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Comment rêver les ondes au point d’imaginer remonter le temps ? Jusqu’où l’abstraction de l’esprit scientifique va-t-elle pour envisager de domestiquer l’onde, l’obliger à faire ce qu’il on veut, lui faire revivre sa vie passée.
En plateauMathias Fink, physicien à l’ESPCI, spécialiste des ondes en particulier dans leur application biomédicale.
À retrouver également, la chronique de la Fondation Charpak, l’esprit des sciencesExtrait sonoreHenri Poincaré, 1908, Extrait de Sciences et Méthodes lu par Benjamin Penamaria
RéférenceComment rêver les ondes au point d’imaginer remonter le temps ? Jusqu’où l’abstraction de l’esprit scientifique va-t-elle pour envisager de domestiquer l’onde, l’obliger à faire ce qu’il on veut, lui faire revivre sa vie passée.
Mathias Fink, physicien à l’ESPCI, spécialiste des ondes en particulier dans leur application biomédicale.
Henri Poincaré, 1908, Extrait de Sciences et Méthodes lu par Benjamin Penamaria
L’État alloue 8% de son budget à la recherche publique, soit 20 milliards d’Euro.
Il est très loin d’être le plus gros financeur à 2,2% du PIB, les deux premiers du classement étant Israël et la Corée, à 4,4 chacun, soit le double. La France n’est que 11ème sur le podium.
Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche n’a pas toujours été un ministère à part entière. Délégué sous la tutelle de l’éducation nationale, il n’est un ministère à part entière que depuis 1993.
Depuis 2017, il a changé de nom. Il est devenu le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, on l’appelle parfois le MESRI.
En le renommant ainsi, l’exécutif a rendu tangible une réalité de longue date, et l’a entériné aussi peut-être, il est attendu que le fléchage budgétaire puisse être expliqué, justifié, communiqué, en d’autres termes, la recherche doit servir à quelque chose.
Pourtant, l’année 1905, l’annus mirabilis d’Albert Einstein, le futur prix Nobel a publié quatre articles scientifiques qui ont contribué à établir les fondements de la physique moderne, alors même qu’il a fallut attendre des décennies avant de pouvoir en tirer des applications concrètes, comme le satellite ou le laser.
Ainsi, il ne s’agit pas tant de savoir combien l’état finance, mais aussi pour quoi et à quelles types de ressources, pour comprendre les implications que le financement a sur la recherche scientifique.
Comment le financement de la recherche agit sur cette dernière, qu’est-ce que cela induit pour les chercheurs et les chercheuses ?
En PlateauArmelle Rancillac, chercheuse en neurobiologie
À retrouver également, la chronique de la Fondation Charpak, l'esprit des sciencesÀ l'oreilleSublime, Santeria, 1996
Si la loi de programmation de la recherche a revalorisé le contrat doctoral de 30% à horizon de 2023, le doctorat dans son ensemble manque encore de reconnaissance. Existerait-il une spécificité française du doctorat qui pousse un nouveau docteur sur trois à partir à l’étranger ?
Pour mieux se poser la question nous pourrions nous demander à quoi sert un docteur en fait ? Un docteur a-t-il absolument la vocation de devenir chercheur ou a-t-il des débouchés différents, dans les entreprises, qu’il retrouve par exemple à l’étranger ?
Quelles sont les connexions entre les compétences de la recherche et le monde des entreprises ?
InvitéYann-Mael Lahrer
RéférencesSka-P (2018), The Lobby Man
Le monde que nous connaissons est un monde dirigé par les sciences. Les connaissances scientifiques sont partout et permettent le fonctionnement du monde tel que nous le connaissons désormais. Dans chaque smartphone, il y a 27 prix Nobel. Les sciences sont le système de structuration des connaissances désormais hégémonique, peu de gens mettront en doute que lorsqu’un avion démarre, il décolle.
Et sans pour autant être un mécanicien des fluides.
