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Or


Une étincelle suffit parfois à déplacer une vie.
Tout commence à Minorque.
Passionnée de voile, Stéphanie Tosi y fait escale au cours d’une traversée et pousse la porte d’une chapelle où sont exposées les œuvres de plusieurs artistes. La rencontre avec ces œuvres, la simplicité du lieu, la liberté d’y entrer et de regarder : le déclic a lieu là.
À l’époque, Stéphanie travaille pour un grand groupe de l’agroalimentaire. Elle ne vient pas du monde de l’art et son père, lui-même entrepreneur, tente de la dissuader de créer son entreprise. Elle le fera pourtant.
En 2001 naît Carré d’artistes, avec une idée qui paraît simple : rendre l’art contemporain accessible à ceux qui n’en maîtrisent ni les codes ni les usages.
Les prix sont affichés et déterminés par le format, les galeries s’ouvrent sur la rue, les œuvres originales deviennent accessibles à un nouveau public. Le modèle bouscule les habitudes du marché de l’art. Carré d’artistes sera accusé de faire du « low cost », de brader les artistes. Certains galeristes refuseront même d’exposer à ses côtés dans des salons.
Vingt-cinq ans plus tard, l’entreprise est toujours là, déployée en France et à l’international, structurée, et poursuit son développement.
Derrière cette réussite se pose une question plus exigeante : comment construit-on une entreprise autour d’une conviction ?
Nous avons parlé de ce premier élan, mais surtout de ce qu’il faut pour ne pas le perdre en chemin. De la force de l’ADN d’une entreprise lorsqu’elle grandit, des choix qu’impose son développement et de ce fragile équilibre entre une vision et la réalité.
Et puis des artistes, évidemment. De la place qu’ils occupent dans cette aventure et du regard que Stéphanie et son équipe portent sur celles et ceux sans qui rien de tout cela n’existerait.
Mais aussi de ce qui vient avant l’entreprise, avant le modèle, avant même la décision de se lancer.
Naît-on entrepreneur ou le devient-on ?
Qu’est-ce qui mérite que l’on crée une entreprise ?
Et comment une intuition surgie un jour, par hasard, dans une chapelle de Minorque peut-elle devenir l’histoire d’une vie ?
Producteur et animateur Boris Pierre
Enregistré au siège de Carré d’artistes
Mixé par Studio Revolver
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Quand Joan Miró venait à Saint-Paul de Vence, elle le suivait du matin au soir.
À trois ans et demi, elle discutait déjà avec Pablo Picasso.
Jacques Prévert la surnommait « Yoyo ».
Son grand-père, Aimé Maeght, a fondé avec Marguerite Maeght l’une des plus grandes aventures artistiques du XXᵉ siècle : la Fondation Maeght, où se sont croisés Miró, Giacometti, Chagall, Calder, Braque, Bonnard ou encore Matisse.
Galeriste, éditrice, commissaire d’exposition, autrice de La Saga Maeght, Yoyo Maeght consacre depuis plus de quarante ans sa vie à transmettre cet héritage tout en accompagnant les artistes d’aujourd’hui.
Mais derrière les noms qui ont façonné l’histoire de l’art se cache une femme qui a vécu cette aventure de l’intérieur. Une enfant qui jouait dans les ateliers des plus grands créateurs, une témoin privilégiée d’une époque où les artistes ne fréquentaient pas les musées mais la table familiale.
Dans cet épisode de TOKIO, Yoyo Maeght nous ouvre les portes d’un monde disparu. Elle raconte les hommes et les femmes derrière les légendes, les moments d’intimité, les éclats de rire, les drames, les amitiés et les fractures d’une famille qui a profondément marqué l’histoire de l’art moderne.
Une conversation rare, au plus près de la mémoire vivante des géants du XXᵉ siècle.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Christophe Bricard a longtemps parcouru le monde avant de jeter l’ancre dans le Luberon. Depuis vingt ans, il y vit, y travaille, et poursuit une quête qui ressemble davantage à un destin qu’à une carrière.
