Revue de presse des hebdomadaires français

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  • A la Une: le 60e anniversaire du «Nouvel Obs»

    Le Nouvel Obs a choisi de fêter ce 60e anniversaire dans la bonne humeur, et même plus, dans « la joie ». L’hebdomadaire, a réuni de nombreuses personnalités des arts, de la littérature, ou encore des médias, pour leur demander ce qui leur donne de la joie. Un homme fait la Une : Thomas Jolly, le metteur en scène des cérémonies des Jeux olympiques et Paralympiques. « La joie », dit-il, « ç'a toujours été mon carburant. Quand j’ai commencé à faire mes propres spectacles, j’ai tout de suite posé ce cadre : on peut être sérieux et exigeant, tout en travaillant dans la joie ».

    Edgar Morin, lui, évoque « les émotions que lui donnent une musique ou un poème », c’est « de l’extase », assure le sociologue et philosophe plus que centenaire. La plasticienne Annette Messager parle, elle, de « la joie de jouer avec les chats, dîner avec des gens qu’elle aime, manger un morceau de très bon chocolat, écouter « Hallelujah » de Leonard Cohen ». Plus nostalgique, le chanteur Philippe Katerine confie avec malice : « la joie, c’est d’abord celle de l’enfance. Cette joie-là passe par les narines. On la trouve dans des odeurs de pissotière ou de pissenlit ».

    Corps éparpillés

    Mais malgré sa volonté de célébrer la joie, le Nouvel Obs est vite rattrapé par la réalité. Dans ce même numéro fêtant le 60e anniversaire de l’hebdomadaire, figure l’interview de Mohamed Abou Salmiya, « l’ancien directeur d’Al-Shifa, le plus grand hôpital de Gaza, aujourd’hui détruit ». « J’ai vu des scènes à faire saigner l’humanité », raconte-t-il (…) « nous avons enterré plus de quatre-vingts cadavres sous les frappes aériennes ».

    Quelques heures après les massacres du 7-Octobre, « le siège complet de Gaza est décrété », rappelle le Nouvel Obs. Mohamed Abou Salmiya se souvient : « des corps étaient éparpillés. Les chiens s’en approchaient. (...) Nous recevions des centaines de personnes par jour. Aucun système de santé, et encore moins celui de Gaza, ne peut absorber autant de blessés. Mes collègues découvraient sur les brancards, leur père, leur mère, leurs enfants, parfois déjà morts ». Mohamed Abou Salmiya a été emprisonné durant 7 mois en Israël, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui. Aujourd'hui, il vit comme beaucoup de Gazaouis, sous une tente, avec sa famille. Mais il a repris son travail, à l’hôpital Al-Nasser, à Khan Younès, dans le sud de la Bande de Gaza. 

    Le Pen aux oubliettes

    À lire également, cette semaine, dans les hebdomadaires français, de nombreux articles consacrés à Marine Le Pen. « La présidente du Rassemblement national à l’Assemblée, se retrouve dans un guêpier judiciaire », annonce Marianne, qui détaille le dossier de la fraude aux assistants parlementaires européens et relate quelques extraits d’audience. « Dossier accablant, défense grotesque à la barre, absence de la moindre reconnaissance de culpabilité, mélange de morgue et d’absurdités. Tout plaide pour que le tribunal confirme, au printemps 2025, les réquisitions du parquet », estime Marianne. À savoir, cinq ans de prison dont deux ferme et cinq ans d’inéligibilité.

    Ce dernier point a son importance car cette condamnation pourrait empêcher Marine Le Pen de se présenter à la prochaine élection présidentielle. Et ce n’est pas le magistrat Eric Halphen, cofondateur de l’association anticorruption Anticor, qui lui viendra en aide. Marianne l’a interrogé et son verdict est sans appel : « les politiques condamnés devraient être inéligibles à vie ». Le philosophe, tendance libérale, Marcel Gauchet, lui, est beaucoup plus conciliant et accuse la procureure de « partialité politique ». « Tous les moyens étant bons », ajoute-t-il, « il s’agit de saisir l’occasion d’empêcher Marine Le Pen d’être candidate en 2027, ou avant ».

    La patronne du Rassemblement national qui peut aussi compter sur le soutien duFigaro Magazine. Dans son éditorial, le directeur de la rédaction Guillaume Roquette estime que « Marine Le Pen n’a pas exagéré en déclarant que les procureurs avaient requis contre elle « la peine de mort politique ».  L’Express, de son côté, a préféré suivre Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, en tournée dans le sud de la France pour la promotion de son livre Ce que je cherche. Un cadre du parti commente : « c’est un peu Bardella sur la croisette, Marine Le Pen aux oubliettes ».

    Allô ?

    Enfin, une idée de sortie en cette fin d'année. M, le supplément du Monde, nous présente le Offline Club. Un concept venu des Pays-Bas et qui, paraît-il, rencontre un succès planétaire. Le principe : abandonner son portable dans une boîte à l’entrée d’un café, comme cela s’est fait récemment à Paris. Et pour la somme de 9 euros 50, ce qui n’est pas rien, vous pouvez, nous dit-on, « satisfaire votre soif de déconnexion ». On vous propose tout d’abord 45 minutes de silence, pour rêver, dessiner ou écrire, avant de parler avec vos voisins et voisines. Parler « entre inconnus », « sans être dérangé toutes les trente secondes », explique un participant. Bref, une joie simple mais apparemment en perdition. 

    6 min
  • À la Une: la France se prépare à un hiver de grèves

    Winter is coming. L'hiver arrive en France, et l'on se dirige « vers un Noël sous tension », titre La Tribune Dimanche. Le spectre de la grève refait surface du côté des agriculteurs contre l'accord de libre-échange, toujours en négociation, entre l'Union européenne et les pays du Mercosur ; du côté des fonctionnaires contre la volonté du gouvernement de passer de un à trois jours de carence, comme dans le privé ; du côté des cheminots contre la disparition du Fret SNCF, prévue au 1e janvier 2025. « Va-t-on revivre, s'interroge La Tribune Dimanche, une fin d'année comme en 2022, avec une France paralysée, des trains annulés et des milliers de voyageurs ne pouvant pas rejoindre leurs proches pour les fêtes ? ». Dans l'hebdomadaire, le président du groupe SNCF, Jean-Pierre Farrandou, en appelle « au sens des responsabilités des cheminots », au moment « où la France connaît une situation économique compliquée ». Un constat dressé, aussi, par Marianne, qui voit réapparaître « le spectre du chômage de masse ». Le magazine décompte 183 défaillances d'entreprises par jour, des « fleurons nationaux » comme Auchan et Michelin licencient. Et avec un déficit à 6% du PIB, « le gouvernement se trouve dans l'impossibilité, selon Marianne, d'intervenir massivement, comme par le passé, pour colmater la brèche avec de l'argent public ».

