Au départ, il y a eu une commande du Centre dramatique national de Besançon. On a proposé à Violaine Schwartz dʹécrire à partir de témoignages dʹactuels ou anciens demandeurs dʹasile. Une association sʹest chargée de lui organiser des rendez-vous avec eux. Leurs voix, anonymes, multiples, timides, déchirantes, se répondent dans ce très beau texte. Et seulement leurs voix, car la romancière sʹétait fixée une contrainte: "écrire à partir des mots entendus et seulement à partir des mots entendus". Violaine Schwartz a construit un texte extrêmement pudique, où chaque mot compte, un texte à la dimension littéraire incontestable, car pour chaque voix elle a su trouver une tonalité particulière. Une expérience de plus pour cette artiste multiforme, comédienne, auteure dramatique, performeuse, qui surprend depuis son premier livre publié chez POL en 2010, "La tête en arrière", et signe ici une œuvre politique.