Revue de presse des hebdomadaires français

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  • À la Une: l'adieu au pape François

    C’était « l’adieu au pape du peuple » titre la Tribune Dimanche, au-dessus d’une photo de la place Saint-Pierre noire de monde. « 400 000 fidèles et une soixantaine de dirigeants politiques ont assisté aux funérailles du pape François », poursuit le journal, « les combats du défunt ont été rappelés, une dernière leçon à destination des puissants réunis à Rome ». Le Parisien Dimanche, de son côté, estime que les funérailles du pape ont été comme « une tribune géante pour rappeler son message de paix et d’attention aux pauvres ». Dans son homélie, le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Collège des Cardinaux a décrit le pape François comme une « forte personnalité » aimant le « contact direct avec le peuple » et « dont la ligne de conduite aura été, 12 ans durant, une attention particulière aux plus démunis et aux exclus ». Le Journal du Dimanche, lui, a suivi le cortège funèbre, « un parcours de 6 kilomètres dans les rues de Rome, escorté par une foule toujours nombreuse, le pape achève son dernier voyage en papamobile, accueilli là où il sera inhumé, par les plus démunis. Une quarantaine de personnes, roses blanches à la main, sont là pour lui rendre hommage, détenus, anciens sans-abris, personnes transgenres. Toutes ou presque ont déjà rencontré François ».

    Abus sexuels

    Dans les hebdomadaires, l’heure est au bilan. Et là encore, il est question de l’attention accordée par François aux plus pauvres. Mais ce n’est pas tout. Le Point souligne ainsi que « Jose Bergoglio a porté la cause des plus fragiles, apparaissant progressiste, mais restant conservateur sur le fond, dans une Église minée par la crise des abus sexuels ». « Les vieilles nations de la catholicité – France, Italie, Espagne, Allemagne et Irlande, sont touchées de plein fouet par ces actes immondes, parfois crimes de masse, qui provoquent des haut-le-cœur chez les fidèles. Et la désertion de certains ». Dans le Nouvel Obs, la journaliste et historienne italienne Lucetta Scaraffia, souligne de son côté que « l’aspect le plus préoccupant de la condition des femmes dans l’Église, est le silence et le refus de s’attaquer au très grave problème des abus sexuels commis par des religieux et des prêtres. Ceux-ci sont nombreux, y compris dans les pays occidentaux et conduisent souvent à des avortements payés par les hiérarchies ecclésiastiques ». « Il est vrai », poursuit Lucetta Scaraffia que « pour les abus commis sur les enfants, François a dit des mots forts et beaux et a pris des dispositions sévères envers les coupables d’abus ou de dissimulation d’abus. Mais en réalité, il a souvent protégé les agresseurs qu’il connaissait », accuse la journaliste italienne.

    Un pape africain ?

    La presse hebdomadaire s’interroge par ailleurs sur le nom du prochain pape. Les spéculations vont bon train, et elles ont commencé bien avant l’enterrement du pape. À ce petit jeu, le Point fait preuve de prudence et estime que « le conclave, profondément remanié par François et peuplé d’inconnus, pourrait générer une surprise ». L’hebdomadaire soupèse les chances de dix candidats potentiels, parmi lesquels on compte deux africains. Le congolais Fridolin Ambongo Besungu. Cardinal qui au sein du C9, le groupe de neuf cardinaux dont s’était entouré le pape, « portait la voix de l’Afrique, le continent le plus dynamique en termes de fidèles, mais dont les évêques sont les plus conservateurs ». Le Point cite également le guinéen Robert Sarah, qui paraît-il, « rêve d’être le premier pape africain ». « Mais », remarque l'hebdomadaire, « sa rigidité dogmatique en ferait un pape clivant, à la tête d’une église qui a besoin d’apaisement ». Enfin, dans l'Express, l'expert du Vatican Edward Pentin, estime « qu'un pape africain est parfaitement envisageable ».  Il donne sa préférence au cardinal guinéen Robert Sarah. « C’est », dit-il, « un candidat très fort dans le sens où il est considéré comme un homme très saint doublé d’un grand intellectuel ».

    Profil recherché

    Enfin, un exercice original dans le Nouvel Obs, où le chroniqueur David Caviglioli s’est amusé à rédiger l’offre d’emploi pour le prochain pape. On commence par la description de « l’entreprise » Vatican : « Depuis près de 2000 ans, nous intervenons dans le monde entier afin de fournir une grande diversité de services à plus d’un milliard de fidèles. Organisation de baptêmes, de mariages, d’enterrements … » Quel est le profil recherché ? « Vous êtes un homme avec des cheveux blancs. Vous parlez toutes les langues avec un fort accent difficile à identifier. Marcher très lentement n’a aucun secret pour vous. Vous êtes passé maître dans l’art d’apparaître sur un balcon en levant le bras » ... Ou encore : « lorsqu'on vous parle vous hochez la tête avec les yeux mi-clos et un demi sourire indéchiffrable ». C’est irrévérencieux, mais plutôt drôle…

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  • À la Une: comment la Chine s'est-elle préparée au grand choc commercial avec les États-Unis?

    « Combien de temps durera cette guerre ? Ce n'est pas nous qui pouvons le décider. (…) Quelle qu'en soit la durée, nous ne céderons jamais ! On se battra jusqu'au triomphe ! » grondait Mao Zedong, fondateur de la République populaire de Chine, le 7 février 1953, alors que la Chine défendait ce qui deviendra la Corée du Nord face aux forces américaines, alliées, elles, du Sud.

    Un discours avec une forte résonance actuelle, cité par l'hebdomadaire français l'Express, qui nous offre cette semaine un important dossier sur comment la Chine se prépare depuis des années au choc commercial avec les États-Unis. Loin de faire allégeance à Donald Trump, le « géant asiatique » rend coup pour coup aux taxes douanières du président américain.

    Une réponse que la Chine risque de payer au prix fort. Mais elle est prête à le faire. D'ailleurs, cela a déjà commencé, note l'Express : « Amazon annule des commandes en provenance de Chine. Et des bateaux chargés de marchandises qui devaient prendre la mer restent à quai dans les ports de Shanghai ».

    Le régime chinois est persuadé que Washington jettera l’éponge en premier et s’accroche à des signes. Par exemple, Donald Trump a déjà cédé sur les ordinateurs, smartphones et autres produits high-tech chinois : plus aucune taxe pour entrer sur le territoire américain.