Et pourtant, les sciences paraissent de plus en plus lointaines à ceux qui ne la font pas et il sans doute plus que jamais utile, pour comprendre notre monde, comprendre comment les connaissances sont construites, de se construire un esprit et une culture scientifique.
C’était la démarche de Georges Charpak, Nobel de physique, qui a œuvré pour le développement de l'esprit scientifique dans l'éducation et pour éclairer la place de l’esprit des sciences dans la société ; c’est donc à un des fondateurs que nous allons poser toutes ces questions aujourd’hui.
En plateauYves Charpak, épidémiologiste biostatisticien chercheur en santé publique.
MusiqueLucky Chops – Buyo
RéférencesAlbert Einstein en était convaincu « le physicien n’est rien d’autre qu’un philosophe qui s’intéresse à certaines choses particulières ; sinon, ce n’est qu’une sorte de technicien ».
Les sciences sont des disciplines qui partagent avec la philosophie le même objectif de viser la connaissance par des justifications rationnelles. Et pourtant, sciences et philosophie sont également des disciplines qui s’excluent l’une l’autre. Par exemple, au lycée, on fait la part belle à la philosophie dans le bac littéraire.
Par ailleurs si chaque science partage avec ses acteurs une méthodologie qui fait consensus, nous ne compterions pas sur la philosophie pour faire voler un avion ou fonctionner un ordinateur.
Et pourtant la philosophie a des choses à raconter à propos des ordinateurs justement. Si les connaissances scientifiques peuvent produire des algorithmes, elles ne peuvent pas s’interroger sur la façon dont ils questionnent notre libre arbitre, par exemple.
Est-il donc possible de laisser aux scientifiques les connaissances valides et aux philosophes le gout du vrai et de se contenter de se spécialisme ?
Les questions que soulèvent la recherche scientifique actuelle ne donne pas cette impression. L’infiniment grand comme l’infiniment petit bouleversent notre rapport au réel, à l’espace et aux temps, tant est si bien que l’on pourrait envisager, comme Stephen Hawking que c’est maintenant la science qui porte l’étendard des grandes questions de l’humanité du XXIe siècle.
Les connexions entre sciences et philosophie sont complexes et leurs débats toujours d’actualité.
La science-fiction est un genre littéraire dont on prête les origines à Jules Vernes, en France, et Herbert Georges Wells au Royaume-Uni. Souvent considérée comme lecture dédiée à la jeunesse, elle a toutefois joué un rôle important dans le développement des sciences à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.
Si la science fiction est née de l’imaginaire et de la fascination autour du progrès technique, on ne peut pas concevoir la relation entre science et fiction de manière unilatérale. Les sciences nourrissent la SF comme la SF nourrit les sciences. La science fiction est utilisée comme outil de vulgarisation. Dans un sens très restreint elle permet d’expliquer un concept scientifique, dans un sens plus large elle permet de développer un imaginaire et une culture scientifique.
Nous pourrions par exemple prêter l’idée d’utiliser l’orbite terrestre pour y placer des satellites de télécommunication à l’auteur de sciences-fictions Arthur Clarke, en 1945.
Mais plus encore, la science fiction envisage les conséquences sociétales des innovations à travers les utopies et les dystopies, citons Georges Orwell, Aldous Huxley, Philipp K. Dick…
et enfin la science fiction nourrit les imaginaires des scientifiques eux-mêmes.
Par exemple, les ingénieurs de Google ont déclaré en conférence de presse, que le célèbre moteur de recherche avait pour vocation de devenir l’ordinateur de Star Trek, au point qu’un de ses algorithmes portait le nom de la comédienne qui lui prêtait sa voix.
Ainsi, sciences et fictions se nourrissent l’un l’autre et symbolisent un dialogue entre sciences et imaginaires.
Quels en sont les mécanismes ? comment cette relation s’articule ?
En plateauRolland Lehoucq, astrophysicien au Commissariat à l'énergie atomique, enseignant, auteur et vulgarisateur
À l'oreilleLes Indes galantes, Jean-Philippe Rameau, 1735.