    À lire aussiL'accord UE-Mercosur n'est «plus du tout en phase avec les impératifs écologiques de l'époque»

    Donald Trump, du Queens à la Maison-Blanche

    Lui a jeté un froid supplémentaire après sa victoire : Donald Trump de retour au pouvoir aux États-Unis. Puisque de nombreuses analyses ont déjà été écrites pour expliquer cette victoire, le vote des Américains, la défaite des démocrates, les innombrables conséquences du retour de Donald Trump aux États-Unis et dans le monde... Pourquoi ne pas revenir, tout simplement, à l'origine du mal ? Paris Match retrace la carrière de « ce gamin, né dans le Queens » à New York, juste après la Seconde Guerre mondiale, en 1946, et « qui rêvait de gloire en regardant au loin les hautes tours de Manhattan ». Donald Trump « a un temps caressé l'idée de faire des études de cinéma », mais il en aurait été empêché par son père, Fred, à qui il n'avait pourtant pas peur de répondre. Son père a « fait fortune en construisant des HLM à Brooklyn », rappelle Paris Match, mais Donald Trump « vise beaucoup plus haut ». « Il veut faire partie du grand monde qui vit en vase clos et le regarde de haut. » Il devient donc un magnat de l'immobilier, avant de frôler la banqueroute puis d'accéder, finalement, « aux sommets de la célébrité » en participant à l'émission de télé-réalité « The Apprentice ». La suite, on la connaît : élu président des États-Unis en 2016 avant un échec en 2020 suivi de l'invasion du Capitole, puis sa récente victoire, à l'issue d'une campagne électorale au cours de laquelle il a su « jouer contre le système », « attaquer en permanence », « ne jamais reconnaître ses torts », « mentir ». Autant de méthodes apprises, raconte Paris Match, aux côtés d'un avocat sulfureux, Roy Cohn, qu'il a rencontré plus jeune en entrant dans un club privé de Manhattan.

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    Donald Trump, Vladimir Poutine et l’Ukraine

    De retour à la Maison-Blanche, « il sait ce qui l'attend », « il est préparé », assure Le Nouvel Obs. Tout est compilé, selon l'hebdomadaire, dans les plus de 900 pages du « Projet 2025 », une « feuille de route préparée par une centaine de cercles de réflexion conservateurs ». Au menu, donc, d'après Le Nouvel Obs : « démanteler l'État administratif, défendre la souveraineté et les frontières, remettre la famille au centre de la vie américaine et garantir les droits individuels pour vivre librement ». À cela s'ajoute la volonté de mettre fin à la guerre en Ukraine, et sur ce point, « Donald Trump sera meilleur que vous ne le croyez » : c'est ce que veut penser Boris Johnson. Dans L'Express, l'ancien Premier ministre britannique s'interroge : « Donald Trump, avec tout son ego, tout son orgueil, sa détermination à rendre sa grandeur à l'Amérique, va-t-il laisser la Russie humilier son pays ? Va-t-il inaugurer son mandat en laissant Vladimir Poutine rendre sa grandeur à l'empire soviétique ? ». « Je ne pense pas », répond Boris Johnson. Pourtant, Le Point revient sur la façon dont le président russe « va tenter d'exploiter le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche pour étendre son influence mondiale ». Washington travaille sur un accord de paix qui pourrait notamment « valider les conquêtes russes, soit 20% du territoire de l'Ukraine », et empêcher Kiev d'adhérer à l'Otan pendant 20 ans. « Reste un obstacle, ajoute Le Point : les exigences de Vladimir Poutine », qui vont « bien au-delà ».

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    Déjà 100 jours après les JO de Paris

    Donald Trump, qui s'en est par ailleurs pris à une toute autre personnalité, au cours de sa campagne : la boxeuse algérienne Imane Khelif. Au cœur d'une polémique, cet été, lors des JO de Paris, accusée de ne pas vraiment être une femme, la championne olympique est en couverture de M Le magazine du Monde. Retour sur le « harcèlement » qu'elle subit depuis « toute petite », sans avoir empêché Imane Khelif « de devenir une idole nationale en Algérie », rappelle l'hebdomadaire et une icône de la mode. Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, c'était il y a 100 jours déjà. Le magazine L'Équipe a donc choisi de célébrer ce compte à rebours inversé. De se remémorer les bons souvenirs, avec les Phryges, ces « mascottes qui ont renvoyé Footix aux vestiaires », constate le magazine. Avec le recordman du monde de saut à la perche, le Suédois Armand Duplantis, qui redescend doucement de ses 6,26 m. Et puis avec cet article sur les bons perdants : ceux qui ont terminé au pied du podium, à la « place du con ». Eux aussi ont été reçus par le président, en Italie, et ils ont été salués, en Belgique, par le Comité olympique. « Les quatrièmes ont eu une visibilité accrue durant les derniers JO », note L'Équipe, en expliquant que « la commisération tend à céder le pas à une dédramatisation, une approche propre à une génération d'athlètes attentive à son bien-être ». Pour certains sportifs, difficile tout de même de savoir s'il faut mieux en rire qu'en pleurer. Mais en ce qui concerne la fin des Jeux, la petite larme de nostalgie n'est jamais bien loin. C'était l'été et les cheminots avaient même décidé de respecter la trêve olympique.

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    5 min
  • À la Une: le début de la COP29 en Azerbaïdjan, sous l’ombre de Donald Trump

    Le vert, couleur de l'espoir utilisée pour symboliser la nature, à la veille de la COP29 qui débute demain, en Azerbaïdjan. Une nouvelle conférence internationale sur le climat qui se déroule encore, après Dubaï l'an dernier, « chez l'un des plus importants exportateurs d'hydrocarbures de la planète », remarque Le Nouvel Obs. En 2024, l'or noir, « le pétrole est toujours roi », constate l'hebdomadaire, et le monde « toujours accro aux énergies fossiles », alors même que pour tenir l'objectif de l'Accord de Paris d'un réchauffement de la planète contenu à 1,5°C, il est nécessaire, d'après un rapport de l'Agence internationale de l'Energie, de renoncer dès maintenant au développement de nouveaux champs pétroliers ou gaziers. Le directeur de l'AIE milite donc « pour une décarbonation accélérée » : Fatih Birol est devenu « le poil à gratter » des producteurs d'énergies fossiles, indique Le Nouvel Obs, qui consacre un article à celui qui a « cassé le côté "club de riches" de l'Agence internationale de l'Energie en l'ouvrant aux grands pays émergents ». 

    Le vert est en couverture d'Aujourd'hui en France Week-end, pour un numéro entièrement consacré à l'environnement. Avec un reportage dans la luxuriante forêt guyanaise, à la frontière brésilienne, à la découverte des pratiques ancestrales des autochtones. « Les sociétés amazoniennes pourraient nous (ré)apprendre à préserver nos écosystèmes ou à recréer des relations plus saines entre faune, flore et humains », explique le chercheur Guillaume Odonne. Même si là-bas, aussi, on vit « un choc des générations ». « Cultiver le coton pour tisser son hamac, s'en remettre au chaman en cas de maladie » : de nombreuses coutumes « sont aujourd'hui en décalage avec l'appel de la vie moderne », peut-on lire dans ce reportage, qui conclue en ajoutant que « nombreux sont ceux qui pensent que ces deux mondes devraient s'inspirer mutuellement pour tenter de sauver l'essentiel ». 

