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Cette fameuse « tête de coupable »… est-ce vraiment ce qu’on croit ?
Quand on regarde ce que le chien perçoit, anticipe et apprend dans ce type de situation, l’histoire devient beaucoup plus intéressante.
Sources
→ Horowitz A. (2009), Disambiguating the « guilty look » : Salient prompts to a familiar dog behaviour, Behavioural Processes.
* Les chiens ne montraient pas davantage de comportements associés à la culpabilité lorsqu’ils avaient réellement désobéi. Ces comportements apparaissaient surtout lorsqu’ils étaient grondés, y compris lorsqu’ils n’avaient rien fait.
→ Hecht J., Miklósi Á., Gácsi M. (2012), Behavioral assessment and owner perceptions of behaviors associated with guilt in dogs, Applied Animal Behaviour Science.
* L’étude n’a pas montré que les chiens ayant réellement transgressé affichaient systématiquement davantage de comportements interprétés comme de la culpabilité au retour de leur humain.
Petit, nerveux, déterminé… le Jack Russell a une sacrée réputation. Mais pour comprendre ce petit chien, il faut surtout regarder ce pour quoi il a été sélectionné.
Sources
→ American Kennel Club, Parson Russell Terrier – History
* Le Parson Russell a été développé en Angleterre au XIXe siècle pour poursuivre le renard au-dessus et sous terre. Le chien devait pouvoir entrer dans le terrier et faire sortir le renard pour permettre à la chasse de reprendre.
→ American Kennel Club, Russell Terrier – History
* Le Russell Terrier partage cette origine de terrier de travail spécialisé dans la chasse au renard, avec une sélection orientée vers le petit gabarit, l’endurance, l’initiative et le travail sous terre.
→ Salamon A., Miklósi Á., Zsiros L. R. et al. (2025), Breed differences in olfactory performance of dogs, Scientific Reports, 15, 2675.
* Dans une tâche naturelle de recherche de nourriture sans apprentissage préalable, les performances variaient selon les races. Des travaux précédents cités dans l’étude avaient notamment trouvé les Jack Russell parmi les races les plus performantes dans ce type de recherche olfactive.
Il est enfin là ! 🥹🌿
J’ai voulu Studium Canis comme un livre rapide à lire, ludique, très visuel et surtout facile à garder à portée de main quand une question se pose au quotidien.
Pas besoin de le lire religieusement de la première à la dernière page : on l’ouvre, on pioche, on revient sur une fiche… et Lemmy veille au grain. 🧐🐶
40 pages de contenu consacrées à la compréhension du chien, pour un prix que j’ai volontairement voulu accessible.
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Et maintenant… j’espère surtout qu’il vous sera utile. 🥹
Éducation positive = friandises ? Non. La vraie question, c’est ce qui motive le chien à apprendre. Nourriture, jeu, accès à l’environnement… ou parfois évitement d’une conséquence désagréable : toutes les motivations ne racontent pas la même expérience d’apprentissage.
Sources :
→ Feuerbacher & Wynne, 2014
→ Feuerbacher & Wynne, 2015
→ Hiby, Rooney & Bradshaw, 2004
→ Vieira de Castro et al., 2020
→ Vieira de Castro et al., 2021
Le Malamute n’est pas un gros Husky. Les deux partagent une histoire de chiens de traîneau, de l’endurance et une certaine autonomie, mais ils n’ont pas été sélectionnés pour le même type d’effort. Et ça change beaucoup de choses dans leurs besoins au quotidien.
Sources
→ The Kennel Club, Alaskan Malamute – Breed Standard
* Le Malamute y est décrit comme un chien de traîneau de fret, capable de tirer de lourdes charges à vitesse régulière dans des conditions arctiques. Le standard le décrit aussi comme affectueux, amical, loyal et dévoué, sans être exclusivement attaché à une seule personne.
