durée : 01:00:21 - par : Aurélie Charon - Il est 23h et l’amour est parti. Il ne part pas seul, il vous emmène, mais vous restez sur place. Vous vous voyez vous éloigner à tout jamais, et votre corps est immobile, il pèse une tonne. C’est une version de vous-même qui ne reviendra pas, elle appartenait à cet amour là. Un cœur a souvent deux portes ; l'une pour vous faire entrer, l'autre pour vous faire sortir, écrivait Balzac. C’est donc un lieu où vous avez déposé ce que jamais vous ne reprendrez. Celle ou celui que vous avez été sur ce segment de vie donné. On ne se sépare pas à cause de l’autre, on se sépare à cause de soi-même : la version de soi n’est plus la bonne. Les êtres révèlent certaines parties de soi, et on les avait rencontrés pour ça. Tatjana Božić a aimé follement, jamais ça n’a duré. A Moscou ou Londres ou Hambourg ou Zagreb. Elle décide de prendre la route pour retrouver ses anciens amants, avec sa caméra, pour comprendre ce qui chez elle, ne va pas. A travers des pays qui n’existent plus, l’URSS et la Yougoslavie. Des pays auxquels on a ajouté : EX. Des EX pays. Des EX amants. Des EX à qui on rend visite comme on revient chez soi, comme on parle une ancienne langue jamais oubliée. Les ex amants ça pose des curseurs, il faudra par la suite : ne pas aller moins bien. Ne pas défaillir, tenir le cap. Il y a ce qu’on devient sans vous, et ce que vous devenez sans eux. Ce sont des vies parallèles qui s’installent silencieusement, ce n’est pas formulé, mais les parallèles sont là : à chaque baiser, elles sont posées. Ce sont des vies possibles. De la fiction. Quitter c’est poursuivre l’histoire en roman. C’est pouvoir s’imaginer : s_i cet enfant on l’avait gardé, si ce jour là on s’était marié, si ce soir là j’étais resté._ C’est ce dialogue avec plus tard, avec _dans 20 ans, dans 30 ans_, où chacun dans son couloir de course, on s’observera. Tatjana Božić pense : _Ils me connaissent, peut être ils me détestent mais ils me diront la vérité._ Une histoire d’amour ça a deux temps, celui des baisers et celui d’après : le temps parallèle fait de mille conditionnels, l’autre vie pas choisie mais qui dans deux cerveaux se poursuit -- nos vies pas choisies, silencieuses ; notre roman.
**Tatjana Božić_,_** cinéaste croate, pour **son film_ __[Happily ever after](http://www.happilyeverafterfilm.com/)_ qui sort le 3 février au cinéma** : elle retourne à Moscou, Zagreb, Londres, Hambourg, à la recherche de ses anciens compagnons, et avec une question : pourquoi l’amour finit toujours mal ? Elle parle français ce soir grâce à **Hélène Joguet.**
Au téléphone, son ancien amant **Vjeran, depuis Zagreb**.
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**Sandra Reinflet,** qui dans le livre _**[Je t'aime (maintenant)](http://www.michalon.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=500025)**_ avait retrouvé 24 anciens amoureux, 24 heures, 24 moments de la journée.
**LIVE : **[](http://yaltaclub.fr/)**[YALTA CLUB](http://yaltaclub.fr/)
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**Zdravko Colic**, chanteur pop yougoslave dont Tatjana Božić est amoureuse adolescente :
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**La Carte du Tendre,** imaginaire littéraire du 17è siècle. Mer dangereuse ou Lac d'Indifférence
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{% image 8d7a4c2d-5918-4aba-a651-ec45c6f2c7ec %} - réalisé par : Delphine Lemer