Architecte d’intérieur, designer de mobilier, scénographe, artisan, inventeur, sculpteur. Les mots s’accumulent mais ne suffisent jamais vraiment à le définir. Christophe appartient à cette famille rare de créateurs qui refusent les frontières entre les disciplines. Autodidacte, il a appris en faisant. Le bois, le métal, la corne, la pierre, la résine, l’inox poli miroir. Il a travaillé la matière sous presque toutes ses formes avant de trouver celle qui allait changer le cours de son histoire : le verre de Murano.
Dans cette conversation, nous avons parlé de création, de différence, d’intuition, de solitude, de beauté, d’obsession, de regard. Nous avons parlé de ce qui pousse certains êtres à consacrer leur vie entière à poursuivre une idée que les autres ne voient pas encore. Car derrière l’artiste se cache un bâtisseur, un homme qui agit sur le réel. Un homme qui semble comprendre intuitivement ce que beaucoup d’entre nous oublient. La lumière n’éclaire pas seulement le monde. Elle nous révèle à nous-mêmes.
Ses œuvres monumentales nous rappellent que voir est peut-être un acte plus mystérieux qu’il n’y paraît.
On pourrait parler de verre, de couleurs, de géométrie, de transparence. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Christophe Bricard ne semble pas utiliser la lumière pour rendre le monde plus beau. Il l’utilise pour rendre certaines choses impossibles à ignorer. Elle devient une présence, une vigie.
Peut-elle attirer suffisamment de regards, de mémoire, d’attention et de conscience pour empêcher qu’un paysage, un patrimoine ou une histoire disparaissent dans l’indifférence ? Cette idée traverse discrètement tout son travail.
Nous avons aussi parlé de ce que signifie créer lorsque l’on habite le monde différemment. Diagnostiqué Autiste Asperger à cinquante ans, Christophe Bricard ne raconte pas une singularité à surmonter. Il raconte une autre manière d’observer, de ressentir et de construire. Une autre manière d’être au monde.
Comme si, après avoir passé des décennies à observer la lumière sous toutes ses formes, il découvrait soudain celle qui éclairait son propre fonctionnement.
Et je vous pose cette question :
« À quel moment une œuvre cesse-t-elle d’être une œuvre pour devenir une sentinelle ? »
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
On peut tourner autour du sujet autant qu’on veut. Sans entreprises, il n’y a pas de société. Sans entrepreneurs et sans salariés, il n’y a pas d’avenir.
Lionel Roques, patron de PME, ne s’exprime pas depuis une position d’observateur. Il parle depuis l’intérieur. Depuis ce que signifie diriger, trancher, assumer pour soi et pour les autres, dans un environnement où rien ne peut être différé.
Les entreprises ne sont pas une abstraction, elles sont une réalité indispensable, sur laquelle repose notre société, qu’on le reconnaisse ou non.
Le constat qu’il pose est simple, presque évident, et pourtant rarement assumé avec cette netteté. Sans entreprises, il n’y a ni dynamique économique, ni emploi, ni projection possible. Ce n’est pas une opinion. C’est un fait. Elles constituent un pilier central, presque cardinal.
Sa parole ne repose ni sur des principes, ni sur des théories. Cet entrepreneur s’exprime depuis un endroit devenu rare, celui de quelqu’un qui vit ce dont il parle. Des décisions prises et des risques engagés.
Diriger, c’est accepter d’endosser bien plus que son propre rôle. C’est avancer dans un cadre qui, souvent, complexifie ce qui devrait rester évident.
Il ne cherche pas à incarner. Il énonce. Avec une constance qui ne relève ni de la posture ni du discours, mais d’une exigence. Quelque chose de persistant, parfois inébranlable, parce qu’il sait ce que cela coûte de céder. Il parle de normes, de fiscalité, de décisions politiques hors-sol depuis plus de 40 ans. D’un système qui demande beaucoup à ceux qui tentent déjà de tenir.
