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Il y a quelques semaines, je vous envoyais par l’infolettre un petit clin d’œil au sujet du “montrer, ne pas dire” ou “show don’t tell” dans sa version originale anglaise, cette technique qui consiste à ne pas s’appesantir sur les situations ni expliquer ce qui se passe, mais à montrer les personnages en action.
Je vous rappelle que contrairement a ce qu’on lit parfois, ce n’est pas Hemingway qui a inventé le show don’t tell, encore qu’il en ait usé avec beaucoup de brio, mais Anton Tchekov.
Le show don’t tell ne fait pas l’unanimité. Certains conseillent de l’utiliser seulement dans les moments cruciaux afin de les rendre plus saillants. James Scott Bell est de ceux-là et en parle très bien dans son livre « Exceptions to the rules ».
J’aurais tendance à être d’accord avec lui, car je ne connais rien de pire qu’une règle à laquelle il est impossible de déroger.
Chuck Palahniuk, lui, n’envisage pas d’autre méthode. Le show don’t tell est son credo. Son écriture “cinématographique” s’y prête merveilleusement.
Car si les écrivains européens n’ont pas attendu les conseils venus d’outre-Atlantique pour expérimenter différents modes de narration, il est clair que le développement quasi hégémonique du cinéma américain sur les écrans est bien pour quelque chose dans l’engouement pour cette technique.
Cette technique fonctionne avec tous les types de narration, puisqu’il s’agit d’en dire le moins possible, mais peut se révéler difficile à manier. Tout dépend de votre talent.
Rappelons qu’il existe plusieurs façons d’entrer dans la narration et que le point de vue varie en fonction. J’aime bien la classification qui est proposée par E-E. Schmitt, je la trouve très parlante.
Romancier Dieu, romancier caméra, romancier chien fidèle ou romancier ventriloque.
Tant que l’on se satisfait de décrire une action, tout est simple. Là où les choses se corsent, c’est quand les romanciers que nous sommes tentent de faire comprendre ce qu’il se passe dans la tête des personnages par une réflexion hors sujet qui leur échappe, une réflexion qui en dit long sur leur état d’esprit.
J’irai plus vite en vous parlant de “Heureux encore”, que j’ai vu la semaine passée.
C’est un film de Benoît Graffin avec Sandrine Kimberlain dans le rôle de Marie, mère de famille amoureuse mais lasse de la douce folie de son mari Sam, joué par Edouard Baer, qui a perdu son emploi depuis plus de deux ans, ce qui conduit la famille à vivre dans la misère, et Benjamin Biolay en tentateur diabolique, amoureux de la mère de famille, sexy à la Biolay et très riche, ce qui ne gâche rien.
Pour survivre, Marie utilise ses deux enfants pour l’aider à voler le supermarché voisin, car ils sont dans la dèche des dèches, à quatre dans un studio minable, pendant que Sam passe ses journées enfermé dans une tente d’indien pour enfant en nourrissant des projets de fortune sur Ebay. N’importe quelle famille serait en danger d’explosion imminente.
L’autre homme, Antoine, possède la faculté de troubler durablement le système hormonal féminin. Un jour que Sam s’enfonce encore plus profond dans le délire et l’inconséquence, c’est trop pour Marie, elle quitte la table familiale sous le coup d’une impulsion. Elle croise Antoine et de fil en aiguille l’accompagne chez lui, où elle passe la nuit.
La voilà dorénavant tiraillée entre son doux dingue de mari et son amant prêt à tout pour qu’elle s’installe à demeure, ne reculant devant aucune dépense pour la satisfaire.
Pendant ce temps-là , la petite-fille de la maison est confrontée au cadavre de sa professeure de piano et une concierge coiffée d’une improbable chapka NYC épie les locataires pour faire son rapport au propriétaire. On est le 23 décembre. Il fait froid. La vie est dure. On est loin de la romance à l’eau de rose. Mais ne nous y trompons pas. Le cœur de ce film, c’est la relation Marie/Sam.
Marie va-t-elle quitter Sam pour Antoine ? Elle n’en sait rien et pendant les trois quarts du film, elle se pose beaucoup de question. C’est là que je retombe sur mes pattes et sur le show don’t tell.
Le génie des scénaristes (Mika Tard – Déborah Saïag) consiste à nous montrer le moment pile où tout bascule en faveur de Sam. Si ça se trouve, Marie elle-même n’en a pas encore conscience, pourtant, tout se joue alors que Marie est chez Antoine, au téléphone avec Sam.
Là où une narration lourdingue insisterait sur le choix difficile à coup de larmes et de disputes, Graffin filme le balcon d’Antoine dans un plan très court et sans s’appesantir, un mini sapin de Noël tout blanc qu’il y a installé.
Et Marie, en raccrochant le téléphone, prend acte de ce sapin et dit :
“Il est tout petit ton sapin !” avant de passer à autre chose.
Antoine regarde le sapin et comprend qu’il a perdu Marie. On ne le reverra plus. La fin du film appartient toute à Sam, tout comme Marie. Sam loufdingue et sans le sou, mais tellement plus attachant ! Sam est le mec qui se débrouillera pour rapporter toujours le plus beau sapin à la maison, quitte à se mettre dans la mouise.
Graffin ne nous le dit pas, il nous le fait comprendre. Il nous le montre avec cette simple réflexion : “il est tout petit ton sapin !”
Ça, c’est du grand show don’t tell, mes amis.
C’est à cela qu’on pense lorsqu’on dit que les dialogues doivent faire avancer l’action et/ou dire quelque chose des personnages.
Imaginez à la place une longue scène où Marie explique à Antoine qu’il ne la fait pas aussi bien rêver que Sam… Quel ennui ! Alors qu’en six mots à peine lâchés au détour d’un bête plan moyen, on a tout compris.
Exercez-vous Ă faire de mĂŞme.
Sur ce, je vous laisse en vous souhaitant une joyeuse semaine de création littéraire.
L’article Le sapin de Benjamin Biolay ou le show don’t tell au cinéma est apparu en premier sur Ecrire de la fiction.
Il y a une question de peu d’importance qui pose problème à certain(e)s d’entre nous. Comment bien formater des dialogues ? Quelle ponctuation choisir ?
Je dis de peu d’importance car enfin, il y a des sujets beaucoup plus graves, beaucoup plus chauds, lorsqu’on écrit un roman – ou une nouvelle – que de savoir si l’on doit placer des guillemets à chaque fois que le dialogue reprend ou s’arrête ou s’il est possible de s’en passer, n’est-ce pas ?
Traditionnellement, les romans à paraître sont relus par des correcteurs professionnels avant publication, il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter. Cependant, l’essor de l’autoédition permet aux écrivains désargentés de “tout faire eux mêmes”, ce qui selon moi est une très mauvaise idée, mais c’est un autre débat.
Lorsque l’on fait tout soi-même, on doit, soi-même, savoir répondre à toutes les questions. Parmi celles-ci, la fameuse question du formatage des dialogues.
Pour ne rien arranger, les correcteurs automatiques des traitements de texte classiques ne nous viennent pas en aide. Ils peuvent mĂŞme nous induire en erreur. Je vous dis comment un peu plus loin.
Il y a ce qu’on apprend à l’école – lorsqu’on a la chance de pouvoir la fréquenter – et ce qu’on apprend par soi-même. Bien souvent, ces deux savoirs sont complémentaires. Apprendre la règle pour ensuite pouvoir l’adapter à la situation, ce n’est pas si mal.
Cela ne permet pas d’emblée une créativité échevelée, car le formatage de neurones initial laisse une marque profonde dont il est difficile de se débarrasser, mais cela donne, à tout le moins, à chacun la possibilité de s’exprimer sur le meilleur pied d’égalité possible.
C’est déjà beaucoup. L’école a de nombreux défauts et de nombreuses qualités. Je n’en ferai pas la liste ici, c’est encore une fois un autre débat.
Pourquoi cet aparté ? Parce que, bien avant d’être un art, l’écriture de fiction est un artisanat. Ceux et celles d’entre vous qui me lisent régulièrement savent ce que j’en pense.
Comme on apprend la peinture ou la musique, on peut apprendre l’écriture. Cela ne fait pas automatiquement de nous des prix Nobel de littérature, mais des honnêtes artisans du verbe, ça oui, c’est possible.
Et voici que je retombe sur mes pieds tel un chat lancé dans les airs : en matière d’écriture, il y a les règles dictées par l’Académie et il y a l’usage.
Au passage, je me permets de vous rappeler que l’Académie française, dont le travail harassant est de fixer les mots et les expressions dans le dictionnaire officiel de la langue française, n’est pas composée de linguistes, comme on serait en droit de s’y attendre, mais d’écrivains.
L’usage fait la langue et les écrivains font la langue officielle, c’est comme ça qu’on fonctionne en France.
Je me suis donc, naturellement, tournée vers les écrivains. Où donc ? Mais dans ma bibliothèque, parbleu !
Jusque lĂ , tout est clair ?
Fort bien.
Voici maintenant quelques extraits, du plus ancien au plus récent.
Un certain Alexandre Dumas signe un épisode de “Le Vicomte de Bragelonne”. Nous avons de la chance, il s’agit presque entièrement d’un dialogue.
Il s’agit d’un fac-similé de journal, nous sommes donc certain(e)s qu’aucun éditeur n’est passé par là en se permettant de modifier la ponctuation, ce qui est parfois le cas lors de rééditions de textes tombés dans le domaine public et remis au goût du jour.
Comme vous pouvez le lire, aucun guillemet ne vient ponctuer la lecture. Le tiret cadratin Ă lui seul suffit Ă annoncer la prise de parole. Ca alors !
Détail savoureux, une coquille s’est glissée dans ce passage, saurez-vous la repérer ?
Continuons.
En cinquante ans, les choses ont le temps de changer. Comment donc use-t-on de la ponctuation des dialogues durant la Troisième république ?
Fichtre ! Comme cinquante ans plus tôt, les dialogues sont introduits par des cadratins, on n’y trouve pas trace de guillemets.
En revanche, j’attire votre attention sur la quatrième colonne et sur le premier paragraphe “… dans le passage que je guillemette…” Tiens tiens. Le verbe “guillemeter” ou “guilleméter” est bien un verbe, je vous rassure.