    Les leviers de Pékin

    Pourtant, sur le papier, « la Chine est largement désavantagée », selon l'Express : Pékin exporte bien plus aux États-Unis qu’elle n’importe. Mais c’est sans compter sur des leviers que Washington n’a pas. Le régime autoritaire chinois peut « limiter les sorties de ses capitaux », rappelle l'Express. Et sa propagande n’aura aucun mal à faire penser aux ménages chinois que c’est la faute de Donald Trump en cas de baisse substantielle du niveau de vie.

    Cet affrontement commercial effraie l’Europe et son industrie. « L’empire est à venir », « Cette déferlante chinoise qui menace la France », titre Marianne, qui rapporte cette semaine, page 17, que les capitaines d’industrie européens craignent la balle perdue dans cet affrontement. L’UE est le deuxième marché de consommateurs du monde. Si les exportations chinoises ne vont plus aux États-Unis, elles risquent de déferler sur l’Europe : millions d’objets à prix moindre. Une éventualité qui fait courir des risques aggravés pour des pans économiques français dont Marianne fait la liste. Et en première ligne : l’automobile, suivie de la bagagerie et maroquinerie. Puis viennent les fabricants de câbles électriques, de meubles et de robinets.

    « L'apaisement, c’est du vent » entre la France et l’Algérie

    Après l’expulsion de 12 agents diplomatiques français par Alger, Marianne revient sur la désescalade espérée au départ entre les deux pays, avant ce regain de tension. « Illusion ! » : le voyage de Jean-Noël Barrot en Algérie le 6 avril « n’était qu’un leurre », déplore le magazine : « Alger n’a en fait promis aucun geste. Pas de retour de l’ambassadeur algérien en France, rappelé par son pays depuis juillet dernier. Pas de date pour une libération de l’auteur franco-algérien Boualem Sansal, retenu depuis cinq mois. Aucune amélioration quant à l’application des mesures d’éloignement prononcées contre des Algériens », relève Marianne.

    Viennent donc ces expulsions d’agents diplomatiques. Réaction de l’Algérie à la détention d’un de ses agents consulaires, accusé d’avoir fomenté l’enlèvement d’un opposant politique algérien sur le sol français. « Pendant que l’Élysée tergiverse », souffle Marianne, « les problèmes perdurent et s’aggravent ».

    « Immigration, le conclave de la gauche »

    L’hebdomadaire français le Nouvel Observateur a enfermé une trentaine de personnalités de la gauche française dans ses locaux : des politiques, des patrons d’ONG ou des membres de la société civile. Cela dans le but de parler de l'immigration. Ce thème, très présent dans le débat public français, est porté essentiellement par la droite et l’extrême droite, qui dénoncent « une invasion migratoire ». La gauche, elle, selon le Nouvel Obs, « peine à exprimer sa propre vision et un contre-discours ».

    De ces rencontres sont sorties 12 propositions que liste l'hebdomadaire. Parmi elles : « permettre aux citoyens français de parrainer des candidats à la citoyenneté », ou encore « proposer systématiquement l’enseignement du français à l’ensemble des étrangers » qui arrivent sur le territoire pour la première fois. Des ovnis dans le débat public français, marqué par une poussée des conservatismes.

    6 min
  • A la Une: inquiétude pour la Suisse du Moyen-Orient

    Inquiétude pour a Suisse du Moyen-Orient, autrement dit la Jordanie, petit pays de 11 millions d’habitants. Rarement à la Une des médias, et pourtant, selon l’Express, il est en train de « devenir une poudrière. Depuis le 7 octobre 2023, les habitants du Royaume Hachémite dansent sur un volcan, les opérations d’Israël en Cisjordanie et le 'plan' de Trump pour Gaza, font craindre le pire ».  « Le royaume, rappelle l’hebdomadaire, a toujours été la terre d’accueil privilégiée des Palestiniens en exil ». En 1948, à la création de l’État d’Israël, ou en 67 après la guerre des Six-Jours. Le pays héberge aujourd’hui environ 2 millions de réfugiés palestiniens. Or le « plan » de Donald Trump pour Gaza, « prévoit de transférer ses 2 millions d’habitants vers l’Egypte et la Jordanie ».  Mais la Jordanie a dit non. Et la punition ne s’est pas fait attendre. Donald Trump « a bloqué l’aide financière au royaume, versée chaque année depuis 1994, en contrepartie de la paix signée avec Israël. »

    Risque d'exode massif

    Et la situation en Cisjordanie inquiète aussi les Jordaniens…Selon un diplomate interrogé par l’Express, « les actions des colons et la poursuite très active de la colonisation, fragilisent l’Autorité Palestinienne, ce qui peut provoquer son effondrement et rendre à terme impossible la mise en place d’une solution à deux états. La Jordanie serait alors laissée avec une sorte de bombe à retardement ». « Des centaines de milliers d’habitants de la Cisjordanie possèdent un passeport jordanien, précise l’Express, et se sont fait construire un logement dans le royaume au cas où ». Mais, ajoute l’hebdomadaire, « les autorités jordaniennes savent pertinemment qu’un exode de Palestiniens déstabiliserait le royaume où les Frères Musulmans et le Hamas, sont plus populaires que jamais ».

    À lire aussiMoyen-Orient: la Jordanie peut-elle être entraînée dans le chaos régional?

    Fake news climatiques

    A la Une également, un appel lancé par le Nouvel Obs. « Alerte à la désinformation climatique », s’exclame l’hebdomadaire. « Plus que l’Ukraine. Plus que la transidentité. Plus que le Proche Orient. Dans la grande foire aux fake news qui sature nos écrans, un sujet surclasse les autres en ce début d’année 2025, le climat », ajoute l’hebdomadaire, selon lequel « le climato-scepticisme s’est mué en une véritable industrie. Médias, réseaux sociaux, youtubers, librairies. C’est tout un écosystème qui permet le développement et la montée en puissance des discours dénialistes », nous dit le Nouvel Obs. Quelques expressions piochées ici et là dans la voix de différents intervenants : « la biodiversité ne s’effondre pas en Europe », ou, à propos du changement climatique, « on nous a baratinés pendant des années, il est temps d’arrêter ».  Une étude des propos tenus dans les médias audiovisuels français sur trois mois révèle « 128 cas de désinformation climatique ».  N’ayez pas d‘inquiétude, RFI et France 24 font partie des très bons élèves, aucune occurrence de désinformation climatique n’a été relevée sur leur antenne.