    Le climat et l’Union européenne face au retour de Donald Trump 

    Reste encore beaucoup de chemin à parcourir, donc, et cela ne devrait pas s'arranger avec la réélection de Donald Trump aux États-Unis. « Ce sera l'éléphant dans la pièce de la COP29 », il sera « dans tous les esprits » en Azerbaïdjan, écrit Libération. Dans son édition du week-end, le journal prévient : « Il va falloir faire avec un climatosceptique assumé et fier de l'être ». En matière d'environnement, Donald Trump « a l'intention de mettre en place un système de destruction », s'inquiète, dans Libération, Laurence Tubiana, l'une des architectes de l'Accord de Paris, que les États-Unis pourraient de nouveau quitter avec Donald Trump. « Le contexte global est propice à voir d'autres pays le suivre », estime-t-elle, en pensant à l'Argentine et au Venezuela. En l'absence des États-Unis, Laurence Tubiana mise donc sur la Chine qui a, selon elle, « tout intérêt à ce que la diplomatie climatique continue de fonctionner », pour des raisons économiques. Elle cite également le Brésil et l'Union européenne. Sauf que l’UE est aussi perturbée par le retour de Donald Trump.  

    « La protection qu'apportaient les États-Unis n'est plus garantie », reconnaît le ministre français des Affaires étrangères dans Le Parisien Dimanche. « Les Européens font face à un triple risque existentiel, poursuit Jean-Noël Barrot : l'insécurité généralisée et la guerre sur le continent, le décrochage industriel et technologique et la désintégration du modèle démocratique ». « La victoire de Donald Trump doit servir d'électrochoc », espère, dans La Tribune Dimanche, le directeur général du Forum de Paris sur la paix. Selon Justin Vaïsse, le retour du républicain à la Maison Blanche « confirme une tendance du système international, qui s'oriente vers toujours plus de protectionnisme, de guerres commerciales. Dans ce paysage, reste la pauvre petite Europe, dont le centre de gravité demeure le libre-échange ». 

    « La planète tourne, et l'Europe regarde », se désole Éric Chol dans son édito dans L'Express, en se demandant « où sont donc passés les grands dirigeants d'hier ». « Le célèbre moteur franco-allemand est bon pour la casse, ajoute Franz-Olivier Giesbert dans Le Point, et rien ne l'a encore remplacé. Au moment où tous les cieux du monde se couvrent de nuages noirs, l'Europe a décidé de retourner avec les vaches regarder les trains qui passent ». 

    Jordan Bardella publie son premier livre 

    Lui n'est d'ailleurs pas un Européen convaincu. Jordan Bardella en tournée, dans les médias, pour faire la publicité de son premier livre : Ce que je cherche, un titre inscrit sur une photo-portrait du président du Rassemblement national en noir et blanc. Couverture qui rappelle celle des mémoires de Barack Obama. Le Figaro Magazine publie des extraits de ces 324 pages. Jordan Bardella se présente comme un « enfant des classes populaires et fils de migrants italiens, héritier de la méritocratie républicaine ». Il revient sur son enfance en Seine-Saint-Denis, près de Paris, dans la cité Gabriel-Péri, et parle aussi de son prénom, qu'il dit avoir eu du mal à « assumer ». « J'ai voulu que les Français saisissent en profondeur ce que je pense et les raisons qui me poussent à le penser », explique Jordan Bardella dans Le Journal du dimanche, propriété de Vincent Bolloré comme les éditions Fayard qui publient l'ouvrage. « Le président du RN cherche à gommer son appartenance à l'extrême droite, analyse Le Nouvel Obs, en se présentant plus libéral que Marine Le Pen. Sans rien renier, en réalité, de ses obsessions identitaires et autoritaires ». Sur le fond comme sur la forme, Libération est encore plus critique : « Dans ce livre au style si mauvais qu’on finit par penser qu’il l’a vraiment écrit tout seul, le dauphin de Marine Le Pen ne parvient guère à se découvrir ». 

    Le retour de l’esprit olympique et paralympique avec Aurélie Aubert 

    Elle s’affiche avec des baskets blanches, à lacets bleus et rouges, et le même sourire qui a fait chavirer la France, l'été dernier : Aurélie Aubert, en Une du magazine L'Equipe. Les images de la championne paralympique de boccia « éperdue d'extase sur son fauteuil une fois victorieuse » ont « saisi les cœurs », rappelle le reportage. Depuis son titre, le quotidien d'Aurélie Aubert « en famille d'accueil dans un hameau de l'Eure a explosé », et son entraîneuse bénévole la « trouve encore fatiguée ». Mais « c'est une combattante », assure Claudine Llop Cliville. Orpheline, atteinte d'une paralysie cérébrale due à un manque d'oxygène à la naissance, Aurélie Aubert peine à le reconnaître mais, oui, sa victoire à Paris l'été dernier, c'est une « revanche ». Dans cette vie « pas très simple », elle assure que la boccia est « sa bouée de sauvetage ». « Si on m'en prive, je pleure. Quand j'y joue, ma journée est belle. C'est un projet de vie ». Passé les nombreuses sollicitations médiatiques, Aurélie Aubert espère donc pouvoir reprendre l'entraînement normalement et, encore une fois, porter les couleurs bleu, blanc, rouge, là aussi signes d'espoir. 

    5 min
  • À la Une: l'inquiétude avant l'élection présidentielle américaine

    C'est tout d'abord Le Nouvel obs, qui exprime cette inquiétude. « À quelques jours de la date fatidique du 5 novembre », estime ainsi l’hebdomadaire, « la démocratie américaine apparaît dans un bien sale état. À l’heure où un citoyen sur deux semble vouloir remettre à la Maison Blanche, un milliardaire notoirement instable, considéré par la justice comme un criminel et qui, selon son ancien chef de cabinet John Kelly, professe une certaine admiration pour Hitler. » Mais ce n’est pas tout. « Avec des sondages donnant jusqu’au bout les deux candidats à égalité », poursuit Le Nouvel obs, « il faudra un coup de théâtre, si Trump est distancé à l’arrivée, pour que l’écart soit tel qu’il ne puisse sérieusement contester le verdict. Autrement dit, l’Amérique se prépare à une troisième mi-temps, bien plus incertaine et potentiellement violente que celle de 2020. Attachez les ceintures… » nous conseille l’hebdomadaire…

    La presse du dimanche partage cette inquiétude… 

    L’élection américaine est « l’élection qui affole le monde », titre La Tribune dimanche. Pour le journal, « les États-Unis sont à un pas du précipice. Le résultat du scrutin pourrait menacer la démocratie américaine, comme le reste du monde ». « À Washington », ajoute La tribune dimanche, on votera « la peur au ventre ». « La capitale fédérale, traumatisée par l’attaque du Capitole, redoute autant des violences dans le pays, mardi, que le retour d’un Trump revanchard et débarrassé des contre-pouvoirs. »

    De son côté, Aujourd’hui en France dimanche se demande ce que changera le résultat de l’élection américaine pour le reste du monde. « En Ukraine, l’aide militaire massive envoyée par Washington contribue à tenir en respect l’avancée des chars russes. Pour combien de temps ? » interroge le journal qui poursuit : « Au Proche-Orient, les Américains sont les seuls acteurs à pouvoir éviter l’embrasement général en contenant l’ardeur de leur allié israélien. Que feront-ils ? »

    « Quasi mystique »

    Une inquiétude que ne partage visiblement pas Le journal du dimanche. Le JDD réécrit même un peu l’histoire, en assurant que c’est Trump qui est victime de « mensonges et désinformations ». « La possible élection de Donald Trump rend fous les journalistes français pour qui le candidat républicain est le nouvel Hitler », affirme le JDD, qui s’indigne que le mot « fascisme », soit associé au candidat Trump et qui ne cache pas son admiration pour celui qui a « su déjouer deux attentats, faisant de lui un miraculé, lui conférant une dimension quasi mystique ».

