comme l’analyse un politologue dans les colonnes du Point toujours, que « pour redevenir majoritaire, la droite devra faire le grand écart » c’est-à-dire à la fois « reconquérir les électeurs du Rassemblement national et convaincre les ralliés au macronisme ». Une forme de « en même temps » 2.0 dont Edouard Philippe refuse d’être l’héritier : « mon objectif n’est pas de me positionner par rapport à une étiquette, (...) à un parti, (...) à un créneau » assène-t-il. 

    Malgré tout, Edouard Philippe prend soin de nuancer, notamment sur les questions identitaires et migratoires. « Je ne crois pas, dit-il, que la fermeté se démontre par des postures et des surenchères permanentes sur les chaînes d’info »; « il serait dangereux, affirme-t-il enfin, de créer un droit spécifique - il faut ici comprendre "droit" au sens de "loi" - pour une religion, et je ne crois pas que la laïcité impose la négation totale de la liberté religieuse dans l’espace public ». 

    Une rupture avec les autres cadors de la droite française 

    Et particulièrement avec Bruno Retailleau, le très droitier ministre de l’Intérieur. À son sujet, Edouard Philippe s’accorde une pique : il n’est « pas sûr » ironise-t-il, que Bruno Retailleau y verrait  « une critique » si on le rangeait dans la « droite Trocadéro », une droite embourgeoisée, catholique, et vieille-France.

    Droite Trocadéro on ne sait pas, droite à gogo c'est certain pour Marianne, qui n'hésite pas à qualifier le ministre de « moine-soldat de la droite » qui a « souvent croisé la route d’élus de l’extrême-droite, sans leur tourner le dos ». Va-t-il pour autant « réaliser l’union en 2027 ? » … Marianne s’interroge. Le titre pointe que « Retailleau bénéficie des faveurs de la presse de droite et d’extrême-droite » à la télé ou sur papier, où il « déroule ses saillies anti-immigration, multiplie les annonces chocs (…), et affiche une grande fermeté à l’encontre de l’Algérie ».   

    Le ministre de l’Intérieur le dit d’ailleurs lui-même : interrogé sur sa proximité, ou ses différences, avec le Rassemblement national, il le concède : ce qui le « distingue » de Marine le Pen ou Jordan Bardella, c’est « le programme économique » … pas un mot en revanche sur d’éventuelles divergences idéologiques. 

    Un mot aussi de la situation internationale 

    Que ce soit dans L’Express ou dans Le Point, une préoccupation : les liens entre l’Europe et Donald Trump. Dans le second, on parle plutôt défense et armement; dans le premier, c’est surtout de politique qu’il est question. L’Express fait ainsi le constat d’un trumpisme devenu une « franchise » voire un « label » qui « galvanise les politiques » propulsant les Giorgia Meloni et Viktor Orban de ce monde au sommet grâce à une « boîte à outils » dans laquelle « ils peuvent piocher à l’envi des "punchlines" » comme autant de coups gagnants.

    Le phénomène n’est en réalité pas nouveau, analyse L’Express, le trumpisme n’a fait que donner un coup d’accélérateur à une idéologie « enracin[é]e dans une colère profonde ». Car il ne faut pas sous-estimer le poids des émotions dans le contexte actuel, souligne de son côté L’Obs. Interrogée par le magazine, la sociologue franco-israélienne Eva Illouz estime ainsi que « le désenchantement et la peur sont devenus le spectre permanent de la démocratie » et que l’extrême droite « capte et organise cette émotionnalité excédentaire ». Auparavant, l’espoir était selon elle l’émotion principale, mais voilà : « la modernité tardive (…) [a] écrasé cette espérance dans le futur ». Faut-il pour autant se lamenter de toute cette colère ? Pas forcément nuance L’Obs… « les émotions fortes permettent d’évaluer ce qui est important pour soi » mais elles sont aussi une « brèche » pour peut-être, enfin, sortir de « la sur-socialisation, le fait de s’identifier totalement à un rôle ». De là à rêver au retour de l'espoir, il n'y a qu'un pas. 