Engagé, au sens plein, Lionel Roques rappelle sans détour que l’entreprise n’est pas une variable d’ajustement. Elle est une condition.
Je vous invite à lire son livre « Laissez-nous bosser ». Un titre comme un uppercut pour rappeler à nos dirigeants politiques et bureaucrates la valeur travail.
Émission enregistrée dans son établissement Le Père Joseph à Rueil-Malmaison.
Produit et animé par Boris Pierre
Mixé par le studio Revolver
Portrait Lionel Roques par Hannah Assouline
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sarah Delanchy ne cherche jamais à impressionner.
Elle est là pour comprendre.
Architecte, cartographe, illustratrice… Elle choisit surtout de prendre le temps, de faire à la main ce qui, aujourd’hui, peut être généré, accéléré, produit sans effort. Comme une nécessité, presque un acte de résistance.
Une manière de dire : je prends le temps de ressentir avant de représenter.
Elle trace à l’encre avec une précision presque obsessionnelle, chaque ligne cherche à retenir ce qui, autrement, disparaîtrait.
Ses dessins pourraient faire penser à des plans mais ce serait passer à côté.
On n’y projette pas un regard extérieur : on entre dedans.
On s’y perd, volontairement.
Sarah construit des systèmes vivants.
Des espaces où l’on circule, où l’on observe, où l’on doute aussi de ce que l’on voit.
Une manière de raconter un territoire sans le figer, de garder une trace dans un monde qui se transforme trop vite pour être saisi complètement.
Puis il y a la matière, et la gravure.
Des formes qui viennent de loin, des objets que l’on croit connaître, qu’elle déplace, qu’elle fait basculer.
Comme si le passé n’était pas derrière nous, mais encore en train de travailler le présent.
Des paysages, des routes, des fragments de voyage.
Quelque chose de plus brut, presque plus instinctif. Moins contrôlé en apparence, mais avec la même exigence : choisir chaque ligne, chaque densité.
Ce qui traverse tout cela, c’est le geste.
Des tensions entre ce que l’on construit… et ce qui nous construit en retour.
Cet épisode est une invitation à ralentir.
À regarder autrement.
À comprendre que parfois, dessiner un monde… c’est déjà essayer de ne pas le perdre.
Enregistré à Montpellier
Mixé par le Studio Revolver
Produit et animé par Boris Pierre
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Avant d’être parfumeur, Joëlle Patris est d’abord une femme du mouvement. Elle voulait devenir danseuse, une discipline qu’elle pratique avec rigueur pendant plusieurs années. Cette première formation n’est pas anodine : elle installe un rapport sensible au corps, au rythme, à l’intuition. Autant d’éléments que l’on retrouvera plus tard dans sa manière de composer, guidée par une fascination ancienne pour les odeurs.
Un très long séjour fondateur en Chine et en Indonésie lui permet de développer une approche profondément sensorielle. À son retour en France, elle redécouvre la créativité de la parfumerie fine, dans ce qu’elle a de plus subtil et historique. Elle travaille pour de nombreuses maisons prestigieuses ; ses créations naviguent entre parfumerie de niche, luxe et projets plus confidentiels.
En 2019, elle fonde Le Parfumeur Français. Une décision guidée par la volonté d’exprimer son art en toute liberté. Adieu les logiques industrielles : elle privilégie désormais le sur-mesure et recrée un lien direct avec ses clients, les « amoureux du parfum ». Pour Joëlle, le parfum n’est pas un produit, c’est une œuvre.
Elle le décrit comme une déclaration d’amour, un langage émotionnel, une expérience comparable à une galerie d’art qu’elle constitue petit à petit.
Son atelier, installé près de Grasse, est pensé comme un espace intime. Un laboratoire entouré d’un jardin olfactif, véritable lieu d’accueil et d’échange, propice à l’expérience sensorielle.
Joëlle insiste sur la nécessité de connaître les règles pour mieux les dépasser. Sa philosophie repose sur un équilibre de plus en plus rare : maîtriser la technique pour libérer sa créativité.