Les guillemets sont utilisés pour citer les paroles de quelqu’un, hors dialogue.
Allons plus loin.
En 1926, mon grand-père, Lucien Damon, alors scolarisé en classe de 5e, reçut un prix décerné par la République française, à savoir, un livre. “La vocation d’un fils de pêcheur”, de Monsieur Arsène Guérin.
J’éprouve une tendresse toute particulière pour ce grand-père, c’est sans doute pour cela que ce livre se trouve aujourd’hui dans ma bibliothèque, que j’ai pourtant allégée à de nombreuses reprises lors de mes déménagements successifs. Si j’avais dû conserver tous les livres qui ont jalonné ma vie, je devrais louer au moins trois pièces de plus pour les entreposer.
Encore une digression. Décidément, je ne sais pas ce qui m’arrive aujourd’hui, on dirait que j’ai comme une envie de discuter… ou du mal à me passionner pour la ponctuation des dialogues de roman.
Pardon. Je reviens à notre sujet. Notons quand même au passage que “La vocation d’un fils de pêcheur” ne porte aucune mention de la date d’édition ni d’impression. Sans la vignette de l’École communale mentionnant le Prix, je serais dans l’embarras.
C’est d’ailleurs le cas pour beaucoup d’éditions anciennes. Si l’un(e) d’entre vous sait de quand date l’usage de la mention de la date de première publication en deuxième de couverture, merci de m’éclairer.
En 1926, le cadratin règne-t-il toujours en maître sur les dialogues ?
Et oui. C’est bien le cas.
En 1975, un certain Emile Ajar, qui n’est autre que Romain Gary, publie “La vie devant soi”, qui remportera le Prix Goncourt.
Surprise ?
Mais pourquoi donc ?
Là encore, l’usage est le même. Pas de guillemets, seulement des tirets cadratins pour introduire les dialogues.
Et plus près de nous ?
C’est pareil ! Là encore, on se passe de guillemets.
On dirait bien que nous avons mis la main sur une règle absolue. Pas de guillemets pour introduire les dialogues. Youpi ! Nous voilà soulagés.
A l’école on nous avait raconté des salades.
Allez, encore un petit, pour la route. Assurons-nous qu’il n’y a pas d’exception. Et même, revenons un peu sur nos pas.
Ah flûte ! La tuile ! Il y bien des dialogues, mais pas de cadratins. Pas non plus de guillemets. Rien de rien. Nibe. Wallou. Zéro calebasse.
Juste un retour Ă la ligne.
Mais ça se lit, comme ça ? Ca se comprend ?
Et bien oui.
Qu’en pensez-vous ?
Quand même, voila qui jette un froid dans ma belle démonstration.
Creusons encore.
Identique. Ni cadratins, ni guillemets, seulement un retour Ă la ligne.
Ah ah ! Il y aurait donc une manière anglo-saxonne de formater les dialogues tendant à la simplification extrême et une manière française plus traditionnelle – et complexe ?
Rogntudju ! J’en aurai le cœur net.
Anglosaxon toujours, 2016 encore.
Damned ! Sacrebleu ! Nous v’la bien !
Le voila enfin, ce formatage scolaire dont on nous a tant rebattu les oreilles, et dont apparemment les écrivains se fichent comme de leur première liquette !
Car il ne vous a pas échappé, n’est-ce pas, que je ne vous l’ai pas encore donnée, cette fichue règle. De vous à moi, je l’ai fait exprès.
Guillemets + cadratin ! Une débauche de ponctuation. Dans un roman de fantasy !
Est-ce que ce formatage hyper classique scolaire est réservé aux littératures de l’imaginaire comme une façon de contrebalancer la magie et tout le saint-frusquin que l’auteure nous fait avaler ?
Je replonge.
Jules Verne et Jo Walton sont d’accord sur la ponctuation des dialogues. Cadratins plus guillemets pour introduire la partie dialoguée.
Mais alors, il n’y a pas vraiment de règle ? Ca ne dépend pas de l’époque ? Ni de la nationalité ?
Et en 2020, on fait comment ?
Oulalalalala !
Connaissez-vous l’expression “c’est le pompon” ? Elle me semble appropriée, n’est-ce pas ?
Voila que contre toute attente, c’est le cadratin qui s’est fait la malle et le guillemet qui le remplace.
La perplexité est à son comble.
Je ne pouvais pas ne pas partager cela avec vous, n’est-ce pas ?
Guillemets ou pas guillemets, cadratins ou pas cadratins, les deux mon capitaine, ou aucun des deux, tous les cas de figure sont envisageables.
La leçon que nous pouvons en tirer : faites comme vous voulez.
Il y a malgré tout quelques règles de bon sens à respecter afin de faciliter la compréhension du lecteur.
Lorsqu’un personnage prend la parole, revenez à la ligne. Mais si vous citez ce qu’il dit dans le corps de votre phrase, vous vous contenterez de mettre ses paroles entre guillemets.
Une fois que vous avez choisi votre méthode de ponctuation des dialogues, employez la même d’un bout à l’autre de votre texte.
Intercalez l’incise, soit entre deux virgules (dit-elle en se grattant le nez… répondit-il machinalement) le plus tôt possible après quelques mots, soit, si la phrase d’ouverture est courte, à la fin de celle-ci.
La plupart du temps, elles indiquent seulement qui prend la parole. Parfois, elle précisent un geste ou une intention. Mais n’en faites pas un passage obligé. Surtout si le dialogue ne concerne que deux personnages.
Jamais de majuscule a une incise après un point d’interrogation ou d’exclamation, même si votre correcteur orthographique automatique s’obstine à effectuer le changement (Pourquoi utiliser des guillemets ? dit-elle).
Il n’y a rien de tel pour flinguer un dialogue. “Dire”, “répondre”, à la rigueur “s’exclamer”, si vous estimez que le point d’exclamation ne suffit pas, ou “interrompre” si les personnages sont plus de deux dans la discussion, “appeler” ou “héler” le cas échéant.
C’est ce que dit le personnage qui doit renseigner le lecteur sur son état d’esprit.
Relisez tous les extraits ci-dessus pour vous en convaincre, moins l’écrivain agite les bras en disant “coucou je suis là , regarde comme j’écris bien”, plus il s’efface derrière son personnage, meilleur est le dialogue – et meilleur est le roman.
Si vous ne pouvez pas vous en empêcher, qu’un nouveau verbe de parole baroque s’échappe sur votre page à chaque nouvelle prise de parole, proscrivez au moins sans pitié les formes archaïques interro-négatives à la première personne qui n’ont plus cours que dans la très mauvaise ou très pédante littérature.
Foin des “rétorqué-je” !
Ma pire rencontre au hasard de bêta-lectures ? “lui appris-je”.
Oui, vous avez bien lu. Après “lui appris-je”, difficile de s’élever dans l’éther parfumé de l’imaginaire, n’est-ce pas ?
N’oubliez pas que le dialogue n’est pas là pour faire joli mais pour faire avancer votre schmilblick et renseigner sur les personnages.
Oubliez les “bonjour”, “merci madame” et autre “belle journée”. Démarrez par une parole forte et/ou pleine de sens, terminez sur une parole forte et/ou pleine de sens.
Autrement dit, une fois que le dialogue a rempli son office, revenez Ă la narration.
N’oubliez jamais que la langue est vivante, qu’elle évolue en permanence, que vous le vouliez ou non et que l’Académie se contente de fixer l’usage établi, elle ne crée rien.
Vous écrivez en 2021. N’essayez pas de reproduire la langue du 18e siècle, à moins d’avoir une bonne raison.
La ponctuation n’est pas la langue. Elle est “la notation” de la langue. Tout comme l’orthographe.
Quant aux règles que vous avez apprises à l’école, elles ne sont pas utilisées par tous les écrivains sans exception, loin s’en faut, car elles servent à écrire des rédactions.
Si le sujet vous intéresse, vous savez sûrement que les anciens manuscrits ne sont pas mis en page de la même façon que les livres d’aujourd’hui.
Le parchemin, puis le papier, était rare et cher. L’encre également. Les moines copistes ont longtemps utilisé toute la surface disponible. Pas de marges, pas de retours à la ligne et pour les plus anciens, même pas de séparations entre les mots.
Si guillemets et cadratins ont vu le jour, c’est pour faciliter la compréhension. Suivez cet exemple et écrivez pour être compris par votre lecteur.
Pour aller plus loin, sachez que je me suis aussi efforcée de voir clair sur la meilleure façon d’écrire les dialogues et plus généralement sur la langue ici et ici, et sur la ponctuation ici. Servez-vous.
Je vous invite en outre à vous inscrire au Concours de nouvelles sur le thème Robinson Crusoé. Règlement complet en suivant ce lien.
Rejoignez l’Atelier de Fiction. C’est un atelier d’écriture créative en ligne où se rencontrent des passionnés, sans promotion, avec des vrais morceaux de fiction dedans.
Enfin, en remplissant le bandeau bleu en haut de page, vous recevrez un nouvel exercice chaque semaine, parmi des infos et des liens vers de nouvelles ressources, qui ne vous demandera que quelques minutes mais vous permettra d’améliorer sensiblement votre approche de l’écriture.
A la prochaine.
L’article Comment ponctuer un dialogue [étude de cas + 7 clés] est apparu en premier sur Ecrire de la fiction.
Depuis quelques mois, j’ai commencé à suivre les groupes de bêta-lecture bénévoles sur Facebook. J’ai proposé parfois mon aide, sûrement pas assez, faute de temps, et j’ai demandé une bêta-lecture du roman que je viens d’achever pour tester moi-même ce qu’un tel cadre pourrait apporter.
Mon verdict est très mitigé.
Mais j’ai trouvé une solution, ou du moins un début de solution. La formation des bêta-lecteurs bénévoles. Je vous en parle en détails.
Ces groupes sont composés en grande partie d’écrivains débutants, d’auteurs édités qui veulent sincèrement aider les autres à faire comme eux, de correctrices professionnelles qui proposent leurs services et de lecteurs désireux de donner un coup de main.
