
Sign up to save your podcasts
Or


Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
Salam Aleikoum.
Je suis très heureuse de vous partager cet épisode, qui me tenait à coeur depuis longtemps.
Hindou Oumarou Ibrahim est géographe de formation, elle appartient à la communauté peule Mbororo du Tchad, qui sont des éleveurs nomades au Sahel.
Ensemble, nous parlons du défi climatique que rencontre notre région du monde, Hindou nous présente sa vision du lien entre le dérèglement climatique et les déstructurations que l'on peut observer dans les modes de vie des populations qui dépendent des écosystèmes.
Elle nous parle aussi de la richesse des savoirs autochtones, et de toutes les solutions fondées sur la connaissance de la nature et les pratiques locales, qui font des communautés et des peuples autochtones, les premiers acteurs de la restauration des écosystèmes naturels. Ces solutions sont infiniment moins chères que les réponses militaires et humanitaires, que la communautés internationale continue à apporter à des problèmes politiques, économiques et sociaux qui ont des causes fondamentalement écologiques.
C’est une voix importante, et on prolongera peut-être l’entretien dans un épisode bonus.
Bonne écoute !
Cet épisode a été enregistré en public, sur le plateau du think tank du festival We Love Green, le 11 Septembre 2021 à Paris, et il a bénéficié du soutien de la Saison Africa 2020.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
« Université Populaire des Futurs Africains »
Episode 4/4 - "Les espaces de présent utopique"
Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.
Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye.
Dans les épisodes précédents, la question du couple « Afrique x Futur » a été travaillée depuis sa genèse, jusqu’à déployer toutes les interrogations contenues dans son noyau : la dimension politique, la question du temps, l’enjeu de la durabilité...
Marie- Yemta Moussanang a suivi le fil de ces métamorphoses successives, pour conduire la narration dans un lieu, un « topos » pluridimentionnel, pluridisciplinaire et polyphonique.
Comment fait-on collectivement pour performer le réel que l’on souhaite voir advenir ? Comment agit-on à partir des lieux que nous habitons, qu’il s’agisse d’un champ intellectuel, artistique ou d’un champs de mil ? Où se fabrique l’élan et le désir d’habiter pleinement nos vies ? Parce qu’aujourd’hui, l’enjeu c’est de poser de nouveaux repères, de nouvelles lignes directionnelles.
Alioune Sall évoque les trajectoires possibles, et l’éthique du futur qui consiste à fabriquer une nouvelle manière de mettre le monde en économie. Il est aussi question de transformer radicalement nos imaginaires du développement.
Felwine Sarr présente l’économie populaire, l’économie relationnelle encore dominante dans les sociétés africaines contemporaines, comme véritable voie de sortie - par le haut - de l’impasse libérale. Il propose de re-sémantiser, nommer autrement le réel que nous ne parvenons pas à regarder tel qu’il est : à savoir un territoire de résistance et d’indépendance et d’autonomie.
Mais la vie ne se réduit pas à l’économie, et les espaces dans lesquels on appréhende la vie dans ses dimensions les plus riches sont ailleurs. Dans la note d’intention de la biennale de Kinshasa Yango II, Yala Kisukidi rappelle que « le présent est bâtisseur, il lie l’esprit à la terre ». C’est à partir du sol sur lequel nous nous tenons ensemble que l’on peut déployer des formes de vie plus riches et denses.
Oulimata Gueye ouvre la voie de la pensée critique et de la création artistique. Ces brèches, qui une fois ouvertes, nous donnent la possibilité de respirer et d’habiter pleinement le présent.
Bonne écoute !
Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
Design Graphique : Clara Brandt
Mixage : Victor Donati
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
« Université Populaire des Futurs Africains »
Episode 3/4 - "Du futur à l’utopie"
Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.
Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye.
Dans cet épisode, le questionnement éthique et philosophique se poursuit pour prendre le cap de l’utopie. En effet, dans les précédents épisodes, la question du futur a muté, elle s’est transformée en question politique portant sur la modalité de l’action dans le présent.