À contre-courant de l’industrie, elle revendique une approche lente et accepte même le risque de l’insatisfaction pour préserver cette exigence. Le côté mercantile, plus de 6 000 nouveaux parfums par an, a effacé le sacré. Le parfum doit redevenir précieux et mystérieux. Alors la créatrice compose avec générosité et audace. Selon elle, « la parfumerie ne naît pas dans le beau. Elle naît dans le juste » : chaque œuvre est traversée comme une exploration intime.
Le schéma classique « marque/fournisseur », ce n’est pas pour elle. L’artiste privilégie une relation humaine directe. Aujourd’hui, elle crée aussi bien des signatures olfactives pour la parfumerie et la cosmétique que pour l’hospitality et l’industrie. Des fragrances toujours exclusives et sur mesure.
Parmi ses créations :
• Colonia Mirra et Camelia – Acqua di Parma
• Oud & Bergamot Rich Extract – Jo Malone
• Rose Ardente et Encens Divin – L’Atelier de Givenchy
• La Rose Gothique – Les Parfums de Rosine
• Eaudemoiselle Rose à la Folie – Givenchy
• De Guerre Lasse – Sabé Masson
• Le Delà, Être Toi, Deep Down, On The Sofa, Overflowing – Sisology
Ah, au fait ! Entre ses prises de notes dans un carnet, la pesée d’échantillons et la visite d’expositions à la Fondation Maeght, la danseuse a définitivement troqué ses ballerines… contre des gants de MMA. Le mouvement, je vous disais !
Emission enregistrée à l'atelier de la créatrice, dans son jardin, au soleil.
Mixée par le studio Revolver
Produite et animée par Boris Pierre
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
J’ai découvert le travail de Stéphanie Pillonca à l’occasion de la sortie du film Un invincible été, en mai 2023.
Un mois plus tard, pour la deuxième édition du festival photographique Réflexivité(s), j’obtiens l’accord du producteur afin de le projeter au cinéma Le Cigalon, à Cucuron. Le film me bouleverse.
Son titre, emprunté à Albert Camus, « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été », résonne autrement dans le Luberon. L’écrivain a vécu ici, à Lourmarin. En plein mois de juillet, dans la salle obscure, ils sont douze. Douze aficionados qui rient et pleurent. Le guichetier me glisse, presque complice : « C’est un succès total. »
Dans Un invincible été, Stéphanie signe le portrait d’Olivier Goy, entrepreneur confronté à la maladie de Charcot, la SLA. Elle nous confie :
« Au début, j’ai dit non. Je ne voulais pas faire un film sur une maladie. Ça me semblait déjà vu. Puis j’ai rencontré Olivier. Et sa manière de parler de sa vie m’a fait changer d’avis ». Elle comprend alors qu’il ne veut pas parler de sa maladie. Il veut parler de vie afin de transformer son histoire en action utile pour les autres.
Le tournage devient une course contre la montre, sa parole décline. Le dernier jour de tournage, juste après le clap de fin, il ne parlera plus. Et Stéphanie ajoute, avec un sourire qu’on devine : « Quoique… depuis, il n’a jamais autant parlé. »*
Ce film s’inscrit dans une œuvre plus vaste où Stéphanie aborde les situations humaines les plus sensibles avec une précision documentaire qui n’efface jamais la délicatesse.
Après des études de comédie au Conservatoire de Toulon, Stéphanie Pillonca rejoint La Classe Libre du Cours Florent à Paris. Elle commence devant la caméra, apprend le rythme, la lumière, la tension d’un plateau. Entre 1998 et 2001, elle travaille à la télévision, chroniqueuse, animatrice, notamment pour Exclusif. Elle passe par la Star Academy.
Elle observe. Elle absorbe. Mais très vite, ce n’est plus l’exposition qui l’intéresse. C’est le regard.
En vingt ans, elle construit une œuvre qui refuse le spectaculaire pour lui préférer l’intime. Documentaire ou fiction, peu importe la frontière. Ce qui l’attire, ce sont les trajectoires fragiles, les endroits où la vie vacille.