    « La bête est fatiguée »

    En France, à présent, Le point s’intéresse à ce qu’il appelle « l’étrange fin de règne ». « Étrange fin de règne » que celui d’Emmanuel Macron… « Le chef de l’État étrenne, non sans mal, ses habits neufs de président sans pouvoir », raconte Le Point qui ne manque pas d’anecdotes sur l’ambiance à l’Élysée. « Même s’il dit que tout va bien, c’est très difficile », explique-t-on dans l’entourage du président. « C’est sûr que tu sens un peu plus que la bête est fatiguée », dit un « visiteur régulier ». Alors que l’intéressé lui-même aurait déclaré « en petit comité » : « Si j’étais sentimental, je me serais déjà suicidé ». Toutefois, selon Le point, Emmanuel Macron n’a pas dit son dernier mot : « Ceux qui connaissent intimement l’ancien banquier d’affaires, sont persuadés qu’il n’aura qu’un objectif, une fois qu’il aura quitté la scène : celui de revenir… en 2032 ». Il voudra réussir, là où Sarkozy et Hollande ont échoué. « Il n’écrit pas l’Histoire de France », persifle un ancien « confident », « il écrit sa propre histoire ».

    Harry et Meghan en Une de Paris Match

    « Harry et Meghan, pourquoi leur couple va si mal » … annonce l’hebdomadaire, qui s’appuie sur des informations parues dans la presse britannique… « Où est passée Meghan ? » s’interrogeait ainsi en octobre le Daily Telegraph, alors que Harry prolongeait une absence de quinze jours, en Afrique australe. « Toujours sans femme ni enfants », remarquait le quotidien britannique. « Harry », assure Paris Match, « aimerait renouer avec son passé princier, qu’il commence à regretter. Il a enfin admis que l’herbe n’était pas plus verte sous le soleil de la Californie. Le crachin anglais a aussi ses charmes ». 

    Quant à son épouse Meghan, « elle aurait tourné la page », nous dit l'hebdomadaire qui la décrit comme une femme sans scrupules, « capable de tout envoyer valser du jour au lendemain. » Et qui en veut pour preuve une robe « rouge » et « sexy » portée par l'actrice lors d'un gala de charité début octobre. Ne serait-ce pas là une « revenge dress », la robe de la vengeance, se demande Paris Match, qui ne semble pas porter dans son cœur celle qui, dit-il, « n'a jamais saisi les impénétrables codes de l'Angleterre »où « elle ne veut plus remettre les pieds ».

    5 min
  • À la Une: une nouvelle page entre la France et le Maroc?

    C’est la Tribune Dimanche qui consacre sa Une à la visite de trois jours que le président français Emmanuel Macron entame lundi 28 octobre à Rabat. « France-Maroc : la grande réconciliation », titre le journal. Il s’agit, nous dit-on, « d’enterrer une brouille de six ans. En cause : une succession de couacs, la perte de marchés économiques et un désaccord profond sur la question migratoire. »

    Mais ce n’est pas tout. Ce voyage devrait aussi être celui « des gros contrats », explique la Tribune Dimanche, qui voit encore plus loin, évoquant la « dimension africaine de la relation franco-marocaine ». « Avec un marché ouest-africain en pleine expansion, assure le journal, Rabat et Paris ont tout intérêt à mettre en place une offre commune pour répondre aux besoins de la région », « alors que le Maroc est le deuxième investisseur sur le continent ».

    + 972

    M, le supplément du Monde, consacre un long article au média numérique + 972, composé de Palestiniens et d’Israéliens. Un nom qui fait allusion à « l’indicatif téléphonique partagé entre Israël et la Palestine », précise le magazine.  « Depuis les massacres du 7 octobre et la riposte de l’État-hébreu », explique M, les reporters de ce média en ligne gratuit « font partie des rares journalistes encore présents à Gaza. Leurs enquêtes, sous les bombes, dérangent un état-major israélien de plus en plus enclin à la censure ».

    Il faut dire qu’Israël interdit l’accès de la bande de Gaza à la presse internationale, alors qu’on estime à « 130 », le nombre de journalistes, pour la plupart palestiniens, tués dans l’enclave palestinienne. « Grâce à notre travail, estime Ruwaida Amer, ancienne enseignante de 30 ans, devenue journaliste, personne ne peut ignorer ce qui se passe dans la bande de Gaza. » Elle-même vit à Khan Younès et, poursuit M, « enchaîne les interviews de blessés et de familles de victimes, malgré les crises de larmes et les moments de découragement qui la traversent ».

    Trump et les femmes

    « La dernière trouvaille de Donald Trump : se présenter en sauveur des femmes ». Dans l’Express, l’historienne Françoise Coste détaille sa méthode. « L’ancien président, dit-elle, met en œuvre deux stratégies. La première, peu glorieuse, consiste à éluder le sujet de l’avortement. La seconde est contre-intuitive. Elle consiste à présenter Trump comme le champion des Américaines. »  Françoise Coste prend pour exemple la convention de Milwaukee, lors de laquelle « beaucoup de femmes se sont succédé à la tribune : des élues républicaines, des collaboratrices de Trump à la Maison Blanche, des dirigeantes du secteur privé ou encore des membres de la famille ».

    « Dans le même temps », ajoute l’historienne, l’ancien président « martèle deux sujets de campagne principaux : l’immigration et l’addiction aux opioïdes. Et pour évoquer ces questions complexes, il s’appuie presqu’exclusivement sur des figures féminines, qu’elles soient épouses, mères ou proies sexuelles ». « Il faut croire, conclut Françoise Coste, que cette posture de "protecteur des femmes" est payante, car le candidat y recourt de plus en plus, en jouant à 100 % sur l’émotion, sans se soucier de défendre un projet ».

    Le JDD et Kamala Harris

    Donald Trump a-t-il trouvé dans le Journal du Dimanche un ardent défenseur ? Disons plutôt que le JDD a décidé de descendre en flèche sa rivale Kamala Harris. « En attaquant Trump, estime le journal, la candidate démocrate est surtout en train de flinguer sa propre campagne ». Le Journal du Dimanche appelle cela les « bévues » de la candidate. Prenant exemple d’une interview sur Fox News, « où elle s’est montrée peu convaincante sur l’immigration ». « Sur les questions difficiles », ajoute le JDD, « Kamala Harris se perd toujours dans les explications. Embêtant pour une ancienne procureure. Ses opposants – mais pas seulement eux – parlent de "salade de mots", une sorte de digression sous forme de cadavre exquis, pour éviter les sujets sensibles ».

    Le Journal du Dimanche fait mine de s’étonner, estimant que « jusqu’ici, la démocrate s’était habilement débarrassée des clichés débités depuis maintenant huit ans par son parti au sujet de son adversaire. Non parce qu’elle avait davantage de respect pour lui que n’en avait Hilary Clinton. Mais pour ne pas injurier des américains qui ont déjà voté pour lui par deux fois ». Deux fois, vraiment ? Le JDD semble oublier, que la deuxième fois, Donald Trump a bel et bien perdu l’élection présidentielle.

