Les géants des mers ont toujours fait rêver ceux qui sont sur terre. Où vont-ils, d'où viennent-ils, qui sont leurs passagers? Mais les épaisses fumées noires qui les suivent, elles, sont devenues le cauchemar des riverains des ports du monde entier. Avec 1'700ʹ000 croisiéristes en 2018, et 81 millions de tonnes de marchandises au total, le port de Marseille est le leader français. Une place sur le podium qui va de pair avec une pollution hors-norme. En 2018, pour la première fois, les émissions de dioxyde d'azote liées au trafic maritime ont dépassé celles d'origine routière. Les bateaux polluent donc plus que les voitures. En 2018 aussi, Marseille a décroché un nouveau record: celui de la ville la plus polluée de France. Les autorités portuaires et la région Sud commencent à mettre en œuvre des solutions, comme lʹélectrification des navires qui restent à quai. Mais pour lʹinstant, une seule compagnie est équipée du système de raccordement. Trois navires donc, sur une flotte de près de 4ʹ000 qui font escale chaque année à Marseille. En attendant, les riverains eux, respirent les fumées toxiques des navires. Et si aucune étude épidémiologique nʹa été lancée par lʹAgence régionale de Santé, les médecins du quartier, eux, sont unanimes: les maladies respiratoires sont en forte hausse depuis 10 ans. Comment réconcilier un port avec ses habitants lorsque les intérêts des uns semblent contradictoires avec ceux des autres?