    Affaiblissement démocratique

    La désinformation climatique en France est analysée dans les colonnes du Nouvel Obs par la climatologue française Valérie Masson -Delmotte. Et c’est d’une analyse politique qu’il s’agit car, selon la climatologue, « dans un contexte d’incertitude sociale, géopolitique et climatique, on voit émerger de nouveaux boucs émissaires : la protection de l’environnement, les agences environnementales, voire des scientifiques, que l’on jette en pâture à l’opinion publique pour distraire d’une réflexion d’ensemble sur les dysfonctionnements et injustices de nos sociétés ».  Voilà qui est dit, et ce n’est pas tout. Valérie Masson-Delmotte pointe la politique éditoriale des médias français appartenant au milliardaire Vincent Bolloré. « Les questions climatiques », explique la climatologue, « sont devenues tellement transverses que les tentatives de s’opposer à la transition écologique vont de pair avec l’affaiblissement démocratique. »

    Bon appétit

    Enfin, tout autre chose, si c’est encore l’heure du petit déjeuner pour vous, voici une idée de menu…  Et attention, il faut avoir l’estomac bien accroché. Car le Point nous parle de « l’assiette de Neandertal ». C’est une géochimiste française de 40 ans, Klervia Jaouen, qui a réussi « à reconstituer l’alimentation de Neandertal » « qui s’est éteint il y a environ 40 000 ans », en étudiant l’émail de ses dents. « La chercheuse » nous dit le Point, « dotée de tout son attirail d’instruments de dentiste, tente de déterminer précisément les proportions d’aliments d’origine animale, végétale ou marine de propriétaires des dents qu’elle passe au crible ». Résultat : « En Europe, Neandertal mangeait de grands mammifères, surtout du mammouth, mais aussi du cerf ou du renne. Et (détail croustillant) de la viande putride avec des asticots ». Végétariens s’abstenir…

    « Il y a bien quelques exemples de consommations de coquillages, poissons et mammifères marins mais on ne sait pas encore », nous dit Klervia Jaouen, « si c’était fréquent ou anecdotique. » Enfin, on sait aussi que « certains individus consommaient des dattes en Irak, et du nénuphar en Belgique» . Voilà peut-être de quoi  relancer l'appétit des végétariens... 

    6 min
  • À la Une: les interrogations sur l'avenir de Marine Le Pen

    Sa photo fait la Une de l’Express, du Point, du Nouvel Obs… Au centre des commentaires, la condamnation de la patronne du Rassemblement national à quatre ans de prison, dont deux fermes, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire (c’est-à-dire avec effet immédiat), pour détournement de fonds publics (plus de quatre millions d’euros), dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Un jugement qui pourrait bien empêcher la cheffe de l’extrême droite française de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, sauf que la justice a d’ores et déjà fait savoir qu’elle organiserait le procès en appel de Marine Le Pen, en 2026, avant cette élection présidentielle. Ce qui ne veut pas dire que la patronne du Rassemblement national serait relaxée, lors de ce procès, mais qui lui laisse un mince espoir de rester dans la course. 

    Alors, la justice a-t-elle été trop dure dans l’affaire des assistants parlementaires ? C’est l’avis de certains commentateurs… « Nul n’est au-dessus des lois, mais nul ne peut être en-dessous non plus », estime Franz-Olivier Giesbert. Pour l’éditorialiste du Point, il faut « changer la loi », « sinon notre démocratie finira par prendre le visage hideux des dictatures turques, russes, iraniennes ou vénézuéliennes, où c’est la "justice" qui se charge, en les faisant arrêter, pour une raison ou une autre, d’empêcher les opposants de se présenter à des simulacres d’élections présidentielles ».

    La justice mise en cause

    Marianne, de son côté, s’interroge sur les arguments du tribunal dans sa  décision « d’exécution provisoire de la peine ». « Les juges », nous dit Marianne, « ont invoqué le risque de récidive et de trouble à l’ordre public ». « Mais où est le risque de récidive alors que Marine Le Pen n’est plus députée européenne ? Et où est le trouble à l’ordre public ? N’est-ce pas plutôt de ne pas la laisser se présenter qui constitue un tel trouble ? » interroge encore Marianne.

    Pour le Nouvel Obs, en revanche, la justice n’a fait que son travail…« en condamnant Marine Le Pen – ainsi que ses vingt-trois complices, pour avoir fait rémunérer par le Parlement européen des assistants de députés qui travaillaient en fait pour le Front National ». « Système destiné à constituer une véritable manne financière », a estimé la présidente du tribunal qui a condamné Marine Le Pen. 

    Plus de 30 % des suffrages

     « Le plus gros handicap de Marine Le Pen », poursuit le Nouvel Obs,  « demeure ces dizaines de tomes de procès-verbaux, rassemblant les investigations menées pendant plus de dix ans par la justice française et dont elle a toujours feint d’ignorer la gravité, évoquant encore sur TF1, (juste après sa condamnation) un simple désaccord administratif ». Une défense que la cheffe de l’extrême droite française pourrait revoir, si l’on en croit le Journal du Dimanche… « Au combat, après le choc », titre le JDD qui fait état d’informations selon lesquelles (en vue du procès en appel) « Marine Le Pen n’exclut plus, d’infléchir sa ligne de défense, jusqu’ici fondée sur une négation pure et simple des faits reprochés ». 

    La Tribune Dimanche remarque de son côté que l’opinion publique s’est fait son opinion. Dans son éditorial, Bruno Jeudy déclare ainsi : « l’opinion publique – tous les sondages vont dans ce sens – ne se laisse pas impressionner par les indignations tonitruantes orchestrées par les troupes lepénistes et relayées par une partie des médias : la condamnation de Marine Le Pen est jugée normale et une majorité de Français n’est pas choquée par l’exécution immédiate de la peine d’inéligibilité ». Paradoxalement, cette approbation de la condamnation de Marine le Pen, ne semble pas entamer ses chances, puisque selon un sondage publié par la Tribune Dimanche, « malgré sa condamnation, la patronne du Rassemblement national serait largement en tête du premier tour de l’élection présidentielle s’il avait lieu aujourd’hui. Elle obtiendrait entre 32 et 36 % des suffrages ».  