    7 min
  • À la Une: le sacre du réalisateur iranien Jafar Panahi

    À Cannes hier soir, Jafar Panahi a reçu une Palme d’or « tellement méritée », s'exclame le Parisien-Dimanche, au-dessus de la photo du réalisateur iranien, souriant, derrière ses lunettes noires qu’il n’a pas quittées de la cérémonie. « Plusieurs fois emprisonné sans son pays, Jafar Panahi a été récompensé pour un grand film politique et bourré d’humour », ajoute le Parisien-Dimanche. Ce film, c’est Un simple accident, que le journal résume ainsi : « une comédie noire sur la revanche du petit peuple contre un ancien tortionnaire, tourné avec trois fois rien et qui tient aussi bien du thriller que de la comédie et du grand film politique ». « L’émotion l’a terrassé sur son siège pendant quelques secondes, alors que la salle se levait pour l’applaudir », raconte la Tribune Dimanche, il remporte « la Palme d’or de l’engagement et de la liberté ». Le Journal du Dimanche salut, de son côté, une Palme d’or « symbole de résistance », et rapporte les propos de Jafar Panahi, tenus quelques heures avant la cérémonie : « Dimanche, je reprends l’avion pour Téhéran, je ne sais pas quels ennuis m’y attendent, mais l’Iran est mon pays et je ne saurai pas faire du cinéma ailleurs ».

    Ça se passe loin

    Gros plan sur la guerre en Ukraine, vue de Russie. « Après trois ans de guerre », raconte le Point, « la population russe navigue entre soutien, désillusion et ressentiment ». « Pour une grande majorité d’habitants », poursuit l’hebdomadaire, « la guerre, pudiquement appelée "opération militaire spéciale", continue d’être une gêne lointaine ». À l’université par exemple, un étudiant grec raconte que ses compagnons russes « sont plus en colère contre l’Union européenne qui les sanctionne que contre leur gouvernement qui a commencé et soutient cette guerre ». À Moscou, un opposant au régime, lui, explique : « Ça se passe loin, là-bas. Le plus important, c’est de ne pas être touché directement ». « Il ne souhaite pas la défaite ». « Sinon », dit-il, « ce sera la guerre civile ». Le Point a aussi rencontré Laura, une couturière à la retraite, qui « ne veut plus rien entendre au sujet de l’opération spéciale ». « Il y a un an, trois mois après avoir été mobilisé, son petit-fils de 18 ans est mort en Ukraine. Il repose « en héros », au cimetière ». « Laura n’en dira pas plus », conclut le Point.

    Personne ne viendra nous sauver

    Direction les États-Unis où « la résistance s’organise ». C’est en tout cas ce que croit savoir le Nouvel Obs, il est allé à la rencontre des membres du collectif Indivisibles, qui mènent la révolte contre Donald Trump. Comme Mary Ann, qui, nous dit-on, « a hissé, sur sa pelouse tondue de près, un drapeau américain à l’envers. Un SOS angoissé, signe d’un pays en détresse. Quelques semaines plus tard, elle a planté un petit panneau qui invite à l’action en lettres blanches : march, protest, strike, vote », poursuit le Nouvel Obs, qui est aussi allé à un meeting des Indivisibles. L’un des co-fondateurs du mouvement, Ezra Levin, s’exclame face au public: « La peur est contagieuse, mais le courage aussi ! Personne ne viendra nous sauver. Les luttes historiques contre les autoritarismes nous apprennent que le succès dépend d’une opposition persistante, courageuse, large et unifiée ». Et puis il y a Bernie Sanders, l’ex-candidat à l’élection présidentielle, « l’apport du sénateur de 83 ans à la résistance est capital », estime le Nouvel Obs. « Lui qui n’appartient à aucun parti est devenu l’improbable visage de l’opposition à Trump. Partout le vieux routier de la gauche attire les foules ». « Il faut rallier les classes populaires, Bernie Sanders l’a compris très tôt ». Il va vers « une Amérique populaire, en miroir de celle de Trump, cherchant elle aussi à exprimer sa colère ».

