
Sign up to save your podcasts
Or


Que faisons-nous réellement lorsque nous faisons zazen ? Et quelle place cette pratique peut-elle prendre dans une vie ordinaire ?
Dans cet épisode du Zendo sans murs, rencontre avec Paul, moine zen, enseignant de mathématiques et responsable du dojo zen de Lyon. Son parcours commence en 2006, presque par hasard, à travers son intérêt pour la voie japonaise du thé, avant une première rencontre avec zazen qui l'amène rapidement à participer à des journées de pratique et à des sesshins.
Cette rencontre est le point de départ d'une conversation autour de plusieurs questions fondamentales de la pratique zen.
Dire que zazen permet de regarder autrement ce qui nous arrive signifie-t-il que nous réfléchissons à nos problèmes pendant la méditation ? Que faisons-nous des pensées et des émotions qui apparaissent pendant zazen ? Et peut-on réellement parler d'un esprit « vide de pensées » ?
L'entretien interroge également une représentation très courante de la méditation comme expérience essentiellement individuelle. Pratique-t-on véritablement zazen seul ? Que change la présence des autres dans un dojo ? Quelle place occupent la sangha, les règles, les cérémonies et les formes collectives lorsque l'essentiel semble tenir dans un geste aussi simple que s'asseoir face au mur ?
Si zazen occupe une place centrale dans le zen, le zen se réduit-il pour autant à zazen ? Quelle place donner aux enseignements et à la lecture ? Paul évoque notamment le Denkōroku de Keizan, ses récits de transmission et les rencontres entre maîtres et disciples. Une occasion d'interroger ce qu'est un maître zen et, plus largement, la dimension profondément humaine de la transmission.
Une autre question traverse l'échange : la pratique vise-t-elle à nous transformer pour atteindre un état particulier ? La notion de gyōji, la pratique continue, conduit au contraire à interroger l'idée même d'un accomplissement définitif : pourquoi continuer zazen après dix, vingt ou cinquante années de pratique ?
Enfin, quelle place une pratique vieille de plusieurs siècles peut-elle occuper dans la société contemporaine ? Dans un monde marqué par l'individualisation, la recherche de résultats, les objectifs personnels et l'injonction à se réaliser, le zen est-il une pratique archaïque, marginale ou, au contraire, profondément critique de notre époque ?
Au programme :
• Que se passe-t-il réellement pendant zazen ?
• Faut-il chercher à faire disparaître les pensées ?
• Peut-on pratiquer zazen seul ?
• Quelle place occupent la sangha et le dojo ?
• Le zen se réduit-il à zazen ?
• Pourquoi lire les textes et les enseignements des maîtres ?
• Que signifie la pratique continue, gyōji ?
• Pratiquer signifie-t-il chercher à devenir quelqu'un d'autre ?
• Le zen peut-il constituer une critique de l'individualisme et de la recherche permanente de résultats ?
Une conversation autour de zazen comme pratique, comme expérience collective et comme manière d'interroger notre façon de vivre.
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Taisen Deshimaru au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Peut-on toujours pratiquer zazen ?
La posture de zazen est précise. Mais que se passe-t-il lorsque notre corps ne nous permet pas, ou ne nous permet plus, de prendre la posture habituelle ?
Dans cette troisième et dernière partie de notre entretien avec Sophie Krier, artiste et bodhisattva, nous partons d'une expérience très concrète : une blessure à la cheville qui l'a obligée à modifier sa manière de s'asseoir. Pratiquer sur une chaise, en seiza ou dans une autre posture adaptée, est-ce toujours zazen ? Jusqu'où peut-on adapter la posture ? Et comment éviter que la recherche d'une forme considérée comme correcte ne conduise certains pratiquants à penser que leur propre corps leur interdit la pratique ?
Ces questions dépassent largement la situation d'une blessure. Comment pratiquer avec le corps que nous avons réellement, avec son âge, sa morphologie, son histoire et ses limites ? Quelle place donner à l'accompagnement par des pratiquants expérimentés ? Et que peuvent nous apprendre les pratiquants âgés sur notre manière de comprendre la posture et le mouvement collectif ?
La question du corps conduit également à interroger l'organisation même de la pratique. Lorsqu'une sesshin comporte plusieurs périodes de zazen, suffit-il de rester assis ? Quelle place donner à la marche, au mouvement et à d'autres pratiques corporelles ? Et comment trouver un équilibre qui permette au corps de continuer à pratiquer ?