    Intuition et créativité

    Enfin, une nouvelle rassurante pour celles et ceux que l’intelligence artificielle effraie. C’est dans le Point, l’interview de Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France où il est titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale…  Un professeur qui nous explique que « notre cerveau est plus fort que l’intelligence artificielle ». « Pas question d’avoir des complexes, résume le Point. L’intelligence artificielle n’est pas près de rivaliser d’intuition, de créativité et de sens de l’à-propos, avec notre cerveau ».

    « Croyez-en vous-même » s’exclame Stanislas Dehaene, « croyez en votre cerveau, apprenez à mieux le connaître, car avec un peu d’effort quotidien, son potentiel d’apprentissage est tout simplement extraordinaire ».

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  • À la Une: le Premier ministre Michel Barnier et le budget de la France

    Le Premier ministre est en Une de la Tribune Dimanche, du Journal du Dimanche, et du Point qui suggère que « l'on arrête les carabistouilles ». Au cœur du débat : le budget de la France et le meilleur moyen de faire des économies. Le JDD a interrogé le Premier Ministre : trois pages d'interview, alors que la Commission des Finances a rejeté hier la partie recettes du budget 2025. « Avec l'adoption des amendements du Nouveau Front Populaire, le texte était devenu insoutenable », assure Michel Barnier qui ajoute : « Des dizaines de milliards d'impôts supplémentaires conduiraient à fragiliser nos entreprises et le pouvoir d'achat de nos concitoyens ». Alors, quelles sont les solutions ? « Monsieur le Premier Ministre, si vous osiez » : le Point interpelle directement Michel Barnier, en lui disant : « nos voisins européens ont réussi à se réformer, pourquoi pas nous ? ». L'hebdomadaire suggère de donner un grand coup de pied dans la fourmilière pour faire un sort aux « faiblesses structurelles de notre économie : déficit de travail, système de retraite à bout de souffle, inefficience et complexité de l'administration territoriale, fonction publique en surpoids, fiscalité du travail écrasante etc ». En un mot, le Point suggère, selon une phrase devenue célèbre, de « dégraisser le mammouth ». 

    Taxation des hauts revenus

    En attendant, Michel Barnier a choisi d'augmenter les impôts. « Qui Barnier va-t-il faire casquer ? », s'interroge Marianne qui dresse une liste non exhaustive : « les PDG de grosses boîtes, les patrons de belles sociétés familiales mais aussi les super-cadres, les héritiers bien dotés, les sportifs de haut niveau ou les artistes prisés. Environ 24 300 ménages vont débourser 6 milliards d'euros sur trois ans ». Car le Premier ministre l'a expliqué en ces termes : « le redressement des finances publiques exige une contribution exceptionnelle des Français les plus fortunés ». « Un frisson a sans doute parcouru les concernés », s'amuse le Nouvel Obs, qui ajoute : « dans le club fermé des grandes fortunes, on n'est pas habitué à voir une ancienne figure du RPR s'approprier ce vocabulaire marqué à gauche ». Dans Marianne, un patron qui préfère garder l'anonymat, persifle : « Pour l'exécutif », dit-il, « il est politiquement plus payant et techniquement plus facile de taxer les hauts revenus, que de réduire le coût des administrations ».

    À écouter aussiProjet de budget 2025: «Cela va toucher la vie de millions de Français parmi les plus défavorisés»

    Deux visions antagonistes

    À la Une également, l'élection présidentielle américaine, l'échéance se rapproche... Dans un peu plus de deux semaines, les électeurs américains devront choisir entre Donald Trump et Kamala Harris.  Leurs deux visages sont en Une d'Aujourd'hui en France Dimanche. Les électeurs sont « souvent désabusés », remarque le journal, « ils ont le choix entre un candidat républicain en roue libre, aussi excessif qu'inquiétant, et une candidate démocrate imposée cet été par l'élite du parti, lestée par le bilan d'une inflation galopante sous le mandat de Joe Biden et son échec en matière d'immigration, dossier dont elle avait la charge ». C'est « le choc des deux Amérique », annonce en Une le Nouvel Obs, affichant les profils des deux candidats, l'une en bleu, l'autre en rouge. « Rarement dans l'histoire des États-Unis, pourtant riche en conflits internes », estime l'hebdomadaire « le pays n'a paru à un tel tournant, fracturé qu'il est par des forces contraires, écartelé entre deux visions antagonistes de ce que doit devenir la démocratie américaine ». Le Nouvel Obs, qui publie un long dossier sur la présidentielle américaine, a également interviewé Ruth Ben-Ghiat, spécialiste de l'autoritarisme, qui compare Trump à Mussolini. « L'autoritarisme », dit-elle, « repose sur une personnalisation excessive du pouvoir exécutif au détriment de la justice et des autres institutions. Trump s'inscrit dans cette lignée mussolinienne ». 

    Numéro spécial

    Enfin, l'Express publie un numéro exceptionnel. 170 pages, sur papier glacé, avec de belles photos, pour illustrer « Les défis de l'Occident ». L'Express dit avoir interviewé « 15 témoins indispensables pour comprendre le monde ». Cela va de Bill Gates, « entrepreneur et philanthrope » à Tony Estanguet, patron des Jeux Olympiques de Paris. Surtout des hommes. Même Patrick Pouyanné, le patron de Total Energies, souvent décrié par les écologistes, a droit à son heure de gloire. « Croire au grand soir en arrêtant les fossiles alors que la demande en énergie est en hausse parce que la population mondiale croît et aspire à un meilleur niveau de vie est », assure-t-il, « illusoire et dangereux ». En y regardant de plus près, on ne compte guère que deux femmes parmi les témoins (tous blancs) de l'Express. Une scientifique italienne, et la joueuse d'échecs d'origine iranienne Mitra Héjazipour, que l'on découvre sur la longueur. Elle est « celle qui tient la République Islamique en échec » titre l'Express. « Elle a porté les couleurs de l'Iran... jusqu'au jour où elle a refusé de se couvrir les cheveux du voile islamique ». Un geste lourd de conséquences : « cela voulait dire ne plus pouvoir retourner en Iran, ne plus voir ses parents, sa sœur, ses amis, sa ville ». Un courage qui méritait d'être salué.

