Edito
Notre émission de ce soir prend le temps d’une respiration, au milieu de l’agitation politique et de ce qu’il faut bien appeler une immense déception après les résultats de ce premier tour des élections. Les deux candidats qualifiés pour ce second tour n’ont aucun souci pour le climat et les questions qui nous préoccupent à Climat de luttes : le premier parce que son bilan parle pour lui, deux fois condamné par les instances européennes pour son inaction, fossoyeur des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, oreille attentive de tous les lobbies, de celui du nucléaire à la FNSEA. La deuxième parce que son programme écologique est tout simplement inexistant et qu’elle représente, de plus, une immense menace pour nos libertés, pour la république elle-même et pour le vivre ensemble de notre pays, déjà sérieusement mis à mal, par une montée qui semble irrémédiable du racisme à l’encontre des personnes vivants en France comme de celles qui se noient dans la Méditerranée.
Voilà donc nos espoirs d’une nouvelle république, sociale et égalitaire, nos espoirs d’une bifurcation écologique réduits à néants, en tous cas . Mais nous n’avons pas le droit de baisser les bras. Nous devons continuer de lutter contre les prêcheurs de désespoir, contre les fascistes et les racistes de toutes nos force. Nous le devons à nos enfants à qui nous risquerions de léguer non seulement une planète inhabitable mais aussi une société du chacun pour soi. Les élections législatives qui auront lieu en juin peuvent être l’occasion de redresser la barre. Et puis partout dans le pays la jeunesse, qui s’est réveillée chaos, lundi matin, abasourdie par l’égoïsme de nos aînés, par le cynisme des banquiers et des cabinets McKinsey, appelle à ne pas se résigner. Il en sera question à la fin de cette émission.
La Boisselière, un tiers-lieu
Pour respirer nous sommes allés à la Boisselière de Vouhé (dans le 79), un enregistrement qui date du 30 juillet dernier. Il s’agit de ce qu’on appelle communément un tiers lieu. Ceci dit, nopus prévoyons de faire d’autres reportages du même type, il semble bien qu’il ya ait autant de définitions d’un tiers lieu que de tiers lieux justement.
Sur les sites gouvernementaux, on dit que ces tiers lieux sont conçus pour « pallier l’isolement et dynamiser les territoires » , des lieux où « des citoyens développent le «faire ensemble » et retissent des liens. Bon, c’est plutôt bisounours comme vision. Commençons par dire qu’ils sont « tiers » parce qu’ils ne sont ni des lieux publics, ni des lieux privés et/ou à caractère commerciaux. Quoique, parfois...
Quand on arrive sur la commune de Vouhé, par St Maixant l’Ecole si on vient du sud, ou par Parthenay si on vient du nord, le site se présente comme un ancien corps de ferme. Il s’étend sur quatre hectares (prairies, bois, mares…) dont une partie est en agro-foresterie, alliant verger et potager. Pardon, la vraie agroforesterie, sans pesticide, pas celle de Julien Denormandie. Un four à pain, une laverie, une salle d’exposition et une salle de spectacle y verront le jour. Une bibliothèque et un lieu de rencontres sont déjà construits.
Nous rencontrons Mélissa et Laury, souvent appelées dans les environs « les soeurs Jingreau », et Philippe Véniel. Tous les trois se sont engagés pour faire de La Boisselière un lieu ressource pour y partager des connaissances, pour y développer un atelier coopératif bois et mécanique et pour y échanger des semences etc. Ils partagent de nombreux combats comme celui contre les bassines agricoles qui fleurissent tout près, et une réflexion sur la notion de biens communs qu’ils ne veulent pas cantonner à la théorie, mais bien la mettre en œuvre, tout de suite et maintenant.
Allez visiter le site internet de la Boisselère, voire le site physique. La porte est ouverte !
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Melissa sur le site de la Boisselière
Agenda
- Le site Résistance Locales appelle à reprendre le pouvoir au local le 26 avril, partout en France. Le texte d'appel annonce :
"Suite à des élections dans lesquelles nous ne plaçons aucun espoir, après 50 ans de destruction du vivant par les pouvoirs économiques et politiques nous pouvons donner un signal de résistance fort en attaquant les projets injustes et polluants et les entreprises écocidaires partout sur le territoire. C’est à nous de reprendre le pouvoir en mettant en place par nous-même la société écologique et juste dont nous voulons. Reprenons le pouvoir sur nos vies en refusant les infrastructures polluantes et injustes proches de chez nous, Posons les bases d’une véritable démocratie bâtie par les habitantes et les habitants"
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- Non à la LGV du SudOuest
Le collectif Non à la LGV annonce un meeting le samedi 30 avril de 14h30 à 17h30 "Non à la LGV, Oui au transport du quotidien" avec les associations régionales qui luttent contre ce projet écocidaire et inutile.
Tous les renseignements sur la page Facebook de l'événement.