Il y a des bêta-lecteurs bénévoles pour tous les genres de romans, à condition de savoir “pitcher” correctement son histoire et de faire preuve du recul nécessaire au sujet de son texte, ce qui n’est pas si facile qu’il y paraît lorsqu’on a la nez dans le guidon.
NB : pitcher en français = “lancer”, autant dire résumer en donnant envie, et c’est un exercice à part entière.
Là où le bât blesse, c’est que beaucoup d’écrivains en herbe, soulagés et fiers à juste titre d’avoir achevé le premier jet de leur roman, jettent leurs textes en pâture à la critique sans prendre aucune précaution, ni même s’assurer que la critique est compétente… pour critiquer.
Comme il y a des auteurs débutants, il y a des bêtas-lecteurs bénévoles débutants. Ceux-ci peuvent, malgré eux, faire des ravages.
Certains écrivains trouvent ce qu’ils cherchent dans ces groupes, sinon il en aurait moins. Encore faut-il avoir de la chance et tomber sur les personnes ad hock et s’assurer de mettre tous les atouts dans sa manche pour ne pas y laisser des plumes.
D’aucuns trouvent aussi dans les retours qui leur sont faits des conseils génériques inapplicables à leur roman et ne savent qu’en faire.
D’autres se persuadent qu’ils sont des artistes incompris ou que les lecteurs sauront apprécier leur prose telle quelle et prennent la décision de s’autopublier sans aucun retravail. Aïe.
Les plus fragiles hélas, y gagnent le sentiment d’être complètement nuls, de très mauvais écrivains qui feraient mieux d’oublier la littérature.
Beaucoup se plaignent de ne lire que des commentaires indigents, du genre « c’est bien » ou « ça m’a plu ».
C’est bien dommage.
J’ai beaucoup pratiqué la vie associative et je la pratique encore. La formation des bénévoles est essentielle à la bonne marche des activités. Un groupe Facebook de bêta-lecteurs n’est rien d’autre, selon moi, qu’une association informelle en ligne de gens ayant un intérêt commun qui se regroupent autour de celui-ci. En l’occurrence, la littérature.
Ces groupes pourraient être une bonne occasion de se connecter avec d’autres écrivains, de trouver appui et encouragement auprès de ses semblables. Ecrire est un travail solitaire et faire lire son texte est un réel besoin, que peuvent remplir des bénévoles, à condition de savoir comment s’y prendre.
Il suffit parfois d’un rien pour transformer une critique maladroite en encouragement productif. De la méthode, par exemple.
J’ai donc décidé de partager ma propre fiche de bêta-lecture, qui reprend les questions les plus importantes auxquelles tout auteur est en droit d’attendre un semblant de réponse de la part d’un bêta-lecteur.
Mais d’abord, quelques points à ne pas perdre de vue.
Oui, en partie. Mais en partie seulement. Aussi chevronné que soit votre bêta-lecteur dans l’art de repérer les pistes d’amélioration d’un texte, n’oubliez jamais que l’objectivité 100% est impossible. Nous sommes toujours influencé(e)s par nos croyances, nos goûts, nos habitudes… et tout notre background.
Toutes ces sortes de choses qui intercalent des filtres entre le monde et nous… sans même évoquer nos maigres capacités de perception qui nous permettent seulement de déceler une partie de ce qui nous entoure (qui nous pénètre et dans lequel nous baignons, bienvenue dans la matrice).
Repérer un bêta-lecteur bénévole compétent est impossible, a priori. Mais a posteriori, oui. En fonction du retour qu’il vous fera, vous saurez à qui vous avez à faire et vous pourrez décider de continuer avec lui ou pas.
Faire appel à un(e) professionnel(le) n’est pas gratuit, mais il faut voir cela comme un investissement plus que comme une dépense. Toutefois, ce n’est pas toujours possible. C’est là que vous intervenez en tant que bénévole.
Pour devenir un bêta bénévole compétent, vous devrez vous rapprocher au maximum du standard de qualité en usage chez les pros.
Un bêta-lecteur professionnel répond à un certain nombre de critères non négociables :
Ceci dit, du côté de l’auteur, quelques précautions sont à prendre, déclinées en quelques clés :
C’est ce que font les professionnels. C’est une erreur de soumettre trois cents pages de premier jet, car ce premier jet fera boomerang, il vous reviendra dans la figure.
Les premiers jets sont rarement (jamais) excellents.
La demande souvent exprimée par les messages postés dans les groupes de bêta-lecteurs bénévoles est de vérifier que l’histoire tient debout. Pas besoin de tout un premier jet pour atteindre ce résultat. Fendez-vous d’un synopsis scène par scène (que vous avez sûrement déjà établi avant de commencer).
Voire un scénario détaillé en quelques pages qui permettra de faire connaissance avec le sujet, les personnages, la structure, la cohérence, la narration… et tout le toutim. Et cela suffira à départager une charpente solide d’une structure bancale et à soulever des questions essentielles.
Raison de plus si votre bêta-lecteur n’est pas très expérimenté, ne l’assommez pas sous votre prose sans retravail, c’est prendre le bâton pour vous faire battre.
Si vous n’avez jamais réalisé cet exercice, prenez le temps de le faire en fin de premier jet. Reprenez ce que vous avez écrit chapitre par chapitre et résumez-le en deux phrases. La structure de votre roman se dégagera et vous-même serez peut-être à même d’y repérer des manques ou des faiblesses.
Un écrivain travaille étape par étape. L’étape qui suit le premier jet n’est pas la bêta-lecture, à moins que vous ne soyez un vieux briscard de la littérature et que votre bêta soit votre agent littéraire ou votre éditeur, avec qui vous travaillez main dans la main depuis des années.
Non, l’étape qui suit le premier jet, c’est la pause, de préférence pas trop longue, pour se remettre un peu la tête à l’endroit, puis le retravail.
Les deux ou trois chapitres du début ne suffiront pas à tout faire comprendre, sinon vous n’en auriez pas écrits d’autres. Vous risquez même le contresens total.
Cela m’est arrivé récemment. Une bêta-lectrice bénévole à qui j’avais envoyé dix pages pour vérifier si elle voulait lire la suite m’a conseillé(e) innocemment de fusionner deux personnages car elle n’avait évidement pas compris que le fond de l’histoire repose sur la relation de ces deux personnages. Comment l’aurait-elle su puisqu’elle n’avait même pas pris connaissance de l’exposition toute entière ?
Entre parenthèses, qu’elle se soit autorisée à faire cette suggestion avec si peu d’éléments en main en dit long sur le niveau de certains bêta-lecteurs. Ne vous exposez pas pour rien.
Donc si vous envoyez dix pages, posez juste la question “veux-tu lire la suite ou pas, si oui surtout ne me dis rien sur le début, et sinon ne me dis rien non plus”.
Quitte à entrer dans le détail. Une bonne question pourrait être par exemple Que se passe-t-il selon toi dans le chapitre quatre et qu’est-ce qui en jeu entre X et Y ?
Un bon bêta-lecteur sera par ailleurs capable de vous faire un retour chapitre par chapitre (voir fiche à télécharger ci-joint), ce qui vous assurera aussi qu’il a tout lu. Si quelque chose lui a échappé, vous vous en apercevrez tout de suite.
Vous en aurez toujours plusieurs, à moins que vous ne soyez un vieux briscard de la littérature…
Les corrections sont le boulot… des correctrices.
Cela vous évitera aussi les surlignages à répétition susceptibles de vous démoraliser à peine aurez-vous ouvert le document en retour. Et puis cela risque de masquer les vrais enjeux de la bêta-lecture.
Attendez d’avoir récupéré tous les retours et penchez-vous seulement sur les aspects qui reviennent le plus souvent dans les critiques et ce qui fait sens pour vous.
D’ailleurs, pour éviter de voir votre moral descendre en flèche, attendez même d’avoir tous les retours pour commencer à en prendre connaissance. Ils seront tous différents et vous aurez moins de mal à les relativiser.
Et si ça fait mal, ça durera moins longtemps.
Autorisez-le à cesser de lire s’il s’ennuie. C’est dur à entendre, mais ce n’est pas la fin du monde, car vous aurez plusieurs bêta-lecteurs en action en même temps et d’autres sons de cloche.
N’oubliez pas d’indiquer votre nom et votre adresse courriel dans le document lui-même, votre bêta-lecteur ne doit pas avoir à rechercher vos coordonnées.
Ne fournissez pas de fichiers issus de votre traitement de texte, mais plutôt un pdf. Assurez-vous que l’intégralité du texte et du formatage, que vous aurez pris soin de préparer au mieux pour faciliter la lecture, soit respectée.
Numérotez les pages. Cela vous paraît peut-être évident mais j’ai pour ma part plusieurs fois reçu des nouvelles à lire sans aucun formatage, ni cadratin, ni paragraphes, ni numérotation, ni même le nom de l’auteur dans le fichier.
Ne perdez pas de vue qu’il critique votre roman, pas vous-même.
Ne perdez pas de vue que vous remplissez une fonction avant la correction orthographique ou la réécriture, ne faites pas doublon, sauf demande expresse de l’auteur.
Lorsque vous citez le texte, notez le numéro de la page. Je vous communique ma propre fiche de bêta, qui n’est sûrement pas parfaite mais qui me permet de fonctionner assez bien.
La remplir consciencieusement serait un plus, mais personne n’est contraint à ce degré de précision. Remplissez ce que vous pouvez mais tentez de répondre aux questions sincèrement, vous les poser vous fera avancer si vous êtes vous-même écrivain, ce qui est le plus souvent le cas dans les groupes de bénévoles.
Si vous peinez à identifier certains aspects ou problèmes, à répondre à certaines questions, c’est que vous devriez certainement les travailler pour améliorer votre propre écriture.
N’hésitez pas à écrire “je n’ai pas compris ce passage et je pense que c’est à cause de …” au lieu d’écrire “ce passage est mauvais”. Ce qui intéresse l’auteur, c’est de savoir comment le lecteur perçoit son roman, pas comment il l’écrirait à sa place.