Références citéesLa science-fiction est un genre littéraire dont on prête les origines à Jules Vernes, en France, et Herbert Georges Wells au Royaume-Uni. Souvent considérée comme lecture dédiée à la jeunesse, elle a toutefois joué un rôle important dans le développement des sciences à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.
Si la science fiction est née de l’imaginaire et de la fascination autour du progrès technique, on ne peut pas concevoir la relation entre science et fiction de manière unilatérale. Les sciences nourrissent la SF comme la SF nourrit les sciences. La science fiction est utilisée comme outil de vulgarisation. Dans un sens très restreint elle permet d’expliquer un concept scientifique, dans un sens plus large elle permet de développer un imaginaire et une culture scientifique.
Nous pourrions par exemple prêter l’idée d’utiliser l’orbite terrestre pour y placer des satellites de télécommunication à l’auteur de sciences-fictions Arthur Clarke, en 1945.
Mais plus encore, la science fiction envisage les conséquences sociétales des innovations à travers les utopies et les dystopies, citons Georges Orwell, Aldous Huxley, Philipp K. Dick…
et enfin la science fiction nourrit les imaginaires des scientifiques eux-mêmes.
Par exemple, les ingénieurs de Google ont déclaré en conférence de presse, que le célèbre moteur de recherche avait pour vocation de devenir l’ordinateur de Star Trek, au point qu’un de ses algorithmes portait le nom de la comédienne qui lui prêtait sa voix.
Ainsi, sciences et fictions se nourrissent l’un l’autre et symbolisent un dialogue entre sciences et imaginaires.
Quels en sont les mécanismes ? comment cette relation s’articule ?
Rolland Lehoucq, astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique, enseignant, auteur et vulgarisateur
Les Indes galantes, Jean-Philippe Rameau, 1735.
Il reste en chacun des nous des souvenirs, parfois douloureux ; de grenouilles à disséquer, de produit scalaire de deux vecteurs, ou de masses d’atome à déterminer.
Il peut paraître évident que cet enseignement s’impose, surtout lorsque l’on ne se pose pas plus la question, et puis dans le même temps, peu d’entre nous s’enorgueillissent d’utiliser la crible d’Eratosthène dans leurs pratiques professionnelles quotidiennes (sauf bien sur ceux dont c’est précisément la pratique professionnelle quotidienne)
Quel rôle joue la science dans notre modèle éducatif ? Est-ce qu’il s’agit d’emmagasiner du savoir et parfaire sa culture scientifique où la science joue-t-elle un autre rôle et notamment de développement de l’esprit critique, par exemple.
Inversement, l’éducation peut-elle participer, et comment, à l’essor des carrières scientifiques ?Il y a une relation étroite entre ceux qui transmettent les connaissances et ceux qui les produisent, participant ainsi à la didactique et la pédagogie, d’autant plus étroites que ces pratiques se nourrissent des sciences, de l’éducation par exemple.
InvitésIl reste en chacun des nous des souvenirs, parfois douloureux ; de grenouilles à disséquer, de produit scalaire de deux vecteurs, ou de masses d’atome à déterminer.
Il peut paraître évident que cet enseignement s’impose, surtout lorsque l’on ne se pose pas plus la question, et puis dans le même temps, peu d’entre nous s’enorgueillissent d’utiliser la crible d’Eratosthène dans leurs pratiques professionnelles quotidiennes (sauf bien sur ceux dont c’est précisément la pratique professionnelle quotidienne)
Quel rôle joue la science dans notre modèle éducatif ? Est-ce qu’il s’agit d’emmagasiner du savoir et parfaire sa culture scientifique où la science joue-t-elle un autre rôle et notamment de développement de l’esprit critique, par exemple.
Il y a une relation étroite entre ceux qui transmettent les connaissances et ceux qui les produisent, participant ainsi à la didactique et la pédagogie, d’autant plus étroites que ces pratiques se nourrissent des sciences, de l’éducation par exemple.
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