    De Gaza au sud de la France

    Enfin, M, le supplément du Monde nous emmène à la rencontre d’une famille palestinienne réfugiée en France. Ils sont sortis de l’enfer de Gaza, toute la famille d’Husam Al Najar, les parents et les cinq enfants, « âgés de 4 à 20 ans ». Ils vivent désormais dans le Gard, dans le sud de la France, « dans un hameau à 600 mètres d’altitude ». Un havre de paix, avec « ses paysages verdoyants à perte de vue ». Pour la photo, la famille pose devant une maison aux tuiles roses. Mais Husam Al Najar « a le vertige ». « Il ne s’éternise pas et préfère retourner dans le salon », raconte M. « Je n’arrive pas à rester dehors », dit-il. « J’ai besoin de me sentir entre des murs solides ». S’ils sont tous en France aujourd’hui, précise le magazine, c’est « grâce à une chercheuse du CNRS qui a œuvré sans relâche pour qu’Husam Al-Najar, docteur en ingénierie de l’environnement, puisse bénéficier d’un programme national d’aide aux scientifiques en exil ». Ils sont arrivés fin avril et sont bien décidés à s’intégrer en France. Diana Al-Najar, « la mère de famille, veut apprendre le français au plus vite et passer le permis de conduire. Nour 18 ans et Aya 16 ans, échangent déjà quelques paroles dans un français impeccable », raconte M. Pour cette famille, « arrivée, avec pour tout bagage un téléphone portable », c’est le début d’une nouvelle vie.

    6 min
  • À la Une: le martyre des Palestiniens de Gaza

    C'est la photo d’un homme debout au milieu d’un champ de ruines, qui fait la Une du Nouvel Obs, avec ces mots : « le spectre de l’annexion ».  « Dix-neuf mois après les massacres commis par le Hamas, les destructions systématiques menées par le régime de Benyamin Netanyahou ont presque anéanti la Bande de Gaza », écrit le Nouvel Obs, « destructions qui font planer la menace d’un exode forcé sur ses deux millions d’habitants ». « Un spectre hante les Palestiniens de Gaza », poursuit l’hebdomadaire : « la Nakba, la catastrophe en arabe, référence à l’expulsion d’une partie des populations arabes de Palestine lors de la naissance d’Israël en 1948. Depuis les massacres du 7 octobre, les Palestiniens ont la certitude de vivre une nouvelle Nakba, à Gaza sous les bombes, mais aussi en Cisjordanie, de manière plus rampante et insidieuse, sous l’action souvent conjointe de l’armée et des colons israéliens ».

    Crime de guerre et génocide

    Faut-il alors parler de génocide ? interroge le Nouvel Obs. Le débat est ouvert et parfois violent. En préambule, la juriste Mathilde Philip-Gay spécialisée dans le droit pénal international, explique que « parmi les grands crimes en droit pénal international, on peut déjà dire que deux sont certainement commis à Gaza. » « Il y a, dit-elle, incontestablement des crimes de guerre, puisque des dizaines de milliers de civils ont été tués, ce qui n’est pas un objectif militaire. La liste est longue, poursuit Mathilde Philip-Gay : blocus de l’aide humanitaire, utilisation de la faim comme arme, interdiction aux journalistes occidentaux de se rendre à Gaza, ciblage délibéré des reporters palestiniens. On assiste aussi très probablement à des crimes contre l’humanité », ajoute-t-elle.

    Mais qu’en est-il du génocide ? Pour l’historien Vincent Lemire, il faut distinguer « les deux significations du mot ».  « D’abord, la signification politique, tombée dans le sens commun, celle que tout le monde a en tête, l’atteinte, de manière atroce, à une population, le ' pire ' des crimes ». Or « juridiquement, précise l’historien, ce n’est pas vraiment cela. Selon le droit international, le génocide correspond à l’intention de détruire un groupe national, ethnique ou religieux. Pour être établi, il nécessite donc de prouver qu’Israël a comme unique intention de détruire la population de Gaza (…) Il doit aussi être démontré que les victimes sont ciblées de manière délibérées et non aléatoire ».  Le débat reste ouvert…

    L'ordination des femmes

    Dans la presse hebdomadaire également cette semaine, les réactions à l’élection du pape Léon XIV. Le Point y consacre d’ailleurs sa Une, avec ce titre : « Léon XIV, le pape d’un nouveau monde ».  « Le premier Américain du Nord (…) mais qui vient aussi du Sud, il a longtemps été missionnaire au Pérou ». Un pape jeune et moderne. Mais jusqu’où ira-t-il ? Le Point s’interroge notamment sur les femmes diacres et prêtres : « le sujet de leur ordination va-t-il rester éternellement tabou dans l’Église ? »

    On serait tenté de dire oui, à lire l’article de l’hebdomadaire. Car, nous explique l’historien Alberto Melloni, au-delà « d’une affaire de parité ou d’égalité des sexes » « la question des femmes touche à des enjeux théologiques fondamentaux ». « Problème, ajoute-t-il : ouvrir la prêtrise aux femmes ou même rétablir le diaconat féminin nécessiterait un concile. Ce n’est pas une décision qu’un pape peut prendre seul ». Autrement dit, l'attente risque d'être longue…