Si vous êtes convaincu d’une réécriture nécessaire, n’écrivez pas “mal dit, à réécrire”, mais “ne penses-tu pas que ceci pourrait être mieux exprimé ?” Prenez des gants pour dire ce que vous pensez, l’auteur découvrira vos commentaires dans la solitude de sa chambrette, il pourrait mal interpréter votre franchise.
Je l’ai expérimenté moi-même car lorsque j’ai commencé à bêta-lire, j’annotais le texte comme si c’était pour moi. Puis je me suis aperçue que la simple mention « réécrire ce passage » que j’aurais notée dans la marge de mon roman pour me souvenir d’y revenir, sonnait comme une condamnation écrite dans la marge d’un autre.
A ma grande honte, j’ai même envoyé un commentaire portant la mention « inutile » là où moi, j’aurais modifié le texte, en toute bonne foi. L’auteur concerné m’a remonté les bretelles et il a eu raison.
Avez-vous déjà lu quelque chose de semblable ? De proche ? D’opposé ? Mentionnez-le à l’auteur, cela pourra lui servir.
En particulier si vous acceptez des bêta-lectures dans votre genre de prédilection, celui dans lequel vous commettez vos ouvrages, faites très attention à ne pas être tenté(e) de « déteindre ». Soyez ouvert(e) et gardez à l’esprit qu’il n’y a pas qu’une façon de faire les choses.
Signalez seulement à l’auteur à quel moment vous décrochez. Cela lui sera d’une grande utilité.
Voilà . Normalement, vous êtes déjà un peu mieux outillé(e) pour réaliser des bêta-lectures bénévoles qui seront vraiment utiles aux écrivains.
Pour vous y aider, je vous propose de télécharger cette fiche de bêta-lecture, qui reprend les principales questions à se poser et que vous pouvez adapter à votre sauce comme il vous plaira.
Cette fiche aborde quelques points essentiels. Tels que :
Sans une bonne histoire à raconter, il n’y a pas de roman. Les sources d’inspiration ne manquent pas, mais il faut se méfier de réécrire à l’identique (au mieux, souvent en moins bien) ce qu’on a déjà lu ailleurs et qu’on a aimé. L’histoire est au service du sujet, mais parfois on ne découvre le sujet véritable que lorsqu’on a terminé d’écrire l’histoire.
Les personnages sont le moteur de votre histoire. Ce sont les actions et réactions des personnages qui vont la faire avancer vers le point culminant ou l’auteur désire amener le lecteur pour lui faire passer son message. Ils doivent acquérir de la profondeur, être au minimum intéressants, sinon attachants.
Il y a de nombreuses façons de structurer un roman et il est encore possible d’en inventer de nouvelles. Toutefois, pour débuter, la structure en cinq étapes (de différentes longueur) est la moins difficile à mettre en place.
Pour mémoire, les cinq étapes sont la situation initiale ou exposition, l’élément déclencheur ou perturbateur, les péripéties, difficultés, adversité et autres complications qui vont permettre à l’arc narratif des personnages de se déployer, le climax ou le point culminant et enfin, la situation finale ou résolution, le retour à la normale (ou pas).
Le mode de narration influe sur la façon dont le lecteur va pénétrer (ou pas) dans l’histoire. Point de vue omniscient, interne ou externe… Narration au passé ou au présent, alternance des deux… Roman épistolaire, journal intime, conte…, les options sont nombreuses.
Attention à ne pas se laisser porter par ses envies ou par la facilité, mais d’adapter la narration au propos, de la mettre au service de la fiction… et du lecteur.
C’est le principal problème des auteurs débutants. Lorsqu’un morceau de musique démarre, ce qui vous envoie sur la piste de danse, c’est le rythme. C’est la façon dont vous pourrez accorder votre propre corps avec le tempo. En écriture, c’est la même chose.
Quant au style, il ne s’apprend pas mais il se travaille. L’important étant de savoir ce que l’on veut transmettre au lecteur, comme toujours.
Tout est possible, tout est envisageable (méfiez-vous des ayatollah du style, ils manquent d’imagination) y compris les redites et les répétitions, à condition qu’elles trouvent une cohérence avec ce qui est raconté. Raymond Queneau proposait de “piétiner la syntaxe”, et ça lui a plutôt bien réussi. Toutefois, au début, écrivez dans un style que vous maîtrisez et réservez vos tentatives de déploiement à des textes courts, le temps de faire vos armes.
Les dialogues permettent de faire avancer l’histoire en renseignant sur la psychologie des personnages. Ils ne doivent pas l’alourdir mais au contraire l’aérer et ils doivent sonner juste. J’ai déjà beaucoup publié sur la langue, je vous laisse prendre connaissance de mes précédents articles à ce sujet : la langue et les dialogues ainsi que mon entretien avec Dominic Bellavance.
C’est le milieu dans lequel le roman se déroule, l’époque, la société, les différents décors. Et le fil temporel du récit.
Chaque histoire se déroule quelque part, en un temps donné.
Peu importe qu’il y ait flash-back ou non, que vous entremêliez deux époques de la vie d’un personnage ou que vous écriviez de façon linéaire ce qu’il se produit au jour le jour, le lecteur doit savoir où il en est. Si vous l’égarez un instant, cela doit être pour une raison précise qui aura à voir avec votre sujet.
Un point crucial. La forme sert-elle au mieux ce que l’auteur a voulu exprimer ?
Beaucoup de romans sont écrits honnêtement, sans fautes techniques flagrantes mais peinent à intéresser le lecteur car il n’y lit rien de nouveau sous le soleil.
Une histoire pas trop mauvaise écrite dans un style simple et mettant en jeu des personnages attachants a des chances de le retenir une cinquantaine de pages.
Ensuite vient le ventre mou, la partie où il commence à se dire qu’il aurait peut-être mieux à faire que de continuer à lire car il a déjà compris où l’auteur l’emmène.
Cela n’arrive pas si le fond et la forme sont en adéquation.
Bonne bĂŞta-lecture Ă tou(te)s.
Une autre manière de s’améliorer, c’est de participer à un atelier d’écriture.
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L’article 14 clés pour une bêta-lecture bénévole réussie [7+7🗝️] est apparu en premier sur Ecrire de la fiction.
Il suffit que ledit écrivain se sente illégitime, qu’il soit attiré vers une autre étoile, qu’il préfère s’occuper de son jardin ou que son activité professionnelle l’absorbe à plein temps, que sa famille réclame toute son attention… les raisons sont nombreuses et toutes sont valables pour qu’il remise sa fiction dans un tiroir ou dans un fichier de son ordinateur et se promette d’y revenir un jour peut-être.
La principale difficulté pour venir à bout d’un chantier d’écriture au long court réside dans la solitude et dans la liberté, puisque seul l’impétrant sait ce qu’il veut accomplir et que personne ne lui colle aux basques pour le pousser à terminer. La liberté d’écrire ou de ne pas écrire peut être sa pire ennemie.
Pourtant, l’histoire de la littérature ne manque pas d’écrivains ayant créé une œuvre en exerçant un métier à côté. Céline était médecin, Lamartine garde du corps (de Louis XVIII), Kafka inspecteur d’assurance, Saint-Exupéry aviateur, Stendhal officier de cavalerie…
Pour vous aussi, parvenir au bout de vos chantiers, malgré la vie qui va et qui réclame toute votre attention – et c’est tant mieux car vous aurez quelque chose à raconter – va vous demander de trouver les outils qui vous conviennent et de les mettre en œuvre aux moments opportuns. Ce sera votre méthode d’écriture.
C’est un lieu commun de dire que le processus d’écriture est différent pour chacun d’entre nous. Cela sous-tend que la méthode qui marche pour Kafka ne fonctionnera peut-être pas pour moi, ni pour vous.
Cependant, il existe des moyens pour trouver son chemin parmi tous les conseils et les méthodes proposées dans les livres et sur Internet et mettre au point la méthode d’écriture qui fonctionne pour vous.
Disons une méthode pour trouver la méthode.
Vous lirez trois bons conseils, je vous les fait courts, ils sont partout, vous en avez sûrement conscience.
Je vous rappelle que définir un objectif n’est pas seulement donner un axe à votre travail, mais fixer un délai de réalisation, une date butoir pour aboutir.
Un peu de pression ne fait pas de mal. Pour cela les concours de nouvelles et les appels à textes des revues littéraires sont vos amis.
Ces trois conseils sont bons, très bons, mais pas suffisants. Ils laissent croire que l’écriture est la mise en œuvre de techniques et de recettes et qu’elle relève uniquement de l’artisanat.
Devenir un bon artisan de l’écriture, c’est une des étapes obligées pour produire une œuvre. Mais ce n’est pas un but ultime. C’est indispensable, mais il est possible d’aller plus loin.
Le meilleur moyen d’atteindre l’efficacité n’est pas et ne sera jamais de copier ce que les autres font.
De la même manière que l’inspiration qui nous visite parfois ne tombe pas du ciel mais est le fruit de notre expérience, de nos rencontres et de nos lectures, la méthode d’écriture qui nous va bien est celle qui colle à notre personnalité et à nos habitudes.
Il est beaucoup plus facile de suivre son penchant que de lutter contre, je ne vous apprends rien. A partir d’un point donné, lutter contre le courant fatigue et l’issue est toujours la même, on revient au point de départ dès que l’on cesse de pagayer.
Descendre le courant, en revanche, promet de belles balades.
Attention, comprenez-moi bien. Il ne s’agit pas de suivre le courant qui nous incite à procrastiner et à trouver toujours quelque chose de plus urgent à accomplir que d’écrire cette scène délicate que nous ne savons pas comment aborder.
Je ne vous propose pas de vous engager dans une partie de Risk ou de Scrabble au lieu de vous asseoir pour écrire, ni même d’aller bêcher votre jardin, ni de changer les meubles du salon de place.
Comment est votre énergie ? Comment évolue-t-elle au cours de la journée ? D’où vous viennent vos envies subites ? Pourquoi justement cette action et pas telle autre ? Quand cela vous prend-il et pourquoi maintenant ?
Faites-vous la cuisine ? Êtes-vous plutôt du genre à jeter un œil dans le frigo et à composer un plat avec ce que vous y trouvez ou à suivre à la lettre la recette d’un livre ?