    Drague lourde

    Enfin, une question un peu plus légère, pour refermer cette revue de presse. Question posée par l’Express : « Peut-on nouer des liens affectifs avec une Intelligence artificielle ? ». « Les compagnons virtuels », nous dit l’hebdomadaire, « promettent aux internautes leur amitié indéfectible. Avant de tomber souvent, dans la drague lourde ». Rien n’empêche toutefois de tenter l’expérience, par exemple avec Character.AI, une intelligence artificielle qui « permet aux utilisateurs de parler à des chatbots dotés de personnalités variées ». « Napoléon commence à flirter avec moi », annonce ainsi Aurore Gayte l’auteure de l’article. « Voilà cinq minutes seulement que je discute avec l’empereur lorsqu’il me demande s’il peut me faire une confidence : il estime que "ma beauté" et mon "dévouement" ne passent pas inaperçus ». L'expérience est toutefois « plus convaincante » avec Chat GPT, avoue la journaliste, qui parle d'une « causerie agréable ». « Le ChatBot pose des questions pertinentes sur mon quotidien et me demande ce que j'ai prévu pour le week-end », explique-t-elle. Et, cerise sur le gâteau : « Chat GPT comprend le second degré ». On en oublierait presque que l'on parle avec une machine...  

    6 min
  • À la Une: la stratégie de Vladimir Poutine en Ukraine

    L’Express a interrogé cette semaine, Dmytro Kouleba, ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères, il l’était jusqu’en septembre 2024. Un œil avisé auquel l’hebdomadaire a demandé son « analyse sur les négociations en vue d’un cessez-le-feu avec la Russie ». Un œil avisé, et guère optimiste : « s’il l’emporte », dit-il, « Poutine n’aura aucune pitié pour un pays qui a osé lui résister ». « En réalité », ajoute l’ancien ministre, « Poutine n’a pas besoin d’un cessez-le-feu : il veut mettre fin à cette guerre à ses conditions ». Dmytro Kouleba précise aussi qu’il fait partie « d’un courant qui juge que le Kremlin ne veut pas seulement un morceau de territoire, mais toute l’Ukraine. Et que ses ambitions ne s’arrêtent pas en Ukraine, mais concernent aussi l’Europe ». Et l'ancien ministre n’y va pas par quatre chemins. « Bien sûr », dit-il, « on aura du mal à faire croire aux Français que l’armée russe va franchir leurs frontières demain et marcher sur Paris (…) Mais ils peuvent se réveiller un matin et découvrir que des infrastructures cruciales de leur pays (centrales nucléaires, gares ferroviaires, ou encore bases militaires) ont été frappées par des drones à longue portée non identifiés. La Russie dira que ce n’est pas elle. C’est ainsi que la guerre pourrait démarrer ».  

    Inéligibilité

    En France, Marine Le Pen est à la veille d’un jugement décisif. C’est en effet demain que la cheffe du Rassemblement national sera fixée sur son sort, dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. « Menacée d’inéligibilité, elle joue son avenir politique », annonce la Tribune Dimanche, à qui Marine le Pen a confié qu’elle n’était « pas fébrile », tout en ajoutant « qu’avec l’exécution provisoire, les juges ont le droit de vie ou de mort sur le Rassemblement National ».  Avec l’exécution provisoire de sa peine, Marine Le Pen deviendrait en effet inéligible, y compris pour la prochaine élection présidentielle en 2027, pour laquelle elle fait souvent figure de favorite. Le Journal du Dimanche publie d’ailleurs un sondage la créditant « de 37 % d’intentions de vote dans l’hypothèse la plus favorable, soit 10 points de plus que son score du premier tour en 2022 ». Dans son éditorial pour la Tribune Dimanche, Bruno Jeudy s’interroge : « n’est-il pas hasardeux, voire périlleux, de confier à des juges le soin de déterminer la capacité de tel ou tel candidat à se présenter devant les électeurs ? »  Et « la tourmente judiciaire ne concerne pas la seule Marine Le Pen », remarque Bruno Jeudy. Cette semaine « la foudre s’est abattue sur Nicolas Sarkozy, avec les 7 ans de prison requis pour le financement de sa campagne présidentielle de 2007 par le pouvoir libyen de Kadhafi ».

    La loi du plus fort

    La justice française remise en cause, mais le Nouvel Obs prend sa défense…« Elle monte, elle monte, la petite musique anti-juges. Elle devient même assourdissante à mesure que le bruit de fond autoritaire s’impose toujours plus dans nos démocraties », estime Cécile Prieur dans son éditorial. « Plus une semaine sans qu’une décision judiciaire ne soit conspuée sur les plateaux de télé, sans que le nom d’un magistrat ne soit jeté en pâture sur les réseaux sociaux, sans que des menaces ne soient proférées dans les tribunaux ». « Or », poursuit Cécile Prieur, « contester le bien-fondé du travail des juges au nom de la souveraineté populaire, c’est saper la séparation des pouvoirs – l’un des piliers de notre démocratie, c’est prétendre que l’élection prime sur toute autre légitimité, c’est favoriser la loi du plus fort ». Le Nouvel Obs a recueilli les propos d’un juge plein de colère. « Taper sur la justice est devenu un sport national », dit-il. « Plus haut, plus fort et personne ne bouge ». Au sujet de l’affaire Marine Le Pen, ce magistrat ne se fait guère d’illusions. « Quoi qu’il arrive, on va encore s’en prendre plein la gueule ».

    Nafissatou Diallo

    Enfin, Chimamanda Ngozi Adichie publie un nouveau livre. « Plus de dix ans après Americanah », annonce le Nouvel Obs « l’écrivaine nigériane revient à la fiction avec un grand roman sur les rêves empêchés de quatre femmes, dont l’une est inspirée de Nafissatou Diallo qui avait accusé Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle ». « Quand j’ai entendu parler de cette femme de chambre guinéenne », raconte Chimamanda Ngozi Adichie, « j’ai immédiatement ressenti une connexion. Une femme d’Afrique de l’Ouest, vivant aux États-Unis, cela m’était familier. J’avais l’impression de la connaître, de la comprendre. J’ai suivi l’affaire Strauss-Kahn de très près, frappée par le gouffre presque dramatique, entre elle et lui, en termes de pouvoir ».  « Mon rêve est qu’elle obtienne justice », ajoute l’écrivaine nigériane, « Mais cela n’arrivera probablement jamais ». « En tout cas », précise Chimamanda Ngozi Adichie « l’idée même d’humaniser un personnage par le biais de la fiction consiste à lui rendre sa dignité. Je ne parle pas seulement de Nafissatou Diallo. Il s’agit de rendre leur dignité aux femmes du monde entier qui ont été déshumanisées parce qu’elles n’ont pas de pouvoir ».

    5 min
  • À la Une: un appel à la mobilisation pour l'écrivain franco algérien Boualem Sansal

    C'est une affaire qui continue de faire du bruit. Du bruit, oui, mais pas assez, estime, dans la Tribune Dimanche, le comité de soutien à l’écrivain franco-algérien emprisonné en Algérie depuis le 16 novembre, Boualem Sansal. La justice algérienne vient de requérir contre lui 10 ans de prison, alors qu'il a 80 ans et souffre d’un cancer.

