Le long de la côte atlantique française, des carcasses de bateaux viennent parsemer le paysage par dizaines, pourrissant dans la vase tels des vestiges dʹun naufrage, en attendant de disparaître. Selon une vieille tradition marine aujourdʹhui interdite, les vieux navires de pêche en bois doivent retourner à la nature, en se décomposant sans être détruits. En Bretagne, là où la concentration dʹépaves est la plus importante, une cinquantaine de cimetières à bateaux ont été recensés par des archéologues. Avec quelques citoyens passionnés dʹhistoire locale et des élus locaux, ils se battent pour que les cimetières soient reconnus comme du patrimoine historique, et donc protégés par lʹEtat français. Mais tout le monde nʹest pas de cet avis, certaines personnes ne voyant dans ces amoncellements dʹépaves que des décharges à ciel ouvert quʹil faudrait détruire, pour protéger les promeneurs et mieux aménager le littoral. Derrière chaque morceau de bois ou de ferraille, se dessine pourtant une histoire de la pêche et de la navigation française, racontant un temps révolu dʹun rapport plus humain et naturel à la mer et à la construction navale.
Photo: Selon une vieille tradition marine aujourdʹhui interdite, les vieux navires de pêche en bois doivent retourner à la nature en se décomposant sans être détruits. Cʹest le cas de cette épave taguée sur la côte atlantique française, en Bretagne.