→ Alaskan Malamute Club of America, About Malamutes
* Le standard insiste sur sa fonction de chien de traîneau destiné au transport lourd en milieu arctique, avec une locomotion décrite comme puissante, équilibrée et efficace. Le tempérament attendu est affectueux, amical et proche de l’humain.
→ Gácsi M., McGreevy P., Kara E., Miklósi Á. (2009), Effects of selection for cooperation and attention in dogs, Behavioral and Brain Functions, 5, 31.
* L’étude compare des races historiquement sélectionnées pour une coopération étroite avec l’humain à des races sélectionnées pour travailler plus indépendamment. Les races coopératives utilisaient mieux certains signaux humains, ce qui soutient l’idée que la sélection fonctionnelle peut influencer la manière dont les chiens prennent en compte les indications humaines.
→ Bognár Z. et al. (2024), Cooperative but Dependent–Functional Breed Selection in Dogs Influences Human-Directed Gazing in a Difficult Object-Manipulation Task, Animals, 14(16), 2348.
* Face à une tâche difficile, les chiens issus de races sélectionnées pour coopérer étroitement avec l’humain regardaient davantage vers celui-ci que les races historiquement sélectionnées pour travailler de façon plus indépendante. Les deux groupes ne différaient pas en persistance dans la tâche.
Pourquoi ton chien te suit-il partout, parfois même alors qu’il dormait profondément trente secondes avant ? Ce comportement ne signifie pas forcément hyperattachement.
Sources
→ Topál J., Miklósi Á., Csányi V., Dóka A. (1998), Attachment behavior in dogs (Canis familiaris): a new application of Ainsworth’s Strange Situation Test, Journal of Comparative Psychology, 112(3), 219-229.
* 51 binômes humain-chien ont été observés avec une adaptation du “Strange Situation Test”. Les résultats montrent chez les chiens adultes des comportements d’attachement spécifiques envers leur humain.
→ Horn L., Huber L., Range F. (2013), The Importance of the Secure Base Effect for Domestic Dogs – Evidence from a Manipulative Problem-Solving Task, PLOS ONE, 8(5), e65296.
* Les chiens interagissaient davantage avec un dispositif de résolution de problème lorsque leur propriétaire était présent que lorsqu’il était absent. La présence d’un humain inconnu ne produisait pas le même effet.
→ Gácsi M., McGreevy P., Kara E., Miklósi Á. (2009), Effects of selection for cooperation and attention in dogs, Behavioral and Brain Functions, 5, 31.
* L’étude compare notamment des races historiquement sélectionnées pour travailler en coopération et contact visuel avec l’humain à des races sélectionnées pour travailler plus indépendamment. Les chiens du premier groupe utilisaient davantage certains signaux humains.
→ Bognár Z. et al. (2024), Cooperative but Dependent–Functional Breed Selection in Dogs Influences Human-Directed Gazing in a Difficult Object-Manipulation Task, Animals, 14(16), 2348.
* Dans une tâche impossible, les races sélectionnées historiquement pour la coopération avec l’humain regardaient davantage les humains et alternaient davantage leur regard entre le problème et eux que les races sélectionnées pour davantage d’indépendance.
Le Grand Bouvier Suisse : massif, vigilant, très proche de sa famille… et parfois convaincu que tout ce qui se passe autour de lui mérite son avis.
Histoire, sélection, autonomie de décision, proximité familiale et cerveau de sentinelle.
Sources
→ Histoire de la race et fonctions d’origine
* Fédération Cynologique Internationale. Standard FCI n°58 - Grand Bouvier Suisse.
* La FCI décrit ses ancêtres comme d’anciens grands chiens de ferme et de boucher, utilisés pour la garde, la traction et la conduite du bétail. La race moderne a été reconnue à partir de 1908, lorsque Albert Heim identifie deux chiens présentés comme des Bouviers Bernois à poil court comme représentants de cet ancien type.
