Face à ces hommes en colère qui lui reprochent de blasphémer, Jésus n’a pas peur. Non seulement il affronte leurs regards mais il cherche aussi le dialogue, et cite les mots du Psaume 81 :
« je l’ai dit, vous êtes des dieux, des fils du très Haut, vous tous ».
Dans ce psaume, qui s’adresse à des juges, il est dit aussi :« rendez justice au faible, à l’orphelin, à l’indigent, au malheureux, libérez le faible et le pauvre. »
Jésus connaît bien l’écriture et il l’accomplit, sa parole est agissante, elle s’exprime par des signes.
En lui, il y a une totale cohérence entre les paroles et les actes.
Faute de pouvoir condamner ses actes, qui sont des oeuvres bonnes, les pharisiens condamnent ses paroles. Eux, ils sont prêts à accomplir un acte de mort, un acte mauvais, en pensant qu’il est bon et que c’est leur Dieu qui leur dicte cette conduite.
Même si nous n’avons lapidé personne, nous pouvons nous demander à quelle occasion nous avons, sous couvert de bien, dit des paroles ou réalisé des actes qui étaient en fait mauvais.
Si Dieu nous a voulu à son image, c’est pour imiter sa bonté, en pratiquant le bien, et non pour juger les autres, pour nous mettre à la place de Dieu.
Revenons au début de la bible, et entendons ces mêmes mots murmurés par le serpent qui insinue le doute en disant : « vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais ».
Ce n’est pas toujours inspirés par le bon Esprit que nous agissons, le diviseur nous fait parfois croire que nous pouvons tuer le mal par le mal, alors que seul l’amour peut chasser la haine.
Lapider, c’est être esclave d’un dieu de mort et non de vie.
Un acte mauvais ne peut pas être bon pour Dieu.
Méfions-nous des certitudes qui nous empêchent de remettre en question nos opinions. Nous sommes appelés à rendre justice plutôt qu’à juger.
Tenter d’être à l’image de Dieu, cela nous engage. Nous pouvons parfois révéler la beauté de Dieu mais, tout autant, malheureusement, dans certaines situations, nos faiblesses déforment sa parole et le rendent absent.
N’est-ce pas ce qui est arrivé lorsque l’institution Eglise a été protégée plutôt que les personnes victimes d’abus, ce qui dévoyait le message de vie et de résurrection dont elle est dépositaire ?
Nous sommes si souvent comme les pharisiens dans l’évangile, trompés par l’orgueil qui nous empêche d’ouvrir les yeux.
Seigneur, viens nous convertir. Que nous ne cherchions pas à interpréter l’écriture mais que nous soyons façonnés chaque jour par ta parole, si bien résumée par le prophète Michée :« On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d’autre que de pratiquer la justice, d’aimer avec tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu ».
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