Mais cette dernière partie ne s'arrête pas au corps. Elle ouvre une autre interrogation : zazen suffit-il ?
Quelle place donner à l'étude, aux kusen et à la lecture des sūtras ? Un texte bouddhique peut-il être réellement compris indépendamment de l'expérience de la pratique ? Inversement, la seule expérience de zazen suffit-elle pour comprendre la Voie ? Et comment textes, enseignements et expérience personnelle peuvent-ils progressivement s'éclairer les uns les autres ?
Après avoir parlé dans les deux premiers épisodes de présence, d'art, de chevaux, de communication et de relation au vivant, cette dernière partie revient ainsi vers ce qui traverse l'ensemble de l'entretien : comment faire vivre une pratique sans chercher à la figer dans une forme unique ?
Pour aller plus loin et découvrir le travail de Sophie Krier :
Site : https://sophiekrier.com/about/
Instagram : https://www.instagram.com/fieldessays/
Pour approfondir la pratique de zazen, les vidéos de Bruno Peslerbe :
Les bases de la pratique de zazen – 1/3 : Introduction
https://www.youtube.com/watch?v=dGB5F_DHcwk
Les bases de la pratique de zazen – 2/3 : La posture du corps
https://www.youtube.com/watch?v=JTpO_UeXzWM
Les bases de la pratique de zazen – 3/3 : Respiration, attitude de l’esprit
https://www.youtube.com/watch?v=JbBa99Y7qng
L'illustration de l'épisode : Hyndertiid (le temps des chevaux), craie sur papier, photo @david_vroom @vhdg.kunst 2025
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Deshimaru au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Un cheval peut-il être un maître zen ?
La question peut sembler provocatrice. Elle ouvre pourtant un ensemble d'interrogations très concrètes : que pouvons-nous apprendre d'un animal dont la perception du monde, le rapport au danger et la manière de communiquer diffèrent profondément des nôtres ?
Dans cette deuxième partie de notre entretien avec Sophie Krier, artiste, bodhisattva et équicoach, nous quittons progressivement les catégories habituelles de maître et de disciple pour interroger notre relation au vivant.
Comment poser une limite sans violence ? Comment faire coïncider ce que nous exprimons avec notre intention intérieure ? Que perçoit l'autre lorsque nos paroles disent une chose tandis que notre corps en exprime une autre ?
La rencontre avec le cheval devient ainsi une manière d'interroger la présence, l'attention et la cohérence de notre manière d'être. Avec un animal particulièrement sensible au langage du corps, peut-on dissimuler aussi facilement ce que nous ressentons ? Et que peut nous apprendre cette relation sur notre manière d'entrer en contact avec les autres, humains ou non humains ?
La relation aux chevaux nous conduit également à interroger notre rapport à la peur.
Que se passe-t-il lorsque quelque chose nous effraie ? Faut-il chercher à supprimer cette peur, la fuir, ou peut-on apprendre à rester avec ce qui se présente ? Sophie rapproche ici la manière dont les chevaux rencontrent et traversent certaines situations inquiétantes de ce que nous pouvons expérimenter dans la pratique : observer ce qui survient, retrouver un équilibre et ne pas nécessairement rester prisonnier de ce qui vient de se produire.
Mais l'échange va plus loin. Que signifie communiquer sans les mots ? Comment plusieurs êtres peuvent-ils ajuster leurs mouvements, leurs rythmes et leur attention les uns aux autres ?
Du troupeau au dojo, des déplacements des chevaux à la marche de kinhin, apparaît alors une même interrogation sur notre capacité à nous harmoniser avec les autres. Notre corps s'arrête-t-il réellement aux limites de notre peau ou pouvons-nous faire l'expérience, dans certaines circonstances, d'un corps collectif ?
Et si le maître n'était pas nécessairement celui qui explique ou transmet un savoir avec des mots ? Que devient la relation de maître à disciple lorsqu'elle passe par la présence, l'attention et une communication beaucoup plus subtile ?
Du cheval au dojo, de la peur à la confiance, des limites individuelles au corps collectif, cette deuxième partie interroge finalement une frontière fondamentale : qu'est-ce qu'un être vivant peut nous enseigner lorsque nous apprenons réellement à l'écouter ?