→ Ancienneté de la race et lien historique avec le Rottweiler
* Greater Swiss Mountain Dog Club of America. History of the GSMD.
* Le club de race considère le Grand Bouvier Suisse comme le plus ancien des bouviers suisses et indique qu’il a joué un rôle dans le développement précoce du Rottweiler et du Saint-Bernard.
→ Vigilance, attention à l’environnement et tempérament de sentinelle
* Greater Swiss Mountain Dog Club of America. Temperament of the Greater Swiss Mountain Dog: Bold, Faithful, and Vigilant.
* Le GBS y est décrit comme confiant, alerte, curieux et attentif à son environnement. Le club le présente davantage comme une race de sentinelle, qui surveille ce qui lui paraît inhabituel et donne l’alerte, que comme un chien de garde offensif.
→ Forte proximité avec la famille
* Greater Swiss Mountain Dog Club of America. Temperament of the Greater Swiss Mountain Dog.
* Le club décrit le GBS comme très dévoué à sa famille, restant rarement loin de ses humains, parfois qualifié de “velcro dog”. De nombreux individus recherchent même un contact physique très fréquent avec leur propriétaire.
→ Prise d’initiative, tempérament affirmé et autonomie de décision
* Greater Swiss Mountain Dog Club of America. Temperament of the Greater Swiss Mountain Dog.
* Le document décrit un chien souvent “opinionated”, parfois obstiné, capable de chercher ses propres solutions dans les exercices et d’investiguer ce qui lui paraît inhabituel. Cela soutient l’idée d’un chien très proche de l’humain sans être pour autant dépourvu de prise d’initiative.
→ Biais affectif de l’autrice
* Étude longitudinale personnelle, échantillon non représentatif, absence totale de groupe contrôle.
* Conclusion : le Grand Bouvier Suisse fait objectivement partie des deux meilleures races du monde. Niveau de preuve : catastrophique. Conflit d’intérêts : majeur.
Quand un chien perd un autre chien… que se passe-t-il vraiment ?
Et pourquoi la perte d’un chien peut-elle laisser un vide si immense chez l’humain ?
Attachement, prédictions du cerveau, routines, rôle, futur imaginé : on parle du deuil des deux côtés.
Sources
→ Réactions comportementales des chiens après la perte d’un congénère
* Uccheddu, S. et al. (2022). Domestic dogs (Canis familiaris) grieve over the loss of a conspecific. Scientific Reports, 12, 2530.
* Étude menée auprès de 426 propriétaires de plusieurs chiens ayant perdu un congénère. Les propriétaires rapportaient notamment des changements dans le jeu, l’activité, le sommeil, l’alimentation et davantage de comportements de peur. L’intensité des changements était davantage associée à la qualité de la relation entre les chiens qu’à la durée de leur cohabitation.
→ Voir le corps du congénère décédé ne semble pas modifier clairement les réactions observées
* Uccheddu, S. et al. (2022). Domestic dogs (Canis familiaris) grieve over the loss of a conspecific. Scientific Reports, 12, 2530.
* Dans cette étude, les changements comportementaux rapportés n’étaient pas significativement différents selon que le chien survivant avait ou non vu le corps. Cela ne permet donc pas d’affirmer que cette exposition facilite le processus de deuil.
→ Importance de l’attachement dans l’intensité du deuil humain après la perte d’un animal
* Packman, W. et al. / travaux sur le pet bereavement et l’attachement humain-animal.
* Les recherches sur le deuil animal montrent que l’intensité de la souffrance est fortement liée à la force du lien avec l’animal, à la place qu’il occupait dans la vie de la personne et au rôle qu’il avait dans son quotidien, et pas simplement au nombre d’années vécues ensemble.
→ Pourquoi la perte d’un chien peut bouleverser fortement le quotidien
* McAndrew, F. T. (2017). Why Losing a Dog Can Be More Painful Than Losing a Relative or Friend.