L’utopie, les utopies, sont-elles l’outil dont nous avons besoin pour performer les mondes que nous souhaitons voir advenir? Quelle est la place des imaginaires et de l’imagination dans ce processus ?
Oulimata Gueye et Yala Kisukidi critiquent la notion de futur, mais ne lui substituent pas l’utopie, elles développent une approche de l’utopie qui densifie le propos, et permet de voir en quoi c’est une proposition engageante. En effet, l’utopie a une vertu propositionnelle, elle vise à produire des effets au présent. C’est donc une sorte de futur agissant. Felwine Sarr établit la distinction entre les imaginaires et l’imagination, et cette distinction porte sur le caractère collectif de l’imaginaire. Les imaginaires sont des productions collectives, sociales, qui ont une portée politique.
Alioune Sall évoque quant à lui le lien de parenté qui existe entre l’utopie et la prospective, mais il en souligne également les lignes de démarcation. En effet, l’utopie est une démarche normative, quand la prospective est plutôt une démarche exploratoire. Les approches sont ne sont pas déterminées par les mêmes enjeux. Yala Kisukidi propose d’articuler l’utopie au présent, et déplace le noeud de l’interrogation vers la possibilité de la construction de brèches dans le temps présent.
Et Felwine Sarr clôture en rappelant les mots du philosophe Miguel Abensour qui dit que « l’utopie c’est la recherche inlassable de l’ordre politique et social juste ». Et que dès lors qu’il y a société, le mouvement de la vie est mouvement de recherche, de la recherche d’un ordre juste. Et que toutes les créations, dispositifs, institutions progressistes dont nous bénéficions aujourd’hui sont le résultat d’une utopie active. La question devient alors, comment ne pas perdre de vue ce qui nous fonde.
Bonne écoute !
Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
Design Graphique : Clara Brandt
Mixage : Victor Donati
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
« Université Populaire des Futurs Africains »
Episode 2/4 "Les espaces temps du continent"
Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.
Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye.
Dans cet épisode, l’enquête sur le couple "Afrique x Futur" progresse et Marie-Yemta Moussanang propose aux intervenants et aux auditeurs de s’arrêter sur la notion de temps.
Nous sommes dans un moment philosophique où l’idée de « futur » change de coordonnées, pour s’écarter de ses dimensions temporelles (référence aux travaux du philosophe Bruno Latour), et habiter des dimensions spatiales, territoriales.
Le futur est-il un temps africain ? Correspond-il à une manière endogène d’aborder la question du devenir des sociétés ? Quel est le temps dont nous avons besoin ? Comment se rapporte-t- on au présent et au temps passé ? Et quels sont les outils dont nous disposons pour composer un monde souhaitable ?
Nadia Yala Kisukidi, professeure de philosophie à l’Université de Paris 8, revient sur la notion de Temps en philosophie africana, et présente les débats qui ont eu lieu dans l’espace intellectuel du XXe siècle. Felwine Sarr, économiste, rappelle que la question de la durabilité est traitée par toutes les sociétés humaines. Et qu’il faut peut-être substituer cette notion de durabilité à celle de futur. Les travaux du professeur de philosophie Souleymane Bachir Diagne sont abordés par Yala Kisukidi et Oulimata Gueye. L’enjeu se déplace est devient celui de chercher à identifier les besoins réels des sociétés, se demander « de quoi avons-nous besoin? ».
A partir de là, le questionnement devient de plus en plus politique, car il est alors question d’outils, de ressources et de moyens. Alioune Sall présente la discipline de la prospective et revient sur sa genèse. Le pari de la prospective, c’est de dire que l’avenir est configurable, c’est à dire que l’on peut influer, programmer, agir dans le présent pour produire des effets dans le futur. La prospective a élaboré des méthodes, pour indiquer des trajectoires souhaitables, en même temps que le chemin à suivre pour inscrire les sociétés à l’intérieur de celles-ci.