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  • À la Une: le portrait de deux hommes de pouvoir

    Premier portrait : celui du nouveau ministre de l'intérieur Bruno Retailleau. Il est en Une du Point qui nous promet une « enquête sur le ministre le plus puissant du gouvernement ». « Mais qui est-il vraiment ? » se demande l'hebdomadaire, qui dresse un portrait plutôt flatteur. « Le Vendéen, bientôt 64 ans, n'est », nous dit-on, « pas là pour ménager son destin ni sa santé ». « Je suis un homme de mission », assure-t-il. Selon le Point, « les ors du pouvoir le laissent parfaitement indifférent, lui, le terrien, l'enraciné, n'est jamais si heureux qu'au milieu de ses poules, ses moutons et ses chevaux », dans sa ferme en Vendée. Un homme dont les premières déclarations ont fait polémique, notamment lorsqu'il affirme le 29 septembre sur la chaîne LCI : « comme des millions de Français, je pense que l'immigration n'est pas une chance ». Rappelé à l'ordre par Emmanuel Macron, Bruno Retailleau a plus ou moins rétropédalé, affirmant que « les Français avaient compris ce qu'il voulait dire. "Je parlais de l'immigration telle qu'on la connaît, celle qui a échappé à notre contrôle" ». « Et si c'était lui, la véritable arme anti-Le Pen et Bardella ? » s'interroge le Point. « Comme Nicolas Sarkozy qui en son temps, se targuait d'avoir "tué" le FN en syphonant ses idées, il entend priver Marine Le Pen d'oxygène ». Bruno Retailleau, à peine arrivé au gouvernement pour une mission périlleuse et qui ne durera peut-être pas très longtemps... Ce qui n'empêche pas le Point de l'interroger sur une éventuelle ambition présidentielle, qu'il écarte aussitôt, mais l'un de ses proches l'affirme : « bien sûr qu'il va vouloir être candidat à la présidentielle ».

    AK 47

    Lui aussi est un homme de pouvoir : Alexis Kohler, « l'éminence noire de l'Elysée », annonce en Une Marianne. « Depuis 2017», poursuit l'hebdomadaire,« le puissant secrétaire général de l'Élysée, véritable homme lige du président, fourre son nez dans tous les dossiers. Rien ne lui échappe. Mais la nouvelle donne politique et l'avènement de Michel Barnier devraient le faire descendre de sa tour de contrôle ». Quand elle évoque sa relation avec le président Emmanuel Macron, Marianne parle d'un « couple », « un couple avec ses hauts et ses bas », « il est aussi souvent décrit comme le jumeau ou comme le prolongement du chef de l'État », ajoute l'hebdomadaire qui précise : « plus qu'une tour de contrôle, Kohler filtre ministres et conseillers, qui peinent à s'entretenir directement avec le président. Certains prennent leur courage à deux mains, lors de déplacements, afin de contourner le gardien du temple resté au Château ». Alexis Kohler, souvent assimilé à ses initiales « AK », voir « AK 47 » (allusion à la kalachnikov) , tant il inspire « la crainte ». Quid de son avenir ? Selon Marianne, « Macron n'osera jamais le faire partir ». « Le vice-président renoncera-t-il de lui-même ? », s'interroge l'hebdomadaire. La question  reste en suspens.

    La guerre du Mossad

    Dans la presse hebdomadaire également, la guerre au Proche-Orient. Une guerre vue par le prisme du Mossad, les services secrets israéliens. « Services secrets de faillite en réussite », annonce l'Express, qui se propose de « revenir sur une année tourmentée » pour les « gardiens de l'État hébreu », « du désastre du 7 octobre à la décapitation du Hezbollah ». Le 7 octobre tout d'abord : « Comme en 1973 (lors de la guerre du Kippour) le renseignement de l'État hébreu a été aveuglé par son ennemi »(...) estime l'Express, qui ajoute : « Les chefs du Mossad pensaient Israël à l'abri de la menace du Hamas, derrière l'imposante barrière bourrée de technologie qui les séparait de la Bande de Gaza. Ils croyaient surtout, que l'organisation terroriste avait trop à perdre en s'attaquant à l'État hébreu ». Depuis, le Mossad s'est repris. « Le 31 juillet », rappelle l'Express, « les services israéliens ont réussi à éliminer le leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh, au coeur même de Téhéran (...) avec des complicités indispensables au sein du régime iranien ». Le 27 septembre, ils ont aussi tué Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, « sans trop se soucier des effets adjacents », constate le Point. « Si la cible est de haute valeur », précise un expert, « les Israéliens acceptent que les dégâts collatéraux, donc sur des civils, soient relativement importants. Pour atteindre Nasrallah », remarque-t-il, « ils ont visiblement tué beaucoup de monde ». 

    « Une chance pour la France »

    Enfin, le Nouvel Obs nous faire découvrir Abou Sangare. « Ce sans-papiers guinéen de 23 ans a été récompensé à Cannes pour son interprétation d'un livreur à vélo, clandestin, dans l'Histoire de Souleymane », le film dont Abou Sangare est le héros. « Abou Sangare, une chance pour la France », précise bien le Nouvel Obs, allusion sans équivoque à la phrase de Bruno Retailleau dont nous parlions tout à l'heure, « l'immigration n'est pas une chance ». Abou Sangare, lui, est passionné de mécanique, et il dispose « d'une promesse d'embauche dans un garage ».  Son rêve n'est pas de briller sous les projecteurs, mais « d'ouvrir sa propre affaire », en France, où il est arrivé il y a déjà 7 ans. 

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  • À la Une: les massacres du 7 octobre, un an après

    «C'était il y a un an, c'était il y a un siècle » remarque le Nouvel Obs. « Un an après le massacre commis sur le sol israélien par les commandos du Hamas, la terrible riposte de l'Etat hébreu contre la bande de Gaza et désormais contre le Hezbollah au Liban, a pris l'allure d'une fuite en avant militaire, sourde à tous les appels au cessez le feu  », résume l'hebdomadaire. « Un an plus tard, chacun réalise à quel point cet événement a un impact profond, dont on n'a pas fini de mesurer l'étendue ». D'abord,  le 7 octobre. Ce jour-là, raconte le Nouvel Obs, Abigaël était au festival Nova. Cette jeune femme a survécu cachée dans une voiture, sous les corps de deux amis, morts. « J'aurais dû mourir au moins trois fois », dit-elle, « mais je suis toujours là. La question c'est : pourquoi ? » se demande celle qui se dit aussi « morte à l'intérieur ». Les Israéliens sont traumatisés. « Alors qu'une centaine d'otages sont toujours aux mains du Hamas » explique Le Point, « le pays tente de se reconstruire psychologiquement ». « Notre pronostic vital est engagé », s'emporte l'écrivaine israélienne Zeruya Shalev. « Aujourd'hui, alors que presqu'une année s'est écoulée, me voilà, avec autant de douleur que de rage, à mettre des mots sur des choses que jamais je n'aurais pu imaginer. Jamais je n'aurais pu imaginer que cette incurie criminelle durerait encore. Qu'au bout d'un an il y aurait encore des otages à Gaza. Que cette guerre se poursuivrait encore, sans qu'aucun horizon politique se dessine, dans le Sud et dans le Nord ».

    « Il s'en fiche »

    Dans ces propos, on entend bien sûr la dénonciation de la politique menée par Benyamin Netanyahu. Dénonciation que reprend à son compte Yaïr Golan, général de réserve et chef de la gauche israélienne. « Netanyahou n'a pas de stratégie », explique-t-il au Point. A la question : « Le Premier ministre peut-il sacrifier la vie d'Israéliens, de soldats, dans le seul but de rester au pouvoir ? », il répond : « sans équivoque. Il s'en fiche. S'ils meurent, ils meurent. Et les otages ? j'affirme qu'il y a eu au moins trois possibilités d'obtenir un accord sur  la libération des otages, en janvier, en mai et en juillet. Qui les a empêchées ? Netanyahou. Il ne veut pas mettre fin aux combats. Cette situation lui convient ». Yaïr Golan qui appelle au sursaut : « nous devons manifester tous les jours, toute la journée. Nous devons assiéger la Knesset avec un demi-million de personnes. Nous devons expliquer à ce gouvernement que nous ne coopérerons pas avec lui ».

