Connaissez-vous la Bulgarie ? Ne riez pas, cette séduisante contrée dʹEurope de lʹEst, connue pour ses yoghourts, ses leaders communistes et ses mystères vocaux est membre de lʹUnion européenne depuis 2007. Depuis le 1er janvier, cʹest même à eux que revient la présidence de lʹUnion. Mais savez-vous que la Bulgarie va connaître ces 20 prochaines années un phénomène unique au monde : elle va se dépeupler. Aujourdʹhui, il y a en Bulgarie 7,3 millions dʹhabitants. Mais en 2050, dit une statistique de lʹONU passée inaperçue, il nʹy en aura plus que 5, 4 millions… 2 millions dʹhabitants en moins. Et la Bulgarie nʹest pas seule : 9 autres pays, tous situés en Europe de lʹest - Roumanie, Pologne, Hongrie, Serbie, etc. - vont vivre ce même phénomène de baisse de leur population. Les causes sont connues : chute de la fécondité, émigration et espérance de vie qui nʹaugmente pas. À cela sʹajoute la réticence des peuples - et cʹest un euphémisme - à accueillir de lʹimmigration. Ce phénomène sʹappelle la dépression démographique et il touche dʹailleurs lʹensemble de lʹEurope dont la Suisse, dont la population devrait aussi baisser à partir de 2035. Songez quʹen 2016 et pour la première fois, le Vieux Continent nʹa jamais aussi bien porté son nom : on y a compté moins de naissances que de décès ou si vous voulez, plus de cercueils que de berceaux. Cʹest en Allemagne que le phénomène est le plus dramatique mais il touche aujourdʹhui aussi lʹItalie et lʹEspagne. Reste, dira-t-on, lʹimmigration. Mais les statisticiens ont compté : il faudra à lʹAllemagne et à dʹautres plusieurs fois un million de réfugiés pour remonter la pente démographique. Et quand on voit comment lʹaccueil des migrants du Proche-Orient a ébranlé lʹEurope en 2015, on peut douter de la faisabilité du rattrapage. Ce qui frappe dans cette affaire, cʹest la passivité des gouvernants devant ce tsunami démographique, il est vrai, invisible au jour le jour. Comme lʹont démontré des élections ou des scrutions récents, les peuples européens ont peur de disparaître sous les vagues migratoires. Il faut donc leur redonner lʹenvie de durer, investir dans la relance de la fécondité et la politique familiale. Selon le principe que plus un pays est sûr de sa pérénité, plus il fait dʹenfants et mieux sont accueillis les migrants.
Par Michel Zendali.