La question du temps mute, elle devient alors celle de l’action, et le temps de l’action, c’est le présent. Oulimata Gueye, commissaire de l’exposition UFA, présente les ambitions éthiques et esthétiques du champ de la création contemporaine. Elle revient sur les lieux « hors espace et temps » que nous proposent les artistes, notamment à l’intérieur de cette exposition.
Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
Design Graphique : Clara Brandt
Mixage : Victor Donati
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
« Université Populaire des Futurs Africains »
Episode 1/4 - "Le temps des récits du futur"
Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.
Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye.
A quand remonte la production de discours sur le futur de l’Afrique ? D’où viennent ces récits et que disent-ils ? A quels enjeux ont-ils répondu hier, et à quels enjeux répondent-ils aujourd’hui ? Un cheminement dans l’histoire des idées, la philosophie, l’art et les nouvelles technologies, abordées dans une perspective critique et informée par des intervenants passionnants.
Nadia Yala Kisukidi, professeure de philosophie à l’Université de Paris 8, rappelle toute la colonialité du contexte historique et scientifique en réponse auquel se sont déployées les formes modernes du discours du continent africain, au sujet de son propre futur.
Felwine Sarr, écrivain, économiste, musicien et professeur à l’université de Duke aux USA, apporte son regard critique et sensible, et fait remarquer que les récits et les discours ont été formulés et diffusés dans des lieux différents de ceux dans lesquels la théorie est traditionnellement fabriquée. Ces récits des aspirations des peuples sont à rechercher dans les espaces de production culturelle populaire, comme la musique. Par ailleurs, il relève le fait qu’avec l’effondrement du mythe du progrès, ce sont toutes les sociétés qui se retrouvent face à la nécessité de trouver de nouveaux imaginaires, de fabriquer de nouveaux récits civilisationnels.
Alioune Sall, militant révolutionnaire du Sénégal des années 1960 et prospectiviste, raconte comment les choses se sont passées au moment des Indépendances africaines. Il revient sur le discours dominant, le mythe de la modernité et du progrès sous la forme indiscutable du concept de « développement », et sa mise en oeuvre par l’élite dirigeante. Il rappelle également le contexte politique, idéologique, énergétique et économique des années d’après-guerre. A cette époque, le modèle productiviste qu’il soit capitaliste ou socialiste, n’était pas remis en question comme c’est le cas aujourd’hui.
Enfin, Oulimata Gueye apporte un regard contemporain sur la manière dont les entreprises capitalistes du secteur des nouvelles technologies réactivent un discours et un rapport extractiviste au continent africain, désormais appréhendé comme « la dernière frontière du capitalisme », le dernier marché à conquérir, et toujours le grand réservoir de matières premières indispensables aux sociétés du Nord.
Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
Design Graphique : Clara Brandt
Mixage : Victor Donati
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Chers auditeurs, chères auditrices,
Le podcast Afrotopiques lance sa campagne de crowdfunding, pour financer la nouvelle saison et le studio de podcasts associatif Génération Afrotopia.
Participez à la création de la première "Maison d'édition d'Oralités" africaines contemporaines engagée, et résolument tournée vers la jeunesse.
Je compte sur vous, chère communauté d'auditeurs et auditrices, pour soutenir et partager ce projet.
Merci beaucoup !
Marie-Yemta Moussanang
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
Extrait vidéo de l'entretien.
Dans cet épisode, je rencontre le philosophe Pierre Charbonnier, pour une discussion autour de son livre « Abondance et Liberté », paru en Janvier 2020 aux éditions La Découverte.
C’est un travail d’enquête remarquable, soutenu par l’ambition de saisir et de mettre au premier plan la dimension matérielle des institutions et catégories de la Modernité occidentale, afin de voir un peu plus clair sur la manière dont on peut envisager de reconfigurer le présent, en prenant sérieusement en considération les limites de la notion de production... qui a structuré toute la pensée politique du XXe siècle.
