Pendant longtemps, environ 7-8 ans, j’ai cru que l’ambition et yoga était impossible à marier. Mais ambition est peut-être un terme trop chargé et grandiose, c’est plutôt une idée à laquelle j’ai abouti après un certain temps de réflexion et de pratique du yoga. Lorsque je commençais à pratiquer le yoga, et à découvrir la philosophie au compte-goutte, j’adorais l’effet que la pratique avait sur moi. Je me sentais détachée de mes problèmes ou angoisses, les décisions me venaient plus rapidement, j'étais beaucoup plus calme. J’ai aussi appris à dire non et à apprécier les moments en solitaire, alors que j'étais le genre de fille qui devait se rendre à 3 événements en une soirée et voir au moins 3 spectacles par semaine.
Beaucoup de beaux apprentissages avec le yoga, mais lorsque le concept d’aparigraha m'a été présenté j’ai beaucoup connecté avec ce yama. Pourtant il ne m'a pas fait grand bien. Aparigraha veut dire l’absence d'avidité, en anglais c’est greedlessness. Plus je passais du temps à lire sur le yoga, à écouter des entrevues de professionnels du yoga, plus cette idée se développait : je devrais toujours agir avec humilité, détachement et sans avidité. Ainsi donc, pratiquer le fait de ne pas vouloir et de ne pas forcer la prochaine étape de ma vie. Je suis chanceuse parce que la synchronicité dans ma vie est vraiment forte et j’ai beaucoup d'opportunités qui m’ont faites avancées. Aparigraha couplé avec Asteya, ne pas voler l’attention/l'énergie de l’autre, m'a fait prendre mon trou comme on dit. Avec les années, cette humilité maladive m'a dépourvue de confiance en moi. C’est comme si me défendre, mettre mon pied à terre, refuser ce qui m’arrive, foncer la tête baissée pour mes projets était anti-yoga.
Ça doit faire près d’un an que je travaille à réclamer ma place et la valeur de mes idées dans le monde. Et ce projet, le podcast, Sur le Yogamat, eh bien je l’ai surtout fait pour moi. Pour apprendre à croire que je peux mettre un projet au monde, que les gens peuvent vouloir collaborer avec moi, que mes idées en valent la peine. C’est juste moi qui a envie de participer à la vie.
Je n’ai pas encore regardé “les chiffres”, est-ce que mon podcast a été écouté par une dizaine une centaine de personnes? Je sais pas, haha, il y a un peu de déni la-dedans on va se l’avouer. Mais pour l’instant ce qui m’importe ce sont les apprentissages, les connexions que j’ai faites et les messages personnels que j’ai reçus. Merci à tous d’avoir accueilli mon projet avec curiosité et enthousiasme.
Je vous laisse avec ce dernière épisode : un montage des moments-clé de chaque entrevue. On se retrouve pour une 2e saison!