* Frank McAndrew souligne que la perte d’un chien peut être particulièrement difficile parce que l’animal structure une grande partie de la vie quotidienne : routines, horaires, présence constante, sorties, interactions et organisation de la journée. La disparition du chien laisse donc à la fois un vide affectif et un vide dans le quotidien.
→ Deuil non reconnu après la perte d’un animal
* Travaux sur le disenfranchised grief appliqué à la perte d’un animal de compagnie.
* Le deuil peut être aggravé quand l’entourage minimise la perte ou ne lui accorde pas la même légitimité qu’à d’autres formes de deuil. Des phrases comme “ce n’était qu’un chien” ou “tu en reprendras un autre” peuvent accentuer l’isolement vécu par la personne endeuillée.
Le Boxer : chien un peu con… ou chien simplement beaucoup, dans tout ?
Histoire, sélection, intensité, lien à l’humain et apprentissages : on regarde ce qu’il y a réellement derrière le clown sur ressorts.
Sources
→ Origine du Boxer et fonction du Bullenbeisser
→ Sélection et différences comportementales entre races
→ Pourquoi une sollicitation récompensée seulement de temps en temps peut devenir très persistante
→ Extinction et persistance des comportements appris
Dormir avec son chien : simple habitude… ou vraie interaction entre deux cerveaux ?
Sécurité, attachement, sommeil, préférence pour le lit et protection de ressource : on regarde ce que dit réellement la science.
Sources
→ Attachement au propriétaire et paramètres du sommeil chez le chien
* Carreiro, C., Reicher, V., Kis, A. & Gácsi, M. (2022). Attachment towards the Owner Is Associated with Spontaneous Sleep EEG Parameters in Family Dogs. Animals, 12(7), 895.
* Chez des chiens dormant dans un environnement nouveau en présence de leur propriétaire, un attachement plus élevé était notamment associé à davantage de sommeil NREM et à des différences d’activité EEG pendant le sommeil. Les auteurs évoquent le rôle du propriétaire comme “safe haven”, c’est-à-dire comme figure de sécurité.
→ Dormir en présence du propriétaire ou d’un humain inconnu
* Baranyai, L., Iotchev, I., Gombos, F. & Kis, A. (2025). Family Dogs’ Sleep Macrostructure Reflects Worsened Sleep Quality When Sleeping in the Absence of Their Owners: A Non-Invasive Polysomnography Study. Animals, 15(21), 3182.
* Sur 9 chiens, la présence du propriétaire était associée à un endormissement plus rapide, une meilleure efficacité du sommeil et davantage de sommeil profond que lorsque le chien dormait en présence d’un expérimentateur amical mais inconnu. L’étude compare donc surtout présence du propriétaire vs absence du propriétaire, pas “dans le lit vs panier à côté”.
→ Chien dans la chambre ou directement sur le lit : effets sur le sommeil humain
* Patel, S. I., Miller, B. W., Kosiorek, H. E., Parish, J. M., Lyng, P. J. & Krahn, L. E. (2017). The Effect of Dogs on Human Sleep in the Home Sleep Environment. Mayo Clinic Proceedings, 92(9), 1368-1372.
* Quarante adultes et leurs chiens ont été suivis pendant 7 nuits. La présence du chien dans la chambre était compatible avec une bonne efficacité du sommeil humain, mais celle-ci était plus faible lorsque le chien dormait directement sur le lit.
→ Perception du sommeil et mouvements nocturnes lors du couchage partagé
* Hoffman, C. L., Browne, M. & Smith, B. P. (2020). Human-Animal Co-Sleeping: An Actigraphy-Based Assessment of Dogs’ Impacts on Women’s Nighttime Movements. Animals, 10(2), 278.
* Le couchage partagé pouvait augmenter les mouvements nocturnes et les perturbations mesurables sans que les participantes rapportent nécessairement leur chien comme gênant. Cela illustre bien la différence possible entre se sentir bien avec son chien et dormir objectivement mieux.
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