Pour aller plus loin et découvrir le travail de Sophie Krier :
Site : https://sophiekrier.com/about/
Instagram : https://www.instagram.com/fieldessays/
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Kōdō Sawaki au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Qu'est-ce que prêter attention ? Et que peuvent avoir en commun la pratique de zazen, la création artistique et notre manière d'habiter le monde ?
Dans cette première partie de notre entretien avec Sophie Krier, artiste, équicoach et bodhisattva dans la Sangha sans demeure, Le Zendo sans murs explore les liens entre zen, création et présence. Son travail artistique se construit avec des communautés et des territoires, principalement à travers le textile, le tissage et la broderie. Une pratique collective qui entre en résonance avec sa manière d'envisager le zen.
Sa rencontre avec zazen remonte à 2014, au dojo zen de Paris. Dans le silence qui apparaît lorsque les derniers bruits humains s'apaisent, quelque chose change : quelle place occupons-nous dans le monde lorsque nous cessons un instant de le remplir de notre activité ? Que reste-t-il lorsque nous faisons simplement silence et que notre attention s'ouvre à ce qui nous entoure ?
Cette question de la présence traverse tout l'entretien. La pratique commence-t-elle et s'arrête-t-elle sur le zafu ? Que devient zazen lorsque l'on fait la vaisselle, prépare une liste de courses ou assume une responsabilité au sein d'une sesshin ? Quelle place la communauté occupe-t-elle dans une pratique que l'on imagine parfois solitaire ?
Et si la création artistique pouvait elle aussi constituer une manière de pratiquer la Voie ? L'art doit-il nécessairement produire une œuvre séparée de la vie ? Peut-il au contraire nous apprendre à regarder autrement une fleur, un territoire ou les êtres avec lesquels nous vivons ?
De l'art relationnel à zazen, de la création collective aux chevaux, cette première partie pose une même question sous différentes formes : comment apprendre à être véritablement présent à ce qui est là ?
Pour aller plus loin et découvrir le travail de Sophie Krier :
Site : https://sophiekrier.com/about/
Instagram : https://www.instagram.com/fieldessays/
À paraître en 2027 :
Sophie Krier prépare Turning the Gaze Inwards: Being Horse, Being Here, un double ouvrage de la série Field Essays autour du cheval, de la présence et de notre manière d’habiter le monde.
Découvrir et soutenir le projet :
https://www.voordekunst.nl/projecten/21362-field-essays-being-horse-being-here
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Kōdō Sawaki au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Que signifie « agir sans agir » ?
Dans cette troisième et dernière partie de l'entretien avec Raimund Olbrich, moine zen et maraîcher, Le Zendo sans murs explore cette notion issue du taoïsme et profondément présente dans sa compréhension du zen.
Face aux difficultés écologiques contemporaines, notre première réponse consiste souvent à vouloir faire davantage : produire de nouvelles technologies, construire, investir, optimiser, transformer. Mais faut-il nécessairement ajouter de nouvelles actions aux actions qui ont contribué à transformer notre environnement ? Certaines réponses pourraient-elles au contraire commencer par une décision beaucoup plus simple : cesser de faire certaines choses ?
Le non-agir ne signifie pourtant pas l'inaction. Comment agir dans l'esprit du non-agir ? Peut-on intervenir sans chercher systématiquement à imposer notre volonté au monde ? Peut-on, à l'image de l'eau rencontrant un rocher, s'adapter à ce qui est présent plutôt que chercher à briser l'obstacle ? Et que devient notre action lorsqu'elle ne part plus seulement de notre intérêt personnel ou de la recherche d'un résultat ?
Ces questions conduisent au cœur de la pratique du zen. Pour Raimund, le non-agir est une attitude spirituelle, une manière de se tenir dans l'activité et dans le monde. Il est intimement lié à l'expérience de zazen : une disponibilité à ce qui se présente, puis une manière d'agir à partir de cette ouverture.
Mais comment savoir ce qui doit être fait ? Existe-t-il une action « juste » indépendamment d'un code moral qui déterminerait à l'avance ce qui est bien ou mal ? Être dans la Voie pourrait-il simplement consister à faire ce qui doit être fait, au moment où cela doit être fait ? C'est notamment dans ce sens que Raimund envisage le non-agir comme une manière d'être « juste » avec la Voie.
Reste une difficulté essentielle : comment distinguer ce qui surgit naturellement de nos désirs, de nos habitudes ou de notre volonté personnelle ? Peut-on apprendre cette disponibilité ? Et quel rôle joue la répétition de zazen, année après année, dans la transformation progressive de notre manière d'agir ?