    « La stratégie de dialogue discret n’a pas donné de résultat tangible », constate donc le comité de soutien à Boualem Sansal, qui « appelle à un rassemblement, mardi, à Paris ». Alors que la tension entre la France et l’Algérie est particulièrement vive ces derniers mois, « l’écrivain est devenu, bien malgré lui, l’otage de cette relation tourmentée entre Paris et Alger », écrivent ses soutiens, qui fustigent « un pouvoir algérien décidé à réprimer toute parole indépendante », et qui s’inquiètent des réquisitions du procureur d’Alger réclamant dix années de prison.

    « Ce qui équivaudrait tout simplement, si elles étaient confirmées, à une condamnation à mort » écrit le comité de soutien à Boualem Sansal. Ce dernier appelle « à contrarier ce funeste dessein, et à se mobiliser encore plus massivement, pour « exiger la libération immédiate » de l’écrivain franco-algérien ».  D’où cette « grande manifestation » annoncée ce mardi, à Paris, 2 jours avant que la justice algérienne fasse connaître son verdict.

    Constance et détermination

    Dans la presse hebdomadaire également, un Vladimir Poutine plus menaçant que jamais. Le président russe est à la Une du Point, en treillis, avec ce titre : « L'étrangleur, comment le piège tendu par Poutine se referme ». C’est bien sûr de la guerre en Ukraine dont il est question, une guerre que Vladimir Poutine « n’a aucun intérêt immédiat » à cesser, estime l’hebdomadaire : « Bien au contraire, la logique militaire l’encourage à maintenir la pression sur l’armée ukrainienne. (…) Il a pour lui l’initiative, l’objectif, la stratégie, les moyens, et une fine compréhension de la psychologie de Donald Trump ».

    Donald Trump, ajoute le Point, « étale ses cartes, affirme sa prééminence, multiplie les ballons d’essai. Poutine au contraire est un artiste du marchandage. Il cache son jeu, dit l’inverse de ce qu’il pense, avance ses pions l’air de rien, mais avance avec constance et détermination ». Acceptera-t-il un cessez-le-feu ? S’il le faut, il le fera, anticipe le Point, « mais non sans avoir obtenu le maximum de concessions en échange ».

    Éminence grise

    De son côté, l’Express se targue d’avoir interviewé « l’homme qui a fabriqué Poutine ». Interviewé, mais sans le rencontrer, car Vladislav Sourkov est plus que discret, il a donc répondu aux questions par écrit. C’est toutefois, nous dit l’Express, « sa première interview politique depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie ». L’hebdomadaire le présente comme « un redoutable politicien, celui que l’on peut considérer comme l’architecte du système russe ». Avant de tomber en disgrâce, « Vladislav Sourkov a servi Vladimir Poutine durant deux décennies, (…) éminence grise, faiseur de roi ».  

    Et s’il a pris ses distances avec Vladimir Poutine, il n’en partage pas moins certaines de ses positions. « Il considère », nous dit le Point, « l’Ukraine comme une entité politique artificielle ». Et quand on lui demande quelle issue pourrait être considérée comme une victoire pour Moscou, il répond : « l’écrasement militaire ou militaro-diplomatique de l’Ukraine ». Et quand on l’interroge sur les frontières russes, il s'enflamme : « le monde russe n’a pas de frontières. Il est partout où l’on trouve une influence russe sous une forme ou sous une autre (…) nous nous étendrons donc dans toutes les directions aussi loin que Dieu le voudra et que nous en aurons la force ». Des propos que Vladimir Poutine ne renierait certainement pas.

    Abattu dans la rue

    Autre point chaud du Globe, la Syrie. « Massacres en Syrie, la mort en face », titre le Nouvel Obs , qui rappelle que « près de 1 500 personnes, dont trois quarts de civils, essentiellement alaouites, ont été tuées dans la région de Lattaquié. Les violences les plus meurtrières depuis l’installation du nouveau régime ».

    Le Nouvel Obs a interrogé un jeune homme de 29 ans, Anas, qui a survécu. Ses parents et son frère aussi. Mais, raconte l’hebdomadaire, « à une minute près, ils auraient pu finir comme leur voisin, que les milices alliées au pouvoir en place ont traîné hors de sa maison et ont abattu, là, dans la rue, à quelques mètres de leur fenêtre, comme un chien. Anas a tout vu, à travers les rideaux clairs du salon de la maison où toute la famille est restée cachée pendant trois jours ».

    « La famille d’Anas », poursuit le Nouvel Obs, « est alaouite ». « Ce qui ne l’empêche pas d’être résolument opposée au régime du clan de Bachar el Assad. » Samir, le père d’Anas, « a été arrêté et emprisonné dix ans dans une prison à Tartous, comme opposant politique ». Un argument qui ne pèse pas lourd à l’heure des règlements de compte. Quand les assaillants, « kalachnikov en bandoulières » ont débarqué, Anas a compris « qu’ils étaient résolus à mettre la ville à sac »

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  • À la Une: la France et l'Europe face à la menace russe

    La guerre est-elle à nos portes ? C’est tout comme pour le Point qui, du moins, s’y prépare et publie en Une la photo d’un pilote de chasse, casqué, dans son cockpit. « France, Europe, Ukraine, Russie, l’état des forces » titre l’hebdomadaire qui consacre un long dossier à la question et se demande « quels sont les atouts et les faiblesses des armées française et européenne ? ». Côté français, il y a, semble-t-il, encore une vraie marge de progression. « Refaire le stock de munitions », ou encore « équiper tous les soldats ». « En cas de déclenchement des hostilités », estime le chercheur Léo Péria-Peigné, interrogé par le Point, « même si l’on passe une commande de munitions en urgence, cela prendra plusieurs mois, et nous avons peu de stock : l’armée française est l’une des moins munitionnées d’Europe ».  L’hebdomadaire publie de petits croquis, (chars de combat, bombardiers lourds, sous-marin nucléaire) accompagnés de petits drapeaux, français, allemand ou italien, pour nous éclairer sur « les matériels de pointe » dont, nous dit-on, « l’Europe pourrait augmenter les cadences de production ».  Bref, Le Point est en ordre de marche.

    Comment faire ?