Toujours la même attention, avec toujours la même retenue.
En fiction, elle ne change pas de cap. Elle s’empare de l’autisme, du déni de grossesse, du cancer du sein, du handicap à l’adolescence. Non pour illustrer un sujet de société, mais pour raconter des vies traversées par ces réalités.
Ce qu’elle cherche, ce n’est pas le réel brut. C’est la vérité émotionnelle. Regarder là où d’autres préfèrent détourner les yeux et le faire sans pathos.
Son dernier long métrage de fiction, Jours d’après, marque une étape forte dans sa carrière. Le travail est fait, elle attend la sortie du film et la promotion. Elle adore la promotion.
*Olivier Goy a enregistré sa voix avant de la perdre définitivement. Il s’exprime désormais avec sa voix de synthèse.
Studio Revolver à Boulogne Billancourt
Enregistrement au Club We Are Paris
Producteur et animateur Boris Pierre
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Carole Boinet dirige la rédaction du magazine Les Inrockuptibles. Elle était arrivée à la rédaction en 2012 comme stagiaire.
Les Inrocks, ce n’est pas seulement un magazine culturel. C’est un lieu de position. Un espace où la culture n’est jamais séparée du politique, où les œuvres dialoguent avec leur époque. Tenir un magazine papier aujourd’hui, c’est croire encore à la durée, à la conversation, à la nuance, au toucher. C’est refuser que tout se réduise au flux et à la réaction immédiate. C’est aussi assumer un rôle de défricheur : repérer, accompagner, parfois défendre avant que le consensus n’arrive.
Depuis 2017, Carole pilote également le numéro spécial “Sexe” qui paraît désormais 2 fois par an.
Elle ne sépare pas la culture de la responsabilité. Carole incarne une génération de dirigeantes pour qui tenir un média culturel représente un engagement.
Née à Saint-Brieuc, dans un environnement marqué par la création, elle a très tôt compris que la culture n’est pas un décor, ses parents ont créé le festival Art Rock.
Dans ses éditos, elle parle du magazine papier comme d’une relation physique, “matérialisée”, porteuse de possibles. Elle résume même la logique ainsi : la survie du papier passe aussi par des vidéos incarnées.
Elle traite explicitement de sujets liés aux violences, aux rapports de domination, à la parole des femmes. Et elle se présente souvent comme travaillant à l’articulation culture + société + féminisme.
Fin 2025, Carole publie son premier roman, L’Enthousiasme. Il y a des auteurs qui brûlent tout sur leur passage. Elle, elle maintient la braise sous contrôle mais on sent qu’elle pourrait tout incendier si elle lâchait la bride.
Ce roman raconte la peur de l’embrasement, il est traversé par une tension entre maîtrise et combustion.
Ce qui surprend le plus, c’est que le livre est beaucoup plus intense que son titre ne le laisse croire. Non pas intense au sens bruyant mais Intense au sens thermique.
Il y a chez elle une manière de regarder le monde qui ne supporte ni la tiédeur ni la posture. Elle ne supporte pas l’enthousiasme factice.
Alors elle l’écarte.
Elle le démonte.
Et elle le questionne.
Mais ce faisant, elle révèle autre chose :
Une ardeur sans naïveté.
L’Enthousiasme n’est pas le livre d’une femme désabusée. C’est le livre d’une femme ardente qui refuse qu’on lui vende de la flamme en plastique. Et cette exigence-là, au fond, est une forme supérieure d’enthousiasme.
✨✨✨✨✨
Mixage studio revolver
Crédits Photo Couverture Dorian Prost
Producteur Animateur Boris Pierre
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Ambre Renard travaille avec l’image comme on travaille une matière vivante.
Elle est photographe, modèle, dessinatrice, et refuse les cases trop étroites. Son parcours traverse le corps, le regard et le geste, toujours avec la même exigence de rester juste.