Au programme :
• Que signifie réellement « agir sans agir » ?
• Le non-agir est-il une forme d'inaction ?
• Faut-il toujours chercher à faire davantage face aux problèmes écologiques ?
• Peut-on agir sans imposer notre volonté ?
• Que signifie agir de manière désintéressée ?
• Comment trouver l'action juste sans appliquer mécaniquement une règle ?
• Quel rapport existe-t-il entre zazen et non-agir ?
• Comment distinguer une intuition d'un simple désir ?
• Le non-agir peut-il transformer notre rapport au monde et au vivant ?
• Que signifie finalement pratiquer la Voie ?
Cette dernière partie clôt ainsi l'entretien avec Raimund Olbrich autour d'une question qui traverse aussi bien le zen que l'écologie et notre vie quotidienne : non pas seulement que devons-nous faire, mais depuis quel état d'esprit agissons-nous ?
Pour aller plus loin :
Zen sur Terre – Écolieu de la Maillerie
Raimund Olbrich, Sol vivant, parole vivante :
Présentation du livre chez L’Originel
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Kōdō Sawaki au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans cette deuxième partie de l’entretien avec Raimund Olbrich, moine zen et maraîcher, Le Zendo sans murs découvre comment la recherche évoquée dans le premier épisode s’est concrétisée dans un projet collectif : Zen sur Terre.
Installé sur un domaine d’une dizaine d’hectares dans le Bourbonnais, ce projet cherche à expérimenter une vie plus simple et plus proche de la nature, en répondant aussi directement que possible aux besoins fondamentaux : se nourrir, habiter, se déplacer et réduire les dépenses d’énergie. L’objectif n’est pas de vivre en autarcie, mais d’explorer dès aujourd’hui une forme de sobriété compatible avec les limites du monde dans lequel nous vivons.
Mais pourquoi appeler ce projet Zen sur Terre ? Parce que zazen y trouve naturellement sa place, tout en dépassant le temps passé sur le coussin. Le travail quotidien s’inspire du samu, jusqu’à cette idée évoquée au cours de l’entretien d’un « samu universel » : prendre soin du lieu, travailler ensemble et prendre soin du vivant deviennent différentes expressions d’une même pratique.
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Kōdō Sawaki au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans cette première partie de l’entretien avec Raimund Olbrich, moine zen et maraîcher permaculteur, Le Zendo sans murs explore une question concrète : que devient la pratique de zazen lorsqu’elle quitte le dojo et rencontre le travail, la terre et le vivant ?
Originaire d’Allemagne, Raimund découvre le zen dans les livres alors qu’il est encore étudiant. Mais c’est sa rencontre avec Taisen Deshimaru qui transforme profondément son rapport à la pratique. Une sesshin d’une dizaine de jours lui fait découvrir la différence entre connaître le zen par les textes et en faire directement l’expérience par le corps, zazen et les cérémonies.
Cette recherche spirituelle rejoint une autre interrogation, née dans le contexte de la fin des années 1960 : comment vivre autrement dans une société fondée sur la consommation et la croyance dans le progrès technique ?
Après sept années d’une vie communautaire simple dans le sud de la France, Raimund se forme au maraîchage. Il découvre notamment Masanobu Fukuoka et La Révolution d’un seul brin de paille, qui devient une source d’inspiration. Au fil de quarante années de travail de la terre, il emprunte progressivement un chemin inverse de celui de la mécanisation : réduire les machines, travailler à la main, rechercher la sobriété et retrouver un rapport direct avec le vivant.
L’entretien interroge notre conception du progrès technique : la machine impose sa cadence tandis que le travail manuel permet de retrouver le rythme du corps.
C’est ici que le maraîchage rejoint le zen. Raimund explique comment zazen et kinhin l’ont aidé à comprendre son corps et à rechercher, dans le travail agricole, le geste juste : une posture adaptée, un mouvement qui part du centre du corps et un effort qui peut devenir plus harmonieux.
Au programme :
rencontre avec Taisen Deshimaru ;
vie communautaire et retour à la nature ;
maraîchage et travail manuel ;
Fukuoka et l’agriculture naturelle ;
critique de la mécanisation ;
sobriété ;
rythme du corps et cadence de la machine ;
zazen, kinhin et recherche du geste juste.