    Le cauchemar des Gazaouis

    Les hebdomadaires consacrent aussi cette semaine de nombreux articles à la situation à Gaza.  « L'interminable calvaire des civils », titre Le Point. « Un million neuf cent mille Gazaouis habitent désormais des abris de fortune. Plus de 41 500 ont été tués », selon le ministère de la Santé à Gaza. Selon l'ONG Airwars, composée de journalistes et de chercheurs, « 67 % des victimes qu'elle a identifiées sont des femmes et des enfants. Pourquoi la bataille de Gaza a-t-elle été si meurtrière ? » interroge Le Point. Parce que « les militaires font peser le fardeau de la guerre sur les civils palestiniens », estime le sociologue Yagil Levy, de l'Université ouverte d'Israël, qui s'explique : « c'est un transfert de risque par les bombardements aériens, pour épargner nos troupes ».  Les civils paient donc le prix fort : le Nouvel Obs « a suivi l'évacuation d'une quarantaine d'enfants de l'enclave palestinienne » vers les Émirats Arabes Unis. Les photos parlent d'elles mêmes : celle d'un bébé « malnutri », « c'est le cas de presque tous les enfants présents sur ce vol humanitaire », nous dit-on. On voit aussi Hicham, 6 ans, dont le corps est « criblé d'éclats d'obus », ou encore Sarah, « piégée dans une maison en feu et n'ayant survécu que par miracle ». La petite fille a le visage marqué de larges cicatrices.

    Regain de l'antisémitisme

    En France, enfin, un an après le 7 octobre, les juifs font part de leur douleur et de leurs blessures. « Douleur » parce que « les victimes françaises du Hamas ont été invisibilisées », dénonce Rachel Binhas, journaliste à Marianne. Elle vient d'écrire un livre sur le sujet.  « Aujourd'hui encore, dit-elle, qui sait que 43 Français sont morts à la suite des massacres et que l'on compte encore deux otages français que l'on espère vivants aux mains du Hamas ? » « Cet événement tragique, ajoute-t-elle, aura surtout ouvert un débat un peu triste avec pour thématique : ces juifs partis en Israël sont-ils des nôtres ? ». De son côté l'Express, fait sa Une sur la « flambée antisémite » en France. « Depuis un an, les attaques contre les Français juifs ont plus que doublé et atteint un niveau inédit », annonce l'hebdomadaire, qui décrit « ces petits gestes auxquels les membres de la communauté juive se résignent ». « Kippa cachée sous une casquette », « pseudo pour passer une commande livrée à domicile ». « Plus que jamais, ajoute l'Express, on prend l'habitude de ne pas s'attarder à la synagogue après l'office, pour ne pas se rendre vulnérable ».  

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  • À la Une: la composition du nouveau gouvernement français

    Aujourd'hui en France - Dimanche a compté les jours, « soixante-sept » précisément après la démission du gouvernement Attal, « Barnier rend enfin sa copie » et elle « demeure très marquée à tribord » affirme Le Parisien.

    Premier enseignement pour Le Journal du Dimanche, « un air de 'déjà-vu', avec la reconduction de sept ministres du gouvernement sortant », une équipe qui selon le JDD « ressemble furieusement à ce qu'elle aurait pu incarner en 2022 », elle qui respecte « une cohérence politique d'un macronisme davantage appuyé sur sa jambe droite ».

    Sur son site internet, Libération décrit un « attelage macronie-LR qui tire très à droite », « À droite toute » martèle L'Humanité quand Le Monde analyse « une équipe, loin de l'union nationale promise par Emmanuel Macron ».

    À lire aussiFrance: le gouvernement du Premier ministre Michel Barnier enfin dévoilé

    La course à la Maison Blanche

    À un peu plus d'un mois de la présidentielle américaine, L'Express égrène les atouts de Kamala Harris pour battre Donald Trump, « les conseils d'Obama, la popularité de son colistier, l'appui de la droite anti-Trump, celui de Taylor Swift », sans oublier son « arme secrète », à savoir, « elle-même ».

    « Joviale mais sérieuse, jeune », oui, « mais expérimentée » relève l'hebdomadaire quand dans Le Point, François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la Recherche Stratégique, assure que la vice-présidente actuelle « n'a pas de politique étrangère », en tout cas « pas encore » précise-t-il, sur ce thème, Le Point s'interroge, les deux candidats ne sont-ils pas « bonnet blanc et blanc bonnet ? »

    Autre interrogation soulevée par L'Express, « la nouvelle tentative d'assassinat est-elle une aubaine pour Donald Trump ? », peut-être, « à l'heure où les derniers sondages le voient marquer le pas face à sa rivale démocrate ».

    Le procès des viols de Mazan à la Une également

    Et Marianne qui se demande, « les violeurs sont-ils des hommes ordinaires ? », dans un dossier consacré à l'affaire, le magazine dissèque le profil des 50 accusés qui comparaissent aux côtés de Dominique Pélicot... « âge moyen... 47 ans... retraités, plombiers, électriciens, boulangers, correspondant de presse, infirmier, barman... » la liste est longue et « sorte de preuve », s'il en fallait une, souligne Marianne « que les violeurs peuvent être n'importe qui : nos amis, voisins, collègues, amants, nos frères ou nos pères ». Dans « Les 50 » comme on les identifie désormais, il y a selon l'hebdomadaire « ceux qui avouent et ceux qui nient », « des enfances violentées et des enfances heureuses », « les intégrés et les délinquants », difficile de dresser un profil type du violeur, c'est plutôt un « sordide portrait de groupe composé de monsieur Tout-le-Monde », et c'est à lire cette semaine dans Marianne.

    À écouter aussiAffaire Mazan: «On assiste aujourd’hui au procès de la culture du viol»

    Le magazine l'Équipe titre ce samedi sur « Le choc Cheptegei »

    Dans son édito, Géraldine Catalano n’hésite d’ailleurs pas à établir selon elle « un parallèle qui pique les yeux », « d’un côté, Gisèle Pélicot, une septuagénaire héroïne, érigée en symbole de courage, de l’autre, Rebecca Cheptegei, une athlète ougandaise dont l’assassinat au Kenya a horrifié le monde ». « On s’en doute » poursuit la rédactrice en chef, « la déferlante MeToo a des effets contrastés selon que l’on réside dans telle ou telle partie du globe ».

    À lire aussiDécès de l'athlète ougandaise Rebecca Cheptegei, brûlée par son compagnon au Kenya

    L’Équipe s’est ainsi rendu en Ouganda

    Là où « l’indignation monte contre les violences faites aux femmes, un fléau qui touche particulièrement les athlètes dans cette région du monde ». À la rencontre de proches Rebecca Cheptegei, brûlée vive par son compagnon, mais aussi de femmes et d’hommes venus exprimer leur colère. En trois ans, trois coureuses de fond ont été la cible de féminicides. « Les athlètes femmes vont à l’encontre de la norme sociale selon laquelle les hommes sont propriétaires » lance Joan Chelimo, fondatrice d’une association créée au lendemain du meurtre d’une prometteuse coureuse de fond, « mais en 2024, les femmes sont fatiguées, il faut que les hommes les laissent être des femmes ». « Les hommes » renchérit-elle, « sont effrayés par le ‘girl power’ que nous représentons ».