Autodidacte, Ambre Renard commence par le dessin et l’illustration, avant de passer devant l’objectif comme mannequin. Cette expérience du corps regardé marque durablement son travail.
Au terme d’une terrible maladie qui l’immobilise pendant 4 ans, elle prend en main l’appareil photo de son père. Une révélation qui l’aidera à sortir de son état léthargique. Depuis, elle n’est plus seulement celle qu’on regarde, elle devient celle qui cadre, choisit, révèle.
Sa photographie artistique explore les détails, les silences, les textures, les fragments du quotidien. Autoportraits, natures mortes, paysages intimes, ses images ne racontent pas une histoire linéaire, elles ouvrent des espaces. Elles laissent au regardeur la place de respirer.
Ambre travaille aussi pour des marques et projets créatifs, notamment en photographie de produit et en nature morte, tout en poursuivant une recherche personnelle exigeante. Son approche est sensorielle, souvent minimale, parfois brute, toujours incarnée. La nudité, quand elle apparaît, n’est jamais décorative, elle est présence, vulnérabilité, vérité.
Le mannequinat n’a pas été pour elle un but, mais une expérience fondatrice. Quand Ambre passe derrière l’appareil, ce renversement n’est pas symbolique, il est vital. Il s’inscrit dans une reconquête du corps et de l’image
Elle travaille en argentique et en numérique, refuse l’image bavarde et préfère la justesse à l’effet. Ses images tiennent par peu de choses - une lumière, une texture, un détail - mais ce peu est essentiel. Rien n’y est illustratif. Tout y est ressenti.
Chez elle, il n’y a pas de hiérarchie entre art et commande, il n’y a qu’une manière de regarder.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Chez Stephane Brogniart, l’endurance n’est jamais sportive, elle est anthropologique.
Elle met à jour l’épaisseur de l’être.
Stéphane Brogniart n’entre jamais dans une pièce. Il la traverse.
Non pas pour impressionner, ni pour s’imposer. Mais parce que son rapport au monde semble suivre une trajectoire différente : une ligne intérieure, tendue vers quelque chose qu’il est le seul à percevoir.
Dans TOKIO, Stéphane n’a pas raconté un exploit. Il a raconté un chemin.
Un chemin où l’endurance n’est pas une performance mais une manière d’habiter le temps. Où la solitude n’est pas un refuge mais un espace d’écoute. Où l’effort physique devient une enquête sur soi, sur les certitudes, les apparences, et parfois même l’idée de réussir.
Ce qui frappe chez lui, ce n’est pas la capacité à aller loin.
C’est la capacité à rester vrai alors que tout autour pousse à se construire un personnage.
À TOKIO, il n’a pas déposé un récit héroïque sur la table, mais une présence nue, déroutante, presque indisciplinée. Une parole qui obéit à sa propre gravité.
Une heure avec lui, c’est une heure à réapprendre à marcher droit dans son propre paysage intérieur.
Il parle comme il vit, au plus près de ce qu’il pense réellement. C’est rare et ça surprend.
Cette émission, au delà de ses défis, révèle sa manière d’aller droit au fond des choses, sans détour. Quand il décrit ce qu’il fait, on entend surtout ce qu’il refuse : les discours creux, les identités de façade, le besoin d’être validé.
J’ai aimé la façon dont il déplace les questions au lieu d’y répondre. Parce qu’au fond, Stéphane nous rappelle que la vraie audace ne consiste pas à aller plus loin que les autres, mais à aller là où personne ne peut venir à notre place.
La véritable endurance n’est peut-être pas dans l’effort, mais dans cette capacité à rester fidèle à ce qui ne fait pas de bruit.
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Explorez l'inattendu.
Plongez dans la spontanéité.
Celle de l'art, du beau et des mots.
Nos invités se livrent comme jamais dans des…
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Soyez, vous aussi, nos invités privilégiés.
TOKIO Radio est un podcast proposé par Boris PIERRE, fondateur du festival Réflexivité(s) Manifestation photographique.
Mixage et production exécutive : Revolver Studio et Dim Sum Entertainment
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