Quel rapport avec l’écriture ?
Je me rends compte que je me suis lancée dans des explications un peu compliquées. Prenons l’exemple de quelqu’un que je connais bien. Au hasard, moi.
Il y a quelques jours, on m’a posé des questions intéressantes. Est-ce que tu es une « auteur qui peint » ou une « peintre qui écrit » ? Est-ce que ta pratique de l’écriture a des effets sur ta création plastique ?
Et j’ai répondu que oui, tout est en interdépendance et pour moi, c’est la même chose, le même processus qui est à l’œuvre. Et que ledit processus est intimement lié non pas à une méthode indispensable et patiemment apprise que j’appliquerais, mais à la façon dont moi, être humain, je fonctionne.
Mon propre processus de création, qui peut se déployer selon deux temporalités différentes.
Exemples.
Ma pratique plastique s’articule principalement autour de collages et de peintures sur toile.
Selon que je travaille le collage, j’ai une idée, je découpe, je colle, j’assemble… et j’y passe le temps qu’il faut pour arriver à un résultat qui me convienne, parfois quelques heures et parfois quelques jours. Et c’est là . C’est aussi comme ça que je m’y prends pour écrire une nouvelle. J’ai démarré avec une idée, j’ai appliqué des techniques d’écriture pour la développer, j’ai retaillé tout ce qui dépassait, réécrit ce qui méritait de l’être. Point barre.
Mais si je travaille la peinture (le roman), dans un processus plus long, j’avance par étapes successives. Je peux laisser en plan de côté, pendant plusieurs semaines, un tableau en cours. Je fais un fonds (un premier jet) et je le laisse reposer. Je passe à côté tous les jours. Et puis un jour je passe et je sais quelle sera la prochaine étape. Alors j’y retourne. J’avance par bonds successifs, par couches, en laissant passer du temps, en laissant sécher entre chaque couche.
Je ne suis pas quelqu’un qui produit une œuvre plastique fulgurante en quelques coups de pinceau ou de crayon. Plutôt quelqu’un qui organise des espaces, quitte à déplacer des éléments, à reprendre un contour, à revenir sur une couleur. J’ajoute, j’enlève… jusqu’au moment où c’est bon. Je fais pas mal de palimpsestes aussi. Je reprends mes vieilles croûtes quand j’en ai marre de les voir et je les retravaille ou je les passe au Gesso pour peindre autre chose par dessus.
Ça peut paraître radical mais ça me convient, c’est mon fonctionnement naturel, c’est aussi comme cela que je travaille pour le roman.
Je fais un premier jet pour libérer tout ce que j’ai à dire sur un sujet. Parfois le premier jet n’est pas terminé, au sens où l’histoire n’est pas bouclée. Mais je m’en fiche.
Je laisse reposer et je laisse travailler mon inconscient, j’ai lancé le processus. Ensuite, j’y reviens autant de fois que j’ai besoin pour que l’objet produit soit bien un roman digne de ce nom et non pas un truc informe sorti de mon imagination fertile.
Ça fait partie de la vie des objets de disparaître. Une peinture, c’est un objet. Un objet qui parle à quelque chose en nous, si elle est réussie, mais un objet. C’est un objet qu’on voit, un truc qui nous appelle ou qui nous repousse.
Un roman, c’est plus discret. C’est là , mais il faut l’ouvrir et le lire. C’est une démarche volontaire de la part du lecteur.
Pourtant, un texte aussi, c’est un objet (où l’on rejoint l’artisanat !). J’agis avec l’objet texte comme j’agis avec l’objet tableau, je le peaufine jusqu’au moment où il atteint sa plénitude, et pour un roman c’est un processus lent.
Examinez vos thèmes de prédilection. Faites aussi une recherche des clichés qui naissent spontanément sous votre plume, un bon bêta-lecteur pourra vous renseigner là -dessus. Y a t-il des leitmotivs dans votre écriture, des scènes que vous êtes tenté(e) de réutiliser sous une autre forme, des mots qui reviennent ?
Quel est le rapport entre ce que vous écrivez et ce que vous vivez ? Ce que vous avez vécu ?
J’ai appris très tôt à ne pas sous-estimer l’inconscient. Je fais tout ce qu’il faut pour qu’il puisse s’exprimer ailleurs que dans des colères ou des maladies. Je lui fais donc de la place chez moi et la création, littéraire ou plastique, m’est un soutien précieux.
A une époque de ma vie, j’étais tourmentée par des problèmes familiaux. Cela s’est traduit de telle manière que je me suis mise à travailler le tissage.
Texte et tisser, c’est la même racine, le même mot latin. « Texte » est issu du mot latin « textum », dérivé du verbe « texere » qui signifie « tisser ». Pendant que je travaillais le tressage, j’écrivais pas mal de poèmes sur un thème que j’avais appelé Mafami (ma famille)… une histoire de liens. Une histoire d’ADN évoquée au moyen de fils entrelacés. Forcément tout ça travaille ensemble.
Mais pour me sentir devenir écrivain, je suis sortie de la simple expression de mon intériorité, grâce à la connaissance de mes propres ressorts, ce qui me permet d’explorer d’autres aspects, d’autres points de vue, de ne plus être uniquement dans l’écriture thérapeutique mais bien dans la fiction créative.
Et vous, à partir de quoi écrivez-vous ? Quel est le processus interne qui vous y pousse ? Que faites-vous de vos envies de départ ?
La meilleure illustration d’un processus à l’œuvre, c’est peut-être mon chantier d’écriture en cours, le roman que je suis en train de terminer.
Au tout début, long years ago, il y a une séance de méditation (un travail sur moi, selon une expression à la mode) lors de laquelle m’arrive soudain la vision d’un château de cartes.
Puis longtemps après, il y a un jeu de cartes physique et mon travail plastique autour de celui-ci. Je l’avais oubliée mais je me souviens de cette méditation et de ce château de cartes, que je mets en image.
Je produis ensuite plusieurs tableaux en découpant des jeux de cinquante-deux cartes (+2) et en organisant les morceaux en tableaux. Avec la contrainte de tout utiliser, le jeu entier, et toujours dans un même espace, un monde fini avec quatre points cardinaux, une feuille de dessin format raisin c’est-à -dire 65×50 cm.
Il y a un début d’histoire, un élément déclencheur, la volonté ou la nécessité de tirer sur le fil… et voilà qu’un sens apparaît.
Le sens ? En agençant les mêmes éléments de façon différentes, on peut produire une multitude de scènes différentes, raconter une multitude d’histoires.
Ensuite, lorsque vous savez à propos de quoi vous allez écrire, vient le moment de décider quelle forme vous allez donner à votre production.
Durant l’écriture de ce roman, je suis sortie de l’idée de départ que j’avais de construire une narration contrainte à cinquante-quatre chapitres, pour me donner plus de liberté, mais je voulais que le roman épouse autant que possible la forme du jeu de cartes dont l’histoire était née, et finalement j’y suis revenue.
Ça ne se voit pas au premier coup d’œil, mais moi, je le sais. Le roman est construit en cinquante-quatre chapitres, répartis entre douze livres plus un fil de narration qui s’intercale à la fin de chaque livre et qui renseigne sur un autre aspect de la réalité, soit treize en tout, ce qui correspond au nombre de cartes par couleur. Le chiffre quatre est aussi très présent.
Dans le préambule j’explique les règles du jeu et dans la dernière partie je fais les comptes de la partie… enfin c’est comme ça que je l’envisage, mais ça peut très bien passer inaperçu au lecteur distrait.
En effet, cela n’empêche pas que j’ai par ailleurs respecté un certain nombre de règles applicables à la construction d’une l’histoire et aux personnages, car si mon objectif était de produire un texte dont la forme et le fond s’interpénètrent, je n’ai jamais perdu de vue que la destination finale de l’objet livre était le lecteur, et non pas mon plaisir personnel.
Dans ce roman, la forêt colonise l’espace. Pas seulement mais c’est un des aspects importants.
Pourquoi ? C’est tout bête. Le premier des tableaux à été conçu à partir d’un jeu de cartes géantes, dont les éléments étaient énormes.
Les piques et les trèfles figurant la forêt mangeaient littéralement les trois tours du milieu, pour lesquelles j’ai réalisé mon collage en pensant à Prévert et Grimaud, au château du film Le Roi et l’Oiseau. Et Grimaud, c’est aussi un fabricant de cartes… Tout s’emboîte.
En cours de route, un personnage est apparu, un narrateur qui n’était pas du tout au programme de mon projet initial. C’est une femme d’un certain âge, perchée dans un grenier et cernée par la forêt.
Ce personnage est né après mon dernier déménagement, alors que j’écrivais dans une maison avec une vue magnifique sur la baie de Saint-Paul en contrebas, en bordure de ravine, dans la forêt et en pleine saison des pluies, durant laquelle la nature s’épanouit à grande vitesse.
Tout ça pour dire que je suis incapable de séparer mon mode de fonctionnement pour l’écriture de mon mode de fonctionnement pour la peinture, même si les deux médiums ont l’air de prime abord de se développer dans deux temporalités différentes, mais aussi que je suis incapable de les séparer de ma vie, de mon quotidien.
Ce qui fait le lien entre tout ça, c’est moi.
Comment faites-vous le lien entre ce que vous vivez et ce que vous écrivez ?
Avez-vous conscience que les thèmes qui vous sont chers et la façon dont vous les communiquez vous racontent, vous, en sous-texte de l’histoire que vous écrivez ?
Savez-vous toujours où vous vous situez par rapport à ce processus ?
Le mettez-vous au service de votre lecteur, ce qui est le travail véritable de l’écrivain ?
Que vivez-vous ? Comment réagissez-vous ? A quel moment votre pulsion créative se déclenche-t-elle ?
Comment avez-vous appris Ă fonctionner ? De quoi avez-vous besoin pour fonctionner ?
Quels sont les espaces d’intériorité qui transparaissent dans votre écriture ? Comment les transformez-vous en roman susceptible de parler à quelqu’un qui ne vous connaît pas ?
Observez-vous en train de faire quelque chose. Comment gérez-vous le temps ? Êtes-vous capable de changer d’avis au dernier moment pour essayer autre chose ou avez-vous besoin d’un cadre rigide ou semi-rigide ?
