
Sign up to save your podcasts
Or


By Art Canem
The podcast currently has 58 episodes available.
The most played episodes among Podcast App listeners.

Dormir avec son chien : simple habitude… ou vraie interaction entre deux cerveaux ? Sécurité, attachement, sommeil, préférence pour le lit et protection de ressource : on regarde ce que dit réellement la science. Sources → Attachement au propriétaire et paramètres du sommeil chez le chien * Carreiro, C., Reicher, V., Kis, A. & Gácsi, M. (2022). Attachment towards the Owner Is Associated with Spontaneous Sleep EEG Parameters in Family Dogs. Animals, 12(7), 895. * Chez des chiens dormant dans un environnement nouveau en présence de leur propriétaire, un attachement plus élevé était notamment associé à davantage de sommeil NREM et à des différences d’activité EEG pendant le sommeil. Les auteurs évoquent le rôle du propriétaire comme “safe haven”, c’est-à-dire comme figure de sécurité. → Dormir en présence du propriétaire ou d’un humain inconnu * Baranyai, L., Iotchev, I., Gombos, F. & Kis, A. (2025). Family Dogs’ Sleep Macrostructure Reflects Worsened Sleep Quality When Sleeping in the Absence of Their Owners: A Non-Invasive Polysomnography Study. Animals, 15(21), 3182. * Sur 9 chiens, la présence du propriétaire était associée à un endormissement plus rapide, une meilleure efficacité du sommeil et davantage de sommeil profond que lorsque le chien dormait en présence d’un expérimentateur amical mais inconnu. L’étude compare donc surtout présence du propriétaire vs absence du propriétaire, pas “dans le lit vs panier à côté”. → Chien dans la chambre ou directement sur le lit : effets sur le sommeil humain * Patel, S. I., Miller, B. W., Kosiorek, H. E., Parish, J. M., Lyng, P. J. & Krahn, L. E. (2017). The Effect of Dogs on Human Sleep in the Home Sleep Environment. Mayo Clinic Proceedings, 92(9), 1368-1372. * Quarante adultes et leurs chiens ont été suivis pendant 7 nuits. La présence du chien dans la chambre était compatible avec une bonne efficacité du sommeil humain, mais celle-ci était plus faible lorsque le chien dormait directement sur le lit. → Perception du sommeil et mouvements nocturnes lors du couchage partagé * Hoffman, C. L., Browne, M. & Smith, B. P. (2020). Human-Animal Co-Sleeping: An Actigraphy-Based Assessment of Dogs’ Impacts on Women’s Nighttime Movements. Animals, 10(2), 278. * Le couchage partagé pouvait augmenter les mouvements nocturnes et les perturbations mesurables sans que les participantes rapportent nécessairement leur chien comme gênant. Cela illustre bien la différence possible entre se sentir bien avec son chien et dormir objectivement mieux.

On connaît surtout le Bouvier Bernois comme une immense peluche tricolore. Pourtant, derrière le nounours se cache l’histoire d’un véritable chien de travail : conduite du bétail, garde, traction et vie à la ferme. Alors, qu’est-ce qu’il reste aujourd’hui du cerveau du Bernois d’autrefois ? Sources → Histoire de la race, fonctions traditionnelles et fixation de la race moderne * Fédération Cynologique Internationale — FCI Standard No. 45: Berner Sennenhund (Bernese Mountain Dog) * Le standard rappelle son utilisation historique comme chien de garde, de trait et de conduite du bétail dans les fermes du canton de Berne. Il situe également en 1907 la création du Schweizerischer Dürrbach-Klub par des éleveurs souhaitant promouvoir l’élevage en race pure et fixer ses caractéristiques. → Sélection génétique et différences comportementales entre races * MacLean, E. L., Snyder-Mackler, N., vonHoldt, B. M. & Serpell, J. A. (2019). Highly heritable and functionally relevant breed differences in dog behaviour. Proceedings of the Royal Society B, 286, 20190716. * Étude portant sur plus de 14 000 chiens de 101 races, associant données comportementales et génétiques. Les auteurs mettent en évidence une héritabilité importante des différences comportementales entre races et identifient des variants associés dans des gènes fortement exprimés dans le cerveau et impliqués dans des fonctions neurobiologiques et développementales. → Évolution récente du comportement des races sous l’effet de la sélection * Svartberg, K. (2006). Breed-typical behaviour in dogs—Historical remnants or recent constructs? Applied Animal Behaviour Science, 96, 293–313. * Étude portant sur 13 097 chiens de 31 races, évalués sur des traits tels que sociabilité, curiosité/absence de peur, jeu et agressivité. Les résultats montrent que le comportement caractéristique d’une race n’est pas figé par sa fonction historique : les pressions de sélection récentes peuvent déplacer les traits comportementaux d’une population. C’est celle qui soutient directement ton passage sur les « curseurs qui ont bougé » avec l’évolution du Bernois vers le chien de compagnie.