Zen sur Terre – Écolieu de la Maillerie
Raimund participe aujourd’hui à Zen sur Terre, un écolieu installé à Ygrande, dans l’Allier. Né autour de la méditation zen et de la permaculture, le projet cherche à expérimenter collectivement une vie simple en accord avec le vivant. Autonomie alimentaire, maraîchage sur sol vivant, habitats légers, écoconstruction, préservation des ressources et vie collective y sont associés à la pratique du zen. Vie quotidienne et cheminement spirituel y sont envisagés comme une seule et même chose.
Découvrir Zen sur Terre
Pour aller plus loin :
Raimund Olbrich, Sol vivant, parole vivante :
Présentation du livre chez L’Originel
Masanobu Fukuoka, La Révolution d’un seul brin de paille :
Présentation du livre aux Éditions Trédaniel
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Kōdō Sawaki au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Faut-il lire les sūtras ?
L'été est traditionnellement la période des angos, ces périodes de pratique intensive qui trouvent aujourd'hui leur prolongement dans les sesshins organisées par les différentes sanghas zen.
À travers cet épisode estival du Zendo sans murs, découvrez ce qu'est une sesshin, comment elle se déroule et pourquoi elle constitue l'un des moments les plus importants de la pratique du zen.
L'épisode aborde ensuite une question qui revient régulièrement chez les pratiquants comme chez les personnes qui découvrent le bouddhisme zen :
Faut-il lire les sūtras ?
Le zen est souvent présenté comme une transmission « en dehors des écritures ». Pourtant, pourquoi les plus grands maîtres ont-ils consacré leur vie à traduire, commenter et transmettre les sūtras ? Pourquoi Dōgen a-t-il rédigé le Shōbōgenzō ? Quelle place occupent aujourd'hui les textes dans la pratique du zen ?
À partir du Sūtra de l'Estrade et d'un passage du chapitre Bukkyō du Shōbōgenzō, cet épisode propose une réflexion sur le rapport entre lecture et pratique. Pour Dōgen, les sūtras ne sont pas seulement des textes à étudier : ils deviennent une pratique vivante qui traverse la communauté, zazen et l'ensemble du monde.
Dans Bukkyō, un des chapitres du Shobogenzo, Dōgen écrit :
« Faire partie de l'assemblée et poursuivre la vérité, faire l'effort de s'asseoir en zazen, ce sont, à l'origine, les sūtras authentiques du commencement comme de la fin. Ce sont des sūtras écrits sur les feuilles de l'arbre de l'Éveil et des sūtras écrits sur les faces de l'espace. (...) Puisque la pratique nous apprend que l'ultime n'est pas une limite, on reçoit les sūtras et on expulse les sūtras par les narines, et on reçoit les sūtras et on expulse les sūtras par le bout des orteils, tout comme ils étaient reçus et expulsés avant la naissance de nos parents, et comme ils étaient reçus et expulsés avant le temps du Roi à la Voix Majestueuse. On reçoit les sūtras et on prêche les sūtras à travers les montagnes, les rivières et la terre, et on reçoit les sūtras et on prêche les sūtras à travers le soleil, la lune et les étoiles. »
Au fil de cet épisode sont notamment abordés :
• les origines de l'ango et des sesshins ;
• le déroulement d'une retraite zen ;
• la place de la sangha dans la pratique ;
• la lecture du Sūtra de l'Estrade ;
• la pensée de Dōgen sur les sūtras à travers Bukkyō ;
• les liens entre lecture, zazen et expérience directe.
Les calendriers des principales sesshins organisées cet été sont disponibles ici :
Sangha Sans Demeure – Zen Road : https://zen-road.org/calendrier-2/
Association Zen Internationale – Temple de La Gendronnière : https://www.zen-azi.org/fr/calendriergendronniere
Bonne écoute et bel été de pratique.
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Kōdō Sawaki au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cette troisième et dernière partie conclut un entretien de près de deux heures avec Philippe ReiRyu Coupey. Si vous découvrez cette série, je vous recommande vivement de commencer par les deux premiers épisodes. Le premier est consacré à son parcours, à ses souvenirs auprès de maître Taisen Deshimaru et à sa découverte du zen. Le second aborde plus particulièrement la transmission, la souffrance, le dharma et les enjeux de la structuration du zen en Europe.