Pouvez-vous tout laisser en plan pour y revenir plus tard sans problème ou vous sentez-vous mieux en définissant de petites étapes que vous terminez à tout prix avant de passer à autre chose ?
Il n’y a pas de réponse absolue.
L’écriture d’un roman est un processus de soi à soi qui passe par un long cheminement en direction du lecteur pour finir par nous apprendre quelque chose de nous-mêmes.
Bienvenue en écriture.
Appel !
Je suis à la recherche d’écrivains, mais pas que, pour les prochains Rendez-vous avec. Tous les métiers du livre m’intéressent.
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a tout a l’heure de l’autre côtéL’article Méthode d’écriture et processus [Comment trouver ce qui fonctionne pour vous] est apparu en premier sur Ecrire de la fiction.
Tous les écrivains se posent cette question. Toutefois, elle devient vraiment cruciale dans le cas d’un auteur « étranger » écrivant en français.
Ce que Dominic appelle le « français international » et que moi je nomme « le français hexagonal » n’est pas, en effet, le français le plus parlé dans le monde. La francophonie est bien plus vaste que l’hexagone.
Cette idée de sujet à aborder m’est venue en lisant La Fiancée américaine d’Eric Dupont. E. Dupont, qui est également issu de la belle province du Québec, a produit un roman magistral qui peut être lu et compris dans toute la francophonie. Il écrit en français et use rarement de tournures québécoises.
Quand le fait-il ? Dans certains dialogues. En particulier, lorsque Madeleine la Mère s’exprime. Une excellente façon de mettre en évidence les différences entre les générations.
Comment Dominic s’y prend-il pour écrire des dialogues (dont il est, me dit-il, friand) et trouver le vocabulaire juste, l’accent vrai pour ses locuteurs ? Comment les rend-il concrètement, les accents et les tournures de langage propres à ses personnages ? Réponses en vidéo dans Rendez-vous avec, le programme de ma chaîne YouTube Séance Fiction.
J’ai connu Dominic, ou du moins son blog, alors que je faisais quelques recherches sur le web pour identifier des blogueurs compétents en écriture dont les billets pourraient alimenter ma réflexion.
Je suis tombée sur sa page ressources et j’ai dévoré 100 trucs pour faire la promotion de vos livres.
C’était beaucoup trop tôt pour moi pour m’y intéresser, mais j’ai mis ça de côté pour y revenir plus tard et je l’ai abondamment partagé dans des groupes d’écrivains.
La page ressource propose également de télécharger une matrice de roman sous Word, et ça c’est aussi un chouette cadeau, quand on sait le temps que ça prend de s’y retrouver tout seul.
Depuis, Dominic a continué de creuser la question et propose maintenant un guide, parmi d’autres, afin d’aider les auteurs auto-édités… à faire le boulot de l’éditeur.
Je n’ai pas lu les romans de Dominic, ma PAL (pile à lire) ne désemplit pas.
Si je devais le faire, je m’intéresserais à Hantée, un roman dont vous êtes la victime, qui tente de renouveler un genre littéraire dont Raymond Queneau est, à ma connaissance, le précurseur avec son Conte à votre façon et la très oulipienne histoire des trois petits pois.
Sur ma chaîne YouTube, Séance Fiction, je réalise des entretiens pour débattre avec des pros de différents aspects de la littérature.
La semaine prochaine Astrid Stérin nous parlera de son travail de coach d’écriture. Ca tombe bien, je suis en train moi aussi de la lancer dans l’accompagnement d’écrivains, nous aurons plein de choses à nous dire.
Sur Séance Fiction, j’aimerais aussi beaucoup discuter avec des éditeurs, des illustrateurs, des distributeurs, des libraires… tous les métiers essentiels de la chaîne du livre, même si l’autoédition a le vent en poupe.
Mais pour l’instant, place à Dominic Bellavance :
Mes meilleurs podcasts sont aussi sur Séance Fiction, où vous retrouverez Tilu sur des sujets aussi variés que mon Top 5 des blogs de conseils aux écrivains, ainsi que la suite, le Top 5bis, le résumé en quatre parties (tellement il y a de matière) de la bible d’Alain André, Devenir écrivain, ou encore prendre connaissance de mes études de cas sur les descriptions de lieux, avec Joyce Carol Oates, Hemingway, Arthur C. Clarke, George Perec, Clément Lépidis, Roald Dalh ou James Salter.
Partagez cet entretien auprès de vos ami(e)s écrivain(e)s, surtout s’ils peinent sur les dialogues ou s’ils vivent à l’autre bout du monde. Je suis déjà lue dans beaucoup de pays, ce qui me réjouit, mais mon rêve secret est de conquérir l’univers. J’ai décidé de commencer par la francophonie.
Appel !
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a toute a l’heure de l’autre côtéL’article Comment écrire un dialogue : accent et vocabulaire [Rv avec Dominic Bellavance] est apparu en premier sur Ecrire de la fiction.
Comme dans tous les genres littéraires, l’imaginaire tient une grande place, c’est évident. Mais dans le genre « fantasy« , beaucoup d’écrivains débutants s’épuisent à « créer un univers » dans ses moindres recoins, alors que l’essentiel est ailleurs.
Une bonne histoire à raconter, des personnages attachants et intéressants, la maîtrise de la structure à donner à un bon récit de fiction sont bien plus importants que la novlangue sur laquelle vous passerez des mois à transpirer alors qu’au final, aucun de vos lecteurs ne la parlera et qu’elle sera reléguée au rang de fioriture pure et simple.
C’est un sujet sur lequel Julien a eu tout le temps de réfléchir durant l’écriture du nouveau volet des aventures de Tim Keller, l’héroïne des « Mondes Hurlants », et c’est ce qui fait l’essentiel de notre entretien – en plus détaillé, bien sûr.
Julien Hirt vit de sa plume, mais pas seulement de sa fiction.
Il est aussi journaliste et animateur radio et à ce titre, il passe le plus clair de ses journées à écrire. Et comme il aime vraiment ça, il a publié – et publie encore – une foultitude d’articles comportant de judicieux conseils à l’attention des écrivains, sur son blog le Fictiologue, que je vous recommande chaudement.
Il s’est essayé à la création de Jeux de Rôles et de pièces de théâtre et se paye le luxe de dessiner lui-même la couverture de son dernier roman.
Un homme plein de ressources, en somme.
Je n’ai pas lu Les merveilles du Monde Hurlant. Ni le premier livre, ni le second. Je me garderai bien d’en parler.
Ce que je peux quand même vous dire, c’est qu’il s’agit des aventures d’une adolescente intrépide, Tim Keller. Elle est aussi le personnage principal de Révolution dans le Monde Hurlant, disponible en téléchargement ou en format papier.
Cela se passe chez Bookelis, plateforme d’autoédition.
Je viens de changer le nom de ma chaîne YouTube. Elle s’appelle maintenant Séance Fiction.
Je continue les entretiens, car j’adore ça. Je vous annonce prochainement des Rendez-vous avec Dominic Bellavance et Astrid Sérin.
Avec Séance Fiction, je tente moi aussi de créer un univers. Pas un univers de fantasy, mais un petit lieu cosy dans lequel on débat de tous les aspects de la littérature. J’ai de l’ambition pour cette chaîne.
D’autres rendez-vous sont en pourparlers. Le plus difficile, comme toujours, est de trouver le bon créneau horaire. Je vous tiendrai au courant.
Après Nicolas Kempf qui m’a fait l’honneur de discuter avec moi des différences et des similitudes entre l’écriture d’un scénario de BD et d’un roman voici ma conversation avec Julien, autour de l’imaginaire en fantasy :
Tant que j’y étais, j’ai aussi mis en ligne mes meilleurs podcasts sur Séance Fiction. Vous pouvez donc y retrouver Tilu et apprendre comment préparer une béta-lecture, ce qu’est l’élément déclencheur de l’intrigue et quelles sont les 7 clés à connaître pour vous en tirer au mieux, comment parler de désir et de sexe à vos lecteurs et plus si affinités.
Sur ce blog, n’oubliez pas de lire mon récent article sur les revues littéraires. Vous apprendrez où et comment faire publier vos nouvelles de fiction.
Partagez cet entretien auprès de vos ami(e)s écrivain(e)s qui s’adonnent à la littérature de la fantasy. Qu’ils aient déjà , ou pas, créé leur univers, ils trouveront matière à réflexion.
Sans compter que cela m’aidera aussi à faire connaître la chaîne.
Appel !
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a toute a l’heure de l’autre côtéL’article Rendez-vous avec Julien Hirt : créer un univers ou créer le décor d’une histoire ? est apparu en premier sur Ecrire de la fiction.
Qui maîtrise le sexe et l’argent détient le pouvoir.
Les services secrets de tous les pays le savent bien. Pour s’assurer de la collaboration de quelqu’un, depuis toujours, on rémunère ses services, en numéraire ou en nature, ou bien on organise un chantage si le quelqu’un en question place ses valeurs morales avant son enrichissement personnel. Un chantage sexuel la plupart du temps.
➡️ Il est donc impossible à tout bon écrivain de fiction, soucieux de la crédibilité de ses personnages, de ne pas aborder ces questions sous une forme ou sous une autre.
Toutefois, et ce même si vous écrivez de la fiction érotique, les scènes de sexe obéissent aux mêmes règles que toutes les scènes.
Si vous réussissez à faire les deux en même temps, c’est parfait. Sinon, qu’au moins une de ces règles soient respectée.
➡️Les scènes d’action autres que les scènes de sexe qui sont des scènes d’action (sauf accident), ne doivent pas avoir l’air trop mécaniques ni se perdre en détails inutiles.
➡️Les scènes d’émotion sont menacées par un monceau de clichés auxquels il n’est pas aisé d’échapper.
➡️Quant à la scène de sexe, elle est porteuse, en plus des clichés, de tabous judéo-chrétiens, de sous-entendus et de non-dits !
Toute une partie de nos contemporains, des hypocrites et/ou des malheureux, réprouvent le sexe ou ne s’y livrent que toutes lumières éteintes. Et surtout, on n’en parle pas.