    L’affaire a été d’autant plus retentissante que Rebecca Cheptegei a participé au marathon des Jeux de Paris cet été

    « ENFIN, le monde est choqué ! » s’emporte une avocate qui dénonce l’impunité en Ouganda, sur les deux dernières années, « 14 681 cas de violences domestiques ont été recensés, seules 823 condamnations ont été prononcées ! » source-t-elle, avant de lâcher « Rebecca ne doit pas être morte pour rien, il faut transformer ce choc en action ».

    À écouter aussiMeurtre de Rebecca Cheptegei: «Les femmes subissent les frustrations que les compagnons déversent sur elles»

    Et puis on vous en parlait cette semaine sur RFI, Akissi est arrivée à Paris

    Et avec elle, « la haine d'une armée de trolls » raconte M, le magazine du Monde. Akissi, c'est le nom de cette héroïne imaginée par la scénariste franco-ivoirienne Marguerite Abouet, elle est certes moins célèbre que sa grande sœur Aya de Yopougon mais les aventures d'Akissi ont déjà connu dix tomes dans les quartiers d'Abidjan, et pour le onzième, la jeune fille débarque dans la capitale française.

    Un périple mis en avant cet été par Gallimard jeunesse sur sa page Facebook

    Et quelle ne fut pas la surprise de l'éditeur et de l'autrice à la découverte de « centaines de commentaires racistes postés en réponse à la publication ». « Un déferlement révélateur du climat anti-immigration en France » peut-on lire dans le supplément du Monde. Mais pas de quoi décourager Marguerite Abouet qui dans ces quelques lignes rappelle un dicton transmis par sa mère et qu'on a également beaucoup entendu sur nos antennes en début d'année à l'occasion de la CAN : « découragement n'est pas ivoirien ».

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  • À la Une: les paris sur l'avenir du Premier ministre Michel Barnier

    Pas de surprise, c'est à la quasi unanimité que les hebdomadaires font leur Une avec une photo du nouveau Premier ministre. Le Point le surnomme « le régent », et se demande « s'il peut nous sortir de là ». « Comment tenir trois ans ? » s'interroge de son côté l'Express, à côté d'une caricature de Michel Barnier portant Emmanuel Macron sur ses épaules. « La droite est de retour », claironne le Figaro Magazine, qui se demande tout de même si Michel Barnier « peut réussir ». Quant à l'hebdomadaire Marianne, il divise sa Une en deux. Moitié pour Michel Barnier, « en intérim » nous dit-on, moitié pour Emmanuel Macron, « en sursis ». « Pour nommer Michel Barnier », ajoute Marianne, « le chef de l'État a bien dû dealer avec Marine Le Pen. Le voilà pieds et poings liés, au Rassemblement National, premier en nombre de députés, mais aussi aux Républicains, qui représentent moins de 5% des électeurs et qui s'imaginent tous au gouvernement ».

    Cohabitation inédite

    Pour mesurer la popularité de Michel Barnier, la Tribune Dimanche publie un sondage, selon lequel le nouveau Premier ministre entame sa mission avec « 34 % d'opinions favorables ». « Alors qu'Emmanuel Macron regagne deux points ». Que va donner cette cohabitation inédite ? Le Nouvel Obs est loin d'être enthousiaste : « les deux hommes pourront bien jouer la comédie de la vraie-fausse cohabitation, cela n'aura des incidences que sur la forme, pas sur le fond. Michel Barnier ne devrait proposer que la prolongation du jeu macronien, tout en étant sommé de donner des gages au Rassemblement National ». C'est aussi le sentiment du Point, selon lequel « la droite approuve et vante son sens du consensus ». « Malgré son penchant rigide, voire austère (...) cet ancien du Quai d'Orsay, ne serait pas du genre à aller au bras de fer ». C'est en tout cas ce que l'entourage du président aurait assuré à Emmanuel Macron. Enfin, Marianne, sans enthousiasme, trouve tout de même quelques qualités au nouveau Premier ministre : « il n'y a aucune raison de penser », nous dit l'hebdomadaire, « qu'il ne tentera pas sincèrement d'affronter une situation que beaucoup d'autres ont fuie, pour ne pas compromettre leurs chances à la présidentielle ». 

    À lire aussiBarnier, et si ses jours n'étaient pas comptés?

     « Voitures de sang »

    À la Une également, le calvaire des Soudanais. De nouveau confrontés à la guerre depuis un an et demi. Confrontés à la guerre et à la famine... L'ONU et les organisations humanitaires ne cessent de tirer la sonnette d'alarme, mais rien ne semble pouvoir tirer les soudanais de ce cauchemar. Témoin cet article paru dans le XXI, intitulé « Voiture de sang du Soudan, symptôme d'une hécatombe ». De quoi s'agit-il ? Il s'agit de voitures venues du Soudan, « neuves et sans plaque d'immatriculation », « des voitures volées, qui apparaissent au Tchad, depuis un an et demi sur les marchés, au bord d'une route », « ou roulant à tombeau ouvert dans le désert », raconte l'envoyé spécial de XXI. « Elles disparaissent une fois qu'une nouvelle vie leur a été inventée, une plaque d'un pays tiers rivetée, une carte grise falsifiée, ou la vie de leurs anciens propriétaires effacée ». Certains de ces véhicules ont été « pillés à l'état soudanais », d'autres à des « particuliers », ou encore « rachetés à des réfugiés qui vendent tous leurs biens pour se payer à manger ». Pire encore... « des hommes d'affaires se bousculent pour acheter ces "voitures de sang" dont certains des propriétaires ont été tués ». Comme ce gros 4X4, dans lequel « on aurait retrouvé des passeports tachés de sang, de trois enfants et de leur mère ». Les FSR, les Forces de soutien rapide, des paramilitaires opposés à l'armée régulière, seraient particulièrement actives dans ce trafic, selon un témoin. Il dit les « voir passer chaque jour dans son village avec des dizaines de voitures, qui vont toutes au Tchad »... 

    Le courage et l'exil

    Enfin M, le supplément du Monde, a rencontré trois jeunes iraniennes confrontées à l'exil. Trois jeunes actrices qui ont « secrètement joué » dans « Les graines du figuier sauvage », du réalisateur iranien Mohammad Rasoulof, qui a obtenu à Cannes le Prix Spécial du Jury. « Elles ont dû fuir précipitamment l'Iran, laissant leurs familles derrière elles. Elles vivent aujourd'hui à Berlin », précise M. Avant de jouer dans ce film, « elles ne s'étaient jamais rencontrées ». Mais après la mort de Mahsa Amini, il y a tout juste deux ans, « les trois actrices avaient décidé de ne plus accepter de compromis avec le pouvoir ». « Si j'avais accepté de porter le foulard sur scène ou devant la caméra », explique l'une d'entre elles, « cela serait revenu à normaliser ce qui, depuis des années, est l'outil de répression des femmes ». Leur courage leur a coûté cher, elles ont dû quitter l'Iran sans dire au revoir à personne, pour prendre la route de l'exil. Tout comme le réalisateur, Mohammad Rasoulov, dont le film « Les graines du figuier sauvage » sort mercredi en France. 

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