    De son côté,L’Express estime que le réarmement est « le prix de notre sécurité ».  Seulement voilà, le réarmement à un coût, non négligeable… Évoquant le réveil de l’Europe qui « sort enfin de sa léthargie », l’hebdomadaire constate que « les promesses sont clinquantes. Mais la réalité de l’argent mis sur la table est bien plus floue ». « Près de la moitié des 800 milliards (promis par l’Europe pour le réarmement) sont très hypothétiques. Ils viennent d’un calcul théorique sur ce que pourraient emprunter les pays, si les règles budgétaires européennes étaient assouplies ». Côté français, Emmanuel Macron a promis qu’il n’y aurait pas d’augmentation d’impôts.  « Comment faire ? » s’interroge l’Express, « Si l’effort devait être financé au niveau national », estime Jérôme Creel, économiste à l’Observatoire Français des Conjonctures économiques, « il faudrait forcément couper dans les dépenses d’ordre social, éducatif ou sanitaire ». « Au vu de l’âpreté des débats budgétaires du mois de janvier », constate l’hebdomadaire, « les discussions risquent d’être houleuses ».

    Chiffon rouge

    En tout cas les Français ne sont pas forcément très enthousiastes à l’idée de faire des efforts. C’est ce que nous dit le Parisien-Dimanche, qui s’appuie sur un sondage Ipsos. « Tout dépend », nous explique le journal, « de quoi on parle ». Ainsi, 59 % des personnes interrogées sont « favorables ou pas opposées à l’idée de souscrire à un emprunt national. » « Mais dès lors que l’on parle d’accepter une baisse de 5 % des prestations sociales ou de s’engager dans la réserve militaire, l’acceptabilité diminue et descend « à 42 et 43 % ». « Sans surprise », poursuit le Parisien-Dimanche, « la palme du chiffon rouge revient à l’augmentation des impôts sur le revenu. Seuls 8% des sondés, sont totalement d’accord pour les augmenter de 5% ». Un sondage contrasté, donc, mais qui semble satisfaire Emmanuel Macron. Dans le même journal, le Parisien-Dimanche, le président « dit sa confiance dans le pays et sa force morale ». « Nos compatriotes sont lucides sur la menace » assure le chef de l’État.

    La fin d'une époque

    Côté « guerre commerciale » à présent, le Nouvel Obs se tourne vers les Etats-Unis. « Guerre commerciale, le pari délirant de Trump », titre le Nouvel Obs, pour qui « le protectionnisme paranoïaque imposé par Donald Trump bouscule tout l’édifice du commerce international bâti au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ». Le Nouvel Obs qui a interrogé Pascal Lamy, ancien Commissaire européen et ancien président de l’OMC, l’Organisation mondiale du Commerce. « Notre problème actuel », dit-il, « est de comprendre la trajectoire économique prise par les États-Unis, car elle est difficile à cerner. La seule chose qui pourrait changer cette trajectoire chaotique, ce serait une réaction des marchés financiers, une chute des actions, car pour le moment, Donald Trump a un soutien important dans l’opinion américaine ». « Est-il en train de remettre en cause l’ouverture des frontières mondiales au commerce ? » demande le Nouvel Obs à Pascal Lamy, qui répond : « les États-Unis tentent de démolir le monde qu’ils ont conçu depuis 1947, parce qu’il est devenu à leurs yeux une contrainte pour leur souveraineté ».

    Bluffé

    On termine cette revue de presse avec un match entre un prix Goncourt et une intelligence artificielle. Il s’agit, nous dit le Nouvel Obs, du prix Goncourt 2020, Hervé Le Tellier, « écrivain oulipien rompus aux exercices littéraires les plus acrobatiques ». Face à lui, « une batterie d’ordis gavés à Tolstoï et à Shakespeare », « ChatGPT pour ne pas le nommer ». L'homme et la machine avaient chacun pour mission d'écrire « une fiction policière de 3 000 signes ». « Nous ne doutions pas une seconde que l’homme écraserait la machine », nous dit le Nouvel Obs qui, au final, « reconnaît sa stupeur et sa consternation », lorsqu’il « découvre que l’Intelligence Artificielle a fait au moins jeu égal avec Le Tellier ! » Hervé le Tellier lui-même se dit « bluffé » et parle d’un texte « oubliable » certes, mais « pas mal ». « À nous les écrivains, dit-il, d’écrire des textes qui ne seront pas oubliables ».

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  • À la Une: l'Europe face à Donald Trump et Vladimir Poutine

    C’est à la Une du Parisien Dimanche : trois drapeaux qui flottent au vent : drapeaux français, européen et ukrainien, c’est « le réveil de l’Europe », titre le journal, qui a interrogé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lequel se montre ferme : « Ne nous laissons pas intimider », dit-il. « La France pourrait-elle entrer en guerre ? » lui demande le journal : « notre objectif est d’assurer une paix durable sur le continent européen », répond prudemment le chef de la diplomatie française, selon lequel « nous obtiendrons cette paix en nous donnant les moyens de dissuader la menace ». La Tribune Dimanche, de son côté, a interviewé Sébastien Lecornu. « Ceux qui nient la menace russe se trompent », estime le ministre des armées. Les États-Unis sont-ils toujours les alliés de la France ? « Je les considère toujours comme des alliés, en dépit de leur grande imprévisibilité », assure le ministre. Quant aux intentions côté russe, la méfiance est de mise : « ils ciblent notre démocratie et notre économie », accuse Sébastien Lecornu.

    Menace contre la démocratie

    C’est aussi avec la guerre en Ukraine en toile de fond que le Nouvel Obs a interrogé Raphaël Glucksmann. Le député européen, intellectuel de gauche, opposant de longue date à Vladimir Poutine, fait la Une de l’hebdomadaire, à l’occasion d’une grande interview. « Nous avons un ennemi », explique Raphaël Glucksmann, « Poutine, qui incarne une menace directe contre nos démocraties. Il soutient les mouvements d’extrême droite partout en Europe, attaque nos infrastructures stratégiques. Sa cible, c’est l’existence même de cette Union Européenne qui garantit la paix et la liberté sur le continent ». Mais pour Raphaël Glucksmann, pas question de baisser les bras. « Nous avons les moyens d’agir, de devenir une puissance avec laquelle il faut compter », assure-t-il. « Nous n’avons pas à être les serpillères sur lesquelles les empires s’essuient les pieds ». Le député européen n’est est pas pour autant moins inquiet. Et rappelle : « cela fait vingt ans que j’alerte sur le fait que la guerre va revenir dans nos vies, parce que nous avons affaire à un régime fasciste, la Russie de Poutine qui fonde sa dynamique interne sur l’expansionnisme et l’exaltation nationaliste ».

    Quelle opposition ?