D’autres glorifient leurs performances, réelles ou fantasmées, et se présentent comme des “bêtes de sexe”. De là à penser sexe de bêtes, il n’y a qu’un pas.
Entre les deux, tout le monde y pense, tout le monde le fait, mais ce n’est pas la première chose que vous dites de vous lorsque vous rencontrez quelqu’un.
Même chez le médecin, où pourtant, la transparence est votre alliée, on vous demande si vous dormez bien, si vous mangez bien, si vous faites suffisamment d’exercice.
Rarement si vous pratiquez le sexe régulièrement. A part en médecine chinoise, mais c’est une autre question.
Une fois tout ça posé, revenons à nos moutons.
La première chose à vous demander, c’est donc “qu’est-ce que cette scène peut apporter à mon récit ?”
Une fois cette question résolue, il vous reste comme toujours à vous mettre dans la peau de votre narrateur et à imaginer ce qu’il dit des personnages en action.
Ce n’est pas tant l’action elle-même qui sera cruciale. Tous les lecteurs et lectrices adultes auront de toute façon l’expérience nécessaire pour comprendre de quoi il s’agit.
Le point important, c’est quels mots vous allez mettre sur cette action. Comment allez-vous en parler.
Dans les classiques, il y a la scène de sexe qui certes, fait avancer l’action, mais dont l’auteur se débarrasse rapidement, car son sujet est ailleurs.
Dans Cet instant-là , par exemple, une histoire d’amour tragique du même Douglas Kennedy, le sexe est présent à plusieurs titres.
Pourtant, Cet instant-là est un roman psychologique. Cinq cents pages autour de cette histoire d’amour, mais Kennedy passe très vite sur les scènes de sexe, qui ne l’intéressent pas plus que ça.
On mentionne et on passe rapidement à autre chose. Ce que vous pouvez très bien choisir de faire vous aussi. Ça fait vrai, ni trop puritain, ni trop olé olé, et l’action peut avancer.
Cependant, j’attire votre attention sur la mécanique du sexe, ou plutôt, sur le mécanisme qui mène au sexe : le désir.
Bien avant la scène de sexe, à moins de décrire un viol, vous devrez amener le désir pour que cette fameuse scène ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe mais au contraire, qu’elle soit un point d’orgue.
Le désir, comme vous le savez, est chose fluctuante.
Savoir ce que votre héros ou votre héroïne désire à un moment m du récit, qu’il s’agisse de sexe ou pas, et comment ce désir évolue en même temps que le personnage est essentiel à la qualité de votre fiction.
Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier. Je ne sais plus de qui est ce trait d’esprit, mais avouez que c’est bien observé.
PlutĂ´t que de vous assommer avec mon blabla, je vous donne un exemple.
Voici une “scène de désir” prélevée dans La Horde du Contrevent d’Alain Damasio. C’est très écrit, poétique et suffisamment cru pour qu’on y croie. (podcast : 06’30 »)
Voici en extrait, le début de la relation du héros et de son aimée, dans Cet instant-là , de Douglas Kennedy, dont je vous parlais tout à l’heure (podcast : 08’44 »).
Surtout, surtout, n’écrivez pas de crétinerie cul-cul la praline censée donner chaud au lecteur si vous manquez d’imagination.
Relisez-vous et faites-vous relire. Si vous faites rire et que ce n’est pas le but recherché, réécrivez.
Témoin ce morceau de bravoure trouvé dans un roman auto-publié dont, encore une fois, je tairai l’autrice. C’est toujours la même.
Je vous laisse juger (podcast : 10’40 »).
Voyez, en matière d’écriture, tout est possible, mais tout n’est pas bon.
Pour en parler, je vous propose un long extrait de Loin de Chandigarh, de Tarun J. Tejpal.
C’est l’incipit du roman et on comprend tout de suite de quoi nous allons parler. Je vous engage à le lire si ce n’est pas déjà fait, pour apprendre beaucoup sur comment décrire la mécanique du désir et du sexe, avant, pendant et après.
Avant de débuter cette longue lecture, qui clôturera ma causerie d’aujourd’hui, encore une ou deux choses.
Peut-être craignez-vous de décrire uniquement votre propre sexualité. Après tout, on n’écrit jamais qu’à partir de soi.
Si vous manquez d’idées rigolotes pour animer vos personnages, afin de renforcer votre créativité, je vous recommande la lecture de cet article.
Faites aussi un petit tour sur le site Harmonie des corps, il vous ouvrira peut-ĂŞtre quelques portes.
Enfin, ne manquez pas de visiter l’article de Nicolas Kempf, rédiger une scène coquine, dont voici le lien. Je sais, je cite beaucoup Nicolas, mais seulement quand je suis d’accord avec lui. Et je vous envoie chez lui quand je ne peux pas faire mieux.
Lisez ma critique de son roman Hard Rock Cargo ici-même, apprenez comment préparer votre texte pour la bêta-lecture ou faites le tri parmi les conseils concernant les dialogues.
Rejoignez-moi aussi sur ma chaîne YouTube pour le programme Rendez-vous avec, inauguré par Nicolas qui nous parle des différences et des similitudes dans l’écriture d’un scenario de BD ou d’un roman.
Voici maintenant l’extrait promis de Tarun J. Tejpal, l’incipit de Loin de Chandigarh (podcast :
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C’est un groupe Facebook de passionnés dans lequel est publié chaque jour un nouvel exercice.
a tout a l’heure de l’autre côtéL’article Le sexe, le désir et l’écrivain est apparu en premier sur Ecrire de la fiction.
Pour fêter ça, une interview d’un peu plus d’une heure en ligne sur YouTube, un extrait enregistré dans mon podcast (à écouter à partir de la minute 5, tout rond), et la critique du roman en question, que j’ai eu la chance de lire avant les autres puisque j’ai participé à la campagne de préachat menée par la maison d’édition.
Tout d’abord, la critique.
Nicolas Kempf livre un premier roman pétulant et plein d’invention et se fait plaisir en ciselant la langue aux petits oignons. Ca tombe bien. Nous aussi, ça nous fait plaisir.
Avec Hard Rock Cargo, il aborde le thème de la paternité dans ce qu’elle a de plus réjouissant et de plus inquiétant à la fois.
Métral est un gentil géant pas très fufute mais attachant. Solide. Responsable. Une valeur sûre. On aimerait tous avoir un pote bâti sur ce modèle. On prendrait soin de lui pour lui éviter les galères.
Il se fait piéger par une bête histoire dont il aurait pu se sortir sans trop de casse mais qu’il choisit d’endosser car au bout du long tunnel qui l’attend, il y a un petit être pour qui il est prêt à tout donner : sa fille.
Fortement inspiré par les dialogues de Michel Audiard, Nicolas Kempf raconte, en 250 pages compactes, 15 ans et des poussières de la vie d’un homme dont la seule erreur est d’être innocent. Innocent envers et contre tous, innocent que c’en est pas possible, tellement innocent que le lecteur a mal pour lui.
N’ayez pas peur de Michel Audiard, pas besoin d’un dico d’argot pour lire HRC.
Nicolas Kempf est passé par la case BD, il est auteur de scénarios. Ca se voit. Ou plutôt ça se lit, dans le choix des mots et surtout des verbes, dans les images et le pouvoir évocateur des détails.
Je vous en livre un extrait dans le podcast ci-joint, démarrez à 05:00 tout rond pour faire connaissance avec Métral.
Une structure narrative en bois de fer, une intrigue qui se déroule tambour battant, des personnages bien campés, des dialogues justes qui font avancer l’histoire et toujours cette langue imagée qui plonge le lecteur dans une ambiance polar en noir et blanc comme on les aime, tous les ingrédients d’un bon livre sont réunis dans ce premier roman, paru chez Le Beau Jardin Editeur(cultivons la littérature), une maison qui pousse la cohérence jusqu’à imprimer sur papier recyclé.
Saluons cet engagement, pas si fréquent.
Des mois que je me dis que j’ai envie de vous faire partager mes rencontres avec des écrivains et des professionnels de l’édition ! Assez tergiversé.
Il n’y a que le premier bas qui goutte, comme l’écrivait Gotlib dans un très vieux numéro de Rubrique-à -brac que j’avais fini par connaître par cœur à force de m’user les yeux dessus. C’était un jour où Gai-Luron était enrhubé.
Longue vie à lui, il est né la même année que moi, en 64. Excellente année, au demeurant.
Allez, assez jacté (pour rester dans le même registre) ! Je vous annonce la naissance officielle de la chaîne YouTube Ecrire de la Fiction.
J’y partagerai des entretiens (Rendez-vous avec…), des chroniques (surprise!) et une rubrique dont je cherche encore le nom, qui donnera la parole à des lecteurs/lectrices, pour changer un peu.
Pour débuter, voici le rendez-vous avec Nicolas Kempf, lors duquel nous n’avons pas parlé de son roman Hard Rock Cargo mais des différences et des similitudes entre l’écriture d’un scénario de BD et d’un roman.
Ca se passe ici (filez tout de suite à 02:04, avant c’est la cuisine de Zoom) :
Soyez sympa, rendez-moi service. Partagez autant que vous pouvez dans vos réseaux sociaux ou auprès de vos ami(e)s écrivains. Aidez-moi à faire connaître la chaîne.
Je suis d’ailleurs à la recherche d’écrivains et de professionnels du livre ayant des choses (intéressantes) à dire. Si vous en connaissez, passez-leur le mot.
Si vous-même désirez que je chronique votre roman, sur Babelio ou dans ce blog (ou les deux mon capitaine), faites-moi signe aussi. Mais attention, je dis ce que je pense, si je trouve ça mauvais, je dirais que je trouve ça mauvais.
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a toute a l’heure de l’autre côtéL’article Rendez-vous avec Nicolas Kempf [interview écrivain] est apparu en premier sur Ecrire de la fiction.
Pour faire court, les (bons) bêta-lecteurs vérifient que vous avez mis en œuvre les meilleures techniques d’écriture au service de votre texte et qu’elles sont maîtrisées. Ou, si vous préférez appliquer vos propres techniques (!), que cela est justifié et efficace, que ça marche.