Faut-il vraiment ignorer son chien lorsqu’on rentre chez soi ? On entend encore que lui parler, le toucher ou lui faire un câlin renforcerait son excitation et pourrait favoriser les problèmes liés à la séparation. Sources → Contact lors des retrouvailles, oxytocine et cortisolRehn, T., Handlin, L., Uvnäs-Moberg, K. & Keeling, L. J. (2014). Dogs’ endocrine and behavioural responses at reunion are affected by how the human initiates contact. Physiology & Behavior, 124, 45-53.Étude expérimentale sur 12 Beagles femelles retrouvant une personne familière après une séparation. Trois situations : contact physique + verbal, contact verbal seul, ou personne ignorant le chien. L’oxytocine augmente initialement lors des retrouvailles dans les trois conditions. Avec contact physique et verbal, cette augmentation se maintient davantage après l’interaction et la baisse du cortisol est la plus marquée. → Retrouvailles démonstratives et comportements liés à la séparation : corrélation ≠ causalitéDale, F. C., Burn, C. C., Murray, J. & Casey, R. (2024). Canine separation-related behaviour at six months of age: Dog, owner and early-life risk factors identified using the ‘Generation Pup’ longitudinal study. Animal Welfare, 33, e60.Étude longitudinale exploratoire portant sur 145 chiots. Le fait que les propriétaires rapportent « fussing over » leur chiot en réponse à un comportement jugé problématique au retour était associé à davantage de comportements liés à la séparation. Mais les auteurs précisent eux-mêmes que ces résultats sont corrélationnels et nécessitent des données interventionnelles avant d’en tirer des recommandations causales. On ne peut donc pas conclure que l’attention au retour crée le problème. → Relation chien-humain, proximité émotionnelle et régulationSomppi, S., Törnqvist, H., Koskela, A. et al. (2022). Dog-Owner Relationship, Owner Interpretations and Dog Personality Are Connected with the Emotional Reactivity of Dogs. Animals, 12(11), 1338.Étude sur 29 chiens confrontés à plusieurs situations émotionnelles, dont séparation et retrouvailles avec leur propriétaire. Une plus grande proximité émotionnelle dans la relation était associée à des paramètres de variabilité cardiaque compatibles avec une moindre activation, ce que les auteurs rapprochent notamment de l’effet de « base de sécurité » du propriétaire.