    L’Express, lui aussi, s’intéresse au nouveau pape. Et plus précisément à son « face à face », avec Donald Trump. « Si le pape et le président des États-Unis partagent la même nationalité, ils risquent de s’opposer sur la question des migrants et de l’aide internationale » estime l’Express, d’autant que « pour les ultra-trumpistes, le successeur de François est un gauchiste. »

    À 300 kilomètres de Cayenne

    Enfin, le Journal du Dimanche se fait l’écho des nouvelles intentions du ministre français de la justice, Gérald Darmanin, en matière pénitentiaire. « Gérald Darmanin va enfermer les narcotrafiquants dans la jungle amazonienne », clame le JDD, qui parle d’une « forteresse isolée, conçue pour enfermer les criminels les plus dangereux du narcotrafic et les islamistes ». Une annonce faite alors que le ministre est en visite en Guyane. Gérald Darmanin qui multiplie les annonces sur les prisons et qui déclare ainsi : « j’ai décidé d’implanter en Guyane la troisième prison de haute sécurité de France. Soixante places, un régime carcéral extrêmement strict et un objectif : mettre hors d’état de nuire les profils les plus dangereux du narcotrafic. »

    Le Journal du dimanche nous donne un aperçu de l’implantation de la nouvelle prison : « au bout du monde : à Saint-Laurent du Maroni, aux confins du fleuve, à 300 kilomètres de Cayenne, à des jours des premiers hameaux accessibles uniquement en pirogue ou par avion ». « Une forteresse volontairement isolée, comme un écho au bagne d’autrefois, mais avec les codes du 21ème siècle », ajoute le JDD, qui semble séduit par cette vision, alors qu’aux États-Unis, Donald Trump, lui, rêve de rouvrir Alcatraz. Autant de projets qui pourraient nourrir l'imagination de bien des scénaristes.

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  • À la Une: le Premier ministre François Bayrou face à une échéance cruciale

    « François Bayrou au pied du mur de l'affaire Bétharram », titre le Parisien-Dimanche. « Le Premier ministre a préparé en cercle restreint un rendez-vous crucial : son audition, mercredi, par la Commission d’enquête sur les violences dans les établissements scolaires. L’enjeu est considérable », remarque le journal.

    Bétharram, c’est cette école privée catholique qui fait face à de nombreuses plaintes et accusations pour violences et agressions sexuelles à partir des années 1980 et 1990. Le Parisien-Dimanche rappelle le contexte : « François Bayrou était ministre de l’Éducation nationale entre 1993 et 1997 et parent d’élèves scolarisés dans cet établissement où son épouse enseignait le catéchisme. Il aura d’autant moins le droit à l’erreur qu’il s’exprimera sous serment ». Le Nouvel Obs, qui consacre sa Une à l’affaire Bétharram et au Premier ministre, dit la même chose, mais plus crûment : ce sera pour François Bayrou, « l’occasion de livrer ses vérités. Espérons qu’il ait la décence de la saisir, alors qu’il s’est jusqu’ici enferré dans le déni et le mensonge ». « Le 11 février, à l’Assemblée nationale, rappelle le Parisien-Dimanche, François Bayrou a d’abord nié en bloc, assurant n’être au courant de rien, avant de changer de version par la suite. » 

    Les plaintes s'accumulent

    Le Nouvel Obs, de son côté, a décidé d’élargir le sujet. Pour l’hebdomadaire, « l’affaire Bétharram est une bombe à fragmentation ». Elle nous oblige, nous dit-on, « à regarder en face le caractère endémique des violences faites aux enfants, dans les familles, mais pas seulement »car « l’école n’est pas toujours un sanctuaire pour nos enfants ».

    Et le Nouvel Obs dresse ce constat : « l’enseignement catholique est au cœur des dernières révélations. Pratiques déviantes, faiblesse des contrôles de l’état, voire protection de l’institution par des élites qui en sont souvent issues ». L’hebdomadaire parle donc de « bombe à fragmentation » et précise encore que « depuis février, de nouveaux cas d’établissements déviants apparaissent chaque semaine, des plaintes s’accumulent – pas moins de 200 pour Bétharram – et des affaires tues pendant des décennies font la Une des journaux. » 

    « Aucun responsable politique local ne décroche son téléphone »

    De son côté, la Tribune-Dimanche a rencontré l’une des victimes de Bétharram, leur porte-parole Alain Esquerre. Il est l’auteur du livre Le Silence de Bétharram et il est, nous dit le journal, « le visage de tous ceux qui ont souffert dans ce qui s’apparente aujourd’hui à l’un des plus grands scandales de pédophilie de l’histoire de l’éducation française ». C’est lui qui a recueilli sur un groupe Facebook des dizaines de témoignages.