Dans ce dernier épisode, Philippe ReiRyu Coupey partage sa vision de l'avenir du zen en Europe et de ce que signifie, aujourd'hui, transmettre l'enseignement de maître Taisen Deshimaru.
Revenant sur les dernières années de son maître, Philippe explique pourquoi il estime que le zen ne peut être une simple reproduction des modèles japonais ou américains. Selon lui, chaque époque et chaque culture doivent permettre à l'enseignement de s'exprimer de manière vivante, sans jamais perdre ce qui en constitue le cœur. Cette réflexion le conduit à évoquer l'avenir de la sangha sans demeure, les défis qu'elle devra relever et les questions qui se poseront inévitablement après sa disparition.
Au fil de l'échange, Philippe revient également sur l'importance de la relation entre maître et disciple, sur la notion de transmission, ainsi que sur ce qui distingue, selon lui, l'enseignement reçu de Deshimaru. Il partage son regard sur Dōgen, Kōdō Sawaki, la place des textes classiques et la nécessité de les réinterpréter sans cesse à la lumière de notre existence quotidienne, plutôt que de les figer dans une lecture exclusivement historique ou institutionnelle.
Une partie importante de cette conversation est consacrée à son travail d'écriture. Philippe explique pourquoi il continue à publier de nouveaux commentaires des grands textes du zen et revient notamment sur La foi dans l'esprit, son commentaire du Shin Jin Mei de maître Sōsan, ainsi que sur Daishi. Pour lui, traduire ou commenter un texte ancien ne consiste pas à répéter ce qui a déjà été écrit, mais à rendre cet enseignement vivant pour les générations d'aujourd'hui.
L'entretien s'achève enfin sur une question essentielle : qu'est-ce que transmettre le zen ? Philippe répond sans détour. Pour lui, la transmission ne repose ni sur les grades, ni sur les institutions, ni sur les concepts, mais sur la pratique quotidienne, le zazen, le kusen, la présence du maître auprès de ses disciples et cette énergie fondamentale que Taisen Deshimaru appelait le « ressort cosmique ».
Pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir son œuvre, vous trouverez la bibliographie complète de Philippe ReiRyu Coupey ici :
https://seinezen.fr/bibliographie/
Je recommande tout particulièrement la nouvelle édition de La foi dans l'esprit, son commentaire du Shin Jin Mei de maître Sōsan, ainsi que Daishi, deux ouvrages qui illustrent parfaitement sa manière de transmettre les grands textes du zen en les inscrivant dans l'expérience concrète de notre époque.
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Kōdō Sawaki au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans cette seconde partie de l'entretien, Philippe ReiRyu Coupey poursuit sa réflexion sur la philosophie zen, la pratique et les défis de la transmission du zen en Europe.
À partir de son expérience de disciple zen de maître Taisen Deshimaru, Philippe aborde la relation entre le pratiquant et le maître zen, la place de la confiance, la foi dans la pratique et le rôle concret de l'enseignement au sein d'une communauté. Il revient également sur son parcours personnel, les années passées auprès de Deshimaru et les rencontres qui ont marqué sa vie, notamment Étienne Zeisler.
La conversation s'oriente ensuite vers plusieurs questions essentielles : la souffrance, la quatrième noble vérité, le dharma, la pratique quotidienne et la manière dont l'enseignement du bouddhisme zen répond à une souffrance qui dépasse la seule expérience individuelle.
Philippe partage également sa vision de l'organisation du zen en Europe. Il évoque la Gendronnière, l'AZI, la sangha sans demeure, ainsi que les tensions qui peuvent apparaître entre institution, pratique vivante et transmission du zen. Il revient aussi sur la question du shiho, de la succession des maîtres et de la place de Kōdō Sawaki et de Deshimaru dans l'histoire du zen Sōtō contemporain.
Au-delà des sujets abordés, cet épisode permet de découvrir une pensée libre, parfois iconoclaste, qui n'hésite pas à interroger les traditions, les institutions et même certains enseignements lorsqu'ils semblent s'éloigner de l'expérience vivante de la pratique. Qu'on partage ou non ses positions, Philippe Coupey invite avant tout à revenir sans cesse au dharma vécu, plutôt qu'aux certitudes.
Cette seconde partie poursuit la série de trois épisodes consacrés à ce long entretien. Les prochains permettront d'approfondir encore sa vision de l'enseignement du zen, de la pratique et de la transmission.
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Kōdō Sawaki au sein de la sangha sans demeure.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
From the publisher's feed