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Or


Cet épisode de podcast accompagne le livre Manuel de survie numérique. Le chapitre 4 pose une idée qui semble relever de la science-fiction, mais qui est déjà une réalité : il existe un autre vous.
Pas un clone biologique. Pas un avatar que vous avez créé. Un Double numérique. Une construction algorithmique, bâtie à partir de milliers de signaux invisibles, qui vous ressemble, vous prédit, et – de plus en plus – vous remplace.
Ce Double n’a pas de visage. Il n’a pas de corps. Il n’a pas de voix. Mais il a vos habitudes. Vos préférences. Vos peurs. Vos désirs. Vos faiblesses. Il sait à quelle heure vous vous réveillez. Quelle route vous prenez pour aller au travail. Ce que vous cherchez à 3 heures du matin quand vous ne dormez pas. Ce que vous achetez quand vous êtes triste. Ce que vous lisez quand vous êtes en colère. Ce que vous ne dites à personne.
Prenez un exemple concret. Vous êtes sur votre ordiphone. Vous ouvrez une application de cartes. Vous calculez un itinéraire. Vous ne dites à personne où vous allez. Vous ne publiez rien sur les réseaux sociaux. Vous pensez être seul.
Mais votre ordiphone a enregistré votre position GPS au mètre près. Il a enregistré l’heure de départ. La durée du trajet. Les arrêts intermédiaires. La vitesse. L’altitude. Le mode de déplacement – à pied, en voiture, en transport. Il a enregistré les réseaux Wi-Fi environnants. Les balise bluetooth à proximité. L’angle de l’appareil. Le niveau de batterie. La luminosité ambiante.
[Pause]
Ces données, individuellement, sont triviales. Ensemble, elles racontent une histoire. Votre histoire. Où vous étiez. Avec qui vous étiez – par croisement avec d’autres signaux Bluetooth. Ce que vous faisiez – par analyse du contexte. Comment vous vous sentiez – par analyse du rythme de frappe, de la vitesse de déplacement, des variations de pression.
Aujourd’hui, je vais m’attaquer à un dogme. Un dogme profondément ancré dans la communauté de la protection de la vie privée, répété, partagé, enseigné, un dogme qui paraissait sage, prudent, raisonnable – mais qui, aujourd’hui, est devenu dangereux.
Ce dogme, c’est le « profil de menace ».
Vous savez, cette notion selon laquelle chacun devrait évaluer son propre niveau de risque avant de choisir quelles mesures de protection adopter. « Êtes-vous journaliste ? Activiste ? Lanceur d’alerte ? Personne politique ? Non ? Alors vous n’avez probablement pas besoin de Linux, de GrapheneOS, de chiffrement bout-en-bout ou d’un gestionnaire de mots de passe. Une authentification à deux facteurs et un bon mot de passe suffiront. » On ne voudrait pas effrayer les débutants, de toute façon la populace n’y comprend rien, ce sont de moutons !
Eh bien, aujourd’hui, je vais vous dire pourquoi cette approche est devenue non seulement obsolète, mais activement nocive. Pourquoi le moment est venu de reconnaître que nous sommes tous, sans exception, sous surveillance. Que le capitalisme de surveillance ne fait pas de tri entre les cibles dignes d’intérêt et les citoyens ordinaires. Que les démocraties elles-mêmes vacillent sous le poids des données accumulées par une poignée d’entreprises. Et que, par conséquent, la réponse à la question « de qui dois-je me protéger ? » n’est plus « ça dépend de votre profil » mais : « de tout le monde, et le plus tôt sera le mieux ».
Bonjour. Bienvenue dans le deuxième épisode de Survie Numérique.
Dans l’épisode précédent, nous avons déconstruit l’argument « je n’ai rien à cacher ». Nous avons montré que la question n’est pas celle du crime, mais celle de l’intimité. Que votre vie privée est le dernier bastion de votre liberté, et que la surveillance de masse n’est ni anonyme, ni inoffensive, ni légale au-delà du cadre étroit des consentements extorqués.
Aujourd’hui, nous passons à la racine du problème. Pourquoi cette surveillance ? Qui la finance ? Pourquoi Google, Facebook, Amazon, TikTok ne veulent-ils pas de vous comme clients – mais de vous comme produit ?
Ce chapitre s’appelle : Le capitalisme de surveillance.
Il existe quelqu’un qui vous ressemble. Il dort quand vous dormez, il voyage quand vous voyagez, il ment quand vous mentez. Il n’a jamais été photographié, et pourtant des milliers d’entreprises le consultent chaque jour pour décider ce qu’on va vous vendre, ce qu’on va vous montrer… et parfois, ce qu’on va décider de vous.
On l’appellera votre double numérique. Cet épisode, c’est son histoire, son rôle et sa fin.
Dans cet épisode, je vous présente mon livre, pourquoi je l'ai écrit, de quoi il parle et à qui il s'adresse.
Troisième épisode dédié à mon livre. Aujourd'hui chapitre 1 : VOTRE VIE PRIVÉE
La vie privée est le droit de décider qui a accès à votre intimité, à vos pensées, à vos relations, à vos
Vous pouvez vous procurer mon livre chez tous les libraires et sur tous les sites de vente en ligne et évidemment sur le site de l'éditeur (à privilégier) : https://www.ressources-primordiales.fr/boutique/livres/manuel-de-survie-numerique/
Dans ce deuxième épisode dédié à mon livre, nous parlons de l'introduction.
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Dans ce premier épisode dédié à mon livre, je passe en revue les critiques générales que l'on pourrait me faire et j'y réponds bien entendu.
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ChatControl, c’est comme si quelqu’un venait chez vous tous les jours, sans mandat, sans juge, sans soupçon particulier, pour fouiller vos placards, lire vos lettres, examiner vos photos, ouvrir vos tiroirs – simplement pour vérifier si vous ne cachez rien d’illégal.
Imaginez : chaque matin, un agent frappe à votre porte. Il ne vous accuse de rien. Il dit juste : « Bonjour, je dois vérifier que vous n’avez rien d’illégal chez vous. Je vais regarder dans votre chambre, votre salon, votre cuisine, votre garage. Si je trouve quelque chose, je le signale. Si je ne trouve rien, je reviens demain. »
Vous n’êtes pas suspecté. Vous n’avez rien fait. Mais chaque jour, on vous fouille. Parce que le principe est que tout le monde est suspect jusqu’à preuve du contraire.
C’est exactement ce que fait ChatControl 1.0 avec vos communications numériques. L’algorithme ne sait pas si vous êtes un criminel ou un citoyen ordinaire. Il scanne tout le monde, par défaut, sans distinction. Il fouille vos messages comme on fouille une maison, mais à une échelle qui dépasse l’entendement : des centaines de millions de conversations examinées, chaque jour, par des machines.
La seule différence avec l’agent qui frappe à votre porte, c’est que l’algorithme est invisible. Il ne fait pas de bruit. Il ne vous dérange pas. Il ne vous demande pas votre avis. Il lit vos messages avant même qu’ils ne soient chiffrés, les analyse, décide s’ils sont suspects, et passe au suivant. Silencieusement. Implacablement.
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