Il est question de trajectoire de développement, de la matérialité des catégories politiques, de développement écologique inégal, du lien entre les pratiques sociales et la capacité à faire son histoire. C’est un livre important et structurant, donc on vous invite vivement à le lire car je suis très loin d’en faire le tour dans cet épisode.
Bonne écoute !
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
Dans cet épisode je rencontre Emmanuel Ndione, chercheur militant génial et très indiscipliné, fondateur de ENDA GRAF SAHEL ( "GRAF" qui signifie Groupe de Recherche Action Formation) c’est une organisation de recherche-action née dans les années 1980 à Dakar.
La recherche-action, que l’on appelle également « Recherche-expérimentation » ou « recherche-intervention » est une manière de pratiquer la recherche, qui vise à produire du savoir, tout en élaborant des démarches pour produire du changement sur le terrain étudié. C’est un type de recherche qui valorise les connaissances pratiques des personnes et des groupes d’une situation donnée, en partant du principe que ce sont eux qui connaissent mieux leur réalité, et non pas des personnes extérieures.
Emmanuel Ndione est un personnage infatigable, qui depuis près de 50 ans, met la sociologie au service des situations de projets de développements, pour mieux les subvertir. Je l'ai rencontré à Dakar, dans son bureau de Grand Yoff, au siège d’Enda Graf. Il me raconte comment s’est formée l’approche Enda Graf du développement, la démarche de "compagnon du changement" qui se base sur l’expertise et les stratégies des populations premières concernées.
Emmanuel Ndione et ses équipes ont fait un travail remarquable depuis les années 80 pour observer, documenter, et transformer la société à partir de ses dynamiques relationnelles les plus inclusives. Les travaux d’Enda Graf sont un matériaux de première main pour construire de la théorie économique très hétérodoxe, qui s’appuie pourtant sur les pratiques de centaines de millions de personnes. Il est peut-être temps de décoloniser l’économie, elle-aussi.
On tente ici de retracer une partie de la trajectoire du terrain pratique et théorique de Enda Graf, en faisant un petit focus sur l’économie populaire, que l’on se refuse à qualifier d’informelle, car on considère au contraire qu’il s’agit d’économie de la résistance, d’une économie enchâssée qui pourrait bien être le pilier de la transformation sociale et économique sur lequel on pourrait appuyer les formes contemporaines de notre émancipation.
Bienvenue à l’école de la population africaine et bonne écoute 💁🏽♀️
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
Dans cet épisode, je suis très honorée de rencontrer Boubacar Doumbia, vieux maître du Bogolan, à Ségou au Mali, dans les murs en argile du Ndomo l’école-entreprise qu’il a fondé dans les années 1990. Tout y est impressionnant : la majestueuse architecture de terre, le recueillement présent dans les gestes du travail artisanal, le modèle écologique, économique, social et culturel du Ndomo…
Le Ndomo, c’est une sorte d’entreprise moderne qui fonctionne sur la base des principes qui structurent l’organisation du travail agricole et artisanal dans la société traditionnelle mandingue, et celà, à l’intérieur même du cadre de la conception de la vie bonne dans la culture Mandingue.
On y distingue 3 types de travail : le travail collectif de la grande famille, le travail individuel, et le travail de soutien. De cela découle une conception du travail, une répartition de son temps et de ce qu’il rapporte, selon son type, en fonction les étapes de la vie, et en conformité avec les valeur sociétales.
Le Ndomo a établit son propre système de gestion et de planification comptable, à partir des réalités sociales et culturelles de la société malienne contemporaines. Le Ndomo, manifeste une voie de l’émancipation qui passe par une connaissance profonde des institutions culturelles du lien, de la solidarité, du faire société qui sont un héritage actif dans sociétés africaines contemporaines et diasporiques. En tant que modèle, le Ndomo nous invite à procéder à une reformulation, une remodélisation des institutions immatérielles par l’invention de formes hybrides, comme celles qui sont à l’oeuvre dans l’économie populaire africaine contemporaine.