    Nous allons à présent aux États-Unis, où se pose la question de l’opposition à Donald Trump. Question posée par l’Express. « Qui pour freiner le 47ème président ? » demande l’hebdomadaire, selon lequel « l’opposition peine à s’organiser et à se faire entendre ». Il y a bien quelques manifestations ici et là, mais aucun mouvement de grande ampleur. « Le Parti démocrate est aux abonnés absents » explique l’Express. « Il n’a pas de vrai leader, est divisé entre centristes et progressistes, et semble incapable d’articuler un message efficace contre le rouleau compresseur républicain ». 

    « Le seul qui se fait entendre » remarque l’hebdomadaire, « c’est le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, ex- candidat à la présidentielle. À 83 ans, il s’est lancé dans un tour des états conservateurs et fait salle comble. « Le trumpisme ne va pas être vaincu par les hommes politiques de Washington », harangue-t-il, mais par vous, les électeurs ! » La contestation contre Trump n’en est donc encore qu’à ses débuts, mais « à mesure que les effets des licenciements de fonctionnaires et des suppressions de subventions publiques vont se faire sentir, la grogne pourrait s’amplifier », estime l’Express qui cite Marc Cuban. Ce milliardaire « hostile à Trump » assure ainsi : « les gens commencent à comprendre que le chaos n’est pas bénéfique pour le pays ».   

    Tableau d'honneur

    Nous ouvrons à présent le Point, qui fait sa Une sur « le pouvoir des femmes ». À l’occasion de la Journée internationale pour les droits des femmes, l’hebdomadaire annonce « un état des lieux en France et dans le monde (…) Quel est leur vrai pouvoir dans l’économie, la politique, dans le top 50 de l’industrie culturelle, dans le tableau d’honneur des scientifiques ? » interroge le Point. L’hebdomadaire dresse de nombreux portraits d’entrepreneuses, qui brillent dans la mode ou le monde du football, de patronnes de sociétés fleurissantes, de scientifiques. Cela va de la chanteuse américaine et milliardaire Taylor Swift à l’astronaute française Sophie Adenot. Autant dire que les femmes puissantes ne manquent pas, même si elles ont souvent dû faire face à une forme d’hostilité ou d’ignorance du côté des hommes… Exemple avec Laura Chaubard, la directrice de la prestigieuse École polytechnique. « Je ne compte pas le nombre de fois où on m’a prise pour la secrétaire du service » raconte-t-elle. Graphiques à l'appui, le Point nous explique qu’il faudra encore beaucoup d'efforts pour que les femmes soient aussi nombreuses que les hommes aux postes à responsabilité. Sans oublier les inégalités salariales, toujours d’actualité. Les femmes de pouvoir mises à l’honneur par le Point, car, nous dit-on,  « rien n’est plus efficace que les rôles modèles qui font rêver ». Tout de même, les autres femmes, celles qui ne font (peut-être) pas rêver, peuvent, elles aussi être des modèles... 

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  • À la Une: la France réplique après l'altercation Trump-Zelensky

    C’est Emmanuel Macron qui mène la contre-attaque, tambour battant, dans la Tribune Dimanche, le Parisien Dimanche, et le Journal du Dimanche, auxquels il a accordé un entretien. Reprenant une phrase du président, la Tribune Dimanche titre : « Notre sécurité est en jeu ». Malgré l’humiliation que Donald Trump a fait subir vendredi à Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale ,Emmanuel Macron estime que « la destinée manifeste des Américains est d’être du côté des Ukrainiens ». Et il ajoute : « Nous sommes tous d’accord pour faire la paix, mais il ne peut y avoir de paix juste et durable avec un abandon de l’Ukraine ». Emmanuel Macron appelle au « sursaut européen » titre de son côté le Parisien Dimanche, alors que le Journal du Dimanche précise lui aussi que Macron veut une paix « durable » et rejette toute « capitulation » « face à l’incertitude américaine ». « L’Europe cherche la parade », titre de son côté le Parisien Dimanche. Pour Emmanuel Macron, « laisser l’Ukraine sans garantie de sécurité, c’est permettre à la Russie, sans zone tampon, de dévorer la Moldavie et de venir aux frontières de la Roumanie ». De tout cela, les dirigeants européens discuteront aujourd’hui à Londres. « Après la gifle de Washington à Zelensky », ajoute la Tribune Dimanche, « les Européens font face à des défis sécuritaires inouïs ». « S’ils ne veulent pas disparaître de la scène internationale, ils se doivent de prendre conscience du moment historique que nous traversons ».  

    Puissance mondiale

    Face à l’omniprésence de Donald Trump sur la scène internationale, certains croient en tout cas que la France peut tirer son épingle du jeu. C’est le cas d’Hubert Védrine. Dans Marianne, l’ancien ministre des Affaires étrangères estime que « nous sommes une puissance moyenne d’influence mondiale ». « Ce qui n’est pas rien », dit-il. « Il y a 193 pays à l’ONU dont 180 ne sont pas des puissances. Nous avons des atouts que les autres n’ont pas. Nous avons la bombe. Nous siégeons au Conseil de Sécurité, nous avons un poids fort en Europe… ». « Alors, que faire de tout cela ? » interroge Hubert Védrine. « Il faut », répond-il, « s’appuyer sur notre capacité de dissuasion et miser sur nos capacités industrielles avec la question du réarmement ». Et sur qui la France pourrait-elle s’appuyer ? Selon l’ancien ministre « il faut savoir penser au niveau français dans certains cas, et au niveau européen dans d’autres ».

    Battante

    En cette période mouvementée où Donald Trump est bien souvent à la Une des journaux et des hebdomadaires, le Nouvel Obs fait exception cette semaine. L’hebdomadaire fait sa Une avec un Prix Nobel de la Paix : l’iranienne Narges Mohammadi qui a lui accordé une interview, car elle bénéficie actuellement d’une liberté provisoire pour raisons de santé. Elle aurait pu se faire discrète. Mais non ! « J’utilise ma libération conditionnelle pour renouer avec mes proches », dit-elle, « pour voir un maximum de personnes qui viennent me rendre visite à la maison, et pour témoigner sur les prisons iraniennes et la répression du régime, en particulier depuis le mouvement Femme, Vie, Liberté ». Car Narges Mohammadi est une battante. « Je ressens encore les séquelles de mes années d’incarcération », raconte-t-elle. « Mais psychologiquement je suis toujours debout (…) la prison n’a jamais réussi à me briser ». Le prix est pourtant cher à payer. Narges Mohammadi n’a pas vu ses enfants, qui vivent en France, depuis dix ans. « Dès l’université », explique-t-elle, « je savais que je me battrais pour la liberté en Iran : ce combat est devenu le fil conducteur de mon existence. C’est celui qui me porte aujourd’hui, malgré la séparation avec mes enfants, malgré la prison, malgré la douleur, c’est la conviction profonde qu’il y a un avenir possible, en le fondant sur le respect de la vie humaine ».