    « Aux appels d’anciens élèves, raconte la Tribune-Dimanche, succèdent ceux de la presse régionale qui commence à relater le scandale. Dans les familles, chacun découvre ce que son père, son frère, son mari a vécu dans son enfance », sans avoir jamais osé le raconter. Malgré ces témoignages, « aucun responsable politique local, tous bords politiques confondus, ne décroche son téléphone ». « On est seul, tout le monde s’en fout », constate Alain Esquerre, jusqu’à ce que le premier ministre lui-même décroche son téléphone. « Je le sens dépassé », dit-il. « Il est sincère, mais il est le reflet d’une époque qui ne comprend pas (…) Pour lui, c’est une histoire de gifles et de punitions qui ne font pas de mal aux enfants ».

    Des « creuseurs » des mines payés 5 dollars par jour en RDC

    Dans la presse hebdomadaire également cette semaine, un long reportage du Point sur la République démocratique du Congo, plus précisément dans le Nord-Kivu, où les envoyés spéciaux du magazine Guillaume Perrier et Vivien Latour ont rencontré des « creuseurs » des mines de Rubaya. « Sommairement équipés, ils descendent en escalier, armés de pioches, ils font ensuite remonter le sable et le minerai en se passant des sacs de main en main. Les visages sont juvéniles (…) les éboulements sont leur hantise. »  Un travail harassant « payé 5 dollars par jour ».

    La région est riche en minerai et notamment en coltan, et elle est depuis longtemps la cible de nombreuses convoitises, qui se concrétisent par des affrontements armés. « Le président de la RDC, Félix Tshisékédi, rappelle le Point, accuse le M23 de chercher à s’approprier les ressources du Kivu : 150 tonnes de coltan seraient, selon lui, détournées vers le Rwanda chaque mois. Kigali dément ».

    Calme relatif

    À Goma, le Point a rencontré Corneille Nangaa, le chef de l’Alliance Fleuve Congo, coalition formée autour du M23. « Il incarne le nouveau pouvoir », explique le magazine. Et lui aussi accuse : « Il avait acquis des titres miniers sur le gisement d'or de Zani-Kodo, en Ituri. Des proches du président Tshisekedi l'en auraient spolié après 2021 », explique le Point, qui décrit ainsi la situation depuis la fin des combats : « Goma reprend vie. Le port sur le lac Kivu retrouve son agitation vespérale (…) mais les combats de la fin janvier ont laissé des traces. Les violences ont fait entre 3 000 et 8 000 morts, selon les estimations. »

    Et la sérénité n'est pas vraiment à l'ordre du jour. Certains habitants se plaignent d’être « rackettés par des membres de l’armée gouvernementale en civil ». « La guerre n’est pas terminée », regrette l'un de ces habitants.

    5 min
  • À la Une: portrait croisé d'une famille israélienne et d'une famille palestinienne

    C’est le magazine M, le supplément du Monde, qui a eu l’idée de ce portrait croisé, l’idée de retrouver deux familles déjà rencontrées juste après le 7 octobre 2023. La famille Weissmann tout d’abord, qui a survécu. « Réfugiée un temps près de Tel Aviv, une partie des Weissmann s’est réinstallée dans le village agricole de Netiv Haasara et vit désormais au rythme des bombardements voisins », raconte Annick Cojean, l’envoyée spéciale de M. Car la bande de Gaza est tout près. « Notre vie est au mochav (au village) », explique pourtant le patriarche Yaakov, quand la journaliste objecte « la guerre à moins d’un kilomètre, les mouvements de troupes et de véhicules sur la route numéro 4, le bourdonnement des drones et des hélicoptères ». Évoquant les hommes du Hamas, les viols, les meurtres, Yaakov Weissman déclare « deux millions de Gazaouis, deux millions de terroristes. C’en est fini pour moi d’essayer d’excuser, de comprendre, de faire la distinction entre les bons et les méchants, les barbares du Hamas et la population opprimée. Alors oui, c’est la guerre. Oui, il y a des bombes. Mais ça ne me fait plus rien ».