Les bêta-lecteurs s’assurent que votre créativité s’exerce pour le plus grand bénéfice du lecteur. Pas pour le vôtre. Vous n’écrivez pas pour vous. Vous écrivez pour être lu(e).
Les bêta-lecteurs professionnels suggèrent donc souvent des améliorations. Et ils vous disent aussi là où ça pêche. Au sens littéral de pêcher, c’est-à -dire, manquer son but.
Oui, professionnel. Lecteur, c’est un métier. Il y a même des spécialisations. La lecture d’un scénario ne requiert pas tout à fait les mêmes compétences que la lecture d’un roman. Littérature et cinéma sont deux médias différents, ils ne stimulent pas la même région de notre cerveau.
Une lecture critique de votre premier jet réalisée par un.e professionnel.le (par exemple, moi) vous coûtera quelques euros, le coût variant selon la longueur de votre tapuscrit, pour un avis impartial et constructif.
Cependant, les écrivains ne roulent pas sur l’or, ni même sur l’argent. Des solutions gratuites existent. Vous pouvez choisir d’être lu.e par des lecteurs passionnés, ou d’autres écrivains à qui vous rendrez la pareille. La réciprocité est un bon principe de collaboration.
Tous les écrivains font appel à des bêta-lecteurs. C’est une étape indispensable de la fabrication d’un livre.
La bêta-lecture est distincte de la correction orthographique et syntaxique, elle s’attache au récit avant tout.
Sont des bêta-lecteurs tous vos lecteurs qui prendront connaissance de votre prose avant qu’elle soit publiée, quand vous pourrez encore revenir dessus pour l’améliorer.
Les lecteurs des maisons d’éditions à qui vous enverrez votre texte sont des bêta-lecteurs.
Cependant, votre petit frère ou votre chéri ne sera peut-être pas le meilleur bêta-lecteur que vous puissiez trouver. Déjà , beaucoup d’affect altère le jugement. Ensuite, pour être efficace, un bêta-lecteur doit être avant tout un grand lecteur, lisant des textes de bonne qualité (et oui les mauvais existent aussi).
Ne confiez pas vos textes à une seule et même personne, mais si possible, dégotez au moins trois avis différents.
Et quand je dis différents, vraiment différents.
Le profil de votre lecteur type est impossible à cerner, si ce n’est qu’il aime votre prose.
Vous obtiendrez des avis bien plus constructifs si vous trouvez un terrain d’entente avec une mémé à la retraite (pas la vôtre si possible), un étudiant qui lit dans les transports en commun, un autre écrivain rencontré dans un groupe Facebook.
Attention, ne donnez pas vos textes à lire seulement à des écrivains. Ils souffrent de biais cognitifs intempestifs, c’est connu.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, ne les donnez pas non plus que à des lecteurs qui apprécient d’emblée le genre dans lequel vous écrivez.
Sauf s’il s’agit d’un pavé de six pages, auquel cas, allez-y mollo, envoyez un premier chapitre et voyez si ça mord.
Pour obtenir des retours pertinents, variez les intelocuteurs. Vous en apprendrez beaucoup plus ainsi.
Parce que j’ai réalisé un certain nombre de bêta-lectures ces dernières semaines, à chaque fois pour des apprentis écrivains que je ne connais pas personnellement.
Et je me suis rendue compte que certains romanciers ne savent pas du tout comment fonctionne une béta-lecture.
Ils demandent un coup de main très poliment, et vous leur rendez ce service bien volontiers, surtout si leur texte n’est pas très long et ne devrait pas vous demander plus d’une heure de votre temps.
Et ils vous envoient leur premier jet en vous demandant “qu’est-ce que je peux faire avec ça pour l’améliorer selon toi ?”
Alors déjà , camarade, tu dois travailler.
Tu dois te relire en te posant les bonnes questions (en reprenant les points ci-dessus c’est déjà un bon début) et réécrire tout ce que tu trouves toi-même à améliorer.
Si tu ne trouves rien, deux possibilités. Ou bien tu es un génie, ou bien tu es mauvais. Si tu es mauvais, ce n’est pas grave, mais tu dois renoncer à publier avant d’avoir compris ce qu’est la littérature et comment ça marche. Si tu es un génie, c’est pire, tu es vraiment mal barré.
➡️Avant la bêta-lecture, vous devez oublier votre texte, le laisser dans un tiroir durant plusieurs semaines pour le redécouvrir avec un regard neuf comme s’il avait été écrit par quelqu’un d’autre. Vous verrez les verrues, vous dépisterez les scories. Et vous retravaillerez.
➡️Vous devez vous relire à haute voix. Je vous conseille même de vous enregistrer et de vous écouter. On vous raconte des histoires depuis que vous êtes bébé, même en admettant que vous soyez extrêmement complaisant avec vous-même (si si c’est possible, ça m’arrive aussi figurez-vous), votre oreille est habituée à la narration, elle sera impitoyable avec les redites, les maladresses, les phrases bancales. Vous gagnerez du temps. Et vous retravaillerez.
Attention, très important : n’envoyez jamais en bêta-lecture un texte formaté avec les pieds. Police Times New Roman ou Arial, corps 12 ou 14, chapitres et paragraphes, tirets cadratin ou semi-cadratins, pages numérotées, etc.
Pourquoi vous embêter à faire ça alors que de toute façon vous allez encore retravailler, que le formatage est la chose la plus chiante du monde et que ce rogntudju de logiciel n’en fait qu’à sa tête ?
Et bien c’est tout bête. Pour faciliter le travail de votre bêta-lecteur. N’oubliez pas que c’est lui qui vous rend service, pas le contraire.
➡️Ne le rebutez pas d’emblée avec une police illisible, même si vous, vous la trouvez géniale, ou avec un corps 18, il aura l’impression que vous lui criez dessus.
➡️Pour éviter les modifications de votre texte dues à l’ouverture par un autre logiciel que le vôtre, envoyez un pdf. Ainsi vous pourrez vérifier la gueule de votre truc et vous assurer que la personne en face n’aura pas l’impression que vous lui déposez un sac poubelle.
➡️Evitez de placer vos coordonnées en en-tête de chaque page, préférez les insérer dans le pied de page, avec la numérotation.
➡️Vérifiez que vous envoyez bien la dernière version de votre texte (numérotez vos versions). Indiquez votre deadline s’il y en a une.
➡️Ne lui dites pas : “Qu’en penses-tu ?” ou “Aimes-tu ça ?” mais plutôt “As-tu compris pourquoi Raspoutnik agit/réagit comme ça dans le chapitre trois ?” “Quels sont les liens entre les personnages ? Est-ce suffisament clair ?” et toute cette sorte de choses.
Plus vos questions seront précises, plus les retours de bêta-lectures vous serviront.
Il reste une partie délicate qui nous incombe et que nous jetons parfois par-dessus les moulins dans notre premier jet, j’ai nommé la grammaire, la syntaxe et l’orthographe. La plaie, pour qui n’aime pas ça.
Alors, rassurez-vous !
Il se peut très bien que votre intrigue soit palpitante, vos personnages en titanium, que vous ayez construit une charpente en bois de fer imputrescible, mais que votre orthographe soit à chier.
C’est arrivé à d’autres, qui sont publiés et lus par des milliers de lecteurs. Simplement, ils sont passés par l’étape du correcteur professionnel, qui n’est pas le bêta-lecteur, mais quelqu’un qui s’occupe uniquement de cet aspect, pendant que le bêta-lecteur s’occupe de l’histoire.
Si vous êtes nul en orthographe, pas de panique, signalez-le au bêta-lecteur et rassurez-le en lui disant que vous ferez procéder aux corrections juste avant la publication, sur un texte définitif.
Normalement, votre bêta réagira en vous indiquant les fautes qu’il aura décelées.
Vous me voyez venir maintenant que vous me connaissez un peu. C’est là que bien souvent le bât blesse.
Vous devez fournir à vos bêta-lecteurs la meilleure version possible de votre texte, celle que vous avez déjà travaillée longuement, que vous avez peaufinée, dont vous êtes presque fier(e).
Vos bêta-lecteurs doivent pouvoir entrer dans votre texte sans être gênés par les maladresses obligatoires de tout premier jet.
Vous devez respecter vos bĂŞta-lecteurs, car ils sont avant tout vos lecteurs.
Tout comme vous n’iriez pas faire caca devant la porte de votre voisin, à moins qu’il ne vous ait vraiment fait une grosse vacherie, ne donnez pas à lire votre brouillon.
Car votre premier jet, c’est votre brouillon. Rien d’autre.
Pourquoi croyez-vous qu’il faille si longtemps pour écrire un bon livre en état d’être publié ?
Admettons que vous soyez restaurateur et que vous ayez l’idée d’une nouvelle recette, d’un mariage osé entre des ingrédients qu’on a jamais servis ensemble.
Disons que vous ĂŞtes un Chef !
Allez-vous entasser ces ingrédients n’importe comment sur l’assiette de service pour les faire goûter à votre équipe ? A vos meilleurs clients ?
Le look on s’en fiche, c’est le goût qui compte ?
Vous savez bien que c’est faux. L’allure d’un plat compte autant que sa saveur dans le plaisir que nous prenons à le manger.
Fournissez-lui donc votre meilleure prose. Il prendra plaisir Ă la lire et vous aidera de son mieux pour vous remercier de votre confiance.
Et remerciez le bêta-lecteur qui critiquera sévèrement votre texte. C’est qu’il ne vous prend pas pour un imbécile. Ne perdez pas de vue que c’est pour vous aider. Les propos lénifiants ne font jamais avancer personne.
Il est très dur de lire la critique de ce qu’on a mis des heures à construire patiemment. Mais la première qualité dont vous devez vous doter, en tant qu’écrivain, c’est la capacité à vous détacher de vos textes. Si vous ne vous détachez pas, vous ne vous améliorez pas.
Et n’oubliez pas que de toute façon, le final cut vous appartient. Le magicien, c’est vous. Soyez le meilleur magicien possible à chaque étape du processus.
Pour améliorer votre écriture, rejoignez l’Atelier de Fiction, atelier d’écriture créative en ligne.
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