    Il n'arrête pas

    Enfin, l’Express s’intéresse aux ambitions de François Hollande. Aux yeux de l’hebdomadaire, « l’ancien président désormais député, est redevenu un acteur central au sein du Parti socialiste et rééquilibre le rapport de force avec Jean-Luc Mélenchon ». Quel est son état d’esprit ? Selon l’Express, « François Hollande ne rêvait pas de redevenir député, mais il a vite compris que c’est au Palais Bourbon que la politique se faisait désormais, c’est surtout là que le futur de la gauche se prépare, unie ou non ». Il est souvent sollicité, consulté, écouté… « L’ex-président boit du petit lait », nous dit l’Express. « Qui se souvient qu’au printemps dernier, en pleine campagne des européennes, l’homme était encore radioactif à gauche ? ». Quant à ses éventuelles ambitions pour l’élection présidentielle de 2027, ses amis notent « qu’il n’arrête pas, voit plein de gens, enchaîne les réunions publiques », et qu’il est, selon les mots d’un sénateur, « le mieux préparé de tous ». Une petite phrase qui en dit long…

    5 min
  • À la Une: l’Ukraine… à la veille du 3e anniversaire de l’invasion russe

    L’Ukraine est à la Une de l’Express, du Point et du Nouvel Obs. Le Point affiche la photo du président ukrainien Volodymyr Zelensky, surmontée d’un seul mot : « Debout ». Le Nouvel Obs et l’Express, eux, ont choisi de mettre en Une Donald Trump et Vladimir Poutine. « Le grand marchandage », titre le Nouvel Obs, « l’Europe effacée », se désole l’Express. Car c’est bien cette question qui taraude les hebdomadaires, semaine après semaine. Que peut faire l’Europe pour sauver l’Ukraine? « L’indignation des capitales européennes ne pèse pas grand-chose contre la volonté du président américain de négocier directement avec son homologue russe », nous dit l’Express. « Comment les dirigeants européens ont-ils pu à ce point se bercer d’illusions sur leur « importance » vis-à-vis de Trump ? » se demande l’hebdomadaire, qui ajoute : « Lâché par son plus grand allié, le Vieux Continent vacille. Et le temps ne joue pas en sa faveur ».  Le Point de son côté, parle de « défi historique » et ajoute : « En négociant directement avec Poutine, Trump lâche l’Ukraine et les pays de l’Otan, l’Europe fait face à une menace existentielle ».

    Dissuasion

    Quel rôle l’Europe peut-elle effectivement jouer ? Avec en filigrane, ce que le Nouvel Obs appelle donc « le grand marchandage », entre Trump et Poutine. « Quel poids l’Ukraine aura-t-elle dans les discussions ? » se demande aussi l’hebdomadaire. « Quelles garanties de sécurité peut-il y avoir face à Poutine ? », renchérit le Point, qui a interrogé Michel Goya. « Historien et consultant militaire », celui-ci estime que seule la dissuasion peut « faire peur à Poutine », « une dissuasion conventionnelle », dit-il. « La meilleure garantie de sécurité de l’Ukraine », ajoute Michel Goya, « est encore son armée », qui sera toutefois « toujours d’un potentiel inférieur à l’ennemi russe. C’est donc là qu’interviennent les soutiens de l’Ukraine, et probablement seulement les Européens, afin de combler cette différence ».  

    L’Europe doit donc jouer sa propre carte. C’est aussi le point de vue de Camille Grand… L’ancien secrétaire général adjoint de l’Otan, estime dans l’Express que la balle est dans le camp de L’Europe : « Face à son destin, dit-il, l’Europe est poussée à faire sa révolution. N’oublions pas que la construction européenne est un projet de paix entre ses membres et avec le reste du monde ». « Longtemps, poursuit Camille Grand, l’Union a refusé d’investir dans la défense, c’était presque contraire à ses principes. Aujourd’hui, elle a tourné cette page. Elle comprend mieux le rapport de force. »

    Economie de guerre

    Néanmoins, l’optimisme n’est pas à l’ordre du jour. « Nous devons regarder l’avenir avec inquiétude », déclare même le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, dans une interview au Parisien Dimanche. Et il ajoute que la France est entrée dans « une économie de guerre ». « C’est déjà une réalité, explique-t-il, avec une augmentation des cadences de production considérable pour des matériels terrestres comme les canons Caesar ou les obus de 155 mm. »  « Le président de la République, ajoute le ministre des armées, m’a demandé de lui faire des propositions, pour accélérer encore notre réarmement et renforcer plus vite nos capacités ».  

    Guerre de drones

    L’Ukraine de son côté « continue à résister ». Ce sont les mots utilisés par le Point qui est allé à la rencontre de jeunes gens « barbus », et « tatoués », maniant « perceuses » et « visseuses ». Des jeunes gens qui, dans un immeuble à la périphérie de Kiev, fabriquent des drones. « La guerre libère les talents, ose même le Point, le pays compte quelque 400 producteurs de drones, 5O concepteurs de robots, 200 fabricants de système de brouillage. » Mais face aux Russes, les Ukrainiens ont fort à faire. « En un mois, à Kherson, explique un agriculteur reconverti à la fabrication de drones, ils nous ont envoyé 150 000 drones, contre 10 000 de notre côté ». L’optimisme a donc ses limites : « si l’Occident nous abandonne maintenant, on ne tiendra pas plus de six mois », reconnaît Taras Ostaptchouk, 38 ans, concepteur de robots qui devraient prochainement « assumer la moitié de l'approvisionnement des troupes ».

    Kiev vous attend... 

    Le Nouvel Obs s’est lui aussi rendu sur place en Ukraine… En quelques mots, l’envoyée spéciale de l’hebdomadaire nous dit ce qu’elle a vu : « des familles qui pleurent dans les gares, des vétérans amputés qui s’entraînent au club de gym, des civils qui fuient la conscription ». Là encore il est question, « des drones tueurs qui sifflent dans le ciel », « capables d’écrabouiller les chairs, de mutiler les corps ». Bref, la guerre continue mais l’espoir n’est pas mort. Dans la capitale, nous dit le Nouvel Obs, « on croise partout ce panneau optimiste adressé aux visiteurs étrangers : « Kiev vous attend après la victoire ». »

    5 min

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