    Mon téléphone est un cimetière

    Côté palestinien à présent, impossible d'aller à Gaza où les journalistes étrangers sont empêchés de se rendre, c’est donc en Cisjordanie que M a rencontré la famille Redwan. Plus précisément la mère, Reem, et l’une de ses filles, elles vivent à Ramallah, mais sont originaires de Gaza, où les parents de Reem et son petit frère ont été tués dans un bombardement, le 10 octobre 2023. « À Ramallah, dans leur patrie, en territoire palestinien, elles vivent de façon illégale », précise M. « Israël, qui délivre les papiers d’identité via l’Autorité Palestinienne, leur interdit de vivre en Cisjordanie, puisque leur adresse officielle est à Gaza ». La liste des proches tués là-bas s'allonge. Reem raconte : « On boit on mange on pleure. On boit on mange on enterre ». La mère de famille regarde les photos sur son téléphone. « Elle s’arrête sur des clichés d’adultes souriants, en fait défiler quelques-uns, puis repose l’appareil ». « Mon téléphone est devenu un cimetière »murmure-t-elle. Quel est son sentiment vis-à-vis des Israéliens ? Sa réponse est sans appel. « Ça fait bientôt 2 ans qu’on est dans une situation de génocide, le sang inonde les rues » dit-elle. « Qu’ont-ils fait en Israël ? Rien. Ni pour leurs otages, ni pour nos morts. Je vois une société qui tout entière veut tuer ».

    Guerre secrète

    Nous ouvrons à présent l’Express, qui consacre un long dossier à l’Algérie et la France, sous l’angle de l’espionnage. C’est à la Une de l’hebdomadaire : « France-Algérie : la guerre secrète des espions ». « Soixante ans de coups tordus et de petits arrangements entre initiés », ajoute l’Express, qui donne pour exemple « ces agents chargés de la lutte contre les opposants algériens vivant en France ». « Un grand classique des dictatures », remarque l’hebdomadaire. « Sauf qu’Alger va plus loin. Jusqu’à l’agression physique en territoire français ». « Deux sources proches du dossier », ajoute l’Express, « nous confirment que la DGSI suspecte le régime algérien d’avoir commandité trois agressions récentes d’opposants, tous condamnés en Algérie, tous réfugiés politiques en France ».  

    Comment les espions algériens fonctionnent-ils ? Les consulats sont semble-t-il l’un de leurs points de chute préférés. L’Express a interrogé Jérôme Poirot. Ancien coordinateur adjoint du renseignement à l’Élysée, il déclare que « les services de renseignement algériens ont toujours été très actifs sur le territoire français depuis la lutte pour l’indépendance. On peut estimer qu’il y a plusieurs centaines d’agents dans l’Hexagone. Il y en a bien évidemment une part dans les consulats ». Ce, alors que la tension ne cesse d’augmenter entre la France et l’Algérie, rappelons que l’une et l’autre, ont récemment (et réciproquement) expulsé 12 agents diplomatiques et consulaires. 

    Harcelé pour un tweet

    Le Parisien-Dimanche s’intéresse lui aussi aux étrangers qui, sur le territoire français, sont toujours persécutés par les autorités de leur pays d’origine. Le journal a rencontré Hongmin Yin, un étudiant chinois de vingt-huit ans, arrivé en France en 2019. « Il nous tend, sans un mot, son téléphone, dès le début de l’entretien », raconte le Parisien-Dimanche. « Sur l’écran : une avalanche d’alertes : des tentatives de piratages de ses comptes personnels, plusieurs fois par jour ». Un véritable harcèlement. Le jeune homme n’est pourtant pas « un opposant de premier plan ». « Ce qu’on lui reproche ? Un tweet ». Les faits remontent à 2016, lorsque Hong Min Yin, « apprend à contourner la censure » et visionne une vidéo du massacre de la place Tian’anmen, en juin 1989. Bouleversé, il poste cette vidéo sur Twitter, accompagnée de ces mots : « les assassins doivent payer ». « Une alerte s’allume, quelque part, sur un écran à Pékin », poursuit le Parisien-Dimanche. « Hongmin Yin vient d’entrer dans le viseur des autorités et n’en sortira plus ». « Il y a trois mois, il a reçu une convocation de l’ambassade de Chine à Paris. (…) il ne s’y est pas rendu. Il sait que ce genre de voyage ne prévoit pas de retour », conclut le Parisien-Dimanche. 

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