Quelques exemples des pancartes et banderoles qui ont fleuri sur l'esplanade des Quinconces le 6 décembre : « un plan social pour la viticulture », « arracher pour sauver des vies », « avoir tant de bon vin et ne pas pouvoir manger de pain », « viticulture abandonnée = misère pour le bordelais », ou encore « agriculture = 1 suicide par jour ».
Tout le monde semble d'accord sur le constat. Il y a une mévente durable des vins de Bordeaux (1/5 environ reste chaque année dans les cuves). Les viticulteurs, pour la plupart, n’ont pas de matelas financier mais au contraire, des dettes au Crédit Agricole, et n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Ils ne peuvent pas prendre leur retraite puisque, pour prendre sa retraite, il faut soit céder ses terres (or de nombreuses propriétés aujourd’hui ne trouvent plus acheteur) soit céder l’exploitation de ses terres à un fermier (et ceux-ci sont de moins en moins nombreux, et/ou n’arrivent même plus à payer leur fermage).
A qui la faute ? Quelles sont les solutions ?
On entend dans le petit reportage que nous avons fait sur la place des Quinconces le 6 décembre plusieurs accusations :
- l’interprofession, c’est à dire ces organismes qui associent, viticulteurs, caves, négociants (le CIVB),
- le Bordeaux-bashing, c’est à dire la critique des vins de Bordeaux (pour leur usage immodéré de pesticides par exemple),
- Trump et les taxes protectionnistes mises en place pendant plus d’un an
- La Chine ...
En revanche, aucune critique vis à vis du Crédit Agricole qui a accompagné dans le précipice de nombreux viticulteurs, ni même contre le ministère de l’agriculture, contre le syndicat majoritaire (la FNSEA) qui lui sert de cabinet conseil ou les orientations de l’UE avec la PAC.
Une autre grande absente des débats est la problématique écologique. La Haute Valeur Environnementale (HVE) n'est pas ce que son nom indique. Elle n'interdit pas les pesticides les plus dangereux. Voir le dossier de Bastamag.
Rappel : Valérie Murat condamnée dans une procédure bâillon pour avoir communiqué sur des analyses montrant la présence de résidus de pesticides dans les vins HVE a toujours besoin de notre soutien. Lien la plateforme Gofoundme.
Comment imaginer des solutions durables si ce n'est en réduisant les volumes produits (donc en arrachant) et en réorientant les pratiques agricoles vers une agroécologie sans pesticides ?