Le Basenji est surtout connu comme « le chien qui n’aboie pas ». Mais son histoire de chien de chasse en Afrique centrale raconte quelque chose de bien plus intéressant sur son cerveau. Sources → Origine du Basenji et classification parmi les chiens de type primitif * Fédération Cynologique Internationale — Standard / nomenclature du Basenji n°43. La FCI indique l’Afrique centrale comme région d’origine et classe le Basenji dans le groupe 5, section « type primitif ». FCI — Basenji n°43 → Utilisation traditionnelle à la chasse : rabattage du gibier vers des filets et port de cloches * Basenji Club of America, Basenji University — African Extracts. Des témoignages historiques décrivent des Basenjis accompagnant les chasses au filet et portant de grandes cloches permettant notamment de suivre leurs déplacements dans la végétation. * Basenji Club of America — A Basenji Safari. Lors d’une expédition au Zaïre, les auteurs décrivent l’utilisation habituelle des Basenjis comme rabatteurs vers des filets ainsi que les cloches portées pendant la chasse, servant à localiser les chiens et à effrayer le gibier. * Basenji Club of America — Breed Standard. Le club indique que les Basenjis chassent à la vue et à l’odorat et qu’ils sont encore utilisés pour rabattre le gibier vers des filets dans certaines régions forestières. → Exemple de gibier forestier chassé : petits ongulés / céphalophes * Documentation ethnographique sur les BaKola-BaGyeli du bassin du Congo — elle documente la chasse au filet aux antilopes forestières, notamment le céphalophe bleu (Cephalophus monticola), ainsi que l’utilisation de chiens Basenji lors de ces chasses. → Sélection fonctionnelle, génétique et comportement * Dutrow EV, Serpell JA, Ostrander EA et al. (2022), Domestic dog lineages reveal genetic drivers of behavioral diversification, Cell. Étude portant sur plus de 4 000 canidés et des données comportementales de plus de 46 000 chiens. Les auteurs identifient dix grandes lignées génétiques associées à des répertoires comportementaux liés aux fonctions historiques et montrent notamment l’implication de variations associées à des réseaux de neurodéveloppement. Dutrow et al., 2022 → Nuance sur la génétique : ce que l’étude permet réellement de dire * Dutrow et al. ne montrent évidemment pas l’existence d’un « gène de l’indépendance du Basenji ». Leur résultat est plus intéressant : la diversification comportementale associée aux fonctions historiques des grandes lignées canines s’accompagne de différences génétiques impliquant notamment la régulation de l’expression de gènes dans le cerveau et des réseaux neurodéveloppementaux.

La musique classique calme-t-elle vraiment les chiens ? Classique, reggae, soft rock… et même notre propre voix : regardons ce que les études nous apprennent sur l’effet de l’environnement sonore chez le chien, et surtout pourquoi la réponse se trouve aussi chez celui qui écoute. Sources : — Wells, D. L., Graham, L. & Hepper, P. G. (2002). The Influence of Auditory Stimulation on the Behaviour of Dogs Housed in a Rescue Shelter. Animal Welfare, 11(4), 385–393. → Étude menée sur 50 chiens en refuge exposés à différents environnements sonores. Les chiens passent davantage de temps au repos et au calme avec la musique classique ; le heavy metal est associé à davantage d’aboiements. — Bowman, A., Scottish SPCA, Dowell, F. J. & Evans, N. P. (2015). ‘Four Seasons’ in an Animal Rescue Centre; Classical Music Reduces Environmental Stress in Kennelled Dogs. Physiology & Behavior, 143, 70–82. → La diffusion de musique classique est associée à davantage de comportements de repos et à des modifications de la variabilité cardiaque compatibles avec une réduction du stress. L’effet diminue rapidement avec l’exposition répétée, montrant un phénomène d’habituation. — Bowman, A., Scottish SPCA, Dowell, F. J. & Evans, N. P. (2017). The Effect of Different Genres of Music on the Stress Levels of Kennelled Dogs. Physiology & Behavior, 171, 207–215. → Comparaison de cinq genres musicaux : classique, reggae, soft rock, Motown et pop. Les chiens passent davantage de temps couchés lorsque de la musique est diffusée, indépendamment du genre. Le reggae et le soft rock sont notamment associés à une augmentation de certains paramètres de variabilité cardiaque. La diversification des musiques semble également limiter l’habituation. — Andics, A., Gábor, A., Gácsi, M., Faragó, T., Szabó, D. & Miklósi, Á. (2016). Neural Mechanisms for Lexical Processing in Dogs. Science, 353(6303), 1030–1032. → Étude en IRMf montrant que le cerveau du chien traite séparément certaines informations lexicales et intonatives de la parole humaine, puis peut les intégrer. Une région auditive droite différencie notamment les intonations marquées et non marquées.
The podcast currently has 58 episodes available.