Cet épisode a été enregistré à Ségou en Décembre 2019.
Bonne écoute !
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang
Si vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.
Dans cet épisode, je suis partie à la rencontre Pierre Rabhi, cette grande figure de l’écologie en France, pionnier de l’agriculture écologique, fondateur de nombreux lieux, structures, mouvements comme celui des Colibris, et auteur de nombreux livres dans lesquels il partage sa vision du monde, et nous invite à le suivre dans la voie de ce qu’il nomme la sobriété heureuse.
Dans cet entretien on a surtout essayé de resituer les choses, et de repolitiser la figure de Pierre Rabhi, en mettant l’accent sur des aspects souvent occultés de son parcours. Je rappelle que Pierre Rabhi, c’est un enfant de la terre d’Algérie, que c’est avant tout une figure qui incarne le refus de la condition ouvrière moderne, le refus du pacte de la consommation proposé aux milieux populaires auquel lui et son épouse se trouvaient assignés à 20 ans... Que c’est quelqu’un, non seulement qui s’est levé, et qui s’est cassé, il y a déjà 60 ans, mais qui a surtout énormément oeuvré, construit et semé, en France et au-delà.
On découvre à quel point la trajectoire de Pierre Rabhi est liée de l’entreprise destructrice et prédatrice de la Modernité occidentale. Et comment son parcours de vie est un bel exemple d’émancipation.
Né dans les années 30, dans une Algérie qui était alors une colonie française de peuplement, c’est l’exploitation de mines de charbon pour le compte de l’industrie française, qui a détruit son village, transformé les paysans en ouvriers mineurs, et condamné à l’exode urbain ou métropolitain toute une génération, en modifiant durablement l’organisation de la vie humaine sur ce territoire.
Il nous raconte son parcours, du déracinement au réenracinement, sa quête philosophique et spirituelle, son retour à la terre à contre-courant, Il nous parle de sacré, de droit à l’expérimentation, de convivialisme, et de la nécessité brulante de vivre autrement.
Il nous raconte aussi comment c’était de travailler en agro-écologie sous Thomas Sankara, au début des années 80’ avec des paysans du Burkina Faso. C’est un épisode que j'ai enregistré en Aout 2019, il y a presque 1 an, et je ne peux m’empêcher de noter l’usage prémonitoire du mot « confiné » pour décrire les populations urbaines, et la pertinence de son analyse sur la fragilité du modèle des villes hors-sol et consuméristes, à laquelle la séquence COVID-19 a très largement donné raison.
Voilà, à mes yeux, Pierre Rabhi, avant quoi que ce soit d’autre chose, c'est quelqu’un qui a tracé une voie, et dont l’histoire personnelle illustre à la fois la fracture coloniale et environnementale de la Modernité, ainsi qu’une belle manière de la dépasser. Donc, à tous ceux qui voudraient opposer écologie et les classes populaires, je rappelle que l’une des grandes figures de la contestation du modèle productiviste et consumériste, est incarnée en France par un ouvrier d’origine algérienne qui a fait sécession, et proposé une alternative radicale. Et à toute la jeunesse des quartiers, j'ai envie de dire que l’on a des figures inspirantes pour penser et construire le retournement du présent.
Pour prolonger la réflexion, il y a l'épisode et la rencontre avec Malcom Ferdinand sur l’écologie décoloniale.
Bonne écoute !
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
From the publisher's feed
Depuis 2019, Marie-Yemta Moussanang propose une ligne éditoriale exigeante et engagée, en compagnie de celles et ceux qui nous permettent de saisir les basculements du présent depuis la perspective…
Economie, écologie, anthropologie, histoire, théorie politique et approches de terrain : Afrotopiques est un espace de dissémination des savoirs produits dans les mondes académique et militant, qui amorce la fabrication d'un présent radicalement différent.
www.afrotopiques.com
Instagram Afrotopiques
Contact : [email protected]
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

226 Listeners

82 Listeners

29 Listeners

76 Listeners

49 Listeners

6 Listeners

111 Listeners

45 Listeners

8 Listeners

14 Listeners

10 Listeners

18 Listeners

2 Listeners

53 Listeners

8 Listeners